Depuis la fin des Beatles en 1969, et encore plus depuis la mort de Lennon en 1980, Paul McCartney n’a eu de cesse de faire valoir qu’il ne se résumait pas à l’auteur de ces Silly Love Songs moquées par ses détracteurs.
Depuis la fin des Beatles en 1969, et encore plus depuis la mort de Lennon en 1980, Paul McCartney n’a eu de cesse de faire valoir qu’il ne se résumait pas à l’auteur de ces Silly Love Songs moquées par ses détracteurs.
L’ex-Beatles publiera un nouvel album lundi prochain, Electric Arguments – son troisième sous le pseudonyme de Fireman -, mais cette nouvelle devrait être éclipsée par une annonce d’une tout autre ampleur : l’existence d’un titre inédit du groupe ! On pensait pourtant connaître tous leurs enregistrements depuis la parution de titres rares regroupés sur les trois coffrets Anthology en 1996, année record de ventes pour le groupe. Enregistré en janvier 1967, Carnival of Light devait voir le jour à ce moment-là, mais son ancien compagnon George Harrison s’y était opposé, jugeant le morceau trop étrange. « Ça ne prouve en rien que c’est de l’avant-garde », aurait asséné le guitariste après réécoute d’une pièce faite de cris perçants, effets psychédéliques, orgue d’église et guitares saturées. Aujourd’hui, McCartney entend bien prendre sa revanche.
D’une durée de 14 minutes, le morceau fournirait l’occasion au musicien, qui en fut l’architecte principal, de prouver qu’il était aussi branché et dans le coup que ses camarades, sinon plus. Il y a quelques années, une somme biographique signée Barry Miles dépeignait déjà McCartney en expérimentateur sous-estimé, reléguant Lennon au rôle de suiveur.
Depuis la fin des Beatles en 1969, et encore plus depuis la mort de Lennon en 1980, Paul McCartney n’a eu de cesse de faire valoir qu’il ne se résumait pas à l’auteur de ces Silly Love Songs moquées par ses détracteurs. Il a maintes fois revendiqué être responsable du déluge sonore de Helter Skelter, pièce la plus bruitiste du groupe de Liverpool. Il y a quelque chose d’un peu triste à voir un tel génie de la mélodie pop, encore capable de fulgurances (le sublime Chaos and Creation in the Backyard), continuer à se poser en éternel rival d’un homme décédé il y a plus de trente ans. Malgré les honneurs, l’anoblissement, les millions de disques vendus, sir Paul McCartney continue d’en découdre avec son image de gendre idéal façonnée il y a plus de quarante ans, alors que Lennon est devenu un symbole de la contestation.
En 2002, McCa avait heurté la sensibilité de nombreux fans en plaçant son nom devant celui de son ami dans les crédits de chansons des Beatles, après des années de signature Lennon-McCartney. Dans les années 1980, George Harrison déclarait avec humour : « Les Beatles ne se reformeront pas tant que John sera mort. » Celui-ci ayant disparu à son tour en 2001, McCartney n’a jamais été aussi près de son fantasme absolu : incarner les Beatles à lui tout seul. Isolé dans sa tour d’ivoire, Ringo Starr, bien vivant lui aussi, doit bien ricaner.
Source : Le Figaro













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