Ringo Starr, l’artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture et art numérique

YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / GRANDE ÉTUDE 2

Dans l’atelier de Ringo Starr : procédés et techniques

De l’appareil photographique aux estampes, des logiciels de dessin aux peintures originales : une histoire matérielle.

Nouvelle étude complémentaire : Du négatif au tirage d’art : la fabrication des photographies de Ringo.

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L’art de Ringo Starr ne se limite pas aux images reproduites sur Internet. Derrière chacune d’elles, il existe une chaîne de gestes, de choix techniques, de fabricants et d’objets dont l’étude permet d’établir ce qui constitue réellement l’œuvre.

Un atelier, plusieurs pratiques

Parler de « l’atelier » de Ringo Starr ne signifie pas qu’un seul lieu réunit appareils photographiques, ordinateurs, presses d’impression et chevalets. Son œuvre visuelle circule entre des contextes bien différents : lieux de voyage, hôtels de tournée, espace domestique, studios de production, ateliers de tirage et galeries. Le processus doit être reconstitué objet par objet. L’artistique et l’industriel s’y rencontrent constamment, car une composition faite par Ringo peut ensuite être transformée en estampe par un imprimeur spécialisé, mise en page par un éditeur, encadrée ou vendue par une galerie.

Prendre une photographie : lumière, moment, position

Les photographies personnelles de Ringo sont d’abord des prises de vue. Leur singularité réside souvent dans le point d’observation : camarades des Beatles détendus, coulisses de tournées, détails qui retiennent son attention au cours d’un déplacement. La valeur documentaire d’une image dépend à la fois du sujet photographié, du lieu, de la date et de la certitude de l’attribution. Une photographie séduisante ne devient pas automatiquement une source historique sûre si son origine n’est pas établie.

Les séries anciennes associent noir et blanc et couleur ; les portfolios plus récents soulignent même des essais de flash et d’effets infrarouges. Il faut éviter d’étendre ces indications à l’ensemble de son œuvre : les caractéristiques d’une image déterminée doivent être établies à partir de son négatif ou de la documentation du tirage. Le choix du cadrage, le temps de pose ou la proximité avec les musiciens peuvent être décrits à partir de l’image ; la marque de l’appareil ou l’ouverture du diaphragme ne doivent jamais être inventées.

Du négatif à l’image reproduite

Une photographie argentique peut connaître de nombreuses vies : négatif original, planche-contact, tirage d’époque, nouvelle impression d’exposition, page de livre ou fichier de reproduction. Ces états n’ont ni la même date ni la même valeur probante. Pour les photographies de Ringo, certains portfolios contemporains ont été tirés de négatifs anciens conservés dans les archives. Leur date d’image appartient aux années 1960, mais leur objet matériel — papier, encres, signature, certificat — peut être très récent.

La distinction est capitale. Quand un catalogue présente une photographie prise en 1964 et un tirage signé édité en 2024, la fiche doit enregistrer ces deux chronologies. Confondre l’année du cliché avec la fabrication de l’épreuve produirait une fausse datation et, sur le marché, une erreur de catégorie. Les exemplaires modernes ne sont pas des tirages vintage au seul motif que leur sujet est ancien.

Les planches-contact et les archives de sélection

La planche-contact donne une vision d’ensemble d’une pellicule et permet, lorsqu’elle existe, d’observer la succession des vues, les variantes de cadrage, les gestes de sélection et parfois des inscriptions de travail. Une édition de Photograph a présenté un tirage-contact comme complément spécifique à une version de luxe. Son intérêt dépasse l’objet de collection : c’est une indication sur les relations entre séquence photographique et image retenue. Un tel document demande toutefois la même critique d’origine qu’un négatif : s’agit-il d’un contact original ancien ou d’une reproduction postérieure ?

La préparation d’un livre ou d’une exposition oblige à choisir, légender et ordonner. Ce travail éditorial fait partie de l’histoire de l’image sans se confondre avec l’acte de prise de vue. Une photographie personnelle devient souvent visible au public grâce au travail conjoint de l’auteur, de son entourage, d’un responsable d’archives et d’un éditeur spécialisé.

De la souris à la tablette : construire l’image numérique

Ringo a décrit le passage de dessins réalisés à la souris à l’emploi d’une tablette graphique. Ce détail permet de comprendre la facture de certaines premières images : lignes simplifiées, contours volontiers nets, visages formés de masses colorées et jeu avec l’asymétrie. Le passage à la tablette modifie la relation physique entre la main et l’écran, mais rien ne permet de déduire de cette seule évolution une date certaine pour chaque composition.

Dans un catalogue scientifique, il faut distinguer le logiciel utilisé lorsqu’il est identifié, la date déclarée de la création, le fichier maître éventuel, la première édition publique et les rééditions. Une galerie peut reproduire une image ancienne sur un nouveau support. Le papier, la toile ou la finition changent sans nécessairement constituer une composition nouvelle. L’affirmation « peinture numérique » désigne ici une méthode de production de l’image ; elle ne renseigne pas, à elle seule, sur la méthode d’impression.

Giclée, sérigraphie et impression : trois objets différents

Plusieurs techniques sont présentes dans les éditions de Starr. Le terme giclée désigne une impression jet d’encre de haute qualité. La sérigraphie dépose les couleurs par passages à travers un écran ; son principe matériel diffère du jet d’encre. Certains portfolios photographiques recourent à une impression giclée sur papier coton. Les fiches de galeries distinguent aussi des estampes sur papier, des giclées sur toile et des procédés mixtes. Dire qu’une œuvre est « imprimée » ne suffit donc pas à l’identifier.

Un bon exemple de méthode documentaire est fourni par les estampes Another Day in the Life : des fiches décrivent le papier Hahnemühle Photo Rag, une impression giclée associée à une sérigraphie et des interventions avec encres irisées ou dorées. Une telle description s’applique à ces éditions, non à toutes les créations de l’artiste. Pour chaque pièce, les données décisives sont support, dimensions, technique, édition, éventuelles épreuves d’artiste, signature et certificat.

Le rôle des ateliers et de l’éditeur

Il faut distinguer le créateur de l’image, l’éditeur de l’estampe, le fabricant du tirage et le vendeur. Genesis Publications a joué un rôle central dans la transformation de photographies et d’archives en livres de bibliophilie et portfolios signés. Les équipes d’édition ont sélectionné formats, papiers, boîtes et dispositifs d’accompagnement ; elles ont assuré la fabrication d’objets qui ne se réduisent pas au fichier photographique. Les galeries et leurs imprimeurs peuvent intervenir dans d’autres séries d’art numérique.

Quand les noms des laboratoires, des imprimeurs ou des personnes chargées de la finition ne figurent pas dans les pièces accessibles, il faut le signaler. La qualité d’une édition permet de décrire son résultat, non d’attribuer sans preuve sa fabrication à un atelier connu. La présence de Ringo comme signataire ou auteur d’une image ne signifie pas qu’il a actionné lui-même la presse ou préparé tous les encres.

Peinture originale et spin art : la part du mouvement

Les peintures originales présentées dans Starr Art en 2025 marquent un autre rapport au support. Plusieurs œuvres sont décrites comme des techniques mixtes sur panneau. Les peintures centrifugées sont obtenues en faisant tourner la surface pendant que la couleur y est déposée ou projetée. La rotation entraîne des traces rayonnantes et des projections dont l’aspect dépend notamment de la vitesse, de la viscosité et de la disposition des couleurs. Il s’agit d’une description générale du procédé : elle ne vaut pas reconstitution des réglages exacts utilisés par Starr.

Ringo a expliqué être passé de petits formats à des compositions de plus grandes dimensions et avoir placé des panneaux autour du dispositif pour capter les éclaboussures. Ces surfaces secondaires peuvent devenir des créations autonomes. La méthode introduit une part de surprise, mais ne supprime pas les décisions de l’artiste : choisir les pigments, leur ordre d’application, les supports et le moment où la peinture est considérée comme achevée.

Original, édition, variante et reproduction

Une peinture originale sur panneau, une composition numérique, une estampe numérotée et une reproduction photographique de l’œuvre ne doivent pas figurer sous une seule rubrique indistincte. L’originalité peut résider dans la surface matérielle, dans le fichier de création ou dans un exemplaire signé d’une édition autorisée. Dans tous les cas, la notice doit décrire précisément ce que possède ou montre l’institution concernée. La signature renforce la traçabilité d’un exemplaire mais ne remplace ni la preuve d’origine ni la description technique.

La numérotation « 12/40 » désigne normalement le rang d’un exemplaire dans une édition annoncée de quarante. Elle n’identifie pas la composition originelle et n’exclut pas, sans examen des documents, l’existence d’épreuves d’artiste ou de versions sur un autre support. Les catalogues de l’art de Ringo mêlent parfois ces catégories ; le travail encyclopédique consiste précisément à les séparer.

Les images numériques animées et les NFT

L’apparition d’éditions numériques et de jetons non fongibles ajoute une couche aux pratiques d’identification. Un NFT n’est pas la même chose qu’un fichier image ; il est un enregistrement associé à des informations d’édition et de transaction. Posséder un jeton ne signifie pas automatiquement détenir le droit de reproduction de l’image ni son fichier de création. L’histoire de ces éditions exige d’examiner la série annoncée, les exemplaires, les métadonnées, le lieu de conservation et les conditions de cession. Le dossier possède déjà un catalogue particulier consacré aux créations NFT de 2022, auquel cette étude technique renvoie.

