
Yellow Submarine Songtrack contenait 15 chansons remixées des Beatles qui figuraient à l’origine dans le film Yellow Submarine de 1968.
La bande originale de l’album Yellow Submarine de 1969 a toujours été une sorte d’anomalie dans le canon des Beatles. En effet, de nombreux fans ne le considèrent pas comme un véritable album.
L’album contient quatre chansons des Beatles qui ne sont pas disponibles ailleurs (‘Only A Northern Song’, ‘All Together Now’, ‘Hey Bulldog’, ‘It’s All Too Much’), deux chansons plus anciennes (‘Yellow Submarine’, ‘All You Need Is Love’), et sept enregistrements orchestraux écrits par George Martin.
Après la sortie de l’album original, les Beatles ont été critiqués pour son mauvais rapport qualité-prix. En conséquence, ils ont brièvement envisagé de publier un EP des quatre chansons originales plus « Across The Universe », afin de rendre les nouvelles chansons plus abordables pour les fans qui ne voulaient pas des bonus orchestraux, mais l’idée n’a pas abouti.
Sommaire
Restauration et relance
Le film Yellow Submarine a été relancé dans les salles de cinéma et en vidéo domestique pour son 30e anniversaire le 13 septembre 1999 au Royaume-Uni, et le lendemain aux États-Unis.
Metro-Goldwyn-Mayer, qui détenait les droits du film à l’époque, a utilisé des techniques de restauration numérique pour les images. Le son de la nouvelle copie a également été remixé en Dolby 5.1 et la chanson » Hey Bulldog « , qui n’était auparavant diffusée qu’en Europe, a été restaurée. La sortie en vidéo et DVD comprend également le documentaire de 1968 A Mod Odyssey.
Pour coïncider avec la réédition de 1999, Apple Corps a publié un tout nouveau remix stéréo de toutes les chansons figurant dans le film. George Martin ayant pris sa retraite, les nouveaux mixages stéréo et 5.1 ont été créés par Peter Cobbin, un ingénieur du son des studios Abbey Road. L’audio remixé est sorti sous le nom de Yellow Submarine Songtrack. Il s’agit du premier projet de remixage des Beatles depuis Anthology, qui a ouvert la voie à l’album Love et aux remixes des autres albums des Beatles par Giles Martin.
Trente ans après son premier départ en tant que navire amiral des années 60, le Yellow Submarine des Beatles sera relancé en septembre – et le voyage sera encore plus grand.
Le film classique sera réédité comme vous ne l’avez jamais vu auparavant ; chaque scène a été rénovée par ordinateur et le son a été remasterisé en Surroundsound 5.1. Le nouveau Yellow Submarine sortira en vidéo et en DVD pour la première fois le 13 septembre.
La sortie en vidéo domestique s’accompagne d’une nouvelle bande originale de l’album Yellow Submarine des Beatles. Cet album est celui que les fans attendent depuis 30 ans, car il contient les 15 chansons classiques des Beatles tirées du film. Et chaque chanson a été non seulement remastérisée mais aussi remixée… comme vous pourrez bientôt l’entendre.
La première du nouveau film aura lieu à Liverpool le 30 août, lorsque 150 000 personnes célébreront le Yellow Submarine Day. Attention aussi à un Eurostar Yellow Submarine, à des taxis Yellow Submarine et à une masse de marchandises sauvages. Et il y a un Blue Meanie de 2 mètres quelque part…
Communiqué de presse d’Apple Corps
Les chansons
Yellow Submarine Songtrack contient 15 chansons des Beatles, toutes présentées dans de nouveaux mixages stéréo.
La musique du film de George Martin a disparu, mais neuf autres chansons des Beatles, entendues dans le film mais absentes de la bande originale de 1969, ont été ajoutées au tracklisting : Eleanor Rigby « , » Love You To « , » Lucy In The Sky With Diamonds « , » Think For Yourself « , » Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band « , » With A Little Help From My Friends « , » Baby You’re A Rich Man « , » When I’m Sixty-Four » et » Nowhere Man « .
Ce sera l’album Yellow Submarine que les fans attendent depuis trente ans, parce que ce sera toute la musique des Beatles du film pour la première fois. Ce ne sera pas complètement différent, mais les chansons sonneront comme vous ne les avez jamais entendues auparavant.
Geoff Baker
Porte-parole d’Apple Corps et de MPL
Sur les 15 chansons de l’album, quatre – » Love You To « , » Think For Yourself « , » Only A Northern Song » et » It’s All Too Much » – sont de George Harrison, les autres étant de Lennon-McCartney.
Ringo Starr est le chanteur principal de deux des chansons : la chanson titre » Yellow Submarine » et » With A Little Help From My Friends « .
