ENFIN LA REEDITION DE LET IT BE DES BEATLES

2021 est une année grand cru pour les Beatles, et pour cause : la réédition de Let It be a lieue cette année… et inutile de le dire, c’est une vraie arlésienne qui prend fin.

Pour rappel, depuis le début des années 80, les fans des Beatles attendent la réédition du film Let it be des Beatles. Les plus anciens se souviennent en effet d’avoir acheté “sous le manteau”, une copie VHS, laser-disc, ou même DVD du film Let It be, et de la déception qui en découlait : image aux couleurs blafardes, au son très diffus…. Et depuis des années déjà chacun s’était pris à  rêver en une remasterisation, en une nouvelle version de ce film… qui en avait besoin !

En effet, imaginez, outre une qualité médiocre d’image et de son, des scènes assez longues, pas forcément très bonnes pour l’image des Beatles : disputes, prises de tête, silence, et parfois même cacophonies orchestrées….

Sommes-nous trop durs ? Rappelons tout de même que lors de l’entrée des Beatles en studio en janvier 1969, les Beatles ont pris de la maturité, et peut-être que l’envie de jouer ensemble n’est plus tout à fait là… chacun aspire à une vie de famille, et peut-être aussi à s’exprimer sans la pression des autres… En parlant de pression, rappelons que les Beatles ont publié coup sur coup deux de leurs oeuvres majeures : le très coloré Sgt Pepper’s et l’extraordinaire monochrome Double Blanc… difficile d’enchaîner avec un album… d’autant que pour la première fois de leur histoire, on demande aux quatre garçons d’entrer en studio sans avoir préparé quoi que ce soit, et de se laisser porter par la créativité…. avec qui plus est trois handicaps supplémentaires :

  • L’absence de George Martin, LE cinquième Beatles
  • Un nouveau studio qui n’est pas le mythique Studio d’Abbey Road
  • La présence de caméras et techniciens filmant le groupe en train de jouer (et accessoirement s’engueuler)

L’accouchement sera laborieux, douloureux…. mais de ce mois de janvier 1969 seront issus :

  • un album
  • un film
  • et un concert (le fameux rooftop concert, dernier concert du groupe)

… aucun groupe n’a depuis relevé ce challenge

La réédition du disque Let it Be en forme de coffret

Il est bon de rappeler que nous avons eu droit, autour de l’album Let it Be des Beatles, à une vraie « arlésienne » comprenez à une histoire pour laquelle nous imaginions ne jamais voir le bout.

Comme vous le savez sans doute (ou comme vous allez le découvrir sur cette page et dans notre dossier spécial), la version de Let It Be publié en mai 1970 ne convainc pas du tout Paul McCartney, qui se sent totalement trahi par le travail de production fait par Phil Spector, à la demande d’Allen Klein. 

Cependant, lors de la publication des œuvres des Beatles en CD, en 1987, l’album Let It be ne connait pas de changement dans sa production, et reste fidèle à l’original.

Au tout début des années 2000, le hasard veut que Paul McCartney rencontre Michael Lindsay-Hogg, le réalisateur du film à bord d’un avion. Les deux hommes échangent longuement sur Let It Be, la demande des fans autour de ce film et surtout sa non-disponibilité en VHS et DVD. Discussion se déroulant, les deux hommes évoquent la possibilité de remixer les bandes existantes dans le cadre d’une réédition du film Let It Be.

Il faudra attendre 2002, pour que Paul McCartney convoque à Abbey Road les ingénieurs d’Abbey Road Paul Hicks, Guy Massey et Allan Rouse. Il leur donne alors la mission de ressortir les 3à bobines d’enregistrement des sessions de Let It Be, et de produire un nouvel album qui sera débarrassé du Wall of Sound de Phil Spector, et qui tentera de retourner au concept même du projet initial Let It be : un live en studio.

 Le 18 novembre 2003 sortira un album dé-Spectorisé « Let It be… Naked » d’une durée de 30 miniutes, avec un collage final appelé « Fly On The Wall ». Cependant, bien que jugé « intéressant »,  la critique se voudra mitigé. AllMusic ne donnera que 3,5/5, tout comme PitchWork, quant à Rolling Stone, ce sera un sévère 3/5 qui sera attribué.

Le projet Let it Be en restera là… un certain temps. Le 9 septembre 2009, les Beatles proposent une version remasterisée de l’album Let It Be, qui présentera le travail Spectorisé.