Conserver les œuvres : matières fragiles et preuves documentaires

Conserver une photographie et conserver une œuvre informatique imprimée présentent des problèmes communs, mais non identiques. Lumière, humidité, température, qualité du papier, nature des encres et montage conditionnent la stabilité d’un tirage. Les œuvres sur panneau soulèvent également les questions du vieillissement du support, des craquelures éventuelles et des matériaux de finition. Les précautions exactes doivent être adaptées par des professionnels à la composition réelle de chaque pièce, plutôt qu’énoncées comme une recette universelle.

La conservation documentaire est tout aussi importante : numéros d’exemplaires, factures, certificats, photographies de verso, dimensions, historique des expositions et fichiers de catalogage. Dans les créations numériques, la sauvegarde du fichier source, quand il existe et peut être localisé, devient un enjeu distinct de la conservation d’une estampe vendue. Une enquête sérieuse ne doit jamais prétendre qu’un atelier possède encore ces fichiers sans témoignage ou inventaire.

Une méthode de description pour Yellow-Sub.net

Chaque notice technique devrait préciser le titre normalisé et ses variantes, la date de composition connue ou approximative, la date de fabrication de l’exemplaire, la technique, le support, les dimensions, la signature et sa position, la numérotation, l’éditeur, l’atelier lorsque identifié, ainsi que l’état des preuves. Cette fiche permettrait de comparer une œuvre sur papier à une reproduction de vente sans leur attribuer artificiellement la même identité matérielle.

Pour voir les données appliquées à des objets précis, lire le guide des éditions et de l’authenticité, le catalogue bibliographique et l’étude des NFT de 2022.

Du fichier numérique à l’objet collectionnable : établir la chaîne de fabrication

Une reproduction vendue comme œuvre d’art ne permet pas de déduire automatiquement son procédé de fabrication. Il faut séparer la création de la composition, la préparation du fichier ou de la matrice, le choix du support, l’impression, les interventions manuelles éventuelles et l’émission de l’édition. Une signature sur un tirage ne prouve pas à elle seule que l’artiste a exécuté personnellement chacune de ces étapes.

Les descriptions publiques de la production visuelle de Ringo Starr attestent la peinture à l’huile et à l’acrylique, ainsi que le recours à l’ordinateur à partir de la fin des années 1990. En revanche, les logiciels précis, les formats de fichier, les encres et les ateliers responsables d’une édition donnée réclament une documentation propre à cette édition. Une fiche sérieuse distinguera systématiquement les informations vérifiées, les indications commerciales et les aspects encore indéterminés.

Pour chaque œuvre reproduite, la notice technique devrait relever le titre tel qu’il apparaît sur l’objet, la date proposée et sa source, les dimensions de l’image et du papier, le support, le procédé déclaré, le numéro d’exemplaire, la signature, les marques d’atelier et l’état de conservation. Elle indiquera aussi si une photographie de l’objet a été examinée ou si les données proviennent uniquement d’un catalogue. Cette distinction évite de transformer les pratiques générales du marché de l’estampe en affirmations particulières sur la méthode de Starr.

Une œuvre numérique pose enfin un problème patrimonial distinct de celui de la toile : l’exemplaire imprimé peut subsister alors que le fichier source, les versions de travail et les données colorimétriques ne sont plus accessibles. Documenter l’histoire d’une image implique donc de rechercher les premières apparitions, les variantes visibles, les tirages, les supports publicitaires et les éventuelles rééditions, sans assimiler toutes ces formes à des originaux équivalents.

Pourquoi l’atelier de Ringo Starr n’est pas un lieu unique

La notion d’atelier évoque spontanément un espace fixe, avec des peintures rangées sur des chevalets et des œuvres en cours de séchage. Or l’activité visuelle de Ringo Starr s’est développée dans des situations très différentes. L’appareil photographique l’accompagne dans les déplacements et les rencontres ; la peinture sur toile suppose un support et des conditions matérielles ; l’ordinateur devient, selon son propre témoignage, un compagnon des chambres d’hôtel à la fin des années 1990. Ces pratiques ne produisent pas les mêmes types d’archives. Pour la photographie, on recherchera les négatifs, diapositives et contacts ; pour la peinture, des photographies d’atelier et des états de surface ; pour la création numérique, les fichiers natifs, les versions de travail et les épreuves imprimées.

Il n’est donc pas possible de décrire « sa technique » au singulier. Une fiche d’œuvre doit commencer par identifier le processus concerné. L’organisation de l’atelier varie également selon les partenaires : éditeurs, laboratoires photographiques, encadreurs, imprimeurs et galeries peuvent intervenir sans devenir, pour autant, auteurs de la composition. Leur rôle doit être documenté individuellement, sans déduire de la présence d’un logo d’éditeur le nom d’un opérateur ou d’un atelier absent du colophon.

Le négatif photographique comme document premier

La réédition d’un cliché des Beatles à partir d’un négatif original implique plusieurs opérations qu’un catalogue doit distinguer. Le négatif porte une image latente devenue image fixe par traitement chimique ; sa numérisation ou son tirage permet de préparer un exemplaire lisible. Selon le cadrage choisi, un portrait peut montrer davantage ou moins de décor que la prise initiale. Les choix de contraste, de densité et de couleur agissent ensuite sur l’expression des visages. Même lorsque le motif est identique, deux éditions peuvent donc produire des images qui ne se superposent pas exactement.

Les notices des Photograph Portfolios précisent que plusieurs tirages ont été réalisés à partir des négatifs pour la première fois en grand format. Cette information éditoriale est importante, mais ne suffit pas à établir si un recadrage a été pratiqué, ni à inventorier toutes les épreuves anciennes éventuellement réalisées au moment de la prise de vue. Le protocole recommandé consiste à rapprocher le négatif, les éventuelles planches-contact, le livre et l’estampe, lorsqu’ils sont accessibles. Il convient de signaler distinctement ce qui a été observé directement et ce que l’éditeur rapporte.

Étude technique : les douze tirages du Photograph Portfolio 2013

Le Photograph Portfolio lancé en 2013 offre un cas particulièrement précis de passage d’une archive à une estampe collectionnable. Genesis Publications y propose douze images sélectionnées par Ringo : Liverpool, First US Visit, John and Paul, George, Miami, Paul, Old Hickory, Ringo and Paul, John, John and George, Delhi et Self Portrait. Chacun des motifs correspond à une édition annoncée de vingt-cinq tirages numérotés, signés par Starr. Cette architecture n’équivaudrait pas à une série de vingt-cinq images différentes : elle signifie qu’un même motif est commercialisé en plusieurs exemplaires, chacun distingué par son numéro.

La fiche technique du portfolio indique un format d’image de 50,8 × 76,2 centimètres, une impression giclée d’archivage aux encres K3 résistantes à la lumière et un papier Hahnemühle Photo Rag à base de coton, donné pour 320 grammes par mètre carré. L’éditeur précise aussi l’existence d’un certificat numéroté et signé par la maison d’édition. L’encadrement, lorsqu’il est proposé, fait appel à un montage sans acide et à une protection contre les ultraviolets. Ces caractéristiques appartiennent à cette édition documentaire : on ne doit pas les recopier automatiquement sur un tirage différent, sur le livre Photograph ou sur une œuvre graphique numérique de la même époque.

Étude technique : la deuxième série photographique en 2015

En 2015, Genesis présente huit portraits photographiques supplémentaires, à nouveau en éditions de vingt-cinq exemplaires numérotés et signés. La série comprend notamment des images de Starr avec George Harrison avant son arrivée dans les Beatles, de John Lennon et Paul McCartney en studio ainsi qu’un autoportrait des années 1970. La notice éditoriale signale des films noir et blanc et couleur, et les expérimentations optiques effectuées à l’époque. Cette diversité doit être maintenue dans les légendes : un objet imprimé en couleurs peut être une reproduction d’un négatif couleur ; une manipulation contemporaine d’une image noir et blanc relèverait d’une autre catégorie.

Le tirage et la photographie ne possèdent pas une date unique. Il faut conserver au minimum la date de prise de vue et celle de publication de l’estampe ; lorsque les documents le permettent, il faut aussi relever la date de tirage effectif et la date de signature. L’existence d’une édition numérotée ne permet pas de supposer que tous les exemplaires ont été tirés, numérotés, signés et distribués le même jour.

2018–2019 : le mélange des procédés dans Another Day In The Life

Les estampes issues de Another Day In The Life déplacent la discussion technique, puisqu’elles sont décrites par l’éditeur comme des créations mixtes, et pas seulement comme des reproductions photographiques. Six motifs sont proposés en tirages de quarante exemplaires signés : Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood. Les présentations annoncent une impression giclée associée à la sérigraphie et à des encres irisées, avec des finitions manuelles à l’encre dorée ou iridescente selon les pièces. Le support indiqué est un papier Hahnemühle Photo Rag de 308 grammes, avec bords déchirés à la main, pour un format de 40 × 50 centimètres.

Ces données illustrent la différence entre un motif et son état matériel. L’exemplaire peut résulter d’une préparation numérique, d’un passage d’impression pigmentaire, d’une couche sérigraphiée et d’une finition supplémentaire. La mention « œuvre mixte » ne doit pas se substituer à l’inventaire des opérations effectivement déclarées. L’éditeur proposait également un portefeuille de luxe en quinze exemplaires : il ne faut pas additionner indistinctement ces ensembles aux quarante épreuves individuelles sans examiner si les règles d’édition les distinguent. Le dossier bibliographique Another Day In The Life permet de situer ces estampes parmi les versions du livre et les ensembles dérivés.

