Accueil / The Beatles / La discographie / CD / Yellow Submarine Songtrack – The Beatles : les secrets de l’album (paroles, tablature)

Yellow Submarine Songtrack – The Beatles : les secrets de l’album (paroles, tablature)

Yellow Submarine Songtrack - The Beatles : les secrets de l'album (paroles, tablature)

Informations sur l’album

  • Pays : International
  • Support : CD
  • Label : Apple
  • Numéro de série : 521 4812
  • Mixage : Mono
  • Date de publication : 13/09/1999
EUR 58,33
Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés

Track-listing de l’album

Description de l’album

Histoire

Construire sur des Ruines

26 Décembre 1967 : La BBC diffuse le nouveau film des Beatles, Magical Mistery Tour… Et pour la première fois depuis le début de leur carrière, les Beatles enregistrent un vrai fiasco : le film psychédélique à souhait se voit massacré par les critiques cinématographiques londoniens. Pour eux, ce film est un niaiserie, que même la bande son (composée notamment de chansons telles que « The Fool On The Hill », « I’m the Walrus ») pourtant d’une qualité excellente, n’arrive pas à relever…. Ce film, Magical Mistery Tour, troisième long métrage du groupe ( après « A Hard days Night » en 1964, et « Help » en 1965) s’annonce donc comme le dernier vrai film des Beatles.

Cependant, Jack Mendelson depuis quelque mois déjà a un projet : réaliser un dessin animé mettant en scène les Beatles : cependant, les Beatles n’ont jamais voulu donner suite à ce projet, le jugeant trop inopportun. Mais l’échec de Magical Mystery Tour s’avère cuisant pour les Beatles : le premier faux pas que toute la Presse guetté… Il faut donc effacer cette erreur de parcours au plus vite.

Ainsi le scénario de Mendelson est confié à Al Brodax et George Dunning…. La bande son est quand a elle confiée au « Cinquième Beatles » George Martin, et aux Beatles eux-même, tandis que le titre phare du film est interprété par le batteur du groupe : Ringo Starr.

EUR 28,47
  • Yellow Submarine Songtrack by Capitol (1999-01-01)
Expédition sous 2 à 3 jours ouvrés

7 mois plus tard, le 17 Juillet 1967, au London Pavillon de Londres, est projeté pour la première fois sur grand écran, le premier dessin animé du groupe : Yellow Submarine… tout les Beatles a l’occasion de cette première sont là, tous… non, George est absent, un air de séparation du group flotte déjà…. un pressentiment tel d’ailleurs, qu’en Avril 1970, il deviendra une certitude…

Dès la première projection, les critiques cinématographiques sont charmés, et l’échec cuisant de Magical Mystery Tour semble oublié…

L’histoire du Dessin Animé :

L’histoire du dessin animé née sous la plume du scénariste Jack Mandelson, qui a toujours rêvé de mettre en scène les Beatles. Le scénario écrit pour l’occasion colle bien à son époque de rédaction et se veut proche des lignées « Flowers Power », « Love and Peace », le tout généreusement saupoudré d’une dose de psychédélisme…

Ainsi l’histoire se veut très simple. Le pays des « Blue Meanies » désire envahir le pays « Pepperland ». En quelques mots, le royaume des Blue Meanies représente le mal, la tristesse, et le charma négatif… Au contraire, les habitants de Pepperland incarnent le charisme positif de l’Homme, et le territoire de Pepperland se trouve jonché de termes tels que « love », « Yes » et est le royaume de le couleur vive, de la musique et de la joie… ce qui est loin de plaire au chez des Blue Meanies …qui lance une attaque sur Pepperland, et réussi à anéantir tout les habitants du royaume de la joie… tous… non !! un réussi a s’échapper, et va ressusciter la légende de Yellow Submarine, fabuleuse légende qui dit qu’un jour, des hommes arrivèrent sur la contrée de Pepperland pour y faire naître le bonheur, l’harmonie et la musque. Ainsi, à bord du sous-marin jaune, le rescapé va rechercher des personnes capables de relever ce vrai défi… et les heureux sauveurs ne sont autres que les Beatles…. Pour cette occasion, les Beatles sont caricaturés à l’extrême : Paul devient le charmeur de service, John le rêveur extravagant, George le grand sage indien, et Ringo on s’en doute un peu le rigolo de la bande avec un grand cœur…