Entre 2003 et 2021, la Planète Beatles sera bien souvent ébranlée par des fake news autour de la réédition de Let It Be….

Jusqu’à l’annonce il y a quelques mois de la réédition de Let It be, sous la forme d’un coffret. Alors que George Martin avait été très écarté de Let It Be en 1969, c’est son fils Giles Martin, qui prend la lourde tache de superviser la réédition de Let it be, avec l’ingénieur du son Sam Okell. Initialement prévu à la publication en 2020, le projet de réédition de Let it be, a été retardé en 2021 à cause de la pandémie Covid-19.

Cette attente de Let it Be est tout de même récompensée, car voici ce que nous trouverons dans les bacs de nos disquaires préférés :

Version CD SUPERDELUXE

SUPER DELUXE [5CD+1Blu-ray + 105-page hardbound book in slipcase, or digital audio collection]

CD1: Let It Be (new stereo mix of original album)
1: Two Of Us
2: Dig A Pony
3: Across The Universe
4: I Me Mine
5: Dig It
6: Let It Be
7: Maggie Mae
8: I’ve Got A Feeling
9: One After 909
10: The Long And Winding Road
11: For You Blue
12: Get Back

CD2: Get Back – Apple Sessions
1: Morning Camera (Speech – mono) / Two Of Us (Take 4)
2: Maggie Mae / Fancy My Chances With You (Mono)
3: Can You Dig It?
4: I Don’t Know Why I’m Moaning (Speech – mono)
5: For You Blue (Take 4)
6: Let It Be / Please Please Me / Let It Be (Take 10)
7: I’ve Got A Feeling (Take 10)
8: Dig A Pony (Take 14)
9: Get Back (Take 19)
10: Like Making An Album? (Speech)
11: One After 909 (Take 3)
12: Don’t Let Me Down (First rooftop performance)
13: The Long And Winding Road (Take 19)
14: Wake Up Little Susie / I Me Mine (Take 11)

CD3: Get Back – Rehearsals and Apple Jams
1: On The Day Shift Now (Speech – mono) / All Things Must Pass (Rehearsals – mono)
2: Concentrate On The Sound (mono)
3: Gimme Some Truth (Rehearsal – mono)
4: I Me Mine (Rehearsal – mono)
5: She Came In Through The Bathroom Window (Rehearsal)
6: Polythene Pam (Rehearsal – mono)
7: Octopus’s Garden (Rehearsal – mono)
8: Oh! Darling (Jam)
9: Get Back (Take 8)
10: The Walk (Jam)
11: Without A Song (Jam) – Billy Preston with John and Ringo
12: Something (Rehearsal – mono)
13: Let It Be (Take 28)

CD4: Get Back LP – 1969 Glyn Johns Mix
1: One After 909
2: I’m Ready (aka Rocker) / Save The Last Dance For Me / Don’t Let Me Down
3: Don’t Let Me Down
4: Dig A Pony
5: I’ve Got A Feeling
6: Get Back
7: For You Blue
8: Teddy Boy
9: Two Of Us
10: Maggie Mae
11: Dig It
12: Let It Be
13: The Long And Winding Road
14: Get Back (Reprise)

CD5: Let It Be EP
1: Across The Universe (unreleased Glyn Johns 1970 mix)
2: I Me Mine (unreleased Glyn Johns 1970 mix)
3: Don’t Let Me Down (new mix of original single version)
4: Let It Be (new mix of original single version)

Blu-ray: Let It Be Special Edition audio mixes
Dolby Atmos
96kHz/24-bit DTS-HD Master Audio 5.1
96kHz/24-bit High Res Stereo (2019 Stereo Mix)

SUPER DELUXE VINYL

LP One: Let It Be (new stereo mix of original album)
Side 1
1: Two Of Us
2: Dig A Pony
3: Across The Universe
4: I Me Mine
5: Dig It
6: Let It Be
7: Maggie Mae
Side 2
1: I’ve Got A Feeling
2: One After 909
3: The Long And Winding Road
4: For You Blue
5: Get Back