Deux chansons – » Think For Yourself » et » Nowhere Man » – ont été enregistrées en 1965. Trois – » Yellow Submarine « , » Eleanor Rigby » et » Love You To » – datent de 1966, et une seule – » Hey Bulldog » – a été enregistrée en 1968. Les neuf autres chansons datent de 1967.
La sortie
Yellow Submarine Songtrack est sorti le 13 septembre 1999. Aux États-Unis, il a été publié le jour suivant, pour coïncider avec la relance du film.
L’album est sorti en vinyle jaune et en vinyle noir standard, avec les pistes 1-9 sur la première face, et 10-15 sur la deuxième face.
Pour coïncider avec la sortie de l’album, Apple Corps a distribué un nouveau clip des Beatles enregistrant « Hey Bulldog » en février 1968. Le clip avait été utilisé à l’origine pour promouvoir le single « Lady Madonna », mais il a été redécouvert en 1999 et monté pour s’adapter au son de « Hey Bulldog ».
Yellow Submarine Songtrack est entré dans les hit-parades britanniques à la huitième place. Il s’est vendu à 19 000 exemplaires la première semaine, et a reçu le statut de disque d’or début octobre 1999.
Aux États-Unis, l’album s’est vendu à 67 000 exemplaires la première semaine et est entré à la 15e place du Billboard. Il est également entré dans le top 10 en Autriche, en Belgique et au Japon.
Le 20 mars 2012, Apple Corps a annoncé que le film Yellow Submarine avait été restauré à la main pour une sortie en DVD et Blu-ray. La restauration a été supervisée par Paul Rutan Jr et son équipe, qui comprenait Chris Dusendschon, Rayan Raghuram et Randy Walker.
L’album de la bande originale du film sera réédité en CD à la même date. Le film a été restauré en résolution numérique 4K pour la première fois – le tout fait à la main, image par image.
Apple Corps
La bande originale de Yellow Submarine a été rééditée en CD le 4 juin 2012 (le lendemain en Amérique du Nord), en même temps que le DVD et le Blu-ray du film.
Informations sur l’album
- Pays : International
- Support : CD
- Label : Apple
- Numéro de série : 521 4812
- Mixage : Mono
- Date de publication : 13/09/1999
Track-listing de l’album
- Yellow Submarine
- Hey Bulldog
- Eleanor Rigby
- Love You To
- All Together Now
- Lucy in the Sky with Diamonds
- Think for Yourself
- Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
- With a Little Help from My Friends
- Baby You’re a Rich Man
- Only a Northern Song
- All You Need Is Love
- When I’m Sixty-Four
- Nowhere Man
- It’s All Too Much
Description de l’album
Histoire
Construire sur des Ruines
26 Décembre 1967 : La BBC diffuse le nouveau film des Beatles, Magical Mistery Tour… Et pour la première fois depuis le début de leur carrière, les Beatles enregistrent un vrai fiasco : le film psychédélique à souhait se voit massacré par les critiques cinématographiques londoniens. Pour eux, ce film est un niaiserie, que même la bande son (composée notamment de chansons telles que « The Fool On The Hill », « I’m the Walrus ») pourtant d’une qualité excellente, n’arrive pas à relever…. Ce film, Magical Mistery Tour, troisième long métrage du groupe ( après « A Hard days Night » en 1964, et « Help » en 1965) s’annonce donc comme le dernier vrai film des Beatles.
Cependant, Jack Mendelson depuis quelque mois déjà a un projet : réaliser un dessin animé mettant en scène les Beatles : cependant, les Beatles n’ont jamais voulu donner suite à ce projet, le jugeant trop inopportun. Mais l’échec de Magical Mystery Tour s’avère cuisant pour les Beatles : le premier faux pas que toute la Presse guetté… Il faut donc effacer cette erreur de parcours au plus vite.
Ainsi le scénario de Mendelson est confié à Al Brodax et George Dunning…. La bande son est quand a elle confiée au « Cinquième Beatles » George Martin, et aux Beatles eux-même, tandis que le titre phare du film est interprété par le batteur du groupe : Ringo Starr.
