La vie
• La Biographie
• La Chronologie
• L’avant Beatles
• Les Photographes
• L’après Beatles
• Les Beatles vus par…
• Le Wiki
• La Ville de Liverpool
Around...
• I Know you, and you know me
• Smells like Beatles Spirit
• Les Cinquièmes Beatles

« A Day in the Life » est la dernière piste de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, sorti en 1967. Coécrite principalement par John Lennon et Paul McCartney, bien que créditée à Lennon-McCartney, cette chanson est largement considérée comme l’un des sommets artistiques des Beatles et de la musique pop en général. « A Day in the Life » est marquée par sa structure complexe, son ambiance contrastée entre introspection et chaos orchestré, et son utilisation innovante de techniques de studio et d’effets sonores. La chanson capture l’esprit de l’expérimentation et de la créativité qui définissait les Beatles à la fin des années 1960, tout en abordant des thèmes de réalité quotidienne, de rêve, et d’expérience humaine.
« A Day in the Life » a été inspirée par une série d’événements réels et d’observations quotidiennes, que Lennon et McCartney ont tissés ensemble en une composition unique et ambitieuse. La première partie de la chanson, écrite par John Lennon, a été inspirée par des articles de journaux qu’il avait lus, notamment l’histoire de Tara Browne, un héritier de la fortune Guinness et ami proche du groupe, qui est mort dans un accident de voiture en 1966. Les lignes « He blew his mind out in a car » font référence à cet événement tragique, bien que de manière détachée et légèrement surréaliste.
En contraste avec la section plus sombre de Lennon, Paul McCartney a contribué avec une séquence médiane plus légère et prosaïque, qui décrit de manière vivante une routine matinale banale : « Woke up, fell out of bed, dragged a comb across my head. » Cette juxtaposition entre la gravité existentielle et la banalité de la vie quotidienne crée une dynamique puissante et complexe, capturant l’essence de la condition humaine dans toute sa diversité et sa contradiction.
L’enregistrement de « A Day in the Life » a eu lieu sur plusieurs sessions aux studios EMI d’Abbey Road à Londres, commençant le 19 janvier 1967 et se poursuivant jusqu’au 10 février 1967, sous la direction de George Martin. Ce qui rend l’enregistrement de la chanson particulièrement remarquable, c’est son utilisation pionnière de l’orchestre et des techniques de studio pour créer une atmosphère sonore unique.
La première partie de la chanson, chantée par John Lennon, est caractérisée par un arrangement simple mais efficace, avec la voix éthérée de Lennon, une guitare acoustique, une basse électrique, un piano, et une batterie douce de Ringo Starr, qui ajoute un groove subtil mais hypnotique. L’atmosphère est presque rêveuse, renforcée par l’utilisation subtile de la réverbération et du delay pour donner à la voix de Lennon une qualité aérienne.
À l’inverse, la section médiane de McCartney est plus énergique et directe, avec une mélodie sautillante et un tempo plus rapide qui contraste fortement avec la première partie. Cette section est soutenue par un piano vif et des accords de guitare électrique, créant une transition dynamique qui relance la chanson après l’introspection initiale de Lennon.
L’un des moments les plus célèbres et les plus innovants de « A Day in the Life » est l’utilisation d’un crescendo orchestral, enregistré par un orchestre de 40 musiciens. Sous la direction de George Martin, les musiciens ont été invités à jouer de leurs instruments de manière chaotique, en commençant par la note la plus basse de leurs instruments et en montant progressivement jusqu’à la plus haute, créant une montée sonore de tension et de suspense. Cet effet sonore unique crée une sensation de montée inexorable et d’explosion imminente, culminant dans un accord de piano emblématique et retentissant, joué simultanément sur trois pianos par Lennon, McCartney, Starr, et Martin lui-même. Cet accord final est prolongé par l’enregistrement d’une réverbération naturelle pendant environ 40 secondes, clôturant la chanson et l’album sur une note ambigüe et puissante.
L’utilisation de la piste cachée au tout dernier moment de l’enregistrement — un bourdonnement aigu que seuls les jeunes peuvent entendre, suivi de quelques secondes de bavardages studio non-sensiques — a été ajoutée par les Beatles comme une farce, encore un exemple de leur volonté de défier les conventions musicales et d’expérimenter avec la perception de l’auditeur.