Ainsi, tous s’embarquent à bord du sous-marin jaune, pour le pays de la Pïmentière (traduction faite du terme Pepperland dans la version sous titrée de Yellow Submarine). Et c’est après avoir traversé maintes océans et mers (Sea of Time, Sea of Monster…), et rencontré des personnages extraordinaires et étranges, qu’ils atteignent le territoire envahi de Meskins (traduction du terme Blue Meanies). Là, à grand renfort d’ingéniosité, de bonne humeur et de ritournelles pop, ils vont devoir combattre les envahisseurs qui propagent la mauvaise humeur symbolisée pour l’occasion par une couleur grisâtre et bleu foncé… y arriveront-ils ???? mystère, vous devrez regarder le dessin animé pour le savoir…

La Bande son :

Le dessin animé « Yellow Submarine » n’est pas un pur produit Beatles. En effet, dans ce film, les Beatles n’apparaissent que quelques minutes en fin de film, et ne prêtent même pas leurs voix aux personnages animés nés de l’inspiration de Mandelson, et prenant vie sous le coup de crayon de Brodax et Dunning…

La contribution des Beatles se résume en fait en l’apport de chansons qui n’étaient pas à l’origine prévues pour ce dessin animé, à savoir des titres comme Eleanor Rigby (Revolver), Love You To (Revolver), Nowhere Man (Rubber Soul).

Cependant, le principal effort, et non des moindres et celui apporté par George Martin. Ce dernier, en effet, pour Yellow Submarine passe à la baguette de chef d’orchestre et dirige avec des mains de maîtres un orchestre symphonique. De cette collaboration naîtront 8 morceaux de musique classique (7 présents sur l’album Original « Yellow Submarine », et le huitième présent sur le troisième volume de l’Anthology Beatles).

Les Beatles, et la firme Apple commercialiseront donc en Janvier 1969, ce fameux disque « Yellow Submarine » contenant une partie des chansons écrites par les Beatles et présentes dans le film (Yellow Submarine, Only A Northern Song, All Together Now, Hey Bulldog, It’s All Too Much , All You Need Is Love) et l’intégralité des titres instrumentaux du « Cinquième Beatles » Martin (Pepperland, Sea Of Time, Sea Of Holes, Sea Of Monsters, March Of The Meanies, Pepperland Laid Waste, Yellow Submarine In Pepperland ), et le film sera édité dans les années 80.

La réédition :

La Bande Son :

Cependant, 1999 apportait au sous marin jaune son trentième anniversaire : trente ans déjà qu le sous-marin commençait à rouiller au fond de nos tiroirs… aussi, les trois Beatles survivants se sont donnés pour mission de restaurer le sous-marin qui avait bien mal vieilli . Ainsi le 12 Septembre 1999, sortait dans le bac de nos disquaires un CD un peu particulier « Yellow Submarine NR ». Bien différent du premier album, ce CD comporte en fait l’intégralité des chansons composées par les Beatles disponibles sur le film. Pour cette occasion d’ailleurs, les bandes son ont été dépoussiérées, et remasterisées, et c’est ainsi que la musique semble retrouver une seconde jeunesse…. Alors que le son du CD original était d’un seul pan, sans profondeur, les chansons disponibles sur cette nouvelle édition hérite d’une profondeur « incontestable » et il est désormais facile par un simple effort d’audition de suivre tel ou tel instrument tant le travail accompli par les ingénieurs en charge du projet, et fabuleux…

Cependant, le grand oublié de la fête fut sans conteste George Martin. En effet, alors qu’il fut le principal contributeur de la première version avec 7 morceaux à son actif, cette nouvelle version du sous-marin jaune l’éclipse totalement, au profit des contributions Lennon-McCartney.