LP Two: Get Back – Apple Sessions
Side 1
1: Morning Camera (Speech – mono) / Two Of Us (Take 4)
2: Maggie Mae / Fancy My Chances With You (Mono)
3: Can You Dig It?
4: Don’t Know Why I’m Moaning (Speech – mono)
5: For You Blue (Take 4)
6: Let It Be / Please Please Me / Let It Be (Take 10)
7: I’ve Got A Feeling (Take 10)
Side 2
1: Dig A Pony (Take 14)
2: Get Back (Take 19)
3: Like Making An Album? (Speech)
4: One After 909 (Take 3)
5: Don’t Let Me Down (First rooftop performance)
6: The Long And Winding Road (Take 19)
7: Wake Up Little Susie / I Me Mine (Take 11)

LP Three: Get Back – Rehearsals and Apple Jams
Side 1
1: On The Day Shift Now (Speech – mono) / All Things Must Pass (Rehearsals – mono)
2: Concentrate On The Sound (mono)
3: Gimme Some Truth (Rehearsal – mono)
4: I Me Mine (Rehearsal – mono)
5: She Came In Through The Bathroom Window (Rehearsal)
6: Polythene Pam (Rehearsal – mono)
7: Octopus’s Garden (Rehearsal – mono)
Side 2
1: Oh! Darling (Jam)
2: Get Back (Take 8)
3: The Walk (Jam)
4: Without A Song (Jam) – Billy Preston with John and Ringo
5: Something (Rehearsal – mono)
6: Let It Be (Take 28)

LP Four: Get Back LP – 1969 Glyn Johns Mix
Side 1
1: One After 909
2: I’m Ready (aka Rocker) / Save The Last Dance For Me / Don’t Let Me Down
3: Don’t Let Me Down
4: Dig A Pony
5: I’ve Got A Feeling
6: Get Back
Side 2
1: For You Blue
2: Teddy Boy
3: Two Of Us
4: Maggie Mae
5: Dig It
6: Let It Be
7: The Long And Winding Road
8: Get Back (Reprise)

12-Inch Let It Be EP
Side 1
1: Across The Universe (unreleased Glyn Johns 1970 mix)
2: I Me Mine (unreleased Glyn Johns 1970 mix)
Side 2
1: Don’t Let Me Down (new mix of original single version)
2: Let It Be (new mix of original single version)

DELUXE

CD 1: Let It Be (new stereo mix of original album)

CD 2: Outtake Highlights
1: Morning Camera (Speech – mono) / Two Of Us (Take 4)
2: Maggie Mae / Fancy My Chances With You (Mono)
3: For You Blue (Take 4)
4: Let It Be / Please Please Me / Let It Be (Take 10)
5: The Walk (Jam)
6: I’ve Got A Feeling (Take 10)
7: Dig A Pony (Take 14)
8: Get Back (Take 8)
9: Like Making An Album? (Speech)
10: One After 909 (Take 3)
11: Don’t Let Me Down (First rooftop performance)
12: The Long And Winding Road (Take 19)
13: Wake Up Little Susie / I Me Mine (Take 11)
14: Across The Universe (unreleased Glyn Johns 1970 mix)

STANDARD

STANDARD [1CD, digital, 1LP vinyl, or limited edition 1LP picture-disc vinyl] Let It Be (new stereo mix of original album)

et pour ceux qui l’avaient manqué, voilà la bande annonce de la publication de ces superbes coffrets des Beatles :

Nous vous rappelons que les versions 2009 et “Let It be Naked” restent disponibles !

Acheter le livre Get back

La publication du coffret des Beatles “Let it be” s’accompagne de la publication d’un superbe ouvrage intitulé “Get back”.

et pour ceux qui l’avaient manqué, voici le teaser :

Le Film Let It be

Sans doute le Saint Graal pour les fans des Beatles : la réédition de Let It be en film.

Nous vous en dirons plus prochainement.

Tout savoir sur l’enregistrement de Let it be des Beatles

Yellow-Sub.net est le premier site francophone consacré aux Beatles.  Vous trouverez sur notre site une mine d’informations sur les séances d’enregistrement de Let It be  via un dossier spécial Let It Be

Vous désirez en savoir plus sur les chansons de Let it be : pour chacune des chansons nous vous proposons :

  • l’histoire des chansons de Let It be
  • la traduction des chansons de Let it Be
  • les tablatures des chansons de Let it be
  • les partitions de chansons de Let It Be

Pour découvrir les secrets des chansons de Let It be, cliquez sur la chanson de votre choix :

Tout savoir sur Let It be des Beatles

Même si Let it Be des Beatles est le dernier album original des Beatles a être publié, il est cependant l’avant-dernier album à être enregistré par les Beatles. Let It be est le douzième album studio des Beatles et a été publié le 8 mai 1970 en Grande-Bretagne. Le disque Let It Be des Beatles sera publié le 18 mai 1970 aux Etats Unis, soit 10 jours plus tard.  