Peinture à l’huile, acrylique et spin art : trois réalités matérielles

Le discours biographique sur l’œuvre plastique de Starr confirme l’emploi de peintures à l’huile et à l’acrylique. Les deux médiums n’ont pas les mêmes propriétés de séchage, de surface ni les mêmes contraintes de conservation. Dans les peintures à l’huile, la formation du film pictural et sa stabilité dépendent notamment de l’oxydation des liants ; dans les acryliques, les propriétés d’un liant polymère et les conditions d’exposition jouent un autre rôle. Mais aucun de ces faits généraux ne permet d’identifier le médium d’une toile de Starr sans observation, étiquette fiable ou renseignement provenant de l’artiste ou de l’atelier.

Les compositions dites spin art, présentées avec les peintures originales à Las Vegas en 2025, ajoutent une dynamique physique : la rotation entraîne la peinture, distribuant couleurs et traces selon une trajectoire qui ne peut être entièrement préalablement dessinée. Le témoignage de Starr sur les éclaboussures recueillies par d’autres toiles placées autour de son dispositif est essentiel, car il signale une seconde famille possible d’objets nés d’un même geste. Leur existence concrète, leur statut d’œuvre autonome, leurs dimensions et leur éventuelle numérotation doivent toutefois être établis pièce par pièce, non déduits d’une simple description générale de l’expérience.

La création informatique : le fichier source n’est pas le tirage

Une composition dessinée à l’ordinateur peut exister sous plusieurs états : fichier de travail avec calques, version aplatie, image préparée pour la publication, tirage d’essai, estampes numérotées et reproductions promotionnelles. Ces états peuvent avoir des couleurs et des proportions légèrement différentes, sans constituer nécessairement des œuvres nouvelles. Le problème est d’autant plus sensible pour les motifs de personnages de My Faces, dont certains titres ont circulé dans les catalogues et sur le marché secondaire.

Pour établir l’histoire d’un de ces dessins, l’enquête devrait réunir la première publication attestée, les titres et variantes orthographiques, les dimensions annoncées des tirages, les photographies des signatures et numéros et, quand une version source est accessible, les métadonnées ou les fichiers de production. Faute d’accès au matériel informatique utilisé par Starr, il serait abusif de nommer un logiciel de dessin ou une tablette précise. L’historien de l’art peut parfaitement décrire le résultat et les éditions sans fabriquer un récit technique que les documents ne soutiennent pas.

Le NFT de 2022 : un ensemble de droits et de supports

La collection The Creative Mind of a Beatle, mise aux enchères le 13 juin 2022, fournit un exemple clair de dissociation entre composition et exemplaire. Les cinq créations Galaxy One, Galaxy Two, Bandana Man, Starr Art et Crash ont chacune été annoncées en quatre unités numériques. À chaque lot était associée une impression physique sur toile de 25 × 25 pouces signée par Starr, ainsi qu’une animation accompagnée d’une partie de batterie originale. Une invitation à l’expérience virtuelle RingoLand complétait l’offre. La vente rassemblait donc des composantes matérielles, sonores, visuelles et numériques, qu’un inventaire ne doit pas fusionner.

Le numéro d’un NFT, son identifiant sur une chaîne de blocs et le numéro d’un lot d’enchères remplissent des fonctions différentes ; aucun ne remplace le constat d’état de la toile. Une reproduction de l’animation sur écran ne prouve ni la détention d’un jeton ni la possession de l’impression signée. Les droits de reproduction et de communication publique doivent être examinés séparément des droits de possession d’un jeton. Le catalogue détaillé des vingt lots conserve ces distinctions indispensables.

Le rôle des éditeurs et des ateliers : des crédits à reconstituer

Dans les arts imprimés, l’artiste peut choisir le motif et approuver l’épreuve sans être l’opérateur qui réalise les séparations de couleurs, la sérigraphie ou l’encadrement. Le fait que Genesis Publications publie un portfolio prouve son rôle éditorial ; il ne prouve pas le nom de l’imprimeur, du scanneur ou du laboratoire si ces intervenants ne sont pas identifiés. De même, une galerie chargée de présenter ou de vendre une peinture ne doit pas être automatiquement décrite comme son producteur.

Pour chaque édition, il convient donc de réunir un jeu de crédits séparés : création du motif, prise de vue le cas échéant, conception de l’édition, préparation des images, impression, finitions manuelles, certificat, encadrement et distribution. Les mentions d’un catalogue peuvent être incomplètes, mais il est préférable de laisser un champ en attente plutôt que de confondre la signature artistique et l’exécution matérielle.

Conservation : la difficulté d’une image sur papier, toile ou écran

Les tirages photographiques pigmentaires exigent une attention particulière à la lumière, aux polluants, aux variations hygrométriques et à l’acidité éventuelle des matériaux de montage. Un papier de coton et un encadrement annoncé sans acide sont des indications utiles, non une garantie de conservation illimitée. La décoloration, l’abrasion et les déformations doivent être évaluées sur l’exemplaire réel. Une peinture sur toile pose d’autres questions : tension du support, fissurations, empoussièrement, nature des couches picturales et traces de manipulations.

Pour une œuvre audiovisuelle numérique, le support de conservation ne se réduit pas au NFT éventuellement vendu avec elle. La disponibilité du fichier vidéo, le codec, la bande sonore, les dépendances techniques et la documentation des versions sont fondamentaux pour une présentation future. Rien ne garantit que la plateforme d’affichage utilisée lors d’une vente subsiste indéfiniment. Préserver la documentation de l’objet peut donc être aussi décisif que conserver son emballage ou son certificat.

Une notice matérielle exemplaire : le modèle à appliquer aux collections

Le catalogue critique de Yellow-Sub.net gagnera à distinguer systématiquement : titre attesté et variantes, auteur de la composition, auteur de la prise de vue si différent, date de création, première publication, procédé, support, format de la feuille, dimensions de l’image, édition annoncée, numéro de l’exemplaire, emplacement et nature de la signature, certificat, état, provenance, localisation connue et degré de certitude. Les dimensions doivent indiquer clairement si elles concernent l’image, la feuille, la toile seule ou l’objet encadré.

Chaque champ suppose une preuve adaptée. Une photographie de vente peut établir la présence visible d’une signature, pas nécessairement l’authenticité de cette signature. Une description de catalogue peut informer sur les matériaux annoncés, sans remplacer l’analyse physico-chimique. Un ancien certificat peut être associé à un objet désormais déplacé ou réencadré. La méthode rigoureuse ne consiste pas à exiger une certitude impossible, mais à rendre visibles les différents niveaux de preuve, afin que les notices puissent être corrigées sans perdre l’histoire de leurs attributions.

Études de cas : supports, procédés et indices matériels

2025 : douze peintures originales décrites comme techniques mixtes sur panneau

La liste publiée à l’occasion de Starr Art, à Las Vegas, offre un corpus matériel rarement aussi accessible pour la peinture de Ringo Starr. La galerie distingue douze entrées dans une rubrique Original Artwork : Spin Original, Starr-Lit, Spaceman Too, Starr-Let, Sun-Starr, Ringo Starr, Starry Night, Starr, Original 11, Starr-Dust, Starr-Burst, Co-Starr et Starr-Dom. Toutes sont décrites commercialement comme des œuvres à techniques mixtes sur panneau. Une telle indication n’est pas synonyme de peinture à l’huile sur toile : elle fait intervenir un support rigide et ne précise pas à elle seule la composition chimique de chaque couche.

Les dimensions annoncées vont notamment de 30 × 30 pouces pour Ringo Starr et Starr-Dom à 50 × 50 pouces pour Starr-Lit, Sun-Starr et Starr-Dust. Spaceman Too, donnée pour 48 × 31 pouces, déroge aux formats carrés qui reviennent dans la liste. L’analyse formelle devra tenir compte de ces rapports d’échelle : une peinture de grand format offre un champ matériel différent de celui d’une composition imprimée sur papier. Les titres reprenant le mot Starr ou des références au cosmos instaurent aussi une cohérence nominale, qu’il reste à confronter aux images elles-mêmes avant de proposer des interprétations iconographiques.

Cette information appelle une réserve : l’appellation « original » indique ici une catégorie dans la présentation de galerie ; elle ne vaut pas expertise indépendante pour chaque objet. De même, la mention commerciale « mixed media » ne dévoile ni l’ordre d’application des peintures ni les liants exacts. Pour élaborer des notices matérielles rigoureuses, il faudra documenter recto, revers, épaisseur du panneau, signature, état de surface et éventuelles étiquettes. L’exposition marque un progrès documentaire parce qu’elle fournit titres, supports et formats ; ce sont des points de départ, non une étude physico-chimique achevée.

Sérigraphie, giclée, lithographie : la coexistence des éditions

Le même catalogue de Starr Art réunit une catégorie Limited Edition Artwork dont les indications techniques varient considérablement. Bad Finger, datée de 2005 dans la présentation, y apparaît comme une giclée sur papier de 23 × 29 pouces annoncée en édition de cent. Whot $50, datée de 2007, est décrite comme une sérigraphie sur papier de 27 × 31 pouces en édition de cent cinquante. Blue Bandana Man, datée de 2015, est identifiée comme une lithographie sur papier Japon de 20 × 16 pouces, en édition de cinquante. Ce ne sont pas trois façons équivalentes de décrire une impression ; leurs procédés de reproduction et leurs supports diffèrent.

