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Les enfants de Ringo Starr : Zak, Jason, Lee — et toute la famille Starkey

Il existe une phrase que Ringo Starr a prononcée un jour et qui a fait le tour du monde, reprise par tous ceux qui ont écrit sur les Beatles depuis : il avait été, dit-il, « un ivrogne, un homme qui battait sa femme et un père absent ». Six mots en anglais, une confession sans circonstances atténuantes, formulée par le seul Beatle dont l’image publique repose sur la bonhomie. C’est le point de départ obligé de tout portrait sérieux de sa descendance : trois enfants nés entre 1965 et 1970, au plus fort de la Beatlemania puis au moment exact de son effondrement, élevés pour l’essentiel par leur mère, et devenus adultes avec un nom de famille qui ouvre toutes les portes et n’en referme aucune.

Cet article recense et raconte l’ensemble de cette famille : les trois enfants biologiques de Ringo Starr et de Maureen Cox — Zak, Jason et Lee Starkey — mais aussi les deux beaux-enfants venus avec Barbara Bach en 1981, la demi-sœur née du second mariage de Maureen, les huit petits-enfants, l’arrière-petit-fils. Avec les dates vérifiées, les citations sourcées, une chronologie complète, et une série de correctifs factuels sur les erreurs qui circulent depuis quarante ans dans les biographies et les pages de fans.

En bref — Ringo Starr a trois enfants, tous nés de son mariage avec Maureen Cox (1965-1975) : Zak Starkey (13 septembre 1965), batteur professionnel, trente ans aux côtés des Who, dix ans chez Johnny Marr, cinq ans chez Oasis, cofondateur du label Trojan Jamaica et lauréat d’un Grammy ; Jason Starkey (19 août 1967), batteur lui aussi, passé par la rubrique judiciaire de la presse britannique avant de disparaître volontairement de la scène publique ; Lee Starkey (11 novembre 1970), styliste et maquilleuse, survivante d’une tumeur cérébrale diagnostiquée neuf mois après la mort de sa mère. S’y ajoutent deux beaux-enfants, Francesca et Gianni Gregorini, nés du premier mariage de Barbara Bach, et une demi-sœur, Augusta King Tigrett, née en 1987 du remariage de Maureen. Ringo compte huit petits-enfants recensés et un arrière-petit-fils.

Sommaire

Une famille en trois actes : ce que recouvre vraiment l’expression « les enfants de Ringo Starr »

La question paraît simple. Elle ne l’est pas. Selon la façon dont on compte, Ringo Starr a trois enfants, cinq enfants ou six enfants. Les fiches encyclopédiques indiquent « 3 ». Les magazines people américains écrivent régulièrement « cinq enfants » en incluant les beaux-enfants. Et certains arbres généalogiques amateurs vont jusqu’à six en ajoutant Augusta Tigrett, qui n’a aucun lien de sang avec lui mais a grandi dans la même fratrie. Aucun de ces chiffres n’est faux ; ils ne répondent simplement pas à la même question.

Trois enfants biologiques, deux beaux-enfants, une demi-sœur

Le noyau est incontestable. Richard Starkey et Mary « Maureen » Cox se marient le 11 février 1965 au bureau d’état civil de Caxton Hall, à Londres, vingt et un jours après une demande en mariage faite au petit matin à l’Ad Lib Club. Brian Epstein est témoin, George Harrison également. Maureen a dix-huit ans et elle est enceinte. De cette union naîtront trois enfants, tous au même endroit : le Queen Charlotte’s Hospital de Hammersmith, dans l’ouest de Londres.

  • Zak Richard Starkey, né le lundi 13 septembre 1965.
  • Jason Starkey, né le samedi 19 août 1967.
  • Lee Parkin Starkey, née le mercredi 11 novembre 1970.

Le second cercle date du 27 avril 1981. Ce jour-là, Ringo épouse l’actrice américaine Barbara Bach à la mairie de Marylebone. Elle arrive avec deux enfants nés de son premier mariage avec l’homme d’affaires italien Augusto Gregorini : Francesca, née en 1968 à Rome, et Gianni, né en 1972. Ils deviennent les beaux-enfants de Ringo, et Francesca a toujours décrit une relation étroite avec son beau-père. Le couple Starkey-Bach n’a pas eu d’enfant en commun.

Le troisième cercle est du côté maternel. Après le divorce de 1975, Maureen refait sa vie avec l’homme d’affaires américain Isaac Tigrett, cofondateur du Hard Rock Cafe puis du House of Blues. Leur fille Augusta King Tigrett naît le 4 janvier 1987 à Dallas, au Texas — Dan Aykroyd, associé de Tigrett dans l’aventure House of Blues, en est le parrain. Augusta est la demi-sœur de Zak, Jason et Lee. Elle n’est en rien la fille de Ringo Starr, mais elle appartient pleinement à l’histoire de cette fratrie : elle avait sept ans lorsque sa mère est morte, et les quatre enfants de Maureen étaient tous à son chevet ce soir-là.

Huit petits-enfants et un arrière-petit-fils

Ringo Starr est devenu grand-père le 7 septembre 1985, à quarante-cinq ans, avec la naissance de Tatia Jayne Starkey, fille de Zak. Il est le premier des quatre Beatles à accéder à ce statut — un détail que la presse britannique a beaucoup répété à l’époque, et qui reste exact.

Le décompte actuel se fait ainsi : une fille pour Zak avec sa première épouse Sarah Menikides (Tatia, 1985), puis une seconde fille née en 2021 de son union avec Sharna « Sshh » Liguz (Luna Lee Lightnin) ; quatre fils pour Jason (Louis, 1999 ; Sonny, 2002 ; Rock, 2009 ; Buddy, 2011) ; trois enfants pour Lee, des triplés nés à la fin des années 2000 (Smokey, Jakamo et Ruby). Ringo lui-même parle publiquement de « huit petits-enfants et un arrière-petit-fils ».

Correctif factuel — le compte de huit ne tient plus tout à fait. Le chiffre de huit petits-enfants circule partout, y compris dans la bouche de Ringo. Il correspond en réalité à une addition antérieure à 2021 : un enfant pour Zak, quatre pour Jason, trois pour Lee. Depuis la naissance de Luna Lee Lightnin en 2021, l’arithmétique donne neuf. Deux explications possibles, aucune vérifiable : soit le chiffre de huit est une formule figée que l’intéressé n’a jamais actualisée, soit certains décomptes ne retiennent que trois fils à Jason (c’est le cas de plusieurs recensions publiées avant 2011, antérieures à la naissance du quatrième). Nous signalons la contradiction sans prétendre la trancher : aucune source familiale n’a jamais publié de recensement officiel.

Pourquoi les chiffres varient d’un article à l’autre

Il faut dire un mot de la qualité documentaire du sujet, parce qu’elle conditionne tout le reste. Sur les séances d’enregistrement des Beatles, on dispose des feuilles EMI, des carnets de Mal Evans, du travail de reconstitution de Mark Lewisohn. Sur les enfants de Ringo Starr, on ne dispose de presque rien d’équivalent. Aucun des trois n’a publié de mémoires. Aucun n’a autorisé de biographie. Jason n’a donné qu’une poignée d’entretiens en soixante ans, Lee pratiquement aucun. Les sources primaires se réduisent à quelques interviews de Zak, aux déclarations ponctuelles de Ringo, aux archives de presse britannique des années 1980-1990 et aux témoignages recueillis dans les livres consacrés à Maureen.

Le reste — c’est-à-dire l’essentiel de ce qui circule en ligne — provient d’une chaîne de recopies où les erreurs se figent : dates approximatives, prénoms déformés, âges mal calculés, confusions entre les deux mariages. Nous avons donc systématiquement privilégié les sources datées et signalé, à chaque fois que c’était nécessaire, ce qui relève du fait établi et ce qui relève de la rumeur consolidée par répétition.

Maureen Cox, la mère : le contexte d’une naissance en pleine Beatlemania

On ne peut pas raconter les enfants sans raconter celle qui les a élevés. La trajectoire de Maureen Cox a fait l’objet d’un portrait complet sur ce site ; on en rappelle ici ce qui éclaire directement l’enfance de Zak, Jason et Lee.

Du Cavern à Caxton Hall

Mary Cox naît le 4 août 1946 à Liverpool, fille unique de Florence et Joseph Cox. Elle quitte l’école à quatorze ans, entre en apprentissage chez un coiffeur, se fait appeler Maureen — « Mo » pour ses proches — et fréquente assidûment le Cavern Club. Elle y rencontre Ringo Starr en 1962, l’année même où il quitte Rory Storm and the Hurricanes pour rejoindre les Beatles. Elle a quinze ou seize ans selon les récits.

Trois ans plus tard, les voilà mariés, et sept mois après le mariage naît Zak. La séquence est significative : à partir de septembre 1965, Ringo Starr est simultanément le batteur du groupe le plus célèbre de la planète et le père d’un nourrisson. Les Beatles jouent au Shea Stadium en août 1965, tournent en Amérique, enregistrent Rubber Soul à l’automne. La vie domestique s’organise autour de cette contrainte, pas l’inverse.