7 mois plus tard, le 17 Juillet 1967, au London Pavillon de Londres, est projeté pour la première fois sur grand écran, le premier dessin animé du groupe : Yellow Submarine… tout les Beatles a l’occasion de cette première sont là, tous… non, George est absent, un air de séparation du group flotte déjà…. un pressentiment tel d’ailleurs, qu’en Avril 1970, il deviendra une certitude…
Dès la première projection, les critiques cinématographiques sont charmés, et l’échec cuisant de Magical Mystery Tour semble oublié…
L’histoire du Dessin Animé :
L’histoire du dessin animé née sous la plume du scénariste Jack Mandelson, qui a toujours rêvé de mettre en scène les Beatles. Le scénario écrit pour l’occasion colle bien à son époque de rédaction et se veut proche des lignées « Flowers Power », « Love and Peace », le tout généreusement saupoudré d’une dose de psychédélisme…
Ainsi l’histoire se veut très simple. Le pays des « Blue Meanies » désire envahir le pays « Pepperland ». En quelques mots, le royaume des Blue Meanies représente le mal, la tristesse, et le charma négatif… Au contraire, les habitants de Pepperland incarnent le charisme positif de l’Homme, et le territoire de Pepperland se trouve jonché de termes tels que « love », « Yes » et est le royaume de le couleur vive, de la musique et de la joie… ce qui est loin de plaire au chez des Blue Meanies …qui lance une attaque sur Pepperland, et réussi à anéantir tout les habitants du royaume de la joie… tous… non !! un réussi a s’échapper, et va ressusciter la légende de Yellow Submarine, fabuleuse légende qui dit qu’un jour, des hommes arrivèrent sur la contrée de Pepperland pour y faire naître le bonheur, l’harmonie et la musque. Ainsi, à bord du sous-marin jaune, le rescapé va rechercher des personnes capables de relever ce vrai défi… et les heureux sauveurs ne sont autres que les Beatles…. Pour cette occasion, les Beatles sont caricaturés à l’extrême : Paul devient le charmeur de service, John le rêveur extravagant, George le grand sage indien, et Ringo on s’en doute un peu le rigolo de la bande avec un grand cur…
Ainsi, tous s’embarquent à bord du sous-marin jaune, pour le pays de la Pïmentière (traduction faite du terme Pepperland dans la version sous titrée de Yellow Submarine). Et c’est après avoir traversé maintes océans et mers (Sea of Time, Sea of Monster…), et rencontré des personnages extraordinaires et étranges, qu’ils atteignent le territoire envahi de Meskins (traduction du terme Blue Meanies). Là, à grand renfort d’ingéniosité, de bonne humeur et de ritournelles pop, ils vont devoir combattre les envahisseurs qui propagent la mauvaise humeur symbolisée pour l’occasion par une couleur grisâtre et bleu foncé… y arriveront-ils ???? mystère, vous devrez regarder le dessin animé pour le savoir…
La Bande son :
Le dessin animé « Yellow Submarine » n’est pas un pur produit Beatles. En effet, dans ce film, les Beatles n’apparaissent que quelques minutes en fin de film, et ne prêtent même pas leurs voix aux personnages animés nés de l’inspiration de Mandelson, et prenant vie sous le coup de crayon de Brodax et Dunning…
La contribution des Beatles se résume en fait en l’apport de chansons qui n’étaient pas à l’origine prévues pour ce dessin animé, à savoir des titres comme Eleanor Rigby (Revolver), Love You To (Revolver), Nowhere Man (Rubber Soul).
Cependant, le principal effort, et non des moindres et celui apporté par George Martin. Ce dernier, en effet, pour Yellow Submarine passe à la baguette de chef d’orchestre et dirige avec des mains de maîtres un orchestre symphonique. De cette collaboration naîtront 8 morceaux de musique classique (7 présents sur l’album Original « Yellow Submarine », et le huitième présent sur le troisième volume de l’Anthology Beatles).
Les Beatles, et la firme Apple commercialiseront donc en Janvier 1969, ce fameux disque « Yellow Submarine » contenant une partie des chansons écrites par les Beatles et présentes dans le film (Yellow Submarine, Only A Northern Song, All Together Now, Hey Bulldog, It’s All Too Much , All You Need Is Love) et l’intégralité des titres instrumentaux du « Cinquième Beatles » Martin (Pepperland, Sea Of Time, Sea Of Holes, Sea Of Monsters, March Of The Meanies, Pepperland Laid Waste, Yellow Submarine In Pepperland ), et le film sera édité dans les années 80.
La réédition :
La Bande Son :
Cependant, 1999 apportait au sous marin jaune son trentième anniversaire : trente ans déjà qu le sous-marin commençait à rouiller au fond de nos tiroirs… aussi, les trois Beatles survivants se sont donnés pour mission de restaurer le sous-marin qui avait bien mal vieilli . Ainsi le 12 Septembre 1999, sortait dans le bac de nos disquaires un CD un peu particulier « Yellow Submarine NR ». Bien différent du premier album, ce CD comporte en fait l’intégralité des chansons composées par les Beatles disponibles sur le film. Pour cette occasion d’ailleurs, les bandes son ont été dépoussiérées, et remasterisées, et c’est ainsi que la musique semble retrouver une seconde jeunesse…. Alors que le son du CD original était d’un seul pan, sans profondeur, les chansons disponibles sur cette nouvelle édition hérite d’une profondeur « incontestable » et il est désormais facile par un simple effort d’audition de suivre tel ou tel instrument tant le travail accompli par les ingénieurs en charge du projet, et fabuleux…
Cependant, le grand oublié de la fête fut sans conteste George Martin. En effet, alors qu’il fut le principal contributeur de la première version avec 7 morceaux à son actif, cette nouvelle version du sous-marin jaune l’éclipse totalement, au profit des contributions Lennon-McCartney.