La présence de signatures et de numéros ne transforme pas ces objets en peintures uniques. Une giclée emploie une chaîne d’impression numérique ; la sérigraphie procède par passage d’encre à travers des écrans ; le terme lithographie renvoie à une famille de procédés fondée sur l’opposition entre matières grasses et eau, même si la nature exacte de la matrice d’une édition donnée doit être établie. Une notice portant seulement la mention « tirage signé » ferait perdre l’essentiel de cette diversité matérielle. Elle gommerait aussi la différence entre un état préparatoire, une épreuve d’artiste et un exemplaire numéroté de l’édition courante.

Ces descriptions appartiennent à une présentation commerciale de 2025 et non à un inventaire indépendant des ateliers qui ont exécuté les impressions. L’historien doit donc conserver la technique annoncée tout en indiquant le niveau de vérification atteint. Lorsqu’une galerie précise le support d’une édition et pas d’une autre, le champ absent ne doit jamais être rempli par analogie.

L’épreuve d’artiste : le sigle A.P. ne suffit pas à décrire le tirage

La présentation de Las Vegas comporte plusieurs épreuves désignées A.P., abréviation d’artist’s proof, ou épreuve d’artiste. Une fiche Is It Time de 2005 distingue une A.P. de l’édition courante annoncée à cent exemplaires. D’autres œuvres, comme Chef Alamode, New Too Ok ou Zak, font apparaître une mention d’épreuve d’artiste associée à une édition distincte. Le sens du sigle doit être interprété en tenant compte du certificat, de la numérotation et des usages de l’éditeur ou du tirage concerné.

Il serait inexact d’écrire qu’une A.P. est nécessairement une œuvre préparatoire antérieure à la publication : dans les éditions multiples, elle peut constituer une catégorie de tirages réservés hors de la numérotation courante. Sa présence n’autorise pas davantage à additionner mécaniquement le nombre d’épreuves d’artiste au tirage principal sans savoir combien d’A.P. ont réellement été produites. La distinction entre numéro d’édition, variante matérielle et état de travail est ici décisive pour les collectionneurs.

Le catalogue du site gagnera ainsi à transcrire littéralement les inscriptions observées, en séparant leur lecture de leur interprétation. Les mentions « A.P. », « E.A. », une fraction numérique et une dédicace manuscrite n’ont pas toutes la même fonction. Si l’image de l’exemplaire est absente, la description devra s’appuyer explicitement sur la fiche d’origine sans attribuer aux archives du site une expertise directe de l’objet.

Les sept photographies de 2024 et la chaîne de validation avant signature

La communication de Genesis du 22 février 2024 donne un renseignement technique discret mais précieux : Ringo Starr était en train de vérifier et de signer de nouveaux tirages. La signature s’inscrit donc dans une chaîne de validation qui vient après la sélection de l’image et sa préparation matérielle. Elle ne doit pas être confondue avec la prise de vue, parfois vieille de plusieurs décennies. Pour les sept photographies annoncées dans la série, l’éditeur prévoit des tirages numérotés et signés, accompagnés d’un certificat. Ces trois éléments — contrôle de l’épreuve, signature et certificat — remplissent des fonctions documentaires distinctes.

Une archive peut conserver plusieurs indications de taille : celle du négatif, celle de l’image imprimée, celle de la feuille et celle de l’objet encadré. La présentation du portfolio mentionne, pour Studio 2 notamment, un format non encadré de 50,8 × 76,2 centimètres et un format encadré d’environ 59 × 79,5 centimètres. Pour un collectionneur, la différence est essentielle : deux annonces donnant des dimensions distinctes peuvent désigner le même tirage avec ou sans encadrement. Inversement, l’égalité de format entre deux estampes ne démontre pas leur identité d’image.

L’analyse de la chaîne matérielle doit donc viser la reproductibilité du renseignement. Un futur lecteur doit pouvoir savoir si la dimension a été lue sur un catalogue, déduite d’une photographie avec échelle ou mesurée sur l’objet. Cette précaution est la condition d’une histoire matérielle qui ne dépend pas uniquement des formulations commerciales.

Trois objets examinés comme des documents matériels

La planche-contact Deluxe de Photograph : de l’archive à l’objet bibliophilique

La planche-contact ajoutée aux 350 exemplaires Deluxe de Photograph constitue un cas d’école. L’éditeur décrit un tirage giclée numéroté au format de huit sur dix pouces, présentant des séquences du groupe et de son entourage dans un hôtel parisien. L’objet ne doit pas être confondu avec la feuille-contact originale : la première provient d’un procédé d’édition moderne, tandis que la seconde renvoie aux négatifs et au dispositif de sélection d’époque. Les deux peuvent montrer la même succession de vues sans posséder le même statut matériel ou documentaire.

L’intérêt de la planche-contact réside dans la visibilité de plusieurs moments voisins, souvent absents d’un tirage isolé. Là où une photographie choisie concentre l’attention sur une seule expression, la juxtaposition de vues permet de suivre le déplacement des personnes et les tentatives de cadrage. L’œuvre peut être étudiée comme une trace de prise de vue, mais aussi comme une décision d’édition : c’est l’éditeur, en accord avec l’artiste, qui choisit de faire de cette séquence un supplément réservé à un nombre limité d’exemplaires. Le fait que la planche soit absente du livre lui-même renforce cette différence.

La notice de l’éditeur attribue la scène au George V en 1963, alors que le séjour connu des Beatles dans cet hôtel remonte à janvier 1964. Il faut transcrire cette discordance dans la description matérielle plutôt que fixer une date de prise de vue sans consulter les négatifs. Une fiche de conservation devrait indiquer séparément la date proposée par Genesis, le contexte de l’hôtel, les caractéristiques du tirage ajouté au coffret et le numéro de l’exemplaire examiné.

John in Tokyo : une anomalie entre deux champs d’un même catalogue

La fiche Genesis consacrée à John in Tokyo, photographie située pendant le séjour des Beatles au Japon du 29 juin au 3 juillet 1966, contient deux indications divergentes sur la taille de l’édition. Sa description artistique annonce vingt-cinq tirages numérotés et signés, comme la présentation générale du portfolio. Toutefois, le module commercial de l’édition associée à juillet 2024 indique vingt-six tirages numérotés pour le même intitulé. La contradiction est interne au catalogue de l’éditeur et ne peut être résolue par une simple préférence pour le nombre répété le plus souvent.

La question est matérielle autant que bibliographique. Il pourrait s’agir d’une erreur de saisie dans l’interface commerciale, d’une distinction non explicitée entre types de tirages ou d’une donnée à rectifier ; aucune de ces hypothèses ne doit être affirmée sans certificat ou réponse écrite de l’éditeur. Pour le catalogue de Yellow-Sub.net, la solution prudente consiste à indiquer les deux formulations contradictoires, avec l’emplacement précis où elles apparaissent, et à laisser le nombre définitif des exemplaires en attente de confirmation.

Cet exemple montre les limites du raisonnement par séries. Même si six autres motifs du même groupe sont annoncés à vingt-cinq exemplaires, la répétition d’une règle générale ne suffit pas à expliquer un écart sur un titre particulier. Les données du portfolio ne doivent pas être transformées en un total de tirages physiques certains sans contrôle de chacune de leurs fiches.

Un tirage de galerie de 2025 et une œuvre originale sur panneau : deux contrôles différents

La documentation Starr Art rapproche des peintures décrites comme techniques mixtes sur panneau et des estampes reproduites par giclée, sérigraphie ou lithographie. Sur un tableau de Spin Art, la première tâche de l’examen matériel consiste à identifier le support, les couches colorées, les bords et les éventuelles marques d’atelier ; sur une estampe, le chercheur s’intéresse notamment au papier, aux encres, à la numérotation, aux marges et à la signature. Le terme générique « œuvre d’art » ne remplace aucune de ces opérations.

La galerie donne pour Spin Original un format de quarante pouces de côté, pour Starr-Lit cinquante pouces, et pour Spaceman Too un format rectangulaire de quarante-huit sur trente et un pouces. Cette diversité suffit déjà à remettre en cause une lecture purement stylistique de la série : le geste centrifuge ou les effets de projection doivent être envisagés à l’échelle de l’objet réel. La présence de formes évoquant des étoiles introduit aussi la question du contour du support, mais le catalogue commercial ne permet pas de déterminer à lui seul les procédés de découpe ou de construction.

En parallèle, les tirages du groupe Limited Edition Artwork rassemblent des modalités éditoriales très différentes. L’œuvre Whot $50 est décrite par la galerie comme une sérigraphie sur papier de 2007, en édition de cent cinquante, quand Bad Finger, datée de 2005, relève d’une giclée sur papier en édition de cent. Ces indications documentent des objets précis, sans autoriser à écrire que toutes les éditions de Ringo emploient le même procédé ou le même atelier.

Six estampes d’Another Day In The Life : un laboratoire des techniques mixtes

Les éditions graphiques accompagnant Another Day In The Life constituent un excellent observatoire des procédés utilisés pour transformer les créations visuelles de Ringo Starr en objets multiples. Genesis Publications a proposé six œuvres intitulées Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood. Ces titres ne doivent pas être réduits à des photographies extraites mécaniquement des pages du livre : l’éditeur décrit des réalisations associant l’impression giclée d’archives et la sérigraphie, certaines recevant des finitions dorées ou iridescentes. On rencontre ici un objet hybride, ni photographie argentique d’époque ni toile originale exécutée en un seul exemplaire.