« A Day in the Life » a été incluse comme la dernière piste de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, sorti le 26 mai 1967 au Royaume-Uni et le 1er juin 1967 aux États-Unis. Dès sa sortie, la chanson a été acclamée comme un chef-d’œuvre de l’album et un exemple parfait de l’innovation et de la créativité des Beatles. L’album lui-même a été salué comme une œuvre révolutionnaire qui a redéfini la musique pop et a établi de nouvelles normes pour la production d’albums.
Les critiques ont loué « A Day in the Life » pour son approche audacieuse et son interprétation harmonique riche, reconnaissant la capacité des Beatles à fusionner différentes idées musicales et thématiques en une œuvre cohérente et émotionnellement puissante. La chanson a été reconnue comme un excellent exemple de l’évolution de Lennon et McCartney en tant que songwriters, montrant leur capacité à capturer des émotions complexes et nuancées dans un format de chanson pop tout en repoussant les limites de ce qui était possible dans la musique enregistrée.
« A Day in the Life » explore des thèmes de réalité quotidienne, de rêve, de mortalité, et de transcendance, exprimant un sentiment de perplexité et de contemplation face aux mystères de l’existence. Les paroles, bien que fragmentées, sont efficaces pour transmettre un sentiment de réflexion et de recherche, capturant l’essence de l’expérience humaine et de l’exploration mentale. Ce thème est renforcé par la mélodie complexe et l’utilisation innovante des effets sonores et des techniques de production, qui ajoutent une dimension de profondeur et de mystère à l’ensemble.
Musicalement, la chanson est notable pour son utilisation de motifs mélodiques contrastés, de progressions harmoniques complexes, et d’une instrumentation riche, créant un son riche et engageant qui est à la fois introspectif et expérimental. L’influence de la musique classique, du rock, et de la musique d’avant-garde est évidente dans la structure harmonique de la chanson, mais Lennon, McCartney, et George Martin y ajoutent leur propre sensibilité pop, créant un morceau unique qui se démarque dans leur catalogue.
Aujourd’hui, « A Day in the Life » est largement reconnue comme l’une des chansons les plus importantes et influentes des Beatles, un exemple de leur capacité à intégrer des influences culturelles et musicales diverses dans leur travail. Elle est célébrée pour son arrangement harmonique riche, son ambiance introspective, et son utilisation innovante d’effets sonores et de techniques de production, qui capturent parfaitement l’esprit des Beatles à une époque de transition vers des compositions plus sophistiquées et expérientielles.
La chanson continue d’être revisitée par les fans et les musiciens comme un exemple de l’innovation musicale des Beatles et de leur capacité à capturer des émotions complexes dans un format pop sophistiqué. Elle est également reconnue pour son rôle dans l’évolution musicale du groupe, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux sons et de nouvelles idées tout en restant fidèles à leur style unique.
En conclusion, « A Day in the Life » est bien plus qu’une simple chanson pop; elle est une démonstration de la croissance des Beatles en tant qu’artistes, capables de capturer l’esprit de la réflexion intérieure et de l’expérience humaine tout en explorant des thèmes plus profonds et plus universels. La chanson reste une pièce importante de leur héritage musical, capable de captiver et d’inspirer des générations d’auditeurs avec son émotion sincère, son style harmonique riche, et sa capacité à capturer l’essence de la condition humaine dans toute sa complexité et sa beauté.