« On ne s’est jamais assis pour se dire : bon, tu ne peux pas devenir père, tu ne peux pas faire ceci. Je me suis marié. On a eu Zak. Deux ans plus tard, on a eu Jay. Et en 1970, on a eu Lee. On a vécu, voilà tout. »
Ringo Starr, entretien à Us Weekly, 2000

Sunny Heights, Tittenhurst : grandir derrière un portail

Le couple habite d’abord au 34 Montagu Square, à Marylebone — appartement qui passera ensuite entre les mains de plusieurs membres de l’entourage et deviendra un lieu de la mythologie Beatles. Puis les Starkey achètent Sunny Heights, à St George’s Hill, dans le quartier cossu de Weybridge, dans le Surrey, où résident déjà John Lennon et, à proximité, George Harrison. C’est là que grandissent Zak et Jason.

En 1973, Ringo rachète à John Lennon le domaine de Tittenhurst Park, à Sunninghill, dans le Berkshire — la propriété où avait été prise, deux ans plus tôt, la dernière photographie réunissant les quatre Beatles, et où Lennon avait installé le studio Ascot. Ringo y installera son propre studio, Startling Studios. Les enfants Starkey passent donc une partie de leur enfance dans une maison chargée de l’histoire du groupe, ce qui n’aide pas à prendre de la distance.

La phrase de Ringo sur la nécessité de « déménager pour avoir une maison avec un grand portail » dit exactement cela : une enfance protégée par des murs, mais protégée de quoi, au juste ? Des photographes, oui. Pas du reste.

1975 : le divorce, la garde, l’absence

Le mariage se délite à partir de 1970 — l’année de la séparation des Beatles, celle aussi de la naissance de Lee. Alcool, infidélités des deux côtés, y compris la liaison de Maureen avec George Harrison qui a laissé dans l’histoire du groupe une cicatrice durable. Le divorce est prononcé le 17 juillet 1975. Maureen obtient la garde des trois enfants ; Ringo conserve un droit de visite et assure leur entretien financier.

Zak a neuf ans, Jason sept, Lee quatre. La suite se joue essentiellement chez leur mère. C’est cette période qui donne son sens à l’aveu de Ringo Starr, formulé bien plus tard et rapporté par The Independent en 1995 : « un ivrogne, un homme qui battait sa femme, un père absent ». On notera que l’ancien Beatle n’a jamais tenté de nuancer cette formule, ni de la contextualiser dans ses interventions ultérieures.

Correctif factuel — l’âge de Maureen à sa mort. D’innombrables articles indiquent que Maureen Starkey Tigrett est morte à quarante-sept ans. Née le 4 août 1946 et morte le 30 décembre 1994, elle avait quarante-huit ans. L’erreur provient probablement d’une dépêche d’agence initiale reprise sans recalcul. Autre confusion fréquente : on lit souvent que « Zak a subi une greffe de moelle osseuse pour aider sa mère ». C’est l’inverse : Zak était le donneur, Maureen la receveuse. Elle est morte de complications survenues après la greffe, au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle. Le récit de cette fin est raconté en détail dans notre article consacré aux derniers mois de Maureen.

Zak Starkey, l’aîné : trente ans à occuper le siège de Keith Moon

C’est l’enfant dont la carrière est la plus documentée, la plus longue et la plus paradoxale : un batteur devenu célèbre non pas en jouant comme son père, mais en jouant comme son parrain.

Naître le jour de « Yesterday »

Zak Richard Starkey naît le 13 septembre 1965. Presque toutes les notices consacrées à sa naissance ajoutent la même précision poétique : c’est le jour de la sortie du single « Yesterday ». La coïncidence est jolie. Elle mérite d’être précisée.

Correctif factuel — quel « Yesterday » ? Le 13 septembre 1965 est bien la date de publication du single « Yesterday » — mais aux États-Unis seulement, chez Capitol (référence 5498), couplé avec « Act Naturally », chanté par Ringo Starr. Au Royaume-Uni, « Yesterday » n’est pas paru en 45 tours en 1965 : le titre figurait sur l’album Help! (6 août 1965) puis sur un EP, et il faudra attendre mars 1976 et la référence Parlophone R 6013 pour voir enfin un single britannique. Écrire que Zak est né « le jour de la sortie de Yesterday » est donc exact pour un lecteur américain et inexact pour un lecteur britannique. Détail savoureux : la face B de ce single américain, c’est son père qui la chante.

Maureen, interrogée peu après l’accouchement, formule un souhait qui n’a pas été exaucé : « J’aimerais que le bébé ressemble à Ringo, mais il n’a pas forcément besoin de suivre les traces de son père. » Le prénom, lui, obéit à une logique paternelle très concrète : Ringo voulait un prénom que personne ne puisse raccourcir. Zak — trois lettres, pas d’abréviation possible.

Keith Moon, parrain et professeur malgré lui

C’est l’élément fondateur de toute la trajectoire de Zak Starkey. Keith Moon, batteur des Who, ami de Ringo et voisin du Surrey, est désigné parrain de l’enfant. Pour le huitième anniversaire du garçon, en 1973, il lui offre une batterie complète. Le geste est doublement décisif : il ouvre une carrière, et il court-circuite le père.

Car Ringo, lui, ne voulait pas. Zak l’a raconté plusieurs fois, sans amertume : son père a tenté de le dissuader, refusé de lui donner des leçons, considéré que la vie de batteur professionnel n’était pas un cadeau à faire à son fils. Le résultat est que Zak Starkey a appris en écoutant les disques, en regardant les musiciens qui passaient à la maison, et en observant Keith Moon — c’est-à-dire le style le plus opposé qui soit à celui de son père. Là où Ringo est un batteur de retenue, de placement et de service à la chanson, Moon est un batteur de débordement permanent, de roulements continus, de saturation rythmique. Zak a hérité du second.

« Remplir les chaussures de mon parrain, « oncle Keith », a été le plus grand honneur de ma vie, et je reste leur plus grand fan. Ils ont été comme une famille pour moi. »
Zak Starkey, communiqué à People, avril 2025

Keith Moon meurt le 7 septembre 1978. Zak a treize ans. Il assistera aux obsèques au crématorium de Golders Green, le 13 septembre 1978 — le jour de son propre anniversaire — aux côtés de sa mère, parmi cent vingt invités dont Eric Clapton, Bill Wyman et Charlie Watts. Dix-huit ans plus tard, il occupera le tabouret de son parrain.

Les années d’apprentissage : de Musty Jack Sponge aux Icicle Works

La carrière professionnelle de Zak Starkey commence au début des années 1980, à un âge où la plupart des musiciens en sont encore aux répétitions de garage. Il passe par une série de formations aux noms délibérément absurdes — Musty Jack Sponge and the Exploding Nudists, où joue également son frère Jason — puis accède progressivement à des groupes établis : les Icicle Works de Liverpool, les Lightning Seeds de Ian Broudie, le trio américain The Semantics avec Millard Powers et Will Owsley, le Casbah Club.

Ian Broudie occupe dans cette trajectoire une place que Zak Starkey a lui-même soulignée bien plus tard, en le décrivant comme son « gourou » — l’homme vers qui il se tourne quand il a besoin de parler de quelque chose. C’est aussi par ce type de compagnonnage, plutôt que par l’héritage familial, qu’il se construit un réseau professionnel autonome.

1992-1995 : le All-Starr Band comme école

Entre 1992 et 1995, Zak Starkey joue dans le All-Starr Band de son père, la formation à géométrie variable que Ringo a fondée en 1989 et dont nous avons raconté le fonctionnement et les paradoxes. La configuration à deux batteurs — le père et le fils côte à côte — devient l’une des images de marque des tournées de cette période.

C’est une école au sens propre : des salles de trois à six mille places, un répertoire de standards, des musiciens de très haut niveau (Dr. John, Billy Preston, Joe Walsh, Todd Rundgren selon les éditions), et l’obligation de tenir un show carré, tous les soirs, en tournée américaine. Quand les Who l’appelleront en 1996, il aura déjà cette expérience-là dans les mains.

1996-2025 : trente ans chez les Who, sans jamais en être membre

En 1996, les Who remontent Quadrophenia sur scène et cherchent un batteur. Zak Starkey obtient le poste. Il ne le quittera qu’en 2025. Sur le plan comptable, cela fait de lui le batteur ayant le plus longtemps accompagné le groupe : vingt-neuf ans, contre quatorze pour Keith Moon et huit années non consécutives pour Kenney Jones.

Mais cette longévité n’a jamais été convertie en statut. C’est le point le plus mal compris de toute l’affaire, et Roger Daltrey l’a formulé lui-même, en 2025, avec une brutalité qui ne laisse pas de place à l’interprétation :

« Pete et moi conservons le droit d’être les Who. Tous les autres sont des musiciens de séance. On ne remplace pas Keith Moon. »
Roger Daltrey, The Times, 2025

Correctif factuel — Zak Starkey n’a jamais été « le batteur des Who » au sens de membre du groupe. On lit partout qu’il « rejoint les Who en 1996 » ou qu’il en « est membre pendant trente ans ». Juridiquement et contractuellement, c’est faux : il a été, pendant toute cette période, un musicien engagé pour les tournées et les séances, sans part dans l’entité The Who. Il n’apparaît d’ailleurs pas dans les pochettes comme membre du groupe. Cette distinction, longtemps théorique, est devenue très concrète en 2025 : elle explique pourquoi son départ a pu être décidé, annulé puis re-décidé sans qu’aucune négociation contractuelle n’ait été nécessaire.