C’est alors que l’on peut se demander si le projet « Yellow Submarine » est vraiment complet. En effet, pourquoi ne pas avoir pour cette occasion édité un double CD, le premier CD contenant le CD commercialisé à l’heure actuelle, et le second contenant le travail d’orchestration de George Martin en son remasterisé… ainsi, la fête aurait été complète et le fan n’aurait pas eu l’impression qu’il y avait un grand oublié, et non des moindres…

Le Film :

En plus de la bande son qui a eu droit à une remasterisation, le sous-marin aussi a eu droit à un coup de peinture. Ainsi, les ingénieurs en charge du projet « Yellow Submarine » ont retravaillé les bandes vidéos. De leur travail ressort d’une part une cassette vidéo aux couleurs plus psychédéliques que jamais, et une version numérique du film, enregistrée sur support DVD…

Au vu du travail accompli, et du succès emporté par cette ré-édition, nous sommes désormais en droit de dire : « Le troisième Millénaire sera Beatles ou ne sera pas !!! »

Interview

Paul McCartney

 Une distinction de plus peut-elle encore te faire plaisir après tant de disques d’or, trophées et autres prix ?
Tu sais, chacune de ces récompenses est une nouvelle expérience. Tu as l’impression de tout avoir, mais il est agréable de savoir que l’on t’apprécie. Recevoir ma MBE (Member of The Order Of The British Empire : une décoration que Lennon a retourné en signe de protestation contre la guerre) par exemple, a été très symbolique, parce que je viens d’une toute petite famille de Liverpool et que j’ai ait partie d’un petit groupe. Chaque récompense est un grand honneur Mon dieu, je parle comme un politicien…

 A ce propos, tu as souvent critiqué la politique de ton pays, mais tu n’as jamais exposé clairement tes convictions profondes ?
C’est assez personnel…

EUR 28,47
  • Yellow Submarine Songtrack by Capitol (1999-01-01)
Expédition sous 2 à 3 jours ouvrés

 Beaucoup dans ta région reprochent aux Beatles de ne pas avoir « donné » à leur ville, du temps de votre succès collectif, à un moment où le gouvernement diminuait ses aides et alors que vous êtes toujours plus riches.
Je ne peux pas parler pour les autres, mais en ce qui me concerne, je considère que mon argent est « propre ». Personne n’est obligé d’acheter mes disques. Je n’ai volé personne. Je suis désolé de voir sombrer Liverpool, mais je pense désormais m’employer correctement à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que la situation s’améliore.

 C’est un retour aux sources, car au début de ta carrière, tu semblais très impatient de quitter cette ville à tout prix pour t’installer à Londres.
Quand les Beatles ont commencé, il n’y avait pas de studio et se rendre à Londres était une nécessité. C’est là que se situait l’industrie du disque. Mais Liverpool demeure le centre spirituel de la musique de nombreux groupes y prennent vie. C’est sans doute ce qui rend Liverpool si riche en inspiration. Elle n’est pas soumise à la pression du marché. Maintenant, les groupes ont des studios et peuvent enregistrer et sortit sur des labels indépendants. C’était très différent à notre époque.

 Parlons de ta popularité constante. Où que tu ailles, la foule est toujours après toi…
Oui. C’est assez encourageant. Je n’ai sincèrement jamais espéré recevoir autant et je suis heureux Mais je suis également content que cela ait pris une proportion moindre depuis la fin des Beatles, parce que cela commençait à devenir franchement disproportionné et effrayant.

 Cela ne t’a pas empêché de préserver une activité « publique » dès la fin des Beatles, en jouant à une époque dans des clubs ou des halls de lycées. 
Quand les Beatles se sont séparés, je ne savais pas quoi faire sinon retourner à la source. Reprendre un bus et partir en tournée. Je ne savais pas si le public serait intéressé par ce que j’avais à proposer personnellement. Il m’a semblé plus judicieux de jouer dans de petites salles que de jouer les mégalomanes.

 Tu as été absent assez longtemps au début des années 80, et après l’assassinat de John Lennon, certains médias ont raconté que tu craignais pour ta vie.
C’est totalement stupide. J’avais à me préoccuper d’autres choses. Si j’avais vraiment eu peur, j’aurais très facilement pu prendre des mesures spéciales concernant ma sécurité. Et tu vois, je n’ai même pas de garde du corps.