Inutile de le dire, le disque Let It be des Beatles créé la surprise lors de sa sortie, car il a été enregistré plus d’un an auparavant, et son contenu détonne complètement de celui d’Abbey Road, qui avait enchanté les oreilles des fans des Beatles… et pour cause. Alors que Abbey Road repose sur un travail assez conséquent des Beatles en studio(s), Let it Be repose sur un concept assez simple : rassembler les Beatles, les Quatre Garçons de Liverpool, dans un studio, et leur proposer d’enregistrer en live un nouvel album, et préparer en parallèle un concert pour jouer ces titres, et regrouper le tout sous forme de film. 

Sur le papier, le concept “Let it Be” est charmant, fabuleux et novateur. Cependant, les dieux de la musique ne semblent pas vouloir se pencher sur le berceau de Let it be, et le projet s’enlise très rapidement.  Des difficultés relationnelles naissent entre les Beatles, ainsi que des difficultés techniques… 

Si plus de 400 titres sont enregistrés intégralement ou partiellement par les Beatles durant cette période “Let It be”, les Beatles trouvent le résultat extrêmement décevant. Le projet est remisé, et des kilomètres de bandes vidéos et audios sont remisées, et provoquent une grande déception chez George Harrison, Ringo Starr, John Lennon et Ringo Starr. 

Un temps remisé au placard, Let it Be renaitra sous l’impulsion de Allen Klein, le manager du groupe, et remplaçant de Brian Epstein (décédé en 1967). Klein, s’affranchissant de l’avis de Paul McCartney, confie les précieuses bandes de Let it be à Phil Spector en lui demande de faire de ces enregistrements de janvier 1969 un album digne des Beatles. En mai 1970 sera publié le disque Let it Be, qui surprendra les fans pour de multiples raisons :

  • le disque Let It be des Beatles est le premier disque du groupe pour lequel George Martin, le cinquième Beatles, le producteur de toujours, n’est pas crédité.
  • le disque est aussi le premier des Beatles à contenir sur non moins de 7 pistes un musicien additionnel, à l’orgue : le fabuleux Billy Preston
  • enfin… et sans doute  ce qui est moins glorieux, c’est que Let it be, qui a provoqué beaucoup la colère de Paul McCartney du fait de la production de Phil Spector, sera “dé-Spectorisé” pour laisser la place à un album intitulé “Let It be… Naked”

Que de péripéties pour un disque des Beatles qui devait s’annoncer comme novateur. 

Le moment où l’album Let it Be faillit ne jamais voir le jour

Comme nous l’avons vu, et comme vous pourrez le découvrir sur notre dossier spécial Let It be, la genèse de cet album des Beatles fut très compliquée. En effet, avant de pouvoir nous délecter en mai 1970 de cet ultime opus des Beatles, bien des souffrances furent connues.

Comme nous l’avons vu, les Beatles à partir de la fin janvier 1969 se désintéressent totalement de Let it be, sans doute marqués par des sessions d’enregistrement laborieuses, et vraisemblablement aussi captivés par des projets parallèles. Cependant, Glyn Johns se met en tête d’essayer de tirer le meilleur de ces 29 heures de bandes jugées exploitables et fruits des enregistrements de Let it Be de janvier 1969. Mais le découragement se fait aussi sentir, et les pensées de Lennon sont clairement affichées : : « Je me suis dit que ça serait bien de la sortir, cette version merdique. Ça casserait les Beatles, ça casserait le mythe ».

Quoi qu’il en soit, en mars 1969, Glyn Johns se met au travail sur ces bandes et se fixe pour objectif de publier un album qui coincidera avec la sortie du fil Let It be. Ce challenge est relevé et Johns arrive à alligner un disque sensiblement différent à celui que nous connaissons, et qui comporte quelques belles pépites, telles que Teddy Boy et The Walk, et les reprises Rocker, Save the Last Dance for Me , Shake Rattle And Roll, Kansas City, Miss Ann et Lawdy Miss Clawdy. La sortie de son travail sera maintes et maintes fois ajournée, et les fans, pour patienter, retrouvent dans les bacs de leurs disquaires, un single contenant le très rock Get back, et la chanson Don’t let me Down. Ce sera le 11 avril 1969, et ce single sera produit par George Martin.