C’est alors que l’on peut se demander si le projet « Yellow Submarine » est vraiment complet. En effet, pourquoi ne pas avoir pour cette occasion édité un double CD, le premier CD contenant le CD commercialisé à l’heure actuelle, et le second contenant le travail d’orchestration de George Martin en son remasterisé… ainsi, la fête aurait été complète et le fan n’aurait pas eu l’impression qu’il y avait un grand oublié, et non des moindres…
Le Film :
En plus de la bande son qui a eu droit à une remasterisation, le sous-marin aussi a eu droit à un coup de peinture. Ainsi, les ingénieurs en charge du projet « Yellow Submarine » ont retravaillé les bandes vidéos. De leur travail ressort d’une part une cassette vidéo aux couleurs plus psychédéliques que jamais, et une version numérique du film, enregistrée sur support DVD…
Au vu du travail accompli, et du succès emporté par cette ré-édition, nous sommes désormais en droit de dire : « Le troisième Millénaire sera Beatles ou ne sera pas !!! »
Interview
Paul McCartney
Une distinction de plus peut-elle encore te faire plaisir après tant de disques dor, trophées et autres prix ?
Tu sais, chacune de ces récompenses est une nouvelle expérience. Tu as limpression de tout avoir, mais il est agréable de savoir que lon tapprécie. Recevoir ma MBE (Member of The Order Of The British Empire : une décoration que Lennon a retourné en signe de protestation contre la guerre) par exemple, a été très symbolique, parce que je viens dune toute petite famille de Liverpool et que jai ait partie dun petit groupe. Chaque récompense est un grand honneur Mon dieu, je parle comme un politicien…
A ce propos, tu as souvent critiqué la politique de ton pays, mais tu nas jamais exposé clairement tes convictions profondes ?
Cest assez personnel…
Beaucoup dans ta région reprochent aux Beatles de ne pas avoir « donné » à leur ville, du temps de votre succès collectif, à un moment où le gouvernement diminuait ses aides et alors que vous êtes toujours plus riches.
Je ne peux pas parler pour les autres, mais en ce qui me concerne, je considère que mon argent est « propre ». Personne nest obligé dacheter mes disques. Je nai volé personne. Je suis désolé de voir sombrer Liverpool, mais je pense désormais memployer correctement à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que la situation saméliore.
Cest un retour aux sources, car au début de ta carrière, tu semblais très impatient de quitter cette ville à tout prix pour tinstaller à Londres.
Quand les Beatles ont commencé, il ny avait pas de studio et se rendre à Londres était une nécessité. Cest là que se situait lindustrie du disque. Mais Liverpool demeure le centre spirituel de la musique de nombreux groupes y prennent vie. Cest sans doute ce qui rend Liverpool si riche en inspiration. Elle nest pas soumise à la pression du marché. Maintenant, les groupes ont des studios et peuvent enregistrer et sortit sur des labels indépendants. Cétait très différent à notre époque.
Parlons de ta popularité constante. Où que tu ailles, la foule est toujours après toi…
Oui. Cest assez encourageant. Je nai sincèrement jamais espéré recevoir autant et je suis heureux Mais je suis également content que cela ait pris une proportion moindre depuis la fin des Beatles, parce que cela commençait à devenir franchement disproportionné et effrayant.
Cela ne ta pas empêché de préserver une activité « publique » dès la fin des Beatles, en jouant à une époque dans des clubs ou des halls de lycées.
Quand les Beatles se sont séparés, je ne savais pas quoi faire sinon retourner à la source. Reprendre un bus et partir en tournée. Je ne savais pas si le public serait intéressé par ce que javais à proposer personnellement. Il ma semblé plus judicieux de jouer dans de petites salles que de jouer les mégalomanes.
Tu as été absent assez longtemps au début des années 80, et après lassassinat de John Lennon, certains médias ont raconté que tu craignais pour ta vie.
Cest totalement stupide. Javais à me préoccuper dautres choses. Si javais vraiment eu peur, jaurais très facilement pu prendre des mesures spéciales concernant ma sécurité. Et tu vois, je nai même pas de garde du corps.
Revenons sur un plan plus artistique… Il est un fait avéré que, pendant les années Beatles, John et toi étiez en compétition. Est-ce la raison principale ayant entraîné vos carrières solo ?
