Alors que leurs disques n’intéressaient pas les disc jockeys américains et que leurs coupes au bol restaient ignorées de la jeunesse de Philadelphie ou San Francisco, Sid Bernstein prit le risque d’offrir 6500 dollars de cachet aux Beatles pour qu’ils se produisent au Carnegie Hall, l’une des salles les plus prestigieuses de New York. Ces deux premiers concerts américains du quatuor de Liverpool, organisés le 12 février 1964, marquèrent le début de la Beatlemania aux Etats-Unis. Sid Bernstein promoteur de l’événement, qui, par la suite a fait passer l’Atlantique aux Kinks, aux Rolling Stones ou à Jimi Hendrix est mort le 21 août à Manhattan. Il avait 95 ans.
En 1964, ce fils adoptif d’une famille juive russe, ancien combattant de la bataille des Ardennes, est un promoteur de concert actif à New York. Dans le Bronx, il a accompagné la mutation du borough en passant des bar mitzvah aux concerts de musique porto-ricaine. Il produit également des artistes de rhtym’n’blues comme Ruth Brown. Alors qu’au sein de l’agence où il travaille, General Artists Corporation, personne ne croit que le succès des Beatles en Grande Bretagne est appelé à s’étendre dans l’espace ou dans le temps, il harcèle Brian Epstein, le manager du groupe, afin d’organiser un premier concert new-yorkais. Dans le même temps, Ed Sullivan, producteur et présentateur de l’émission dominicale la plus regardée invite le groupe, qui passe à la télévision trois jours avant les concerts du Carnegie Hall. L’impact est puissant et durable.
Sid Bernstein produira par la suite le concert des Beatles au Shea Stadium le 15 août 1965. Ce premier concert rock organisé dans un stade réunit 55600 spectateurs. Lorsqu’il invite les Rolling Stones à se produire à leur tour au Carnegie Hall, le comportement des fans, qui insultent les ouvreuses et montent sur les sièges valent à Sid Bernstein d’être banni de la salle.
Après la séparation des Beatles, en 1970, Sid Bernstein tente à plusieurs reprise d’organiser la réunion du groupe. En 1976, il prend une page de publicité dans le New York Times pour leur proposer de se produire, ensemble ou séparément lors d’un concert de charité. Sans succès. Il avait publié ses mémoires en 2002 sous le titre It’s Sid Bernstein Calling.
Source : lemonde













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