 Revenons sur un plan plus artistique… Il est un fait avéré que, pendant les années Beatles, John et toi étiez en compétition. Est-ce la raison principale ayant entraîné vos carrières solo ?
Peut-être, mais j’ai toujours pensé que je devais absolument écrire de meilleures chansons que John. Je pense que de son côté, il avait le même objectif Mais c’était bénéfique. Cela nous motivait en tant qu’auteurs, car nous essayions sans arrêt de nous surpasser.

 Parmi les sujets récurrents, je suppose que la question qu’on t’a le plus souvent posée est celle qui concerne la reformation des Beatles…
C’est probablement le cas. La réponse est inévitable. Non, et encore moins depuis que John est mort. Je me souviens, il y a quelques années… La rumeur voulait que nous reprenions du service en relançant le partenariat Lennon-McCartney, avec son fils Julian. Cette spéculation avait pris naissance lorsque nous nous étions rencontrés, sur un plateau de télé d’une chaîne américaine. La presse avait bondi dessus et sorti cette histoire abracadabrante Je connais Julian depuis qu’il était tout petit garçon et je ne peux pas Imaginer travailler avec lui. Alors la réponse reste NON.

 Inévitablement, on parle de toi comme d’un ex-BEATLES. L’acceptes tu facilement ?
Oui, car de toute façon, il n’y a rien que je puisse faire. Il ne sert à rien de se prendre la tête là-dessus. Il faut s’y faire et ne pas se préoccuper du passé. Il ne faut jamais essayer d’entrer en compétition avec lui, car c’est l’échec garanti. Il faut simplement être en compétition avec soi-même, en essayant de s’améliorer.

 Il y a eu beaucoup de rumeurs affirmant que tu étais mort pendant les années 60 et remplacé par un double. A qui ai-je affaire ?
C’est ridicule, et effrayant. Mais, je ne suis pas trop mal conservé pour un cadavre, pas vrai ? A moins que je sois mon double ?

George Harrison

 Ta carrière personnelle a connu de bons et de très délicats instants. Pour ces derniers, tu as donné l’impression que tu ne t’en souciais pas.
Je me suis préoccupé de ma musique, mais jamais de la gloire ni de la publicité. Je ne me suis jamais vraiment senti à l’aise au sommet de la pop. J’aime jouer de la musique depuis toujours, mais j’ai détesté d’emblée tout ce qui gravitait autour.

 Depuis les débuts, tu es considéré comme le plus calme du groupe, ce qui n’est pas fréquent pour un guitariste.
C’est ma nature, mais c’était surtout pour lutter contre les médias, Quand nous étions en Studio, tu peux être sûr qu’on entendait bien ma voix. Je savais faite entendre mon opinion en certaines occasions.

 Ce caractère tempère t a évité tout problème avec la justice, à l’exception d’une fois où le groupe a été expulsé d’Allemagne…
Attention, ce n’était pas vraiment un délit. Je n’avais simplement pas l’âge pour travailler dans un night-club et jouer jusqu’à quatre heures du matin. Les autorités ont découvert mon âge et mont renvoyé à Liverpool. Nous sommes revenus à Hambourg quelques années plus tard, pour leur prouver ce que nous savions faire.

 Quels Souvenirs gardes-tu de cette époque ?
Nous nous sommes beaucoup amusés, mais nous n’avions pas un rond. Nous pouvions jouer ce que nous voulions, comme nous le souhaitions. Personne nous imposait d’instructions. Nous pouvions tester nos chansons comme nous le voulions, en public. C’était le meilleur moyen d’apprendre.