Oasis, Johnny Marr, Trojan Jamaica : le musicien le mieux connecté du rock britannique

Parallèlement aux Who, Zak Starkey construit un curriculum que peu de batteurs de sa génération peuvent revendiquer. Il joue avec Johnny Marr and the Healers pendant près d’une décennie. Il rejoint Oasis de 2004 à 2009 — période des albums Don’t Believe the Truth et Dig Out Your Soul —, ce qui l’inscrit au cœur de la filiation entre les Beatles et la génération Britpop que nous avons analysée dans notre dossier sur l’héritage des Beatles dans les années 1990. Il enregistre avec The Empty Hearts, avec les Lightning Seeds, avec une longue liste d’artistes de passage.

Puis il change de métier. Avec sa compagne devenue épouse, la musicienne australienne Sharna « Sshh » Liguz, il fonde Trojan Jamaica, label consacré au reggae et au dancehall, opéré depuis un studio jamaïcain. C’est de là que vient sa distinction la plus inattendue : le Grammy obtenu pour la production de Got to Be Tough, dernier album de Toots and the Maytals, publié en 2020 et couronné dans la catégorie meilleur album de reggae. Le fils de Ringo Starr est donc, entre autres choses, un producteur de reggae primé — un versant de la famille qui rejoint l’intérêt de son père pour ce répertoire, dont nous avions parlé à propos de la face reggae de la discographie de Ringo.

Zak Starkey a également formé, avec Sshh Liguz, le duo SSHH, et publié sous ce nom des enregistrements où il tient plusieurs instruments. Ils se sont mariés le 21 mars 2022, après dix-huit ans de vie commune.

2025 : viré, réembauché, reviré — anatomie d’un feuilleton

L’année 2025 a fourni au rock britannique son épisode le plus absurde depuis longtemps, et Zak Starkey en a été le personnage central. Il faut en restituer la chronologie exacte, parce que la plupart des récits la compriment en un seul « licenciement ».

18 et 20 mars 2025. Les Who donnent deux concerts au Royal Albert Hall au bénéfice du Teenage Cancer Trust, dont Roger Daltrey est le parrain historique. Pendant l’exécution de « The Song Is Over », titre rarement joué, Daltrey interrompt le morceau et se plaint depuis la scène de ne pas entendre la tonalité : il ne perçoit, dit-il, que la batterie.

16 avril. Un porte-parole du groupe annonce une « décision collective de se séparer de Zak ». Le communiqué se veut élogieux : « Ils n’ont que de l’admiration pour lui et lui souhaitent le meilleur. » Starkey réplique publiquement qu’il est « surpris et attristé que quiconque ait pu avoir un problème avec sa prestation ce soir-là », et rappelle que vingt-neuf ans au même poste constituent « une belle carrière ».

19 avril. Coup de théâtre. Pete Townshend publie sur le compte Instagram du groupe un message qui rétablit Starkey : il n’est pas question qu’il quitte les Who, il y a eu des « problèmes de communication, personnels et privés de tous les côtés ». Townshend endosse une part de responsabilité, évoque sa propre récupération difficile après une prothèse totale du genou, et reconnaît que les balances avaient été insuffisantes. Starkey commente sobrement : « Très reconnaissant de faire partie de la famille Who. »

18 mai. Second retournement. Townshend annonce que « le moment est venu de changer » et présente Scott Devours, batteur du groupe solo de Daltrey, comme titulaire pour la tournée d’adieux nord-américaine The Song Is Over. Starkey répond dans l’heure et refuse le scénario qu’on lui propose : on lui a demandé, écrit-il, de déclarer qu’il avait quitté le groupe pour se consacrer à ses autres projets musicaux, ce qui aurait été un mensonge. Il ajoute une formule qui a fait le tour du monde : après des semaines de chaos, il est entré et sorti du groupe « comme un fichu accordéon ».

26 mai. Nouvelle nuance. Starkey raconte un échange téléphonique avec Daltrey au terme duquel il n’aurait pas été « viré » mais « mis à la retraite » pour travailler sur ses propres projets. Il explique lui avoir répondu qu’il venait précisément de passer huit semaines dans son studio jamaïcain à les achever et qu’il était disponible. Réaction de Daltrey, rapportée par l’intéressé : « Oh ! » Puis, deux jours plus tard, Starkey corrige lui-même sa propre correction : il a bien été licencié, « retraité » n’est qu’un autre mot.

Juin. Dans un entretien au Telegraph, il livre sa version des faits : lors du concert, c’est le chanteur qui serait entré une mesure trop tôt, faute de répétition sur un titre rarement joué. Une semaine plus tard, le manager historique du groupe, Bill Curbishley, l’aurait appelé pour lui annoncer qu’on n’aurait plus besoin de lui parce que « Roger dit que tu as sauté des temps ». Starkey affirme avoir revu la captation sans trouver ces temps manqués. Il ajoute, à propos de Townshend : « Pete a dû suivre, parce que Pete se dispute avec Roger depuis soixante ans. »

20 juin. Townshend, interrogé par The i Paper, résume la situation d’une formule : « Ça a été un beau gâchis. » Il reconnaît n’avoir rien remarqué d’anormal dans le jeu du batteur, attribue le problème au son, indique avoir perdu son ingénieur du son dans la même affaire, et conclut : « Zak va me manquer terriblement. Mais ce qui s’est passé exactement, je n’en sais fichtre rien. »

Fin 2025. Daltrey donne sa version au Times : le problème venait d’un excès de sous-graves sur la batterie électronique, qui l’empêchait de trouver la hauteur de note ; il pointait le pied de grosse caisse en criant en direction du technicien de scène, non du batteur. Le malentendu, dit-il, a ensuite dégénéré parce que les déclarations publiques de Starkey ont pris la forme, à ses yeux, d’un « assassinat de caractère ». Starkey, de son côté, résume l’épisode auprès d’une radio new-yorkaise : « Je crois qu’ils voulaient changer ; puis ils ne voulaient plus ; puis si ; puis non ; puis si ; puis non. » Il précise être resté en bons termes avec Daltrey.

Dommage collatéral et non des moindres : Starkey a affirmé que le feuilleton lui avait coûté la possibilité de participer à la tournée de réunion d’Oasis, pour laquelle il avait décliné dans un premier temps par fidélité aux Who. Le batteur de la Britpop et l’ancien du Royal Albert Hall se sont retrouvés, en 2025, spectateurs des deux plus grosses tournées de l’année.

Mantra of the Cosmos : trois fils de Beatles sur le même disque

Le versant créatif de ces années-là s’appelle Mantra of the Cosmos, groupe formé par Zak Starkey et Sshh Liguz avec Shaun Ryder et Bez (Happy Mondays, Black Grape) et Andy Bell (Ride, Oasis). Premier concert au Box, à Londres, le 5 juin 2023 ; premier single « Gorilla Guerilla » la même semaine ; débuts officiels sur la scène Glade de Glastonbury dans la foulée ; puis « X (Wot You Sayin?) », puis « Domino Bones (Gets Dangerous) » avec Noel Gallagher en invité, dont le pressage vinyle en édition limitée est parti en quelques heures.

Starkey refuse obstinément l’étiquette de supergroupe, avec une définition personnelle du terme qu’on laissera au lecteur le soin d’imaginer, et décrit plutôt le projet comme « un Hawkwind d’aujourd’hui, avec de la poésie beat et quelque chose de psychédélique — mais pas le psychédélisme peace and love ». La méthode de travail est celle d’un producteur, pas d’un batteur de tournée : Ryder enregistre quatre ou cinq prises vocales puis s’en va, Starkey découpe, accélère, recompose.

Le moment le plus commenté arrive en juin 2025 avec le single « Rip Off », sur lequel chantent Sean Ono Lennon et James McCartney. Pour la première fois, trois enfants de Beatles figurent sur un même enregistrement. La presse y voit immédiatement une résurrection miniature du groupe ; Starkey coupe court :

« C’est Mantra of the Cosmos avec eux dedans. C’est Sean of the Cosmos et James of the Cosmos. Ça reste mon groupe. »
Zak Starkey au Telegraph, juin 2025

Quand le journaliste lui fait remarquer qu’il ne lui manque plus que Dhani Harrison pour compléter le tableau, la réponse est encore plus nette : « Non. Pourquoi ? » On mesure là, en une réplique, tout ce qui sépare la génération suivante de la nostalgie qu’on projette sur elle. Sean Ono Lennon, dont nous avons décrit le rôle de gardien fatigué de l’héritage, James McCartney, qui poursuit une carrière volontairement discrète, et Dhani Harrison, engagé dans des projets de production et de bande originale, partagent tous la même méfiance envers le dispositif « fils de ».