Sommaire
I read the news today oh boy
About a lucky man who made the grade
And though the news was rather sad
Well I just had to laugh
I saw the Photograph
He blew his mind out in a car
He didn’t notice that the lights had changed
A crowd of people stood and stared
They’d seen his face before
Nobody was really sure
If he was from the House of Lords
I saw a film today oh boy
The English Army had just won the war
A crowd of people turned away
But I just had to look
Having read the book
I’d love to turn you on
Woke up, fell out of bed
Dragged a comb across my head
Found my way downstairs and drank a cup
And looking up I noticed I was late
Found my coat and grabbed my hat
Made the bus in seconds flat
Found my way upstairs and had a smoke
Somebody spoke and I went into a Dream
I read the news today oh boy
Four thousand holes in Blackburn, Lancashire
And though the holes were rather small
They had to count them all
Now they know how many holes it takes to fill the Albert Hall
I’d love to turn you on
J’ai lu les nouvelles aujourd’hui
Un homme chanceux qui a réussi à s’en sortir
Et bien que la nouvelle soit plutôt triste
Il fallait bien que je me mette à rire
J’ai vu la photo
Il s’est fait sauter la cervelle dans une voiture
Il n’a pas remarqué que les feux avaient changé
Une foule de gens se tenait debout et regardait fixement
Ils avaient déjà vu son visage auparavant
Personne n’était vraiment sûr
S’il venait de la Chambre des Lords
J’ai vu un film aujourd’hui
L’armée anglaise venait de gagner la guerre
Une foule de gens s’est détournée
Mais il fallait que je regarde
Ayant lu le livre
J’aimerais t’allumer
Je me suis réveillé, je suis tombé du lit
J’ai passé un peigne sur ma tête
J’ai trouvé le chemin des escaliers et j’ai bu une tasse
Et en levant les yeux, j’ai remarqué que j’étais en retard
J’ai trouvé mon manteau et attrapé mon chapeau
J’ai pris le bus en quelques secondes
J’ai trouvé le chemin de l’étage et j’ai fumé une cigarette
Quelqu’un a parlé et j’ai fait un rêve
J’ai lu les nouvelles aujourd’hui, oh là là
Quatre mille trous à Blackburn, dans le Lancashire
Et bien que les trous soient plutôt petits
Ils ont dû tous les compter
Maintenant ils savent combien de trous il faut pour remplir l’Albert Hall
J’aimerais t’allumer
Attention, chef-d’œuvre !
« A Day in the Life » est très souvent considéré comme le joyau de la couronne de « Sgt. Pepper ». C’est, en tout cas, le morceau le plus extraordinaire dans sa conception et le plus riche en contenu. Cette œuvre est la juxtaposition de deux morceaux inachevés : le premier signé par John, auquel a été ajouté un deuxième imaginé par Paul (qui constitue la partie centrale). Cette tentative de combinaison avait déjà été tentée par les Beatles quelques mois auparavant sur « She Said, She Said » (album « Revolver »), mais il s’agissait alors de deux morceaux de John.
Cette apothéose de l’album est un parfait exemple de la collaboration qui existait entre John et Paul pour la composition d’un morceau. Même si ce genre d’exemple au moment de l’enregistrement de « Sgt. Pepper » devenait assez rare. À noter qu’à l’origine, « A Day In The Life » aurait dû avoir comme titre « Good News Today », puis « In the Life of ».
Avec « A Day in the Life », en l’espace de 5 minutes et 32 secondes, John et Paul ont transformé ce standard en une œuvre majeure et incontournable de la musique du XXe siècle, alors même qu’ils ne savaient ni lire, ni écrire une partition.
Analyse de texte :
« A Day in the Life » débute sobrement : « I read the news today, oh boy » (Aujourd’hui, j’ai lu un truc dans les journaux), sur une mélodie de guitare acoustique qui arrive aux oreilles de l’auditeur juste après la fin des applaudissements pour la représentation du « Sgt. Pepper ». Une sorte de rappel dramatique après un spectacle divertissant…
Le deuxième couplet évoque un homme qui « blew his mind out in a car ». Ce passage fut coécrit avec Paul et s’inspire d’un article du « Daily Mail » datant de mi-décembre 1966. L’article parlait d’un accident qui avait coûté la vie à Tara Brown, héritier de la famille Guinness. Proche des Beatles et des Stones, il avait notamment assisté aux séances d’enregistrement de « Revolver » quelques mois avant son décès, à 21 ans.
Cependant, John a admis qu’il n’avait pas utilisé les circonstances réelles de l’accident pour les paroles. Ainsi, contrairement à ce qui est dit dans la chanson, Tara Brown n’a pas vraiment « éclaté son crâne », même s’il est mort instantanément de « multiples lacérations du cerveau dues à des fractures du crâne », selon le rapport d’autopsie. De même, « He didn’t notice that the lights had changed » est une invention.
Ce couplet alimenta les rumeurs sur la prétendue mort de Paul dans un accident de voiture pendant l’enregistrement de « Pepper ».
Dans le troisième couplet, John fait référence à son expérience cinématographique dans le film de Richard Lester « How I Won the War », évoquant un film où « l’armée anglaise venait juste de gagner la guerre ».
Le quatrième et dernier couplet de la chanson, signé Lennon, s’inspire d’un autre article du « Daily Mail » (du 17 janvier 1967) qui évoque les « 4 000 trous » dans les rues de Blackburn, Lancashire. Ce chiffre provenait d’une enquête sur l’état des routes commandée par la municipalité.