 Et que retiens-tu de la période où vous vous produisiez à The Cavern ?
C’était comme un port d’arrivage où tu pouvais voir débarquer toutes les nouveautés. Les concerts étaient incroyables et il y avait tant de monde qu’on ne pouvait pas bouger. Nous y avons donné d’excellents concerts et c’est la raison pour laquelle le public nous a très rapidement appréciés et adoptés. Tu n’as pas idée à quel point nous étions heu­reux dès que nous posions le pied sur la scène de The Cavern ! Nous avons dû y jouer 250 fois. Nous n’étions pratiquement pas payés quand nous avons commencé à nous y produite. Mais vers la fin, nous avions des cachets très corrects. Cela dit, l’im­portant n’était pas là…

 Qu’était-ce donc, alors ? L’ambition ?
Je ne sais pas si nous avions une ambi­tion bien définie. Nous étions tout simplement heureux de jouer notre musique et quand nous avons pu enregistrer notre premier disque, avec Tony Sheridan, nous étions au septième ciel. La réalisation de « Mv Bonnie » fut déterminante à nos yeux. Nous avions l’impression d’avoir accompli quelque chose d’important. Le simple fait d’avoir notre nom sur le disque était fabuleux. Plus tard, tout est devenu trop phénoménal et gigantesque pour que nous réalisions ce qui nous arrivait.

 Tu n’avais jamais imaginé cette carrière, même dans tes rêves les plus fous ?
Bien sûr que non. C’était sans précédent, car per­sonne avant nous n’avait déclenché ce genre de folie. Alors que nous nous contentions unique­ment de jouer notre musique. Rétrospectivement, je peux t’affirmer que nous n’avons rien plani­fié. Nous nous contentions de réagir face aux situa­tions qui se présentaient à nous. Parfois, nous avons fait des erreurs, parfois non.

 Aujourd’hui, des années après, es-tu capable de comprendre comment tout ceci est arrivé ?
Encore une fois, nous avons simplement composé la meilleure musique que nous pouvions. Nous avions un duo d’excellents auteurs-compositeurs qui essayaient sans cesse de se surpasser mutuel­lement. Grâce à cette émulation, les chansons étaient toujours meilleures. Je pense que nous n’étions pas de mauvais interprètes non plus. Et nous travaillions avec des gens très compétents. Nous étions très bien entourés et encouragés. Les ventes ne représentaient absolument pas la notion essentielle.

 Tellement de hits ! Eh dire que les droits ne sont même plus détenus par le groupe lui-même…
Eh bien, oui… C’est davantage le problème de Paul, car il a essayé plusieurs fois de racheter les droits à Michael Jackson. Mais comme nous le savons, ce dernier n’a pas besoin d’argent et aucune envie de les vendre. Le pire, c’est que c’est Paul qui l’a encouragé à acquérir des droits sur des éditions, fort de son expérience sur le catalogue de Buddy Holly. À cette époque, quand nous signions des contrats, nous ne savions pas qu’une chanson pou­vait s’acheter comme une maison. Nous étions sim­plement heureux d’enregistrer et de voir nos disques sortir. Nous étions naïfs et certains en ont profité. Ils ont vendu nos créations et se sont fait beau­coup d’argent dessus. Ce n’est pas juste, mais l’in­dustrie musicale n’est pas réputée pour sa droiture.

 Quels sont tes plus gros regrets à propos de ta carrière dans les Beatles ?
Je regrette que nous ayons arrêté de faire des concerts, car cela nous a beaucoup affectés en tant que groupe. Quand tu tournes, tu es uni aux autres. Quand cette communion s’estompe ou disparaît, t’évertuer à recréer cette ambiance en studio est vain. En arrêtant les tour­nées, nous n’étions plus un groupe et la sépara­tion était inévitable. Pendant les tournées, je me souviens que tout était plus simple, plus drôle. Travailler sur les morceaux était un vrai bonheur John ou Paul arrivait avec une ébauche et en une heure, nous avions une idée plutôt précise de la version finale. Nous étions capables de la jouer le soir même.

 Penses-tu que l’ombre des Beatles planera toujours au-dessus de toi ?
Je ne la ressens plus. Quand le groupe s’est séparé, je me demandais vraiment ce que serait la vie après ce groupe. Le temps aidant, j’ai connu différentes expériences. La douleur et la colère causées par le passé ont disparu. Je ne ressens plus aucun malaise avec le passé. Quel intérêt ! C’était il y a très longtemps. J’ai l’im­pression que cette vie est arrivée à quelqu’un d’autre que moi. Nous avons tous des sou­venirs, et c’est au passé que les Beatles appartiennent désormais.