Peut-être, mais jai toujours pensé que je devais absolument écrire de meilleures chansons que John. Je pense que de son côté, il avait le même objectif Mais cétait bénéfique. Cela nous motivait en tant quauteurs, car nous essayions sans arrêt de nous surpasser.
Parmi les sujets récurrents, je suppose que la question quon ta le plus souvent posée est celle qui concerne la reformation des Beatles…
Cest probablement le cas. La réponse est inévitable. Non, et encore moins depuis que John est mort. Je me souviens, il y a quelques années… La rumeur voulait que nous reprenions du service en relançant le partenariat Lennon-McCartney, avec son fils Julian. Cette spéculation avait pris naissance lorsque nous nous étions rencontrés, sur un plateau de télé dune chaîne américaine. La presse avait bondi dessus et sorti cette histoire abracadabrante Je connais Julian depuis quil était tout petit garçon et je ne peux pas Imaginer travailler avec lui. Alors la réponse reste NON.
Inévitablement, on parle de toi comme dun ex-BEATLES. Lacceptes tu facilement ?
Oui, car de toute façon, il ny a rien que je puisse faire. Il ne sert à rien de se prendre la tête là-dessus. Il faut sy faire et ne pas se préoccuper du passé. Il ne faut jamais essayer dentrer en compétition avec lui, car cest léchec garanti. Il faut simplement être en compétition avec soi-même, en essayant de saméliorer.
Il y a eu beaucoup de rumeurs affirmant que tu étais mort pendant les années 60 et remplacé par un double. A qui ai-je affaire ?
Cest ridicule, et effrayant. Mais, je ne suis pas trop mal conservé pour un cadavre, pas vrai ? A moins que je sois mon double ?
George Harrison
Ta carrière personnelle a connu de bons et de très délicats instants. Pour ces derniers, tu as donné limpression que tu ne ten souciais pas.
Je me suis préoccupé de ma musique, mais jamais de la gloire ni de la publicité. Je ne me suis jamais vraiment senti à laise au sommet de la pop. Jaime jouer de la musique depuis toujours, mais jai détesté demblée tout ce qui gravitait autour.
Depuis les débuts, tu es considéré comme le plus calme du groupe, ce qui nest pas fréquent pour un guitariste.
Cest ma nature, mais cétait surtout pour lutter contre les médias, Quand nous étions en Studio, tu peux être sûr quon entendait bien ma voix. Je savais faite entendre mon opinion en certaines occasions.
Ce caractère tempère t a évité tout problème avec la justice, à lexception dune fois où le groupe a été expulsé dAllemagne…
Attention, ce nétait pas vraiment un délit. Je navais simplement pas lâge pour travailler dans un night-club et jouer jusquà quatre heures du matin. Les autorités ont découvert mon âge et mont renvoyé à Liverpool. Nous sommes revenus à Hambourg quelques années plus tard, pour leur prouver ce que nous savions faire.
Quels Souvenirs gardes-tu de cette époque ?
Nous nous sommes beaucoup amusés, mais nous navions pas un rond. Nous pouvions jouer ce que nous voulions, comme nous le souhaitions. Personne nous imposait dinstructions. Nous pouvions tester nos chansons comme nous le voulions, en public. Cétait le meilleur moyen dapprendre.
Et que retiens-tu de la période où vous vous produisiez à The Cavern ?
Cétait comme un port darrivage où tu pouvais voir débarquer toutes les nouveautés. Les concerts étaient incroyables et il y avait tant de monde quon ne pouvait pas bouger. Nous y avons donné dexcellents concerts et cest la raison pour laquelle le public nous a très rapidement appréciés et adoptés. Tu nas pas idée à quel point nous étions heureux dès que nous posions le pied sur la scène de The Cavern ! Nous avons dû y jouer 250 fois. Nous nétions pratiquement pas payés quand nous avons commencé à nous y produite. Mais vers la fin, nous avions des cachets très corrects. Cela dit, limportant nétait pas là…
Quétait-ce donc, alors ? Lambition ?
Je ne sais pas si nous avions une ambition bien définie. Nous étions tout simplement heureux de jouer notre musique et quand nous avons pu enregistrer notre premier disque, avec Tony Sheridan, nous étions au septième ciel. La réalisation de « Mv Bonnie » fut déterminante à nos yeux. Nous avions limpression davoir accompli quelque chose dimportant. Le simple fait davoir notre nom sur le disque était fabuleux. Plus tard, tout est devenu trop phénoménal et gigantesque pour que nous réalisions ce qui nous arrivait.
Tu navais jamais imaginé cette carrière, même dans tes rêves les plus fous ?