Leur fabrication montre qu’une image numérique peut servir de matrice à plusieurs opérations successives. La giclée permet une reproduction contrôlée du fichier sur papier ; la sérigraphie ajoute une intervention d’impression à partir de couches distinctes ; les encres métalliques ou iridescentes peuvent modifier la manière dont la surface réagit à la lumière. La description d’une œuvre « mixed media » n’explique donc pas suffisamment son procédé. L’encyclopédie doit conserver le nom des techniques publiées pour chaque référence, puis éviter de présumer la présence d’une intervention manuelle sur toutes les feuilles simplement parce qu’une présentation générale de la collection évoque des finitions.

Le support : papier coton, bords déchirés et dimensions de l’objet

Les descriptions des six estampes indiquent un papier Hahnemühle Photo Rag de 308 grammes par mètre carré, des bords déchirés à la main et des dimensions de feuille de 40 × 50 centimètres. Ces données permettent de distinguer la feuille matérielle de l’image reproduite. Une épreuve peut comporter une marge importante ou des caractéristiques de finition absentes d’une reproduction en ligne ; une vignette de catalogue peut montrer seulement la composition, sans les bords du papier ni la signature. La dimension d’impression et celle du support doivent donc être relevées séparément lorsqu’elles sont documentées.

Les bords déchirés ne constituent pas une preuve de tirage ancien. Ils appartiennent ici à la présentation d’une édition récente et répondent à un choix esthétique. De même, le grammage d’un papier n’établit ni sa durée de conservation effective ni la stabilité de toutes les encres employées. L’identification de l’éditeur, le procédé indiqué, la signature et la numérotation sont les renseignements utiles à l’histoire de l’exemplaire. L’examen conservatoire exige des informations supplémentaires sur son état actuel.

Quarante exemplaires par motif, quinze ensembles assortis : éviter la double comptabilité

Les six tirages sont annoncés à quarante exemplaires numérotés chacun. L’éditeur propose également un portfolio de luxe réunissant les six compositions avec une numérotation assortie. Seulement quinze ensembles de ce type devaient être constitués à partir des premiers numéros disponibles. Cette précision signifie qu’il ne faut pas ajouter automatiquement quinze exemplaires à chacun des quarante tirages annoncés. Les ensembles regroupent des épreuves qui appartiennent aux séries existantes ; ils ne forment pas nécessairement des éditions supplémentaires de quinze épreuves nouvelles pour chaque motif.

Le collectionneur peut donc posséder une estampe isolée ou un ensemble des six images, sans que la référence intellectuelle de l’œuvre change. Les séries commerciales, le conditionnement et l’exemplaire physique appartiennent à des niveaux différents d’inventaire. Un portfolio complet exige six feuilles correspondantes, un étui ou dossier de présentation et un certificat selon la configuration proposée. Une feuille extraite de son ensemble ne devient pas, par cette seule séparation, une septième composition.

Signature de Ringo et certificat de l’éditeur : deux attestations autonomes

Chaque épreuve est présentée comme signée par Ringo Starr, alors que le certificat d’authenticité numéroté est annoncé comme signé par les éditeurs. L’origine et la fonction de ces deux signatures doivent être distinguées. La signature du musicien manifeste son approbation de l’édition ; celle de l’éditeur s’inscrit dans la traçabilité commerciale de la série. Aucune ne démontre à elle seule la date de création du motif ni la provenance de tous les fichiers ayant servi à sa réalisation. Une description de catalogue devrait conserver l’emplacement de la signature de l’artiste, le numéro de l’épreuve et l’existence du certificat réellement consulté.

La différence entre une giclée simplement imprimée et une estampe rehaussée de sérigraphie métallique explique aussi pourquoi les photographies d’illustration peuvent être trompeuses. L’or ou les reflets iridescents changent selon l’éclairage ; une image reproduite sur écran restitue rarement la totalité de cet effet. C’est l’examen du support qui permet de qualifier l’intervention matérielle, et non l’appréciation approximative d’une couleur sur une page commerciale.

Décrire la chaîne complète, sans surestimer la part de l’atelier personnel

Le créateur décide de la composition, mais la production des multiples mobilise généralement un éditeur, des opérateurs de prépresse, des imprimeurs, des fournisseurs de papier et parfois des spécialistes de finition. Les notices publiques de cette série indiquent des procédés et un éditeur, mais ne permettent pas toujours d’identifier chaque atelier ou technicien intervenu sur chaque feuille. Attribuer la giclée ou la sérigraphie à Ringo en personne, faute de documentation sur les opérations techniques, introduirait une confusion entre autorité artistique et exécution industrielle.

Les estampes de 2018–2019 forment un pont matériel entre les figures informatiques, les photographies de voyage et les éditions graphiques contemporaines. Leur étude a donc une portée qui dépasse la collection des objets signés : elle permet de comprendre la mutation d’une œuvre de l’écran au papier, puis du papier à une galerie ou à un fonds privé. Pour les œuvres individuelles, consulter le catalogue des estampes et œuvres graphiques et l’étude de la fabrication des tirages photographiques.

Épreuves, papiers et supports : ce que révèle la comparaison des catalogues

Une même édition peut comporter deux descriptions du papier

Le Photograph Portfolio 2013 constitue un cas pratique de critique technique des catalogues. Genesis Publications décrit certains tirages comme des giclées d’archivage réalisées avec des encres K3 résistantes à la lumière sur un papier Hahnemühle Photo Rag de 320 grammes par mètre carré. Dans la partie commerciale de la présentation, le papier est désigné plus précisément comme Photo Rag Pearl, également à 320 grammes. Ces formulations peuvent renvoyer à une même famille de supports, mais leur identité exacte et leur finition ne devraient pas être considérées comme établies sans une vérification de l’édition physique ou une confirmation de l’éditeur. Une surface perlée ne se décrit pas de la même manière qu’une surface mate.

L’écart paraît mineur au lecteur qui ne s’intéresse qu’au sujet de l’image. Pour le conservateur ou le collectionneur, il influe sur le rendu de la lumière, la description de la feuille, le choix du montage et la comparaison entre deux exemplaires. La fiche de l’œuvre gagnerait donc à conserver les deux appellations en précisant où elles apparaissent dans la source. L’objectif n’est pas de fabriquer une contradiction spectaculaire, mais de montrer qu’une description éditoriale comporte plusieurs niveaux de précision qui peuvent évoluer au cours de sa commercialisation.

Comment distinguer la matrice, l’épreuve et l’exemplaire d’artiste

L’examen d’une estampe demande d’identifier un procédé avant de lui attribuer une rareté. Une lithographie suppose une famille de techniques de reproduction distincte de la sérigraphie, laquelle emploie des écrans, et de la giclée produite par impression numérique. La présence d’une signature manuscrite n’efface pas la possibilité de plusieurs exemplaires d’une même image. Inversement, une peinture originale dont les coulures diffèrent de toutes les autres pièces ne doit pas être décrite comme une épreuve issue du même tirage, même si elle reprend un motif connu.

Le catalogue de la galerie Animazing présente des catégories dont les limites sont utiles à interroger : des originaux en techniques mixtes sur panneau, des exclusivités de galerie imprimées sur toile et des éditions limitées sur papier. Parmi ces dernières, la mention A.P. figure pour certains motifs. Une telle inscription peut désigner une épreuve d’artiste distincte de la numérotation courante ; elle n’indique pas automatiquement une épreuve préparatoire antérieure au lancement de la série. La méthode de description devra relever la graphie exacte, le support et le contexte éditorial de chaque mention.

La forme étoilée : quand le contour appartient aussi à l’œuvre

Les peintures présentées en 2025 rappellent qu’un tableau n’est pas nécessairement une image inscrite dans un rectangle neutre. Certaines pièces adoptent des formes d’étoile ou mettent en jeu des contours qui participent au motif. Dans un tel cas, l’espace autour de l’œuvre, son mode d’accrochage et ses extrémités sont des données matérielles essentielles : photographier seulement le centre coloré ferait disparaître une partie de sa composition. La présentation d’une peinture sur panneau doit donc identifier le contour réel de l’objet, et non seulement relever une paire de dimensions commerciales.

La rotation de la peinture peut produire des traînées qui convergent ou s’éloignent d’un centre, mais une image de catalogue ne permet pas de reconstituer automatiquement l’ordre des couches, le sens de rotation ou la vitesse employée. L’étude technique doit séparer l’observation de l’effet final du récit de fabrication donné par l’artiste. La comparaison de plusieurs œuvres révèle des caractéristiques répétées ; elle ne constitue pas, sans documents d’atelier, une démonstration de leur protocole d’exécution.

Pourquoi une photographie de galerie ne suffit pas à restaurer une œuvre

Le catalogue Starr Art de 2025 renseigne sur les titres, les formats et les supports annoncés, et montre des images utiles pour repérer les compositions. Ces documents ne constituent toutefois pas des constats d’état. Le reflet d’une vitrine peut masquer une déformation ; une photographie corrigée pour la vente peut atténuer des pertes de matière ; la lumière de l’accrochage influence la perception des couleurs. Il serait hasardeux de recommander une intervention sur une peinture à partir de sa seule reproduction publiée.