Correctif factuel — « Rip Off » n’est pas la première collaboration entre enfants de Beatles. C’est la première fois que trois d’entre eux figurent sur un même titre publié, mais les rapprochements deux à deux sont anciens : James McCartney et Sean Ono Lennon avaient déjà signé ensemble « Primrose Hill » en 2024, et James McCartney évoquait dès 2012, sur la BBC, l’idée d’un groupe réunissant Sean, Dhani, Zak et lui — projet jamais concrétisé. L’idée d’une « nouvelle génération de Beatles » a donc une histoire de plus de quinze ans, faite exclusivement de refus polis.

Tatia et Luna : Zak père à son tour

Zak Starkey épouse Sarah Menikides en 1985, à dix-neuf ans. Leur fille Tatia Jayne naît le 7 septembre de la même année. La séparation intervient au milieu des années 2000, le divorce est prononcé en 2021. Depuis 2004, il partage sa vie avec Sharna Liguz ; leur fille Luna Lee Lightnin naît en 2021, et ils se marient en mars 2022.

Détail domestique qui en dit long sur la manière dont ce musicien travaille : le clip de « Domino Bones (Gets Dangerous) », single le plus remarqué de Mantra of the Cosmos, a été tourné par Zak Starkey lui-même avec les jouets de sa fille de quatre ans.

Jason Starkey, le cadet : « la plus grande plaie de ma vie »

Il est celui dont on parle le moins, et ce n’est pas un accident. Jason Starkey a construit sa vie adulte contre l’exposition, après une adolescence et une jeunesse où la presse britannique s’est servie de son nom comme d’un aimant à titres.

L’enfant du milieu

Jason Starkey naît le 19 août 1967 au Queen Charlotte’s Hospital, comme son frère. Le contexte est celui d’un été de bascule : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est sorti le 1er juin, la diffusion mondiale de « All You Need Is Love » a eu lieu le 25 juin, et Brian Epstein mourra huit jours après la naissance de Jason, le 27 août. Autrement dit, l’enfant vient au monde à la charnière exacte entre les Beatles encadrés et les Beatles livrés à eux-mêmes.

Selon Maureen, le prénom vient de la mythologie grecque. Il est appelé « Jay » dans la famille — c’est ainsi que son père le désigne dans ses entretiens. Il a sept ans lorsque ses parents se séparent, et grandit chez sa mère avec son frère et sa sœur.

Batteur lui aussi, mais sans le réseau

Comme Zak, Jason choisit la batterie. Au milieu des années 1980, il joue dans une succession de formations dont les noms disent assez l’esprit du moment : Buddy Curtis and the Grasshoppers, The People’s Friend, Empire of Sponge, et Musty Jack Sponge and the Exploding Nudists aux côtés de son frère aîné. Aucune de ces formations ne franchit le seuil de la notoriété.

La comparaison avec Zak est cruelle mais éclairante, et elle ne tient pas seulement au talent. Zak a bénéficié très tôt d’un parrain qui était l’un des batteurs les plus célèbres du monde, puis d’un réseau construit dans le nord-ouest de l’Angleterre autour d’Ian Broudie, puis de trois années de tournée dans le groupe de son père. Jason n’a rien eu de tout cela. Il travaillera ensuite dans divers métiers de la musique — accompagnement, management, photographie selon les sources — sans jamais accéder à une carrière stable sous son propre nom.

Les années difficiles

La presse britannique de la fin des années 1980 s’empare de lui. En 1987, à vingt ans, il écope d’une amende de 125 livres pour le vol d’un autoradio. Deux ans plus tard, il comparaît à deux reprises pour des affaires de stupéfiants. Ce sont des faits mineurs — le genre d’incidents dont la moitié d’une génération s’est tirée sans laisser de trace — mais ils sont documentés, archivés, et systématiquement rappelés à chaque évocation de son nom depuis trente-cinq ans. C’est précisément le mécanisme dont il se plaindra.

La phrase

Une seule déclaration de Jason Starkey a survécu au temps, et elle est devenue sa notice biographique :

« Être le fils de Ringo Starr est la plus grande plaie de ma vie. C’est une vraie galère. »
Jason Starkey, cité par The Independent, 1995

Il faut lire cette phrase pour ce qu’elle est : le propos d’un homme de vingt-huit ans qui vient de perdre sa mère, dans un pays où la presse tabloïd a fait de son nom un raccourci. Elle n’est pas datée par hasard. L’année 1995 est celle où toute la fratrie encaisse coup sur coup la mort de Maureen, en décembre 1994, puis le diagnostic de Lee, à l’été 1995.

On notera aussi ce que la phrase ne dit pas : elle ne vise pas Ringo Starr, mais la condition d’être son fils. La distinction est fine et elle est essentielle. Les sources concordantes décrivent une relation père-fils normalisée depuis longtemps, et Zak comme Jason étaient au chevet de leur mère en décembre 1994, en présence de leur père.

Flora, quatre fils, le retrait

Jason Starkey partage sa vie avec la créatrice de mode Flora Evans, cofondatrice de la marque Superfine, avec qui il se marie au terme d’une longue relation. Ils ont quatre fils : Louis (né le 1er juillet 1999), Sonny (7 février 2002), Rock (21 novembre 2009) et Buddy (24 juin 2011).

Correctif factuel — trois fils ou quatre ? Plusieurs recensements de référence, y compris des articles de presse américaine encore consultés aujourd’hui, créditent Jason Starkey de trois fils. Le chiffre était exact au moment de leur rédaction : Buddy naît en juin 2011. Les articles publiés après cette date et qui indiquent encore trois enfants recopient simplement des sources antérieures sans les actualiser. C’est l’un des mécanismes qui explique le flottement autour du nombre total de petits-enfants de Ringo Starr. Autre point à manier avec prudence : la date du mariage avec Flora Evans est donnée comme 2010 par certaines sources, tandis que d’autres se contentent d’évoquer une relation de longue durée. Aucune annonce officielle n’a été publiée.

Depuis les années 2000, Jason Starkey ne donne plus d’entretiens, n’apparaît pas dans les documentaires consacrés aux Beatles, et ne participe à aucune commémoration publique. C’est un choix, et il est cohérent avec la phrase de 1995. Il apparaît occasionnellement sur des photographies de famille, notamment autour des anniversaires de son père.

Lee Starkey, la cadette : la vie la plus dure et la plus discrète

Née au moment exact où tout se défaisait, elle a traversé en dix mois la mort de sa mère et le diagnostic d’une tumeur cérébrale. Elle a aujourd’hui la cinquantaine passée, trois enfants, et un rapport à la publicité qui tient en une règle : ne rien en faire.

Naître en novembre 1970

Lee Parkin Starkey naît le 11 novembre 1970 au Queen Charlotte’s Hospital. Sept mois plus tôt, le 10 avril 1970, le communiqué accompagnant l’album McCartney avait rendu publique la fin des Beatles — un épisode que nous avons raconté dans notre panorama de la décennie des ex-Beatles. Ringo Starr publie en 1970 ses deux premiers albums solo, Sentimental Journey en mars et Beaucoups of Blues en septembre. La naissance de sa fille coïncide donc avec le moment le plus instable de sa vie professionnelle et personnelle, et avec le début du délitement de son mariage.

Elle est la seule fille de la fratrie et, à en croire tous les témoignages, la plus proche de sa mère. Après le divorce, elle reste avec Maureen, la suit dans ses déménagements successifs entre Londres et les États-Unis, et développe une relation étroite avec sa demi-sœur Augusta.

King Alfred’s School, Tower Records, Planet Alice

Adolescente, Lee Starkey se coule dans l’esthétique punk puis gothique de son époque : vêtements noirs, cheveux teints, et une allure qui contraste avec l’image que la presse attend d’une fille de Beatle. Elle quitte à seize ans la King Alfred’s School de Hampstead sans diplôme.

Suit une période d’essais successifs, racontée avec une honnêteté rare dans les fiches biographiques : un emploi chez Tower Records ; une inscription en école d’art dramatique, abandonnée ; une formation de maquilleuse professionnelle, menée jusqu’au diplôme mais qui ne lui plaît pas davantage ; un passage par le Hard Rock Cafe, l’enseigne de son beau-père Isaac Tigrett.

En 1991, avec son ami Christian Paris, elle ouvre Planet Alice, boutique de vêtements sur Melrose Avenue à Los Angeles, spécialisée dans les fripes et les rééditions années soixante. L’affaire ferme au bout d’un an environ. Elle poursuit néanmoins comme créatrice de mode et styliste.

La publicité Oldsmobile

En 1989, Lee Starkey apparaît aux côtés de son père dans un spot publicitaire américain pour Oldsmobile. La campagne — qui mettait en scène des célébrités accompagnées de leurs enfants adultes — reste l’unique apparition médiatique volontaire de Lee Starkey à visage découvert dans un contexte commercial. Elle se situe l’année suivant la cure de désintoxication du couple Starr-Bach, à un moment où Ringo Starr reconstruit méthodiquement sa vie professionnelle et familiale : la même année, il fonde le premier All-Starr Band.