Bien sûr que non. Cétait sans précédent, car personne avant nous navait déclenché ce genre de folie. Alors que nous nous contentions uniquement de jouer notre musique. Rétrospectivement, je peux taffirmer que nous navons rien planifié. Nous nous contentions de réagir face aux situations qui se présentaient à nous. Parfois, nous avons fait des erreurs, parfois non.
Aujourdhui, des années après, es-tu capable de comprendre comment tout ceci est arrivé ?
Encore une fois, nous avons simplement composé la meilleure musique que nous pouvions. Nous avions un duo dexcellents auteurs-compositeurs qui essayaient sans cesse de se surpasser mutuellement. Grâce à cette émulation, les chansons étaient toujours meilleures. Je pense que nous nétions pas de mauvais interprètes non plus. Et nous travaillions avec des gens très compétents. Nous étions très bien entourés et encouragés. Les ventes ne représentaient absolument pas la notion essentielle.
Tellement de hits ! Eh dire que les droits ne sont même plus détenus par le groupe lui-même…
Eh bien, oui… Cest davantage le problème de Paul, car il a essayé plusieurs fois de racheter les droits à Michael Jackson. Mais comme nous le savons, ce dernier na pas besoin dargent et aucune envie de les vendre. Le pire, cest que cest Paul qui la encouragé à acquérir des droits sur des éditions, fort de son expérience sur le catalogue de Buddy Holly. À cette époque, quand nous signions des contrats, nous ne savions pas quune chanson pouvait sacheter comme une maison. Nous étions simplement heureux denregistrer et de voir nos disques sortir. Nous étions naïfs et certains en ont profité. Ils ont vendu nos créations et se sont fait beaucoup dargent dessus. Ce nest pas juste, mais lindustrie musicale nest pas réputée pour sa droiture.
Quels sont tes plus gros regrets à propos de ta carrière dans les Beatles ?
Je regrette que nous ayons arrêté de faire des concerts, car cela nous a beaucoup affectés en tant que groupe. Quand tu tournes, tu es uni aux autres. Quand cette communion sestompe ou disparaît, tévertuer à recréer cette ambiance en studio est vain. En arrêtant les tournées, nous nétions plus un groupe et la séparation était inévitable. Pendant les tournées, je me souviens que tout était plus simple, plus drôle. Travailler sur les morceaux était un vrai bonheur John ou Paul arrivait avec une ébauche et en une heure, nous avions une idée plutôt précise de la version finale. Nous étions capables de la jouer le soir même.
Penses-tu que lombre des Beatles planera toujours au-dessus de toi ?
Je ne la ressens plus. Quand le groupe sest séparé, je me demandais vraiment ce que serait la vie après ce groupe. Le temps aidant, jai connu différentes expériences. La douleur et la colère causées par le passé ont disparu. Je ne ressens plus aucun malaise avec le passé. Quel intérêt ! Cétait il y a très longtemps. Jai limpression que cette vie est arrivée à quelquun dautre que moi. Nous avons tous des souvenirs, et cest au passé que les Beatles appartiennent désormais.
Ringo Starr
Te sens-tu prisonnier du passé ? Tout comme les autres, tu seras toujours un « ex-BEATLES ».
Pour le restant de mes jours… Mais cela ne me pose pas de problème. En revanche, même lorsque jai une actualité et un nouvel album, on ne me pose que des questions sur les Beatles. Mais il ny a rien que je puisse faire pour empêcher cela. On se souviendra toujours de moi de cette façon. On a tant écrit à notre sujet. Je nai pas limpression que je puisse ajouter quoi que ce soit de nouveau. Je nessaye pas de lutter avec le passé, mais cela ne mintéresse plus vraiment.
Tu as pourtant accepté de le retracer à travers une série de vidéos sorties il y a quelques années chez Apple.
Oui, une série-documentaire, « The Life And Times 0f The Beatles« . Jai été interviewé. La première cassette est intéressante, car elle couvre la période la plus méconnue de 1962 à 1964, les premiers albums. George Martin a également réalisé un reportage documentaire sur lenregistrement de lalbum »Sgt Peppers« . Cest surtout lidée que nous ayons tous les trois été interrogés séparément à propos de points précis qui mavait séduit, comme les anecdotes sur lenregistrement de »Love Me Do ». La question était quel jour avez-vous enregistré ? Je répondais un mardi et Paul ajoutait de son côté « après-midi ». Lidée était de ne pas savoir ce que les autres répondraient et de pouvoir comparer nos versions, notre interprétation du passé.
Gardes-tu un Souvenir du jour où la place de batteur au sein des BEATLES ta été proposée ?