Ringo Starr

  Te sens-tu prisonnier du passé ? Tout comme les autres, tu seras toujours un « ex-BEATLES ».
Pour le restant de mes jours… Mais cela ne me pose pas de problème. En revanche, même lorsque j’ai une actualité et un nouvel album, on ne me pose que des questions sur les Beatles. Mais il n’y a rien que je puisse faire pour empêcher cela. On se souviendra toujours de moi de cette façon. On a tant écrit à notre sujet. Je n’ai pas l’impres­sion que je puisse ajouter quoi que ce soit de nouveau. Je n’essaye pas de lutter avec le passé, mais cela ne m’intéresse plus vraiment.

  Tu as pourtant accepté de le retracer à travers une série de vidéos sorties il y a quelques années chez Apple.
Oui, une série-documentaire, « The Life And Times 0f The Beatles« . J’ai été interviewé. La pre­mière cassette est intéressante, car elle couvre la période la plus méconnue de 1962 à 1964, les pre­miers albums. George Martin a également réalisé un reportage documentaire sur l’enregistrement de l’album »Sgt Pepper’s« . C’est surtout l’idée que nous ayons tous les trois été interrogés séparément à propos de points précis qui m’avait séduit, comme les anecdotes sur l’enregistrement de »Love Me Do ». La question était quel jour avez-vous enregistré ? Je répondais un mardi et Paul ajou­tait de son côté « après-midi ». L’idée était de ne pas savoir ce que les autres répondraient et de pouvoir comparer nos versions, notre interprétation du passé.

  Gardes-tu un Souvenir du jour où la place de batteur au sein des BEATLES t’a été proposée ?
Vaguement, mais ce jour n’a rien d’excep­tionnel. Sauf peut-être aux alentours de Liverpool. Je n’étais pas sur de mon choix, car à l’époque. THE HURRICANES étaient plus importants que THE BEATLES. Mais je savais aussi que Paul et John étaient de meilleurs compositeurs. Je m’in­quiétais aussi un peu, parce que Pete Best était très populaire auprès des fans. Le premier concert que j’ai donné avec le groupe à The Cavern a été ter­rifiant, mais j’ étais foncièrement motivé par le groupe, car il avait décroché un contrat avec Parlophone (EMI). Deux mois plus tard, nous partions à Londres pour l’enregistrement de notre premier disque.

  De nombreux livres ont été écrits à ton sujet 
Je ne les ai jamais lus…

  Pourquoi ne réalisez-vous pas vous-mêmes, toi et les autres, vos autobiographies ?
Je ne sais pas. Nous n’en avons même jamais dis­cuté ensemble. Nous y penserons peut-être d’une façon moderne, en vidéo, plutôt que sur le papier.

T’étais-tu impliqué dans le film « Backbeat », retraçant la carrière des Beatles à l’époque de Hambourg ?
Non, pas vraiment. Je ne suis pas du genre nos­talgique.

  As-tu gardé des objets de cette époque ?
Oui, mais peu, en fait. J’ai la veste de la pochette de « Sgt Pepper’s ». C’est sans doute la plus belle pièce de ma collection.

  Te souviens-tu des personnes qui ont compté à tes débuts ?
Oui, mais nous ne sommes plus en contact. Je me rends parfois à Liverpool, voir mes cousins.

  A défaut de nostalgie, tu es réputé pour avoir de l’humour. Qu’as-tu pensé des parodies comme la comédie « John, Paul, George, Ringo et Bert » ou THE RUTLES ?
Je ne connais pas la première et il y a énormément de choses qui me font plus rire que la deuxième…

Leurs avis

– Que penser du film aujourd’hui ?