Et…. Et plus rien !

Les Beatles gardent toujours et encore en mémoire ces sessions de Let it be, glaciales, impersonnelles et éprouvantes…. Et ils souhaitent bien vite passer à autre chose, et oublier ce pseudo chaos des enregistrements de Let It be de janvier 1969. L’idée de ne rien tirer de ces longues séances et acté… acté d’ailleurs au point où quelques mois après, le groupe retourne en studio, sous la houlette de George Martin et de Geoff Emerick. Et durant les mois de juillet et août, travaillent sur un album qui leur ressemble, plus sophistiqué et abouti… qui sera publié le 26 septembre… et cet album des Beatles, nous l’adorons : c’est Abbey Road !

Et là, Let It be semble enterré… enterré d’autant que moins d’un mois après la publication d’Abbey Road, John Lennon fait savoir aux trois autres membres des Beatles qu’il quitte le groupe…

L’arrêt de mort de Let It Be semble signé… ou presque !

La résurrection de l’album Let It be des Beatles

Comme vous le savez sans doute, Brian Epstein décède en 1967 et depuis, le groupe se cherche, sans manager, sans homme à la barre du bateau. Le premier écueil que nous connaissons au groupe est le film Magical Mystery Tour, qui peine à séduire les fans…. Et la débâcle d’Apple, vrai gouffre financier pour le groupe de Liverpool. En 1969, c’est Allen Klein qui est appelé à la tête d’Apple. Si l’américain a su séduire John Lennon, George et Ringo quant à eux sont sur un accord plus tempéré, quant à Paul McCartney, il désapprouve totalement l’arrivée de l’homme d’affaires aux finances des Beatles, préférant que ce soit Lee Eastman, papa de Linda McCartney qui reprenne les cordons de la bourse des Beatles.

Klein à la sortie d’Abbey Road, désire que les Beatles livrent un nouvel album… mais il le sait, John Lennon a clairement fait savoir qu’il ne désire plus enregistrer avec le groupe. Restent ces bandes des sessions de Let It Be, enregistrées au début de l’année 1969, et qui pourraient représenter un certain potentiel commercial. Mais deux soucis majeurs sont là : George Martin, le cinquième Beatles ne semble pas enclin à travailler sur le projet, car il n’a d’ailleurs été présent que très peu avec les Beatles lors de l’enregistrement de Let it be. Quant au travail de Glyn Johns, valant ce qu’il vaut, n’a pas obtenu l’accord de commercialisation, et a été rejeté.

La nécessité de trouver un producteur s’impose, d’autant que George, Paul et Ringo ont décidé de reprendre l’enregistrement d’une chanson travaillées lors des sessions Let It be : I, me, mine… nous sommes alors les 3 et 4 janvier 1970.

Allen Klein décide alors de faire appel à Phil Spector. Ce dernier connait bien John Lennon pour avoir collaboré sur le titre Instant Karama. Allen passe outre le moindre devoir d’information de Paul McCartney…. Et Spector se met donc au travail… et quel travail.

Spector fait en effet avec les enregistrements de Let it be, ce qu’il sait faire, et s’éloigne du projet d’origine. Souvenez-vous, il était question pour les Beatles, via Let It Be, d’offrir aux fans un album au son « root », enregistré en live… Spector de son côté, trahit cet esprit et applique allaigrement sa touche spectorienne : le « Wall of Sound ». Par exemple, le 1er avril 1970, il opère dans les studios d’Abbey Road, une grande séancd d’overdubs et fait ajouter non moins de de dix-huit violons, quatre altos, quatre violoncelles, trois trompettes, trois trombones, deux guitares, et un chœur féminin de quatorze chanteuses sur The Long and Winding Road, I Me Mine et Across the Universe…. Sur le titre Let It Be, Spector ajoute de façon massive de l’écho sur la charleston de Ringo…

Le Wall of Sound écrase définitivement le concept même de l’album et du projet Let It be des Beatles.