1994-1995 : dix mois qui font basculer une vie

À l’automne 1994, Maureen s’effondre lors de l’inauguration du House of Blues de Los Angeles. Le diagnostic tombe : syndrome myélodysplasique, forme pré-leucémique. Elle est traitée au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle, reçoit une greffe de moelle osseuse prélevée sur son fils Zak, et meurt le 30 décembre 1994 de complications, à quarante-huit ans. Lee était restée auprès d’elle pendant toute la durée du traitement.

Huit mois plus tard, en août 1995, Lee Starkey s’effondre à son tour, en Angleterre. Diagnostic : tumeur cérébrale. Elle subit une intervention chirurgicale et suit une radiothérapie. En 2001, la tumeur récidive et elle est traitée une seconde fois. Sa santé s’est stabilisée par la suite.

C’est dans cet intervalle que Paul McCartney écrit « Little Willow », chanson explicitement destinée aux enfants de Maureen, publiée en 1997 sur l’album Flaming Pie. Nous y revenons plus bas, et nous en avons raconté la genèse dans notre article sur les chansons que McCartney a écrites pour les enfants des Beatles.

Styliste, maquilleuse, mère de triplés

Lee Starkey a poursuivi une activité de créatrice de mode et de maquilleuse, sans jamais chercher la visibilité. Elle apparaît régulièrement aux côtés de son frère aîné dans les événements familiaux, et aux journées « Peace and Love » que son père organise chaque 7 juillet.

Elle a eu trois enfants, des triplés — Smokey, Jakamo et Ruby — nés à la fin des années 2000, avec le guitariste Jay Mehler, connu pour son passage chez Kasabian puis chez Beady Eye, le groupe formé par Liam Gallagher après la première séparation d’Oasis. La famille Starkey a donc un second point d’ancrage dans la galaxie Britpop, après les cinq années de Zak chez Oasis — configuration qui n’est pas sans ironie quand on se souvient de la panique de Liam Gallagher devant Ringo Starr.

Correctif factuel — l’année de naissance des triplés est incertaine. On lit 2009 dans certaines sources, 2010 dans d’autres. Aucune annonce publique n’a été faite, aucun acte n’a été rendu public, et Lee Starkey n’a jamais commenté. Nous retenons donc « fin des années 2000 » plutôt qu’une date précise. Le prénom « Ruby » est parfois orthographié différemment selon les recensions ; là encore, la prudence s’impose. Ce sont trois enfants mineurs ou jeunes adultes n’ayant aucune activité publique : l’usage journalistique commande de s’en tenir au strict minimum.

La demi-sœur : Augusta King Tigrett

Augusta King Tigrett naît le 4 janvier 1987 à Dallas. Elle porte le prénom de son arrière-grand-père paternel, Augustus King Tigrett. Son parrain est l’acteur Dan Aykroyd, associé d’Isaac Tigrett dans le House of Blues. Elle a sept ans lorsque sa mère meurt et grandit entre les États-Unis et le Royaume-Uni, dans l’univers de son père, homme d’affaires marqué par la spiritualité indienne et la philanthropie.

Elle n’a jamais eu d’activité publique et ne s’exprime pas dans les médias. Les rares témoignages de proches la décrivent comme restée en lien étroit avec ses trois demi-frères et sœur. Sa présence dans cet article se justifie par un seul fait, mais il est important : lorsqu’on parle de « la fratrie Starkey », les intéressés eux-mêmes ont toujours compté à quatre.

Les beaux-enfants : Francesca et Gianni Gregorini

Le 27 avril 1981, à la mairie de Marylebone, Ringo Starr épouse Barbara Bach en présence de Paul McCartney et George Harrison. Sur les photographies prises ce jour-là, quatre personnes marchent main dans la main : Francesca Gregorini, Barbara Bach, Ringo Starr et Lee Starkey. C’est l’acte de naissance visuel d’une famille recomposée, et l’image est plus juste qu’il n’y paraît : les deux filles, l’une et l’autre demoiselles d’honneur ce jour-là, avaient dix et onze ans.

Barbara Bach et le premier mariage Gregorini

Barbara Goldbach naît à New York le 27 août 1946 — la même année que Maureen Cox, à trois semaines d’écart. Mannequin, elle rencontre en 1966 à New York l’homme d’affaires italien Augusto Gregorini, comte de Savignano di Romagna, le suit en Italie et l’épouse. Deux enfants naissent de cette union : Francesca, en 1968 à Rome, et Gianni, en 1972.

La séparation intervient en 1975, lorsque Barbara Bach s’installe à Los Angeles ; le divorce est prononcé plus tard, la garde des deux enfants étant partagée. Entre-temps, elle est devenue une actrice internationale, notamment grâce au rôle d’Anya Amasova dans L’Espion qui m’aimait (1977), dixième film de la série James Bond.

Correctif factuel — les dates du premier mariage de Barbara Bach. Les sources divergent : mariage en 1966 selon les unes, en 1968 selon les autres ; séparation en 1975, divorce en 1975 ou 1978 selon les recensions. La chronologie la plus cohérente est la suivante : rencontre à New York en 1966, mariage en Italie, naissance de Francesca en 1968 et de Gianni en 1972, séparation de fait en 1975 avec le départ pour la Californie, divorce prononcé ultérieurement. Cette imprécision n’est pas anecdotique : elle se propage dans tous les articles qui parlent de la famille de Ringo Starr.

Ringo Starr et Barbara Bach se rencontrent en 1980 sur le tournage de la comédie préhistorique Caveman. Ils traversent ensemble une période de dépendance à l’alcool qui les conduira en cure en 1988, et n’ont plus jamais bu depuis. Leur histoire fait l’objet d’un article détaillé sur ce site. Un détail relie ce couple à la tragédie fondatrice de l’après-Beatles : en décembre 1980, en vacances aux Bahamas, c’est la fille de Barbara Bach qui les appelle pour leur annoncer que John Lennon a été abattu à New York.

Francesca Gregorini, cinéaste

Née à Rome en 1968, Francesca Gregorini fait ses études secondaires en pensionnat à la TASIS, en Suisse, puis obtient un diplôme de l’université Brown en 1990. Elle commence par la musique : deux chansons pour la bande originale du film See Jane Run en 2001, un disque intitulé Sequel en 2003 où elle chante et joue.

Puis elle passe derrière la caméra, et c’est là qu’elle construit une œuvre. Elle coécrit et coréalise Tanner Hall avec Tatiana von Fürstenberg, puis écrit, réalise et produit The Truth About Emanuel (2013), avec Jessica Biel, Kaya Scodelario et Alfred Molina, sélectionné en compétition dramatique américaine au festival de Sundance. Elle passe ensuite à la télévision haut de gamme : elle réalise des épisodes de Killing Eve — Phoebe Waller-Bridge la recrute pour la deuxième saison — ainsi que de la série Humans.

Elle est aussi l’un des rares membres de la famille à avoir parlé publiquement de l’envers du décor. Dans un entretien accordé en 2002 au Mail on Sunday, elle évoque son enfance marquée par la consommation de drogues de son beau-père et de sa mère, puis ses propres années de dépendance. Elle a partagé la vie de l’actrice Portia de Rossi entre 2000 et 2004. En 2020, elle a intenté une action en contrefaçon contre les producteurs de la série Servant, qu’un juge fédéral a rejetée la même année, estimant que la série n’était pas suffisamment proche de son film.

Gianni Gregorini et la Lotus Foundation

Gianni Gregorini, né en 1972, mène une vie beaucoup plus discrète. Sa naissance a été compliquée par un cordon ombilical enroulé autour du cou, à la suite de quoi une paralysie cérébrale a été diagnostiquée ; une intervention chirurgicale ultérieure a amélioré son état.

Il travaille dans les affaires et s’implique dans l’action caritative, notamment dans le champ du handicap. Il est associé à la Lotus Foundation, la fondation créée par Ringo Starr et Barbara Bach, qui finance des programmes dans les domaines de la protection de l’enfance, de l’aide aux victimes de violences domestiques et de la lutte contre les addictions. Plusieurs sources le créditent également de la cofondation d’un programme d’entraide pour la sortie des addictions, aux côtés de Pattie Boyd.

Ce que la famille recomposée a changé

Il faut mesurer ce que représente l’année 1981 dans cette histoire. Six ans après le divorce, Ringo Starr fonde une seconde famille au moment précis où ses trois enfants entrent dans l’adolescence — Zak a quinze ans, Jason treize, Lee dix. Ils héritent d’une belle-mère américaine, d’une demi-sœur par alliance de leur âge et d’un demi-frère handicapé, tandis que leur propre mère commence de son côté une nouvelle vie avec Isaac Tigrett.

Aucun des intéressés n’a jamais décrit cette reconfiguration comme une rupture. Les photographies de mariage montrent Lee et Francesca côte à côte ; les témoignages ultérieurs décrivent une relation durable entre Lee Starkey et sa belle-mère. Les sept ans qui séparent le divorce (1975) de la stabilisation (1981-1982) sont en revanche la zone d’ombre de cette histoire : c’est la période dont Ringo Starr parle le moins, et celle qui correspond exactement à sa décennie la plus chaotique sur le plan professionnel comme personnel.