Paul McCartney : Dès le générique, « YeIIow Submarine » fait plutôt vintage, un peu démodé mais très vite, il se met à tenir debout. C’est même étonnement moderne, assez barré. Le film est plutôt intello, pas vraiment destiné aux enfants, même Si, apparemment, beaucoup l’aiment, « Yellow Submarine » est le témoignage d’une époque mais il tient encore la route : quelques-unes des idées développées sont très intelligentes et j’ai ri une fois ou deux, ce qui est plutôt surprenant après tout ce temps. Les couleurs sont pétantes, nettes et très vibrantes… 
Ringo Starr : Barré tu dis ? il est vrai que ça l’était à l’époque… quant à savoir Si les couleurs sont plus vives… Je ne me rappelle pas bien le jaune de 1967 comparé à celui de 1999. On dirait seulement du jaune, du bleu et du rouge mais très propres. 
George Harrison (plus réfléchi, le quiet One pèse ses mot)  : Aujourd’hui, il y a tant d’images de synthèse autour de nous qu’on ne s’en aperçoit plus. Mais cette technologie n’est pas aussi bonne que celles employées autrefois. Comme tout le monde reste persuadé que ce qui est nouveau estobligatoirement meilleur, on oublie qu’à son époque, « Yellow Submarine » était vraiment novateur. Il mérite de ressortir. il n’a pas l’air ridicule comparé à tout ce que l’on peut voir à la télévision. Il y a plein de vieux films qui sont mauvais et encore plus de films nouveaux qui le sont également. Disons-le, Hollywood est si nul que n’importe quoi de moyennement décent tient la route à côté. 
 
– Les personnages de ’Yellow Submarine », ont-ils aussi bien vieilli que les originaux ?

George Harrison : il ne faut pas oublier que le film s’était fait sans nous. ils ont pris notre musique, nous ont expliqué leur concept et c’est tout Après quoi Heinz Edelmann, un type fantastique, est parti dans son coin créer les personnages puis nous les a montrés. Les voix rendent le film très drôle car bien sûr, ce ne sont pas les nôtres. Lorsque j’apparais dans le film, au sommet de ma montagne avec de la musique indienne, c’est plutôt réussi. C’est comme ça que j’étais et suis encore. Au fond de moi, je suis toujours sur une montagne en Inde… 
Paul McCartney : On avait accepté que nos personnages soient doublés et ça a plutôt bien fonctionné même si, depuis, le monde pense que les gens de Liverpool parlent de cette façon cinglée. Quant à mon personnage, il manque sacrément de caractère, me faisant passer pour le type straight du groupe. George est merveilleux sur sa colline et Ringo est bien, comme d’habitude, puisqu’il est drôle. Mais moi, j’apparais comme quelqu’un de suave, sans épices. Je ressemble à un jeune chef d’entreprise qui chante des ballades. Enfin, ce n’est que l’idée que les gens se sont faite mais après, il faut vivre avec. 
Ringo Starr : Curieux tout de même qu’à cause des voix, on ait tous l’air d’être sous Valium … 
 
– Comment est née la chanson « Yellow Subinarine » ?

Paul McCartney : J’étais couché, en train de m’endormir. Mon boulot, c’est d’écrire des chansons et c’est un moment idéal pour réfléchir à des thèmes, à des idées… Et je me suis mis à penser que ce serait bien que Ringo chante quelque chose pour les enfants, lui qui justement sait si bien s’y prendre avec eux. J’ai songé à un sous-marin jaune. Le lendemain, j ‘ai commencé à écrire et on a fini la chanson ensemble. Ringo la chante très bien. En concert, juste avant le refrain, il crie aux gens : « Où habitons-nous ? » et la foule de répondre : « Dans un sous-marin jaune ». J’adore ça, Ringo demandant  : « Où habitons-nous ? » 
Ringo Starr : Cette chanson m’a donné un job. Tout le monde peut la chanter. Quand je suis en tournée, je fais aux spectateurs : « En voilà une que vous connaissez tous et si ce n’est pas le cas’ c’est que vous n’êtes pas au bon endroit. » Même les fœtus la fredonnent… 
George Harrison : L’année où « Yellow Submarine » est sortie, elle a été votée chanson préférée et chanson la plus détestée en Angleterre. C’est le genre de chanson qui plait aux enfants, à leurs grand-mères et aux gens qui aiment les Beatles. Ceux qui ne les aiment pas la déteste. Mais ils ne se contentent pas de ça, ils la haïssent vraiment, et c’est à ce point. 
 