John Lennon, de son côté confie : « on lui a refilé le truc le plus minable, un tas de boue mal enregistré, sans aucun feeling, et il en a tiré quelque chose. Il a fait un super boulot » . Ringo et George quant à eux valident le travail de Spector.

Quant à Paul, il entre dans une colère folle. Choqué par les arrangements faits sur « The Long and Winding Road », il s’estime trahi, et va même demander à Klien de faire retirer ces arrangements qui ne sont pas de son goût. Klein n’entendra rien, et n’accèdera pas à la volonté de McCartney… Il n’en faudra pas moins pour que Paul utilise cela dans la lettre qu’il enverra au groupe pour annoncer son départ et lancer des procédures contre les Beatles.

Résultat contrasté et non-convainquant, il n’en demeure pas moins qu’en mai 1970, le disque est dans le bac des disquaires.

Les musiciens additionnels sur Let It be des Beatles

Si les quatre Beatles sont bien présents sur Let It be, des musiciens additionnels viennent prêter main forte. Voici ceux qui sont crédités sur le disque Let it be des Beatles :

  • Richard Anthony Hewson : arrangements de cordes et cuivres sur I Me Mine et The Long and Winding Road
  • Brian Rogers : arrangements de cordes et cuivres sur Across The Universe
  • John Barham : arrangements des chœurs sur Across The Universe, I Me Mine et The Long and Winding Road
  • Billy Preston : orgue Hammond sur Dig it, Let It Be, piano électrique sur Dig a Pony, I’ve Got a Feeling, One After 909, The Long and Winding Road et Get Back
  • George Martin : maracas sur Dig It, arrangements des cuivres sur Let It Be, orgue Hammond sur Across The Universe
  • The Mike Sammes Singers : chœurs sur Across The Universe et The Long And Winding Road dans la post-production de Phil Spector65
  • Linda McCartney : chœurs sur Let It Be

Qui sont les producteurs de Let It be des Beatles

Comme vous l’avez sans doute compris, les Beatles sont entrés en studio en janvier 1969 sans George Martin, et se sont donnés pour mission d’enregistrer un album sur le concept « live – studio ». Cependant, au bout d’un mois de travail, de cacophonies, de disputes mais aussi de bons moments, le groupe jette l’éponge, et tourne la page au concept.
L’album verra tour à tour deux producteurs se pencher sur les 30 bobines d’enregistrement (soit 29 heures) de ce que l’on appelle les « Let It be Sessions ».

Glyn Johns : la première tentative de sauvetage de Let It be

Comme nous l’évoquons dans cet article, le premier producteur à se rendre aux chevets des rushs de Let it Be est Glyn Johns. Ingénieur du son, producteur né le 15 février 1942 à Epson en Angleterre, il commence ses débuts comme chanteur dans le groupe The Presidents, et est en simultanée ingénieur son aux studios d’enregistrement IBC à Londres.

En mars 1969, il est appelé par les Beatles aux chevets de Let It Be avec une mission simple : voir ce qui peut être tiré des bandes sons du mois de janvier 1969, et en réaliser un album. Il relèvera sa mission.

Mais Glyn Johns est surtout connu pour sa collaboration avec les grands rivaux des Beatles : les Rolling Stones. En effet, il sera présent aux côtés du groupe, pour les albums albums Between the Buttons, Their Satanic Majesties Request, Beggars Banquet et Let It Bleed.

Mais Johns sera aussi présent aux côtés des groupes suivants Steve Miller Band, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Who, Family, Eagles, Eric Clapton, The Clash, Midnight Oil, Blue Öyster Cult, Linda Ronstadt, Emmylou Harris, New Model Army, Belly et beaucoup d’autres, dont les français de Téléphone.

Pour la petite anecdote, le père de Glyn Johns est Ethan Johns, producteur, qui travaillera avec Paul McCartney sur l’album New !

Phil Spector : mieux que rien…

Phil Spector, débarque sur le projet Let It Be en mars 1970, à la demande d’Allen  Klein.  Né le 26 décembre 1939 à New York, Spector se fait remarquer très vite par sa technique du « Wall Of Sound ». Cette technique reconnaissable consiste à réenregistrer plusieurs fois les instruments complètement seuls avant de les doubler, tripler, quadrupler et réverbérer pour leur donner de l’amplitude, au mixage par la suite, Spector donne plusieurs couches de son aux musiques qu’il travaille afin de créer un espace sonore encore plus riche, souvent inspiré de la musique classique11, ce qui lui vaut d’être surnommé « le Richard Wagner de la pop » par le journaliste musical Nick Kent.