Vaguement, mais ce jour na rien dexceptionnel. Sauf peut-être aux alentours de Liverpool. Je nétais pas sur de mon choix, car à lépoque. THE HURRICANES étaient plus importants que THE BEATLES. Mais je savais aussi que Paul et John étaient de meilleurs compositeurs. Je minquiétais aussi un peu, parce que Pete Best était très populaire auprès des fans. Le premier concert que jai donné avec le groupe à The Cavern a été terrifiant, mais j étais foncièrement motivé par le groupe, car il avait décroché un contrat avec Parlophone (EMI). Deux mois plus tard, nous partions à Londres pour lenregistrement de notre premier disque.
De nombreux livres ont été écrits à ton sujet
Je ne les ai jamais lus…
Pourquoi ne réalisez-vous pas vous-mêmes, toi et les autres, vos autobiographies ?
Je ne sais pas. Nous nen avons même jamais discuté ensemble. Nous y penserons peut-être dune façon moderne, en vidéo, plutôt que sur le papier.
Tétais-tu impliqué dans le film « Backbeat », retraçant la carrière des Beatles à lépoque de Hambourg ?
Non, pas vraiment. Je ne suis pas du genre nostalgique.
As-tu gardé des objets de cette époque ?
Oui, mais peu, en fait. Jai la veste de la pochette de « Sgt Peppers ». Cest sans doute la plus belle pièce de ma collection.
Te souviens-tu des personnes qui ont compté à tes débuts ?
Oui, mais nous ne sommes plus en contact. Je me rends parfois à Liverpool, voir mes cousins.
A défaut de nostalgie, tu es réputé pour avoir de lhumour. Quas-tu pensé des parodies comme la comédie « John, Paul, George, Ringo et Bert » ou THE RUTLES ?
Je ne connais pas la première et il y a énormément de choses qui me font plus rire que la deuxième…
Leurs avis
– Que penser du film aujourdhui ?
Paul McCartney : Dès le générique, « YeIIow Submarine » fait plutôt vintage, un peu démodé mais très vite, il se met à tenir debout. Cest même étonnement moderne, assez barré. Le film est plutôt intello, pas vraiment destiné aux enfants, même Si, apparemment, beaucoup laiment, « Yellow Submarine » est le témoignage dune époque mais il tient encore la route : quelques-unes des idées développées sont très intelligentes et jai ri une fois ou deux, ce qui est plutôt surprenant après tout ce temps. Les couleurs sont pétantes, nettes et très vibrantes…
Ringo Starr : Barré tu dis ? il est vrai que ça létait à lépoque… quant à savoir Si les couleurs sont plus vives… Je ne me rappelle pas bien le jaune de 1967 comparé à celui de 1999. On dirait seulement du jaune, du bleu et du rouge mais très propres.
George Harrison (plus réfléchi, le quiet One pèse ses mot) : Aujourdhui, il y a tant dimages de synthèse autour de nous quon ne sen aperçoit plus. Mais cette technologie nest pas aussi bonne que celles employées autrefois. Comme tout le monde reste persuadé que ce qui est nouveau estobligatoirement meilleur, on oublie quà son époque, « Yellow Submarine » était vraiment novateur. Il mérite de ressortir. il na pas lair ridicule comparé à tout ce que lon peut voir à la télévision. Il y a plein de vieux films qui sont mauvais et encore plus de films nouveaux qui le sont également. Disons-le, Hollywood est si nul que nimporte quoi de moyennement décent tient la route à côté.
– Les personnages de Yellow Submarine », ont-ils aussi bien vieilli que les originaux ?
George Harrison : il ne faut pas oublier que le film sétait fait sans nous. ils ont pris notre musique, nous ont expliqué leur concept et cest tout Après quoi Heinz Edelmann, un type fantastique, est parti dans son coin créer les personnages puis nous les a montrés. Les voix rendent le film très drôle car bien sûr, ce ne sont pas les nôtres. Lorsque japparais dans le film, au sommet de ma montagne avec de la musique indienne, cest plutôt réussi. Cest comme ça que jétais et suis encore. Au fond de moi, je suis toujours sur une montagne en Inde…
Paul McCartney : On avait accepté que nos personnages soient doublés et ça a plutôt bien fonctionné même si, depuis, le monde pense que les gens de Liverpool parlent de cette façon cinglée. Quant à mon personnage, il manque sacrément de caractère, me faisant passer pour le type straight du groupe. George est merveilleux sur sa colline et Ringo est bien, comme dhabitude, puisquil est drôle. Mais moi, japparais comme quelquun de suave, sans épices. Je ressemble à un jeune chef dentreprise qui chante des ballades. Enfin, ce nest que lidée que les gens se sont faite mais après, il faut vivre avec.
Ringo Starr : Curieux tout de même quà cause des voix, on ait tous lair dêtre sous Valium …
– Comment est née la chanson « Yellow Subinarine » ?