Les petits-enfants et l’arrière-petit-fils

Ringo Starr est arrière-grand-père. Il le dit lui-même, et c’est probablement le fait le plus étonnant de tout ce dossier pour qui garde en tête l’image du jeune homme derrière sa grosse caisse au Ed Sullivan Show.

Tatia Starkey, premier petit-enfant d’un Beatle

Née le 7 septembre 1985 à Londres, Tatia Jayne Starkey est la fille de Zak Starkey et de Sarah Menikides. Elle a fait de Ringo Starr, à quarante-cinq ans, le premier grand-père parmi les quatre Beatles — et de Maureen, à trente-neuf ans, une grand-mère. Musicienne elle-même, elle représente la troisième génération de la famille à faire de la musique.

Le calcul mérite d’être posé, parce qu’il donne le vertige : entre la naissance de Zak (septembre 1965), en pleine Beatlemania, et celle de sa fille (septembre 1985), il s’écoule vingt ans, presque jour pour jour.

Les quatre fils de Jason

Louis Starkey (1999), Sonny Starkey (2002), Rock Starkey (2009) et Buddy Starkey (2011) forment la branche la plus nombreuse. Conformément à la ligne de conduite de leur père, ils n’ont aucune activité publique liée au nom Starkey. C’est de cette branche qu’est issu l’arrière-petit-fils dont parle Ringo Starr.

Les triplés de Lee

Smokey, Jakamo et Ruby, nés à la fin des années 2000 de la relation entre Lee Starkey et Jay Mehler. Selon les rares informations disponibles, ils s’intéressent tous les trois à la musique — l’un à la batterie, un autre à la batterie et à la guitare, le troisième au piano. La transmission, dans cette famille, ne saute décidément pas de génération.

Luna Lee Lightnin, née en 2021

Fille de Zak Starkey et de Sharna Liguz, née en 2021, elle est la plus jeune petite-fille de Ringo Starr. Son prénom composé — Luna Lee Lightnin — rend hommage à sa tante paternelle, Lee Starkey.

Ce que Ringo dit de sa tribu

« J’ai beaucoup de bénédictions, des bénédictions familiales, mes enfants sont des bénédictions. J’ai huit petits-enfants maintenant, et un arrière-petit-fils. Ce sont tous des bénédictions. Je suis fils unique, et je regarde autour de la table et je me dis : quoi ? Tous ces gens sont de ma famille. C’est dingue. »
Ringo Starr au Manila Bulletin

La phrase « je suis fils unique » n’est pas décorative. Richard Starkey a grandi seul, dans une maison de Madryn Street puis d’Admiral Grove, au Dingle, avec une mère qui l’élevait seule après le départ de son père, et deux longues hospitalisations — péritonite à six ans, tuberculose à treize — qui l’ont coupé de l’école et des autres enfants pendant des années. Nous avons raconté cette enfance dans notre portrait anniversaire. Le contraste entre cette solitude d’origine et la tablée d’aujourd’hui explique probablement l’insistance avec laquelle il revient sur le sujet depuis vingt ans.

Ce que Ringo Starr dit de sa paternité

Il n’existe pas d’autobiographie de Ringo Starr. Il n’existe pas non plus de grand entretien-fleuve où il aurait déroulé sa vie de père. Ce qu’on possède, ce sont des fragments : une phrase à un journaliste ici, une réponse dans une promotion d’album là. Mis bout à bout, ces fragments dessinent pourtant un discours cohérent, et surtout un discours qui a changé de nature autour de 1988.

L’aveu : « un ivrogne, un homme qui battait sa femme et un père absent »

La formule, rapportée par The Independent au milieu des années 1990, est la pièce centrale du dossier. Elle est remarquable à plusieurs titres. Elle est autoaccusatoire sans emploi du conditionnel. Elle nomme trois faits distincts, dont un délit. Et elle a été prononcée alors que rien ne l’y obligeait : aucune plainte, aucune procédure, aucune révélation en cours ne la rendait nécessaire.

Le contraste avec la persona publique est saisissant. Depuis 1964, Ringo Starr est « le Beatle sympa », celui des grimaces et des punchlines, celui à qui on confie une chanson par album. Cette image est en partie une construction du management, mais elle n’est pas fausse : les témoignages de studio, y compris ceux des périodes de crise, le décrivent presque toujours comme le membre le plus facile à vivre du groupe. La confession de 1995 ne détruit pas ce portrait ; elle en révèle le revers domestique.

Correctif factuel — l’attribution exacte de la citation. La phrase est presque toujours reproduite sans référence précise, ou attribuée à des supports variés. La source la plus fréquemment citée par les biographes est un article de The Independent de 1995. Nous n’avons pas pu consulter le texte original pour vérifier la formulation exacte en anglais, l’année de l’entretien initial ni le contexte de la question posée. La citation est reprise par un nombre considérable de sources sérieuses et n’a jamais été démentie par l’intéressé, mais elle circule depuis trente ans dans un état de traçabilité imparfait. Nous la donnons donc pour ce qu’elle est : une confession attestée, dont la référence primaire mériterait d’être établie une fois pour toutes.

1988 : la ligne de partage

Tout ce que Ringo Starr a construit sur le plan familial depuis quarante ans repose sur une décision prise en octobre 1988, quand Barbara Bach et lui entrent en cure de désintoxication en Arizona. Il avait alors quarante-huit ans, une carrière discographique en ruine — les années 1980 ont été une traversée du désert commerciale que nous avons détaillée dans notre parcours en quinze chansons de sa carrière solo — et des relations familiales abîmées.

Ce qui suit ressemble à un plan de reconstruction méthodique. 1989 : fondation du premier All-Starr Band, retour à la scène, et publicité télévisée tournée avec sa fille. 1992-1995 : son fils aîné devient son batteur de tournée. 1994 : il est au chevet de Maureen à Seattle, aux côtés de leurs enfants et du second mari de son ex-femme. Aucun de ces éléments n’est spectaculaire ; leur accumulation l’est.

« Ils en ont assez que je parle de retraite »

Le Ringo Starr des années 2020 parle volontiers de sa famille, et il le fait sur un ton qui n’a plus rien de solennel. Interrogé sur ses projets de retraite, il rapporte en riant la réaction de ses enfants : « Tu nous dis ça depuis dix ans. » Interrogé sur le secret de quarante-quatre ans de mariage avec Barbara Bach, il répond : « Il n’y en a pas. Il y a des jours avec et des jours sans, et parfois je suis vraiment idiot, et puis ça passe. »

Il faut prendre au sérieux cette banalité affichée. Elle est, dans le contexte, une forme de position : celle d’un homme qui a renoncé à faire de sa vie familiale un récit édifiant.

Les chansons : ce que la musique a gardé de cette famille

Une partie de cette histoire s’est inscrite dans le catalogue, parfois de manière indirecte. Voici les quatre points de contact les plus solides.

« Little Willow », de Paul McCartney

C’est la chanson la plus directement liée aux enfants de Ringo Starr, et elle n’est pas de lui. Paul McCartney l’écrit au début de l’année 1995, après la mort de Maureen, et la publie sur Flaming Pie en 1997. Il a toujours dit qu’elle s’adressait aux enfants de Maureen, non à Maureen elle-même : une chanson de consolation, écrite depuis la position de l’ami de la famille.

Le geste s’inscrit dans une pratique ancienne chez McCartney, qui avait déjà écrit « Hey Jude » en 1968 pour le fils de John Lennon au moment de la séparation de ses parents. C’est le même réflexe à trente ans de distance : quand un adulte de l’entourage s’effondre, il écrit pour les enfants. Nous avons consacré un article entier à cette habitude.

« Octopus’s Garden », la Sardaigne et un père en fuite

Le lien est plus oblique mais il éclaire la période. En août 1968, Ringo Starr quitte les séances de l’Album blanc, persuadé de ne pas être un bon batteur et de ne pas être aimé de ses camarades. Il emmène sa famille — Maureen, Zak trois ans, Jason un an — en Sardaigne, sur le yacht prêté par Peter Sellers. C’est là, à table avec le capitaine du bateau qui lui décrit la façon dont les pieuvres rassemblent des cailloux pour aménager un jardin sur le fond marin, qu’il trouve l’idée d’« Octopus’s Garden », qu’il achèvera pour Abbey Road.

Autrement dit : la seule chanson entièrement écrite par Ringo Starr à figurer sur le dernier album enregistré par les Beatles naît d’un moment où il avait choisi ses enfants contre le groupe. L’épisode complet du départ et du retour est raconté dans notre dossier sur Abbey Road et dans celui consacré à l’Album blanc.

Le père et le fils sur scène

Les trois années de Zak Starkey dans le All-Starr Band (1992-1995) constituent le seul corpus scénique documenté réunissant deux générations de Starkey. Le dispositif à deux batteries — le père devant, le fils derrière — a été filmé et enregistré à plusieurs reprises. Zak Starkey a également accompagné son père lors d’apparitions ponctuelles ultérieures.