Si il obtient la pleine bénédiction de John Lennon quand il entre sur le projet Let It be, l’accord se veut bien plus mitigé pour George et Ringo. John Lennon quant à lui, a été conquis par le travail déjà réalisé sur Instant Karma. Du côté de Paul McCartney, les choses sont toutes autres, et c’est le travail qui est fait par Spector sur « The Long and Winding Road » qui provoquera une colère du Beatles et justifiera partiellement son départ du groupe.

Quoi qu’il en soit, avec la bénédiction d’Allen Klein, Spector achèvera son travail de production et l’album commercialisé en mai 1970 sera son œuvre.

Paul McCartney, à sa manière essayera de réécrire l’histoire, en travaillant aux débuts des années 2000 sur “Let it be… Naked”, version supposée dé-Spectorisée de Let it Be… mais qui recevra un accueil tiède de la critique musicale.

On retrouvera Spector aux côtés de bien d’autres artistes. Citons par exemple : les Ramones, Starsailor…

Impliqué l’histoire du doux-dingue Spector bascule dans la nuit du 2 au 3 février 2003, où Spector tue Lana Clarkson. Reconnu coupable de meurtre, il est condamné à 15 ans de réclusion. Le 16 janvier 2021, il est retrouvé mort à l’hopital pénitentiaire  California Heath Care Facility. La cause de son décès est qualifiée de naturelle, mais des sources évoquent une décès lié au COVID-19.

 

La pochette de l’album Let It be des Beatles

Si vous vous souvenez bien, les Beatles avaient créé la surprise en 1967, avec l’album Sgt Pepper’s un album qui offraient aux fans des Beatles un feu d’artifices de couleurs, et surtout un set de découpage permettant de se grimmer en Sgt Pepper’s : une belle surprise.

Album suivant : le double Blanc. Cette fois, les Beatles avaient surpris avec un double album, mais surtout une véritable pochette surprise, contenant un grand poster, des portraits en noir et blanc de chacun des membres….

Avec Let It Be, les Beatles marquent un retour à la sobriété. La pochette, créée par John Kosh se veut extrêmement sobre… et prend presque l’allure d’un faire part de décès. Exit les couleurs… la pochette du disque Let it be reprend 4 portraits des Beatles, entourés d’un cadre blanc, disposés sous un fond noir. Une pochette sans véritable créativité et le verseau du disque n’est guère plus rassurant. On y trouve 4 portraits des Beatles, et une accroche commerciale prévenant les fans que ce disque est « une nouvelle phase dans les albums des Beatles », présentant « ce qu’ils jouent en live, reproduit sur disque par Phil Spector »… La surprise des fans sera immense car là où le son « live » était promis, les fans retrouvent plutôt un album sur-produit par Phil Spector, et là où l’on parle de groupe, les fans retrouvent sur la pochette de Let it Be des Beatles, quatre portraits loin de l’image de groupe promise.

Il est à noter qu’à l’origine, la pochette de Let it be devait présenter la photo de Angus Bean, prise dans les bureaux d’EMI, penchés sur la rambarde, et symétrique à celle de Please, Please Me. Cette photo sera utilisée finalement pour la compilation 1967- 1970 (double bleu) des Beatles qui sera commercialisée en 1973.

Le coffret Let It be publié en 1970

Comme nous l’avons vu, Sgt. Pepper’s et The Beatles avaient créé la sensation lors de leur sortie du fait d’un format atypique. Il en fut aussi de même pour l’album Let it be, qui fut publié dans un premier temps sous la forme d’un coffret contenant le disque vinyle, accompagné d’un superbe livre intitulé « The Beatles Get back ». Devenu désormais un vrai collector dans sa version originale, ce livre accompagnant le LP Let it be des Beatles contenant de superbes photos de Ethan Russell, avec des transcription de dialogue entre les Beatles, et des textes narratifs de Jonathan Cott et David Dalton.

Aujourd’hui il est utile de rappeler que le livre accompagnant l’album Let It Be est plus que collector, surtout si il est en excellent état… car dans sa version d’origine, la colle utilisée pour la reliure était de piètre qualité, provoquant l’arrachement de bien des pages.