Paul McCartney : Jétais couché, en train de mendormir. Mon boulot, cest décrire des chansons et cest un moment idéal pour réfléchir à des thèmes, à des idées… Et je me suis mis à penser que ce serait bien que Ringo chante quelque chose pour les enfants, lui qui justement sait si bien sy prendre avec eux. Jai songé à un sous-marin jaune. Le lendemain, j ai commencé à écrire et on a fini la chanson ensemble. Ringo la chante très bien. En concert, juste avant le refrain, il crie aux gens : « Où habitons-nous ? » et la foule de répondre : « Dans un sous-marin jaune ». Jadore ça, Ringo demandant : « Où habitons-nous ? »
Ringo Starr : Cette chanson ma donné un job. Tout le monde peut la chanter. Quand je suis en tournée, je fais aux spectateurs : « En voilà une que vous connaissez tous et si ce nest pas le cas cest que vous nêtes pas au bon endroit. » Même les ftus la fredonnent…
George Harrison : Lannée où « Yellow Submarine » est sortie, elle a été votée chanson préférée et chanson la plus détestée en Angleterre. Cest le genre de chanson qui plait aux enfants, à leurs grand-mères et aux gens qui aiment les Beatles. Ceux qui ne les aiment pas la déteste. Mais ils ne se contentent pas de ça, ils la haïssent vraiment, et cest à ce point.
– Que dire en 1999 de lesprit du film ? Subsiste-t-il un message ?
Paul McCartney : « Yellow Submarine » a été réalisé au milieu des années 60, on venait de terminer « Sgt Pepper » et les gens qui ont fait le film ont senti le besoin de se raccrocher à ce qui se passait alors à Londres, une bonne idée finalement. Jestimais pour ma part quon pouvait faire un chouette film pour enfants mais eux préféraient coller à lesprit de lépoque et cest ce quils lont faiL Au niveau des couleurs, des gags et de lidée générale, le film a vraiment capté lesprit des années soixante. Cette métaphore, avec les Blue Meanies dun côté et les gens AIl You Need Is Love de lautre, est plutôt bonne. Elle fonctionne encore aujourdhui et fonctionnera sûrement demain… « AIl You Need Is Love » reste le message du film Ça semble un peu simple, voire niais, mais cest une chanson excellente. John la chante de manière fantastique et elle a affecté énormément de gens. Tout le monde a compris le message sauf ceux qui déclenchent les guerres…
Ringo Starr : Peut-être que le vainqueur de la prochaine sera celui qui serrera lautre le plus fort dans ses bras.
George Harrison : Jaime beaucoup les Blue Meanies du film, très différents de ceux de la réalité, plutôt sinistres. Jaime surtout ceux qui balancent des pommes car ils ne disent rien. Ils ne font que balancer des pommes sur les gens : cest une très bonne idée. Plus ils en balancent, mieux cest.
Paul McCartney : Jadore le chef des Blue Meanies, il a une voix super. En fait jai pris lhabitude de limiter à la maison. Ce personnage ma aidé dans bien des situations.
Ringo Starr : Noublions tout de même pas quà chaque fois que les Beatles sont représentés, peu importe ce qui se passe autour deux, cest la musique qui prime.
– Les plages instrumentales écrites pour le film par George Martin ont disparu du nouveau songtrack Inutile de dire que le vieil homme sen indigne, même Si on parle déjà dun CD uniquement consacré à ses séquences…
Paul McCartney : La première fois que les gens ont acheté lalbum « Yellow Submarine », il se peut quils aient été surpris ou déçus que toutes les plages orchestrales soient dessus. Ils avaient pris lhabitude dacheter nos disques pour nos propres sons. Sans vouloir être injuste avec le travail de George Martin, jestime que cest bien que les gens puissent enfin se procurer toutes les chansons contenues dans le film. Les Beatles nont jamais roulé le public.
– Enfin, que signifient encore les Beatles à la veille du nouveau millénaire ?
Paul McCartney : En formant le groupe, notre intention nétait pas de devenir légendaires mais bons dans notre musique. Il est difficile pour moi de dire ce qui rend les Beatles fabuleux car il convient de rester modeste. Mais le fait quil subsiste désormais une oeuvre et que la carrière du groupe soit terminée autorise à en parler. En laissant un peu la modestie de côté, jestime que les chansons restent excellentes et sont lépine dorsale de tout : on a réellement fait du bon boulot. Et puis cest agréable de voir les jeunes essayer de nous copier : sévertuer à recréer religieusement le son de batterie de « Tomorrow Never Knows » nest rien dautre quun hommage. Ils pourraient imiter nimporte qui dautre mais cest nous quils choisissent. Comme si on avait titillé un nerf qui vaut encore la peine de lêtre encore aujourdhui.