John a également été inspiré par un autre article du journal sur un chanteur se produisant à l’Albert Hall, d’où la fusion des deux sujets : d’un côté les 4 000 nids-de-poule, et de l’autre cette célèbre salle londonienne.
La partie centrale écrite par Paul évoque un souvenir d’enfance à Liverpool : son trajet en bus pour aller à l’école, fumant une cigarette avant d’entrer en classe.
Les allusions à la fumée et au rêve rappellent inévitablement la drogue. En particulier, le vers « I’d love to turn you on » qui a conduit à l’interdiction de la chanson sur la BBC. McCartney a admis que « A Day In The Life » était une provocation délibérée, même si c’était la seule de l’album.
Comme souvent, les Beatles, et en particulier John pour cette chanson, se sont inspirés de faits divers.
Paul McCartney : voix principale, piano, basse
John Lennon : voix principale, piano, guitare rythmique acoustique,
George Harrison
Ringo Starr : piano, bongos, maracas, batterie
Malcom Evans : piano, voix, sonnerie de réveil
George Martin : piano, harmonium
Erich Gruenberg : violon
Granville Jones : violon
Bill Monro : violon
Jurgen Hess : violon
Hans Geiger : violon
D. Bradley : violon
Lionel Bentley : violon
David McCallum : violon
Donald Weekes : violon
Henry Datyner : violon
Sidney Sax : violon
Ernest Scott : violon
John Underwood : violon
Gwynne Edwards : violon alto
Bernard Davis : violon alto
John Meek : violon alto
Francisco Gabarro : violoncelle
Dennis Vigay : violoncelle
Alan Dalziel : violoncelle
Alex Nifosi : violoncelle
Cyril MacArther : contre-basse
Gordon Pearce : contre-basse
John marson : harpe
Roger Lord : oboe
Cliford Seville : flûte
David Sanderman : flûte
David Mason : trompette
Monty Montgomery : trompette
Harold Jackson : trompette
Raymond Brown : trombone
Raymond Premru : trombone
T. Moore : trombone
Michael Barnes : tuba
Basil Tschaikov : clarinette
Jack Brymer : clarinette
N. Fawcett : basson
Alfred Waters : basson
Alan Civil : cor
Neil Sanders : cor
Tristan Fry : tympan, percussions
19 janvier 1967 : enregistrement de 4 prises.
20 janvier 1967 : mixage de la prise 4. Création des prises 5, 6 et 7.
3 février 1967 : ajout d’overdubs à la prise 6.
10 février 1967 : enregistrement des overdubs de l’orchestre symphonique.
22 février 1967 : enregistrement de la prise partielle 9.
Version finale : mixage des prises 6, 7 et de la prise 9.
Arrêtons-nous un instant et récapitulons.
En cette fin d’année 1966, l’album « Revolver » domine les charts mondiaux. Cette position consacre une évolution dans leur style à tous les niveaux. Une porte s’est entrouverte ; reste à découvrir ce qui se cache derrière…
Autre point notable, comme mentionné précédemment, les liens entre les Beatles et la drogue se renforcent. Nous sommes au début de la période « psychédélique », et le LSD est omniprésent.
Mais l’essentiel est que les « gars de la Mersey » ont enfin et définitivement abandonné leurs obligations scéniques. Pour la première fois en quatre ans, les Beatles vont avoir du temps libre. D’abord, pour prendre des vacances bien méritées après la frénésie de la Beatlemania, puis, grâce à EMI, pour se consacrer sans limite à leur prochain album.
Toutes les conditions sont réunies pour la création du chef-d’œuvre de la pop musique qu’est « Sgt. Pepper’s ».
Sa réalisation demandera 9 mois, dont 5 en studio, et coûtera 25 000 £, un montant record pour l’époque.
À titre de comparaison, le premier LP des Fab Four avait été enregistré en une seule journée, pour seulement 400 £.
Vers de nouveaux horizons…
Comme mentionné plus haut, les Beatles s’accordent d’abord quelques semaines de repos, qu’ils mettront néanmoins à profit.
C’est à cette période que les Fab Four cessent d’être quatre musiciens vêtus et coiffés de la même manière pour devenir quatre personnalités distinctes et affirmées, tout en conservant une parfaite harmonie.
Chaque Beatle se consacre à une activité qui lui tient à cœur. Ainsi, John participe au tournage du film « How I Won the War » de R. Lester. George, quant à lui, se perfectionne au sitar avec Ravi Shankar et voyage en Inde (prémices du « White Album »).