La conservation d’une œuvre de Ringo doit partir de l’examen physique et de documents datés : photographie générale, vues du revers, inscriptions et éléments d’encadrement. Pour les œuvres numériques de 2022, s’ajoutent d’autres matériaux documentaires — animation, accompagnement sonore, fichier fourni à l’acquéreur, référence du jeton le cas échéant. Une encyclopédie peut décrire ces exigences et les lacunes du dossier sans prétendre avoir inspecté un objet auquel elle n’a pas eu accès.

Lire la monographie complémentaire

La synthèse consacrée aux techniques se prolonge par une enquête matérielle sur le passage du négatif au tirage d’art, les papiers, les encres, la numérotation et le rôle de l’éditeur. Ce renvoi conserve à la monographie spécialisée ses descriptions techniques détaillées. Du négatif au tirage d’art.

La chaîne des décisions artistiques : créer, éditer, signer, préserver

Décider d’un cadrage n’est pas décider d’un tirage

La photographie personnelle de Ringo Starr existe d’abord comme une prise de vue à un endroit et à une date donnés. Un négatif peut ensuite être reproduit pour un livre ou devenir un tirage d’art numéroté. Les décisions de sélection, de contraste, de couleur, de format, d’encadrement et de commercialisation appartiennent à une autre phase de l’histoire de l’image. Genesis Publications a proposé en 2013 douze motifs à vingt-cinq exemplaires chacun, en indiquant des supports précis et des certificats ; ces choix ne font pas partie de l’acte photographique accompli plusieurs décennies auparavant.

Une étude des techniques doit donc éviter le piège d’une seule signature censée résumer toute la fabrication. Starr peut approuver et signer l’édition sans avoir personnellement réalisé chaque opération d’impression, de montage ou d’encadrement. L’atelier de reproduction doit être identifié lorsqu’un document le permet ; sinon son rôle reste une catégorie technique non attribuée. Cette différence clarifie à la fois la valeur artistique du motif et l’authenticité matérielle de l’objet vendu.

Les multiples numériques et la question de la version définitive

La création sur ordinateur introduit des états que l’on ne voit pas toujours : fichier source, sauvegardes successives, version exportée, épreuve de couleur et édition publiée. Rien ne garantit que le tirage visible dans une galerie reproduit sans changement les premières étapes de travail. La composition finale peut être approuvée longtemps après les esquisses. Les catalogues de My Faces doivent ainsi distinguer l’existence d’un motif, la date approximative à laquelle il a été conçu et la chronologie de ses éditions.

Dans le cas des NFT de 2022, chaque composition est associée à un fichier animé et à une séquence rythmique spécialement enregistrée. Le fichier vidéo, le jeton inscrit sur une chaîne de blocs et la toile imprimée constituent des éléments différents. L’articulation entre eux a été décrite dans l’offre commerciale initiale, mais elle ne prouve pas que les fichiers peuvent encore être lus dans leur format d’origine. La conservation doit porter sur le système complet sans assimiler l’existence d’un jeton à la présence de toutes les composantes de l’œuvre.

La matière picturale comme document historique

Les œuvres de spin art présentées en 2025 replacent la surface physique au centre du travail. La rotation et la projection de peinture produisent des formes radiales, des accumulations et parfois des contours qui interagissent avec le support. Une reproduction publiée par une galerie rend visibles certains effets, mais elle ne permet pas d’établir la succession des couches, la nature précise des liants ou les interventions réalisées après la rotation. La mention « techniques mixtes sur panneau » employée pour les originaux constitue une première information descriptive qu’il faut conserver dans son contexte.

Les notices de collection devraient distinguer la dimension de la surface peinte, la forme générale de l’objet et les éventuelles parties ajoutées. Un panneau découpé ou un support circulaire n’est pas équivalent à un tableau carré pour la manutention ou l’encadrement. Le travail scientifique peut proposer des questions pertinentes sans prétendre effectuer une expertise de conservation sur la seule base d’images commerciales.

Le papier du portfolio et les différences de langage entre fiches

La documentation de Genesis relative aux photographies de 2013 permet d’observer une variation terminologique entre une référence à Hahnemühle Photo Rag et la mention plus précise Photo Rag Pearl, toutes deux à 320 grammes. Ce type d’écart rappelle qu’une fiche commerciale peut être abrégée ou modifiée sans que cela corresponde nécessairement à une nouvelle édition. On ne doit pas créer deux catégories d’objets sur la seule base de ces formulations.

Une notice de technique peut présenter la désignation telle qu’elle apparaît dans chaque document, puis indiquer qu’une vérification matérielle demeure nécessaire. L’encyclopédie évite ainsi deux excès : effacer les différences de source comme si elles étaient insignifiantes, ou les transformer en variantes physiques sans preuve. La méthode sert autant les tirages anciens que les éditions numériques contemporaines.

Poursuivre l’enquête

Cette étude appartient aux sept grandes synthèses historiques consacrées à l’artiste visuel. Les fiches d’œuvres, les chronologies et les catalogues du dossier constituent des compléments documentaires, non des répétitions de cette analyse.

De la prise de vue à l’épreuve : cinq décisions que le public ne voit pas

Lorsqu’une photographie de Ringo Starr est présentée sous cadre, le spectateur découvre un objet achevé. La scène paraît se prolonger naturellement dans le papier et l’encadrement. Pourtant, plusieurs décisions successives séparent l’instant photographié de l’épreuve proposée au collectionneur. La prise de vue détermine d’abord un point de vue et une fraction de seconde ; la conservation du négatif ou de la diapositive rend ensuite l’image disponible ; la sélection éditoriale lui attribue un rôle dans un ensemble ; la préparation de l’impression modifie son apparence matérielle ; l’édition, enfin, lui donne un format, une numérotation et des conditions de diffusion. Chacune de ces décisions peut être prise à une époque différente et par des intervenants distincts.

Il faut notamment distinguer le cadrage initial du recadrage éditorial. Dans une photographie de chambre d’hôtel, un meuble, une fenêtre ou une portion de rideau peuvent paraître secondaires au regard esthétique, mais se révéler décisifs pour identifier un lieu. Une publication centrée sur le visage du musicien peut éliminer ces indices. La reproduction la plus agréable à regarder n’est donc pas nécessairement la meilleure pour une enquête de localisation. L’historien doit, lorsqu’il le peut, rapprocher la reproduction imprimée du document possédant le champ le plus large, sans présenter comme un négatif original une image simplement agrandie par logiciel.

Le portfolio de 2013 : une même époque photographique, des regards très différents

La première série de tirages publiée parallèlement à Photograph permet de mesurer l’amplitude des sujets retenus. Les portraits des Beatles et les vues de voyage y côtoient des images dont l’intérêt tient aux objets et aux architectures. Cette coexistence interdit de résumer le travail photographique de Ringo à une collection de visages célèbres. Dans Old Hickory, l’éditeur présente une vue prise depuis le train lors du voyage américain de 1964 : elle doit être lue comme un paysage construit à partir d’un déplacement, et non comme un portrait manqué du groupe. À l’inverse, Ringo and Paul oblige à tenir compte du déclencheur différé : le photographe peut devenir personnage de sa propre composition.

Le détail technique du portfolio est tout aussi révélateur. Les fiches de Genesis Publications décrivent des impressions giclées d’archives utilisant des encres K3 résistantes à la lumière et du papier Hahnemühle Photo Rag ; les exemplaires de plusieurs motifs sont signés et proposés dans de petites éditions numérotées. Ces informations décrivent les épreuves commercialisées au XXIe siècle, non le procédé de prise de vue des années 1960. Une notice qui parlerait d’une « photographie giclée de 1964 » confondrait la date historique de la scène et celle de la fabrication matérielle du tirage. L’écart chronologique est ici constitutif de l’objet.

La technique du papier ne garantit pas l’identité de l’image

Le grammage, la texture et la nature du papier contribuent à la perception d’une photographie. Un support mat peut atténuer certaines réflexions et modifier la lisibilité des zones sombres ; les dimensions de la feuille et celles de l’image imprimée ne coïncident pas forcément. Les fiches commerciales privilégient souvent le format du produit terminé. Une étude matérielle plus exigeante doit savoir différencier la surface visible du tirage, sa marge, son montage et les dimensions extérieures du cadre. Sans cette précision, la comparaison de deux annonces peut faire croire à des variantes inexistantes.

Le vocabulaire de l’impression requiert la même discipline. Le mot giclée renvoie à une famille d’impressions jet d’encre de qualité artistique ; sérigraphie, quant à lui, désigne un autre procédé de transfert. Une œuvre peut combiner ces procédés, mais ils ne deviennent pas synonymes sous prétexte qu’ils participent à une édition limitée. Dans les estampes liées à Another Day in the Life, Genesis décrit une impression d’archives et des interventions avec des encres iridescentes ou dorées. Cela renseigne sur la matérialité des exemplaires ; cela ne permet pas, sans documentation complémentaire, de détailler le geste personnel de Ringo sur chacune des feuilles.

Another Day in the Life : six images, une multiplicité de gestes

Les six compositions proposées en estampes à l’occasion d’Another Day in the Life offrent un cas de comparaison particulièrement riche. Moon & Stars, Beatle Boot, Peace & Love, Beneath the Waves, Peace Rocks et Norwegian Wood ne doivent pas être assimilées à six photographies prises au même moment. Leur voisinage au sein d’une édition révèle plutôt une opération de sélection qui rassemble des souvenirs, des motifs et des recherches graphiques hétérogènes. L’unité naît du programme éditorial autant que de la continuité visuelle.