La grosse caisse : un objet de famille

Il existe un dernier lien, matériel celui-là. Le logo des Beatles, le fameux « Drop-T », est né en avril 1963 sur une peau de grosse caisse achetée par Ringo Starr chez Drum City, à Londres. Ces peaux peintes sont aujourd’hui parmi les objets les plus chers du marché des souvenirs rock : l’une d’elles a été adjugée près de trois millions de dollars chez Christie’s en mars 2026. Nous en avons reconstitué l’histoire complète dans notre enquête sur le Drop-T. L’ironie est que le nom de famille le plus lourd à porter pour trois enfants britanniques a été rendu célèbre par une inscription peinte à la main sur un instrument, pour cinq livres, par un peintre en lettres nommé Eddie Stokes.

Les enfants de Beatles : une génération sous surveillance

La question mérite d’être posée à l’échelle des quatre familles, parce qu’elle fait apparaître une régularité.

Quatre familles, une même équation

John Lennon a eu deux fils, Julian (1963) et Sean (1975), tous deux musiciens, tous deux ayant dû composer avec un héritage particulièrement lourd — l’un abandonné, l’autre orphelin à cinq ans. Paul McCartney a eu cinq enfants dont une créatrice de mode de rang international, Stella, un musicien, James, et une photographe et réalisatrice, Mary ; nous leur avons consacré un dossier complet. George Harrison a eu un fils unique, Dhani, musicien et producteur, longtemps gardien de l’œuvre paternelle. Ringo Starr a eu trois enfants, dont deux batteurs.

Sur onze enfants biologiques de Beatles, sept ont travaillé dans la musique à un moment de leur vie. Le taux est massif, et il ne s’explique pas seulement par la génétique ou par les facilités d’accès : dans les quatre familles, la musique était le langage domestique par défaut, le sujet de conversation des adultes de passage, le bruit de fond de la maison.

Pourquoi les Starkey ont pris le chemin de la batterie

Un point les distingue pourtant. Chez les Lennon, les McCartney et les Harrison, les enfants musiciens sont devenus chanteurs, guitaristes, auteurs — c’est-à-dire qu’ils occupent la position de leur père. Chez les Starkey, les deux fils ont choisi la batterie, poste par définition non frontal, position de service.

On peut y lire une modestie de famille. On peut aussi y lire quelque chose de plus retors : la batterie était le seul territoire où la comparaison avec le père serait à la fois inévitable et impossible à trancher, puisque Ringo Starr est le batteur le plus discuté de l’histoire du rock — encensé par les musiciens, longtemps moqué par les amateurs. Zak Starkey a réglé la question en jouant comme Keith Moon plutôt que comme son père, ce qui est la manière la plus élégante de refuser le duel.

Le classement que nous avions établi en 2025 sur les carrières comparées des fils de Beatles plaçait d’ailleurs Zak Starkey en tête sur le seul critère de la carrière scénique — devant Julian Lennon, qui reste le plus grand vendeur de disques de la génération.

Récapitulatif des correctifs factuels

Voici, rassemblées, les erreurs les plus répandues sur les enfants de Ringo Starr, et ce que dit la documentation disponible.

Ce qu’on lit Ce qu’il faut dire
Zak est né le jour de la sortie du single « Yesterday » Exact aux États-Unis (Capitol 5498, 13 septembre 1965). Au Royaume-Uni, « Yesterday » n’a été publié en single qu’en 1976 (R 6013)
Zak Starkey a été membre des Who pendant trente ans Il en a été le batteur engagé de 1996 à 2025, sans jamais être membre du groupe. Daltrey : « Tous les autres sont des musiciens de séance »
Zak a été licencié des Who en 2025 Trois épisodes distincts : départ annoncé le 16 avril, réintégration le 19 avril, second départ le 18 mai
Zak a subi une greffe de moelle pour aider sa mère Il en était le donneur, non le receveur
Maureen est morte à 47 ans Née le 4 août 1946, morte le 30 décembre 1994 : elle avait 48 ans
Jason Starkey a trois fils Quatre depuis juin 2011 : Louis, Sonny, Rock et Buddy
Ringo Starr a huit petits-enfants Chiffre repris de décomptes antérieurs à 2021 ; l’addition donne neuf depuis la naissance de Luna
Ringo Starr a cinq enfants Trois enfants biologiques et deux beaux-enfants. Formulation acceptable si l’on précise laquelle
Augusta Tigrett est la fille de Ringo Starr Fille de Maureen et d’Isaac Tigrett, née en 1987 : demi-sœur de Zak, Jason et Lee, sans lien de sang avec Ringo
Ringo et Barbara Bach ont eu un enfant ensemble Aucun. La famille de 1981 est une famille recomposée
« Rip Off » est la première collaboration entre enfants de Beatles Première réunissant trois d’entre eux. Les duos sont antérieurs (« Primrose Hill », 2024)
Les triplés de Lee sont nés en 2009 2009 ou 2010 selon les sources, aucune annonce publique : « fin des années 2000 »

Chronologie 1962-2026

Date Événement
1962 Maureen Cox rencontre Ringo Starr au Cavern Club, l’année où il rejoint les Beatles
20 janvier 1965 Demande en mariage à l’Ad Lib Club, Londres
11 février 1965 Mariage à Caxton Hall. Brian Epstein témoin, George Harrison présent
13 septembre 1965 Naissance de Zak Richard Starkey, Queen Charlotte’s Hospital, Hammersmith
19 août 1967 Naissance de Jason Starkey, huit jours avant la mort de Brian Epstein
Août 1968 Ringo quitte les séances de l’Album blanc, part en Sardaigne avec Maureen, Zak et Jason : naissance de l’idée d’« Octopus’s Garden »
10 avril 1970 Le communiqué de l’album McCartney rend publique la fin des Beatles
11 novembre 1970 Naissance de Lee Parkin Starkey
1973 Ringo rachète Tittenhurst Park à John Lennon. Keith Moon offre une batterie à Zak pour ses huit ans
17 juillet 1975 Divorce prononcé. Maureen obtient la garde des trois enfants
1976 Maureen commence sa vie commune avec Isaac Tigrett
7 septembre 1978 Mort de Keith Moon. Obsèques le 13 septembre, jour du treizième anniversaire de Zak
Décembre 1980 Francesca Gregorini appelle sa mère et Ringo aux Bahamas pour leur annoncer la mort de John Lennon
27 avril 1981 Mariage de Ringo Starr et Barbara Bach. Lee Starkey et Francesca Gregorini demoiselles d’honneur
1985 Zak épouse Sarah Menikides ; naissance de Tatia Jayne le 7 septembre : Ringo est le premier Beatle grand-père
1987 Naissance d’Augusta King Tigrett le 4 janvier à Dallas. Jason condamné à 125 livres d’amende pour vol d’autoradio
Octobre 1988 Ringo Starr et Barbara Bach entrent en cure de désintoxication
1989 Premier All-Starr Band. Publicité Oldsmobile avec Lee Starkey. Mariage de Maureen et Isaac Tigrett le 27 mai
1991 Lee ouvre la boutique Planet Alice sur Melrose Avenue, à Los Angeles
1992-1995 Zak Starkey batteur du All-Starr Band de son père
30 décembre 1994 Mort de Maureen Starkey Tigrett à 48 ans, à Seattle. Ses quatre enfants, sa mère, son mari et Ringo Starr à son chevet
Août 1995 Lee Starkey diagnostiquée d’une tumeur cérébrale. Jason déclare : « Être le fils de Ringo Starr est la plus grande plaie de ma vie »
1996 Zak Starkey devient le batteur des Who pour la tournée Quadrophenia
1997 Paul McCartney publie « Little Willow » sur Flaming Pie
1999-2011 Naissance des quatre fils de Jason : Louis, Sonny, Rock, Buddy
2001 Récidive de la tumeur de Lee Starkey, seconde série de traitements
2004-2009 Zak Starkey batteur d’Oasis
Fin des années 2000 Naissance des triplés de Lee Starkey et Jay Mehler : Smokey, Jakamo et Ruby
2013 Francesca Gregorini présente The Truth About Emanuel au festival de Sundance
2020 Grammy du meilleur album de reggae pour Got to Be Tough de Toots and the Maytals, produit par Zak Starkey et Sshh Liguz
2021 Naissance de Luna Lee Lightnin, fille de Zak et Sshh
21 mars 2022 Mariage de Zak Starkey et Sharna Liguz
5 juin 2023 Premier concert de Mantra of the Cosmos au Box, à Londres, puis débuts à Glastonbury
18 et 20 mars 2025 Concerts des Who au Royal Albert Hall : incident sur « The Song Is Over »
16, 19 avril et 18 mai 2025 Départ, retour, puis second départ de Zak Starkey des Who
Juin 2025 Single « Rip Off » de Mantra of the Cosmos avec Sean Ono Lennon et James McCartney
Avril 2026 Ringo Starr publie Long Long Road, son vingt-deuxième album studio

Tableau récapitulatif : qui est qui dans la famille Starkey

Nom Naissance Lien Activité
Zak Richard Starkey 13 septembre 1965 Fils (Maureen Cox) Batteur, producteur, cofondateur de Trojan Jamaica
Jason Starkey 19 août 1967 Fils (Maureen Cox) Batteur, métiers de la musique ; retiré de la vie publique
Lee Parkin Starkey 11 novembre 1970 Fille (Maureen Cox) Créatrice de mode, maquilleuse
Francesca Gregorini 1968 Belle-fille (Barbara Bach) Réalisatrice, scénariste, productrice
Gianni Gregorini 1972 Beau-fils (Barbara Bach) Affaires, action caritative, Lotus Foundation
Augusta King Tigrett 4 janvier 1987 Demi-sœur des trois Starkey Vie privée
Tatia Jayne Starkey 7 septembre 1985 Petite-fille (Zak) Musicienne
Luna Lee Lightnin Starkey 2021 Petite-fille (Zak)
Louis, Sonny, Rock, Buddy Starkey 1999, 2002, 2009, 2011 Petits-fils (Jason) Vie privée
Smokey, Jakamo, Ruby Fin des années 2000 Petits-enfants (Lee) Vie privée

Questions fréquentes

Combien d’enfants Ringo Starr a-t-il exactement ?