 
– Que dire en 1999 de l’esprit du film ? Subsiste-t-il un message ?

Paul McCartney : « Yellow Submarine » a été réalisé au milieu des années 60, on venait de terminer « Sgt Pepper » et les gens qui ont fait le film ont senti le besoin de se raccrocher à ce qui se passait alors à Londres, une bonne idée finalement. J’estimais pour ma part qu’on pouvait faire un chouette film pour enfants mais eux préféraient coller à l’esprit de l’époque et c’est ce qu’ils l’ont faiL Au niveau des couleurs, des gags et de l’idée générale, le film a vraiment capté l’esprit des années soixante. Cette métaphore, avec les Blue Meanies d’un côté et les gens AIl You Need Is Love de l’autre, est plutôt bonne. Elle fonctionne encore aujourd’hui et fonctionnera sûrement demain… « AIl You Need Is Love » reste le message du film Ça semble un peu simple, voire niais, mais c’est une chanson excellente. John la chante de manière fantastique et elle a affecté énormément de gens. Tout le monde a compris le message sauf ceux qui déclenchent les guerres… 
Ringo Starr  : Peut-être que le vainqueur de la prochaine sera celui qui serrera l’autre le plus fort dans ses bras. 
George Harrison : J’aime beaucoup les Blue Meanies du film, très différents de ceux de la réalité, plutôt sinistres. J’aime surtout ceux qui balancent des pommes car ils ne disent rien. Ils ne font que balancer des pommes sur les gens  : c’est une très bonne idée. Plus ils en balancent, mieux c’est. 
Paul McCartney : J’adore le chef des Blue Meanies, il a une voix super. En fait j’ai pris l’habitude de l’imiter à la maison. Ce personnage m’a aidé dans bien des situations. 
Ringo Starr : N’oublions tout de même pas qu’à chaque fois que les Beatles sont représentés, peu importe ce qui se passe autour d’eux, c’est la musique qui prime. 
 
 
– Les plages instrumentales écrites pour le film par George Martin ont disparu du nouveau songtrack Inutile de dire que le vieil homme s’en indigne, même Si on parle déjà d’un CD uniquement consacré à ses séquences…

Paul McCartney : La première fois que les gens ont acheté l’album « Yellow Submarine », il se peut qu’ils aient été surpris ou déçus que toutes les plages orchestrales soient dessus. Ils avaient pris l’habitude d’acheter nos disques pour nos propres sons. Sans vouloir être injuste avec le travail de George Martin, j’estime que c’est bien que les gens puissent enfin se procurer toutes les chansons contenues dans le film. Les Beatles n’ont jamais roulé le public. 
 
– Enfin, que signifient encore les Beatles à la veille du nouveau millénaire ?

Paul McCartney : En formant le groupe, notre intention n’était pas de devenir légendaires mais bons dans notre musique. Il est difficile pour moi de dire ce qui rend les Beatles fabuleux car il convient de rester modeste. Mais le fait qu’il subsiste désormais une oeuvre et que la carrière du groupe soit terminée autorise à en parler. En laissant un peu la modestie de côté, j’estime que les chansons restent excellentes et sont l’épine dorsale de tout : on a réellement fait du bon boulot. Et puis c’est agréable de voir les jeunes essayer de nous copier : s’évertuer à recréer religieusement le son de batterie de « Tomorrow Never Knows » n’est rien d’autre qu’un hommage. Ils pourraient imiter n’importe qui d’autre mais c’est nous qu’ils choisissent. Comme si on avait titillé un nerf qui vaut encore la peine de l’être encore aujourd’hui.

 

EUR 58,33
Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés

 

EUR 28,47
  • Yellow Submarine Songtrack by Capitol (1999-01-01)
Expédition sous 2 à 3 jours ouvrés

Pensez aussi à lire

That’s All Right (mama) : The Beatles : paroles, traduction, histoire…

Informations sur la chanson Crédits : Crudup Durée : 2:54 Producteur : Terry Henebery Les …

La newsletter de Yellow-Sub

N/'attendez plus !
Abonnez-vous à la newsletter de Yellow-Sub et recevez les dernières actus par email !