De son côté, Ringo passe des vacances tranquilles en famille. Paul, débordant de créativité, compose même la bande originale d’un film (« The Family Way ») avec l’aide de George Martin.
…Pour un nouveau type d’album.
Le 24 novembre 1966, les Beatles se retrouvent, frais et dispos, aux studios d’Abbey Road pour commencer l’écriture de leur nouvel album.
Les séances démarrent avec « Strawberry Fields Forever », une chanson que John a ramenée de son tournage. Jusqu’au milieu de janvier 1967, l’essentiel du travail se concentre sur cette chanson ainsi que sur « Penny Lane ». Ces deux titres, étant les plus avancés, sortiront en single sous la pression d’EMI.
Par la suite, « A Day In The Life » et le thème de « Sgt. Pepper’s » voient le jour. Puis viennent « Good Morning, Good Morning » et « Being for the Benefit of Mr. Kite ». Chaque chanson est continuellement retravaillée, les Beatles faisant preuve d’une créativité débordante et d’une profusion d’idées.
Le 29 mars, le titre officiel de l’album est annoncé. Ensuite, tout s’accélère.
Le 12 mai, la radio libre « Radio London » obtient l’autorisation de diffuser l’intégralité de l’album sur les ondes.
Une semaine plus tard, une fête est organisée pour la presse au domicile de Brian Epstein. L’album est officiellement lancé.
Le 20 mai, c’est au tour de la BBC de présenter « Sgt. Pepper’s » à ses auditeurs, à l’exception de « A Day In The Life », exclue pour « encouragement à la consommation de drogues ».
Le 1er juin 1967, l’album sort finalement en Angleterre (et le 2 aux États-Unis).
Mais les Beatles sont déjà loin de toute cette effervescence. La créativité bat son plein… tant de choses à explorer ! Après une apparition à l’émission « Our World » pour interpréter « All You Need Is Love », les Beatles poursuivent sur la lancée de « Pepper » pour concevoir la bande-son du « Magical Mystery Tour ».
Mais cela, c’est une autre histoire…
Laissons « A Day in the Life » se terminer avec un fracas de notes de piano qui résonne longuement, quelques secondes de silence, et soudain, un titre caché… Ce morceau est souvent désigné par les fans des Beatles comme « The Run Out Groove ».
Ce titre caché et non crédité a été enregistré le 21 avril 1967. Il est composé d’une bande sonore inversée et d’un pitch de 15 kHz, un moment de détente pour nos Fab Four.
« Juste comme cela semble : je lisais le journal un jour et j’ai remarqué deux histoires. L’une concernait l’héritier de Guinness qui s’était tué dans une voiture. C’était le gros titre principal. Il est mort à Londres dans un accident de voiture. À la page suivante, il y avait une histoire sur quatre mille nids-de-poule dans les rues de Blackburn, Lancashire, qui devaient être remplis. La contribution de Paul était le magnifique petit passage dans la chanson, ‘I’d love to turn you on’, qu’il avait en tête et qu’il ne pouvait pas utiliser. Je pensais que c’était un sacré bon travail. »
« J’écrivais ‘A Day In The Life’ avec le Daily Mail ouvert devant moi sur le piano. Je l’avais ouvert à leur section ‘News in Brief’ ou ‘Far and Near’, peu importe comment ils l’appellent. »
« Je n’ai pas copié l’accident. Tara ne s’est pas fait exploser la tête. Mais c’était dans mon esprit quand j’écrivais ce vers. »
« Le vers sur le politicien qui se fait sauter la cervelle dans une voiture, nous l’avons écrit ensemble. Il a été attribué à Tara Browne, l’héritier de Guinness, mais je ne pense pas que ce soit le cas. Certainement, pendant que nous l’écrivions, je ne pensais pas à Tara dans ma tête. Dans la tête de John, ça l’était peut-être. Dans la mienne, j’imaginais un politicien défoncé qui s’était arrêté à un feu et ne s’était pas rendu compte que le feu avait changé. ‘Se faire sauter la cervelle’ était une pure référence à la drogue, rien à voir avec un accident de voiture. »
« C’était une autre chanson tout à fait différente, mais elle s’intégrait bien. C’était juste moi me rappelant ce que c’était de courir dans la rue pour attraper un bus pour aller à l’école, de fumer une cigarette et d’entrer en classe. C’était une réflexion sur mes jours d’école. J’aurais une Woodbine, quelqu’un parlerait et je partirais dans un rêve. »