La description commerciale annonce quarante exemplaires numérotés pour chacun des six motifs, tandis qu’un ensemble de portfolios complets possède sa propre numérotation. L’arithmétique n’est pas une simple curiosité de collectionneur : elle impose de ne pas additionner sans examen les feuilles individuelles et les ensembles complets comme s’ils représentaient nécessairement des œuvres supplémentaires. Pour chaque référence, l’inventaire doit préciser si le numéro se rapporte à une image, à une feuille, à un ensemble ou à un exemplaire réunissant plusieurs compositions. La date à laquelle l’offre devient accessible et celle qui figure comme publication de l’édition ne sont pas davantage interchangeables.

Quand une signature authentifie une édition, mais non une scène

La signature de Ringo au bas d’un tirage est une donnée essentielle pour décrire l’exemplaire. Elle établit un rapport personnel entre le musicien et l’objet publié. Elle ne renseigne toutefois pas automatiquement sur le jour de la prise de vue, sur le nom de l’opérateur d’origine lorsque celui-ci est incertain ou sur le nombre de modifications intervenues lors de la préparation du fichier. Une preuve d’édition n’est pas une preuve universelle d’attribution historique. Cette différence doit apparaître dans les notices comme dans les textes de vulgarisation.

Le certificat de l’éditeur remplit une autre fonction : il permet de documenter les caractéristiques annoncées et la place d’un exemplaire dans un tirage. Il faut vérifier s’il désigne la feuille seule, un portfolio ou un ensemble accompagné d’accessoires. Lorsqu’un objet réapparaît sur le marché, son numéro d’exemplaire et ses documents de provenance ont davantage de valeur pour le reconnaître qu’une formule vague telle que « tirage rare et original ». La précision archivistique n’est pas hostile aux collectionneurs ; elle fournit au contraire le vocabulaire qui permet de ne pas confondre des biens distincts.

Le fichier numérique : une œuvre peut exister sous plusieurs états successifs

Pour les créations réalisées à l’ordinateur, l’enquête sur la technique ne s’arrête pas à l’image exposée à l’écran. Un fichier de travail peut conserver des étapes, des calques, des variations de couleur ou des indications de dimensions ; un fichier destiné à l’impression peut avoir été préparé spécialement pour un atelier ; une image de présentation destinée au web peut être compressée et ne représenter qu’une version réduite du résultat. Il est imprudent d’utiliser indifféremment le mot « original » pour ces états. La notion de fichier source doit être établie par les archives disponibles, non attribuée au document de meilleure résolution trouvé en ligne.

La continuité entre plusieurs versions peut également devenir l’objet même de l’étude. Lorsqu’une composition est adaptée en édition graphique, en affiche ou en animation, sa forme peut évoluer sans que l’on doive compter autant d’œuvres indépendantes que de fichiers. Il faut enregistrer les transformations documentées et, lorsque le travail artistique le justifie, les distinguer des simples adaptations techniques. Le droit de reproduire une image, la possession d’une épreuve physique et la détention d’un fichier ne correspondent d’ailleurs pas nécessairement au même ensemble de droits.

Chaîne technique comparée : du négatif, de la toile ou du fichier à l’objet publié

Photographie : la prise de vue n’est que le premier état

Pour comprendre les créations photographiques de Ringo Starr, il faut suivre une succession d’états plutôt qu’un support unique. Une scène est d’abord enregistrée sur une pellicule ou, plus récemment, sous forme de fichier. La conservation du document premier, son éventuelle numérisation, la sélection d’un cadrage, les corrections nécessaires à la reproduction et la fabrication du tirage constituent des opérations distinctes. Les descriptions commerciales des portfolios Genesis mettent en avant des tirages de qualité muséale, mais cette expression ne donne pas à elle seule la chimie de l’encre, le profil colorimétrique, la durée de conservation ou le fabricant de chaque papier.

Un catalogue historique doit donc nommer la technique uniquement lorsqu’un document d’édition ou un examen matériel la démontre. Si l’on ignore quel scanner a servi, il faut indiquer « numérisation non documentée », sans choisir par vraisemblance un procédé répandu en 2013. De même, l’annonce d’un tirage signé ne précise pas si la signature a été apposée avant ou après encadrement. Seul un constat sur l’exemplaire peut résoudre cette question. La matérialité n’est pas un luxe de spécialiste : elle détermine la différence entre un tirage original commercialisé à date certaine et une reproduction postérieure d’une même photographie.

Le livre, le tirage et la composition graphique possèdent des matériaux distincts

L’exemple d’Another Day in the Life rend cette séparation particulièrement visible. Le livre édité chez Genesis en 2019 et les six compositions graphiques proposées autour de ce projet ne sont pas des variantes d’un unique objet. L’éditeur décrit pour ces dernières des impressions sur papier Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m², associant giclée d’archives, sérigraphie et encres iridescentes ou dorées selon les œuvres et les éditions. La même photographie ou le même motif peut donc apparaître dans un volume relié, dans une estampe signée et dans une reproduction promotionnelle. Les supports, la taille, la fabrication et le nombre d’exemplaires changent.

Le processus technique peut être décrit sans supposer que Ringo a personnellement manipulé chaque outil d’impression. La création de l’image, la préparation des fichiers et l’impression dans un atelier sont autant de responsabilités à documenter. Un tirage peut être authentiquement une œuvre de Ringo tout en ayant été fabriqué par un professionnel de l’estampe. Inversement, la réalisation technique ne transfère pas automatiquement au façonnier le crédit d’auteur de l’image. Les deux contributions doivent être nommées à leur place.

Peinture et spin art : le mouvement appartient à la fabrication

Dans les peintures présentées lors de Starr Art en 2025, la notion d’original acquiert une importance supplémentaire. Le communiqué officiel distingue les peintures originales des œuvres imprimées et signées. Ringo explique avoir commencé le spin art sur de petits supports, puis être passé à de plus grandes surfaces ; il décrit également des toiles placées autour de la zone de travail pour recueillir les projections de peinture. Ces propos concernent un procédé matériel où la rotation, la viscosité et les déplacements du support participent à la création. Ils n’autorisent pourtant pas à attribuer automatiquement à chacune des douze peintures inventoriées exactement la même technique, la même dimension ou la même chronologie d’exécution.

Il faut observer le support réel, la tranche, l’épaisseur des couches, les traces de projection et les éventuelles interventions au pinceau. Une photographie commerciale peut attester les couleurs générales, mais ne révèle pas nécessairement si la peinture repose sur toile, bois, carton ou panneau composite. L’absence d’information n’équivaut pas à l’absence de matière : le catalogue doit réserver des champs à compléter après examen.

Fichier numérique et NFT : préserver plusieurs éléments indépendants

La création numérique soulève un autre problème. Le fichier source de l’image, la version exportée destinée au public, le fichier animé ou sonore, les métadonnées et l’enregistrement d’un jeton sur une chaîne de blocs sont des objets documentaires distincts. Un NFT ne garantit pas que les médias auxquels renvoie son contrat resteront accessibles à la même adresse. Pour une œuvre issue de la vente de 2022, il faut idéalement conserver le contrat et son réseau, l’identifiant du jeton, la référence au média, une copie contrôlée des fichiers, les éventuels accessoires physiques et le document de vente. L’adresse d’un portefeuille indique une relation technique à un jeton ; elle ne démontre pas à elle seule l’identité civile de son détenteur actuel.

La comparaison des techniques conduit à une conclusion simple : « œuvre originale », « édition limitée », « reproduction », « fichier source », « jeton » et « certificat » ne sont pas des synonymes. Leur confusion produit des erreurs de bibliographie, de prix, d’attribution et de conservation. En les séparant, l’histoire du travail visuel de Ringo devient suffisamment précise pour être corrigée au fil de la découverte de nouvelles archives, sans avoir à réécrire artificiellement les titres ou les numéros d’inventaire.

L’atelier de demain : conserver la preuve du processus, pas seulement son résultat

La difficulté de l’art numérique n’est pas seulement d’empêcher la disparition des fichiers ; elle est de conserver la possibilité de les interpréter. Le format de sauvegarde, les logiciels employés, les éléments incorporés et les rapports entre versions peuvent devenir aussi importants qu’un numéro d’inventaire inscrit au revers d’une toile. Une copie de consultation ne constitue pas forcément une sauvegarde fiable du projet initial. À l’inverse, conserver des fichiers sans noter leur provenance peut aboutir à un fonds considérable mais difficile à étudier.

Une encyclopédie consacrée aux œuvres visuelles de Ringo Starr doit donc relier l’analyse esthétique à l’histoire matérielle. Le portfolio de 2013 fournit les éléments nécessaires à l’étude des tirages photographiques ; Another Day in the Life permet de comparer livre et estampe ; l’étude du patrimoine rassemble les questions de conservation. L’atelier n’est pas simplement le lieu où une image apparaît : il est la chaîne de décisions qui la fait parvenir jusqu’à nous.

Du cliché au collage, puis du collage à la peinture : les seuils matériels

Le développement artistique de Ringo Starr passe par des changements de supports qu’une chronologie strictement stylistique ne suffit pas à expliquer. Dans le portfolio photographique lancé en 2013, l’objet édité reste étroitement relié à un négatif ancien. La giclée d’archive transpose un cliché dans une nouvelle dimension et sur un papier spécialisé. Le rapport à l’image demeure essentiellement photographique, même si la sélection, le recadrage, le contraste et la présentation constituent déjà des décisions d’édition. Un tirage numéroté ne cesse pas d’être lié à une prise de vue historique parce que sa feuille a été imprimée quarante ou cinquante ans après la scène représentée.

