George Harrison devait avoir la patience d’un saint à la fin des années 1960. Même s’il savait qu’il avait des chansons fantastiques en préparation, le fait de devoir attendre avec les Beatles pendant que Paul McCartney reprenait encore une autre version de « Maxwell’s Silver Hammer » devait être une torture pour quiconque. Une fois que Harrison a eu l’occasion de sortir enfin ses propres chansons dans les années 1970, même un triple album n’était pas suffisant pour lui permettre de sortir toutes ses idées.
Par ailleurs, on peut dire que All Things Must Pass est bien trop long pour son propre bien. Il y a de nombreux moments forts qui mettent les gens debout, comme « My Sweet Lord » et « Wah-Wah », mais étant donné que plus de la moitié du troisième disque est composé de différentes improvisations, on a l’impression que Harrison cherche à combler le temps plutôt que d’explorer de nouvelles voies.
Si l’on regarde les démos sur lesquelles il travaillait à cette époque, beaucoup d’entre elles auraient facilement pu constituer un album acoustique perdu qu’il aurait pu sortir plus tard. Bien qu’elles soient très brutes, de nombreuses chansons auraient pu figurer parmi les plus grands succès de n’importe quel autre groupe, mais Harrison avait d’autres projets en tête.
Tout au long de son catalogue solo, Harrison puisait plus d’une fois dans son stock pour enregistrer ses classiques. Pendant la production de 33 1/3, Harrison a ressorti la chanson « Woman Don’t You Cry For Me », transformant ce qui était à l’origine un exercice pour apprendre la guitare slide en une groove funk élégante.
Bien que beaucoup de ses œuvres de la période intermédiaire auraient pu bénéficier de quelques-unes de ces chansons sur des albums comme Gone Troppo, rejoindre les Traveling Wilburys a aidé Harrison à raviver son amour pour la musique. La scène était prête pour qu’il fasse un nouvel album après Cloud Nine, mais le temps avait d’autres projets.
Au cours des dernières années de sa vie, le dernier album de Harrison, Brainwashed, a été assemblé petit à petit, le guitariste ayant tout planifié au cas où il ne verrait pas la date de sortie. Juste avant de nous quitter avec sa dernière grande déclaration, « Rocking Chair in Hawaii » est venu d’une chanson qui remontait jusqu’à ses débuts.
Initialement intitulée « Down to the River », c’est un premier essai de la chanson « Rocking Chair in Hawaii », qui est beaucoup plus country que la version finale. Au lieu de la nature étrangement séduisante de la version finale de Harrison, la version précoce ressemble à quelque chose qui pourrait provenir d’un ancien disque de Hank Williams, surtout vers la fin, où Harrison échange sa voix remarquable contre un étrange yodel.
Bien qu’entendre une version de Harrison parlant de sexe à cet âge puisse paraître un peu grossier rétrospectivement, la version finale dépasse largement la précédente. Il y a eu de nombreuses occasions pour Harrison d’étoffer cette chanson au cours de sa carrière, mais il est agréable de voir que sa dernière véritable sortie a au moins un petit lien avec le début de sa carrière.













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