Trois enfants biologiques, tous nés de son mariage avec Maureen Cox : Zak (1965), Jason (1967) et Lee (1970). Il a également deux beaux-enfants, Francesca et Gianni Gregorini, nés du premier mariage de Barbara Bach. Il n’a pas eu d’enfant avec sa seconde épouse.

Qui est la mère des enfants de Ringo Starr ?

Maureen Cox, coiffeuse de Liverpool née le 4 août 1946, épousée le 11 février 1965 et dont il divorce en 1975. Elle s’est remariée avec Isaac Tigrett en 1989 et est morte le 30 décembre 1994 à Seattle, à quarante-huit ans, de complications survenues après une greffe de moelle osseuse.

Zak Starkey a-t-il appris la batterie avec son père ?

Non. Ringo Starr a cherché à le dissuader de devenir batteur et a refusé de lui donner des leçons. C’est son parrain, Keith Moon, batteur des Who, qui lui a offert sa première batterie complète pour ses huit ans, en 1973. Zak Starkey a appris seul et par imitation, en s’inspirant beaucoup plus du style de Moon que de celui de son père.

Pourquoi Zak Starkey a-t-il quitté les Who ?

Après un incident sonore lors d’un concert au Royal Albert Hall en mars 2025, son départ a été annoncé le 16 avril 2025, annulé le 19 avril par Pete Townshend, puis confirmé le 18 mai. Les protagonistes en donnent des versions différentes : Roger Daltrey évoque un malentendu sur la sonorisation aggravé par les déclarations publiques du batteur ; Zak Starkey affirme avoir été licencié et avoir refusé de prétendre publiquement qu’il était parti de lui-même ; Pete Townshend reconnaît ne pas comprendre ce qui s’est passé.

Que fait Jason Starkey aujourd’hui ?

Il vit hors de la vie publique. Batteur dans une série de groupes des années 1980, passé ensuite par différents métiers de la musique, il ne donne plus d’entretiens depuis longtemps. Il a quatre fils avec la créatrice de mode Flora Evans.

Lee Starkey est-elle guérie ?

Une tumeur cérébrale lui a été diagnostiquée en août 1995, avec récidive traitée en 2001. Sa santé s’est stabilisée par la suite et elle apparaît régulièrement lors des événements familiaux. Elle n’a jamais commenté publiquement son état de santé, et il n’appartient pas à un article de le faire à sa place.

Combien de petits-enfants a Ringo Starr ?

Il en revendique publiquement huit, plus un arrière-petit-fils. L’addition des naissances connues donne toutefois neuf depuis 2021 : Tatia et Luna du côté de Zak, quatre fils du côté de Jason, trois enfants du côté de Lee.

Qui est Augusta Tigrett ?

La quatrième fille de Maureen, née le 4 janvier 1987 de son union avec Isaac Tigrett, cofondateur du Hard Rock Cafe et du House of Blues. Elle est la demi-sœur de Zak, Jason et Lee, et n’a aucun lien de parenté avec Ringo Starr. Son parrain est Dan Aykroyd.

Les enfants de Ringo Starr ont-ils déjà joué avec lui ?

Zak Starkey a tenu la batterie dans le All-Starr Band de son père entre 1992 et 1995, dans une configuration à deux batteries, et l’a accompagné ponctuellement par la suite. Jason et Lee n’ont jamais participé à ses tournées.

Existe-t-il un groupe réunissant les enfants des Beatles ?

Non, et le projet a été refusé à plusieurs reprises par les intéressés. Il existe en revanche des collaborations ponctuelles : « Primrose Hill » (2024) réunissait James McCartney et Sean Ono Lennon, et « Rip Off » (2025), single de Mantra of the Cosmos, a fait chanter Sean Ono Lennon et James McCartney sur un morceau produit par Zak Starkey. C’est à ce jour la seule fois où trois enfants de Beatles figurent sur un même enregistrement publié.

Glossaire

  • All-Starr Band — Formation à géométrie variable fondée par Ringo Starr en 1989, réunissant à chaque tournée des musiciens ayant eu leurs propres succès. Zak Starkey y a tenu la batterie de 1992 à 1995.
  • Caxton Hall — Bureau d’état civil de Westminster, à Londres, où Ringo Starr et Maureen Cox se sont mariés le 11 février 1965.
  • Drop-T — Logo des Beatles, dessiné en avril 1963 chez Drum City sur une peau de grosse caisse commandée par Ringo Starr, et caractérisé par le T de « Beatles » descendant sous la ligne de base.
  • Fred Hutchinson Cancer Research Center — Centre de Seattle spécialisé dans la greffe de moelle osseuse, où Maureen Starkey Tigrett a été soignée en 1994.
  • Mantra of the Cosmos — Groupe formé en 2023 par Zak Starkey et Sshh Liguz avec Shaun Ryder, Bez et Andy Bell, revendiquant une esthétique psychédélique et refusant l’étiquette de supergroupe.
  • Queen Charlotte’s Hospital — Maternité de Hammersmith, à Londres, où sont nés les trois enfants de Ringo Starr et Maureen Cox.
  • Sunny Heights — Maison des Starkey à St George’s Hill, Weybridge, dans le Surrey, où ont grandi Zak et Jason.
  • Tittenhurst Park — Domaine de Sunninghill, dans le Berkshire, acheté par John Lennon en 1969 puis revendu à Ringo Starr en 1973 ; siège des Startling Studios.
  • Trojan Jamaica — Label de reggae et de dancehall fondé par Zak Starkey et Sshh Liguz, lauréat d’un Grammy en 2021 pour l’album Got to Be Tough de Toots and the Maytals.
  • Teenage Cancer Trust — Association britannique dont Roger Daltrey est le parrain historique ; ses concerts annuels au Royal Albert Hall sont à l’origine de l’incident de mars 2025.
  • Lotus Foundation — Fondation caritative créée par Ringo Starr et Barbara Bach, active notamment dans la protection de l’enfance et la lutte contre les addictions.

Pour prolonger

Pour rester dans la famille et dans la génération suivante, on peut lire notre dossier sur les cinq enfants de Paul McCartney, notre biographie complète de Maureen Cox et le récit de ses derniers mois à Seattle. Du côté de Ringo lui-même : son portrait anniversaire, quinze chansons pour découvrir sa carrière solo, sa préférence assumée pour l’Album blanc et son mariage avec Barbara Bach. Enfin, la tétralogie que Sam Mendes consacre aux Beatles fera une place à cette histoire familiale, avec Mia McKenna-Bruce dans le rôle de Maureen Starkey et Barry Keoghan dans celui de Ringo ; le dispositif d’ensemble est décrit dans notre article sur les quatre films.

Bibliographie et sources

  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle et Tune In — pour la chronologie des séances et des dates de publication.
  • Bill Harry, The Ringo Starr Encyclopedia — pour les données biographiques de la famille Starkey.
  • Peter Doggett, You Never Give Me Your Money — pour le contexte de la séparation et de l’après-1970.
  • Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now — pour la genèse de « Little Willow » et le contexte de 1995.
  • The Independent, 1995 — source de référence pour les déclarations de Ringo Starr sur sa paternité et pour la citation de Jason Starkey.
  • Us Weekly, 2000 — entretien de Ringo Starr sur la parentalité pendant la Beatlemania.
  • Variety, Rolling Stone, Billboard, The Telegraph, The Times, The i Paper, CNN, avril-décembre 2025 — pour la chronologie du départ de Zak Starkey des Who et les déclarations de Pete Townshend, Roger Daltrey et Zak Starkey.
  • People et Manila Bulletin, 2024-2025 — pour les déclarations de Ringo Starr sur ses petits-enfants et son mariage.
  • NME, Clash, Uncut, Flood, 2023-2025 — pour Mantra of the Cosmos, Trojan Jamaica et les collaborations avec Sean Ono Lennon et James McCartney.
  • Archives de presse britannique, 1985-1997 — pour les épisodes judiciaires concernant Jason Starkey et l’ouverture de Planet Alice.
  • Associated Press, décembre 1994 — dépêche annonçant la mort de Maureen Starkey Tigrett.

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