Les six œuvres graphiques liées à Another Day in the Life, proposées à partir de novembre 2018 et publiées en janvier 2019, font franchir un seuil différent. Chaque feuille rassemble ou transforme des éléments variés : objets personnels, photographies, peinture numérique ou formes graphiques. La combinaison d’une giclée sur papier Hahnemühle Photo Rag de 308 g/m² avec une sérigraphie aux encres dorées ou irisées crée un objet qui ne se réduit pas à la reproduction d’un unique négatif. Le tirage fixe une composition construite, puis une intervention d’impression en modifie l’effet de surface. La matérialité de ces œuvres n’est donc pas un supplément commercial : elle participe à leur langage.

Le geste de préparation compte autant que le geste d’impression

Dans Beatle Boot, les bottes offertes par Keith Moon rencontrent des photographies de Paris et une vue depuis un hôtel new-yorkais ; dans Peace Rocks, des objets de bois peints ou sculptés dialoguent avec un motif discographique et une image numérique. Pour comprendre ces compositions, il faut retrouver la provenance des fragments plutôt que chercher à les interpréter comme de simples photographies documentaires. Un élément de costume provenant des années soixante ne date pas de cette époque la composition de 2019 qui le réemploie. Une estampe peut ainsi être simultanément un objet contemporain et le réceptacle de traces autobiographiques beaucoup plus anciennes.

La série de 2019 prévoit quarante exemplaires par motif et quinze portfolios Deluxe réunissant six estampes portant des numéros assortis. Ces quinze ensembles appartiennent à la production annoncée ; il serait erroné de les additionner aux quarante exemplaires de chaque motif comme si une deuxième série de six œuvres avait été fabriquée. Le comptage correct distingue les feuilles, les motifs et leur éventuel regroupement dans un coffret. Ce point, apparemment bibliographique, a des conséquences directes sur la conservation, le marché secondaire et l’établissement d’un inventaire raisonné.

2025 : le panneau et la peinture originale imposent d’autres questions

La présentation des peintures originales lors de STARR ART à Las Vegas en 2025 confirme un autre changement. La galerie annonce notamment Spin Original (40 × 40 pouces), Starr-Lit (50 × 50 pouces), Spaceman Too (48 × 31 pouces) et Starr-Dust (50 × 50 pouces), décrits comme des techniques mixtes sur panneau. À cette échelle, il ne s’agit plus de demander seulement quelle résolution possède le fichier ou combien d’épreuves sont numérotées. Le format, l’épaisseur, le support, le séchage des couches, le mode de suspension et la stabilité de la surface deviennent des données essentielles. La technique mixte ne doit pas être traduite arbitrairement en une recette précise de pigments et de liants.

Il ne faut pas non plus reconstituer le mouvement de fabrication uniquement à partir du titre Spin Original. Certaines œuvres de Starr font appel aux procédés de peinture projetée ou centrifugée, mais une photographie commerciale ne permet pas de déterminer la vitesse de rotation, l’ordre des couches ou les retouches ultérieures. La description de l’œuvre devrait partir de ce qui est attesté avant de proposer une analyse du geste. Le passage de la photographie éditée à la composition sérigraphiée, puis au panneau peint, n’est donc pas une ligne de progrès allant du simple au complexe. Il s’agit de trois régimes matériels qui coexistent dans la création de Starr et doivent être étudiés avec des outils différents. La grande étude sur la conservation en examine les conséquences.

Le geste et sa trace : ce que l’image finie ne permet pas de reconstituer

Les photographies et peintures de Ringo Starr invitent à chercher le mouvement derrière l’image achevée. La tentation est forte, parce qu’il est batteur, d’interpréter chaque courbe ou éclaboussure comme la traduction directe d’un rythme. Cette analogie peut nourrir une lecture esthétique, mais elle ne constitue pas une preuve technique. Le mouvement d’une baguette, celui d’un bras tenant un pinceau et la rotation d’une surface peinte ont des contraintes matérielles différentes. L’étude d’atelier doit donc partir des procédés attestés plutôt que reconstruire une chorégraphie imaginaire à partir des seuls titres des œuvres.

La photographie : cadrer n’est pas toujours composer après coup

La prise de vue repose sur une situation, un appareil et des choix de distance et de cadre. Une photographie de voyage réalisée par Starr peut être ensuite recadrée et retouchée pour une publication. Le résultat commercial ne rend pas nécessairement visible la première limite du négatif. Avant de décrire un effet comme « voulu à la prise de vue », il faudrait comparer l’image imprimée à sa source ou à un tirage ancien. Une légère inclinaison, un contraste renforcé ou une couleur modifiée peuvent provenir du laboratoire ou de l’édition moderne, non du moment de déclenchement.

La peinture et le panneau : une stratigraphie invisible sur écran

Les grands panneaux originaux présentés dans le catalogue de STARR ART ne se laissent pas décrire complètement à partir de photographies de galerie. La surface peut comporter des couches, des projections, des reprises et des différences de brillance. Les dimensions annoncées permettent de comprendre leur échelle, mais pas d’identifier avec certitude les liants, les temps de séchage ou les instruments utilisés. Même une œuvre nommée Spin Original ne prouve pas, par son seul titre, que l’intégralité de sa surface ait été produite par un mouvement de rotation uniforme. Une analyse matérielle demande un accès à l’objet et des informations d’atelier.

La sérigraphie : l’imprimeur participe à l’apparence de la feuille

Les estampes associées à Another Day in the Life combinent des procédés qui peuvent produire des effets de surface spécifiques, notamment par des encres métalliques. Une photographie numérique d’une telle estampe peut faire disparaître les reflets et aplatir les variations qui apparaissent lorsque la feuille bouge sous la lumière. L’œuvre imprimée engage donc le choix des supports, des encres et des opérations d’atelier. Cela ne retire rien à la responsabilité artistique de Starr, mais reconnaît que la réalisation matérielle implique aussi les compétences de professionnels de l’édition.

La documentation idéale relie l’image-source, le tirage fini, les dimensions annoncées et les éventuels témoignages techniques. Elle laisse ouvertes les étapes inconnues au lieu de les combler. Cette méthode préserve la singularité des techniques et renvoie au catalogue critique pour l’identification des éditions.

Les encres, les papiers et les certificats : la technique change la nature de la photographie éditée

Pour les premiers portfolios photographiques de Ringo Starr, Genesis Publications indique un procédé de giclée d’archive utilisant des encres pigmentaires K3 Lightfast sur papier de coton Hahnemühle Photo Rag Pearl de 320 g/m². Il ne s’agit pas du développement direct d’un négatif argentique sur papier photographique traditionnel. L’image historique est préparée puis reproduite par une chaîne d’impression contemporaine, avec ses choix de numérisation, de colorimétrie et de support. Le négatif conserve sa valeur de document source, tandis que la feuille imprimée devient un objet distinct de l’histoire de l’art et de l’édition.

Cette différence est essentielle lorsqu’on examine une épreuve signée. Le tirage de galerie ne doit pas être décrit comme une photographie d’époque simplement parce qu’il représente les Beatles en 1964. Sa surface, ses pigments et son papier appartiennent à la fabrication des années 2010. Une collection peut posséder à la fois un négatif ancien, une reproduction dans un livre et une giclée numérotée ; ces trois états demandent des notices matérielles différentes, même lorsque l’image représentée est strictement identique.

Le montage fait partie de la lecture de l’œuvre

Les présentations encadrées proposées par Genesis font appel au bois, à un passe-partout sans acide et à une protection contre les ultraviolets. Elles organisent la distance entre la feuille et son environnement, en donnant au tirage une présence comparable à celle d’une œuvre destinée à être accrochée. Le cadre n’est cependant pas nécessairement inséparable de l’œuvre. Un collectionneur peut le remplacer, l’entreposer ou le retirer ; le catalogue doit alors distinguer le format de la feuille de celui de l’encadrement actuel.

La conservation dépend aussi de la manière dont l’épreuve a été manipulée. Les traces de doigts, une déformation du papier ou une altération de surface ne peuvent être déduites de l’annonce de l’éditeur. Une expertise d’état exige l’examen réel de l’objet. À l’inverse, le remplacement d’un cadre n’annule pas automatiquement l’authenticité du tirage, à condition que le numéro, la signature et la provenance puissent être vérifiés.

L’impression d’une image et la création d’une composition mixte

Le passage aux six graphismes associés à Another Day in the Life en 2018–2019 montre un autre dispositif. Ces feuilles combinent giclée et sérigraphie, notamment par l’emploi d’encres à effets métalliques. Le résultat ne se réduit plus à une photographie ancienne agrandie : le support accueille des compositions mêlant images et objets autobiographiques. Le travail de l’imprimeur intervient directement dans la surface visible, et pas uniquement dans la fidélité d’une reproduction photographique.

Cette comparaison ne dessine pas une hiérarchie de valeur entre les techniques. Elle montre plutôt que l’activité visuelle de Starr emprunte plusieurs chemins de fabrication, chacun avec ses enjeux de signature, de conservation et de numérotation. Les déclarations d’éditeur constituent une base utile, mais l’inventaire raisonné doit toujours les confronter aux objets matériels réellement conservés.

Ce développement se poursuit dans le répertoire des tirages authentifiés, avec les documents et les distinctions propres à cette catégorie d’œuvres.

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