« Il manquait encore un mot dans ce vers quand nous sommes venus enregistrer. Je savais que la ligne devait dire ‘Now they know how many holes it takes to… quelque chose, the Albert Hall.’ C’était vraiment un vers absurde, mais pour une raison quelconque, je ne pouvais pas penser au verbe. Que faisaient les trous à l’Albert Hall ? C’est Terry [Doran, un ancien vendeur de voitures et ami de Brian Epstein qui est ensuite devenu directeur d’Apple Music] qui a dit ‘remplir l’Albert Hall.’ Et c’était ça. Peut-être que je cherchais ce mot depuis tout ce temps, mais je n’arrivais pas à le mettre sur ma langue. Les autres ne te donnent pas forcément un mot ou une phrase, ils te jettent simplement le mot que tu cherches de toute façon. »
« Je n’ai qu’une seule règle, et c’est de jouer avec le chanteur. Si le chanteur chante, vous n’avez vraiment pas besoin de faire grand-chose, juste de maintenir l’ensemble. Si vous écoutez mon jeu, j’essaie de devenir un instrument ; de jouer l’ambiance de la chanson. Par exemple, ‘Quatre mille trous à Blackburn, Lancashire’ – boom ba bom. J’essaie de montrer cela ; l’ambiance désenchantée. Les roulements de batterie en font partie. »
« J’ai dit, ‘Nous allons prendre 24 mesures, nous allons les compter, nous allons simplement jouer notre chanson, et nous allons laisser 24 vides. Vous pouviez réellement entendre Mal les compter, avec de plus en plus d’écho parce que nous pensions que c’était un peu étrange. »
« Au tout début, j’ai mis dans la partition musicale la note la plus basse que chaque instrument pouvait jouer, en terminant par un accord de mi majeur. Et au début de chaque mesure des 24, j’ai indiqué une note montrant à peu près où ils devraient être à ce moment-là. Ensuite, j’ai dû les instruire. ‘Nous allons commencer très, très doucement et finir très, très fort. Nous allons commencer très bas en tonalité et finir très haut. Vous devez monter tout seul, aussi glissant que possible pour que les clarinettes bavent, les trombones glissent, les violons glissent sans toucher aucune note. Et quoi que vous fassiez, n’écoutez pas le gars à côté de vous, parce que je ne veux pas que vous fassiez la même chose.’ Bien sûr, ils m’ont tous regardé comme si j’étais fou… »
« C’était intéressant parce que j’ai vu les caractères de l’orchestre. Les cordes étaient comme des moutons – ils se regardaient tous : ‘Tu montes ? Moi aussi !’ et ils montaient tous ensemble. Le chef les emmenait tous ensemble. Les trompettistes étaient beaucoup plus sauvages. Les gars du jazz, ils aimaient le briefing. Les musiciens avec des instruments plus conventionnels se comportaient de manière plus conventionnelle. »
« Il y avait tellement d’écho sur ‘A Day In The Life’. Nous envoyions un signal depuis le micro de John vers un magnétophone mono, puis nous enregistrions la sortie – car il y avait des têtes d’enregistrement et de lecture séparées – puis nous renvoyions cela à nouveau. Ensuite, nous augmentions le niveau d’enregistrement jusqu’à ce qu’il commence à se répéter sur lui-même et à donner une sorte de son vocal ‘gazouillant’. John entendait cet écho dans ses écouteurs pendant qu’il chantait. Ce n’était pas ajouté après. Il utilisait son propre écho comme une sensation rythmique pour de nombreuses chansons qu’il chantait, ajustant sa voix autour de l’écho. »
« Nous avons persuadé Ringo de jouer des tom-toms. C’est sensationnel. Normalement, il n’aimait pas jouer de la batterie solo, mais nous l’avons encouragé. Nous avons dit, ‘Allez, tu es fantastique, ce sera vraiment magnifique,’ et en effet, ça l’était. »
« J’avais cette séquence qui collait, ‘Woke up, fell out of bed’, et nous devions les relier. C’était à l’époque du ‘Turn on, tune in, drop out’ de Tim Leary et nous avons écrit, ‘I’d love to turn you on.’ John et moi nous sommes regardés en connaissance de cause : ‘Uh-huh, c’est une chanson sur la drogue. Tu le sais, n’est-ce pas ?’ »
Paul McCartney : 40 % / John Lennon : 60 %