Le groupe est séparé depuis 1970, John Lennon est mort en 1980, George Harrison en 2001. Et pourtant, en 2006, les Beatles réussissent l’exploit de publier un nouvel album. Contrairement à la tendance actuelle de l’industrie musicale pour exploiter les « morts », il ne s’agit pas d’une compilation de raretés ou de démos retrouvées dans le grenier d’un membre du groupe ou dans les placards de la maison de disques.
Love est en fait un collage sonore d’une vingtaine de titres des « Fab Four », conçu comme un patchwork. A partir de l’ensemble des bandes originales -soit plus d’une centaine d’heures d’enregistrement-, ensuite remastérisées, leur producteur George Martin, et son fils Giles, ont remixé les titres en les mélangeant. Tout ceci avec l’accord de Paul McCartney, Ringo Starr et des veuves de John Lennon et George Harrison. Résultat : la trompette de Penny Lane et le piano de In my life se retrouvent par exemple fondus dans les dernières mesures de Strawberry Fields Forever. Bref, pour les Beatlesmaniaques, il s’agira surtout d’un « blind test » destiné à retrouver d’où provient tel ou tel accord.
Bientôt dans le domaine public
A quelques semaines de Noël, Love s’apparente ainsi à une jolie opération marketing, à laquelle les survivants avaient jusqu’à présent résisté -à quelques exceptions près, comme la sortie de la compilation 1 ou de la version originale de Let it be. Même si le travail a commencé il y a plus de trois ans, les plus cyniques diront aussi que cela tombe à point nommé pour payer le divorce de Paul McCartney.
Outre cet évident intérêt commercial, il s’agit aussi de prendre date pour l’avenir. A partir de 2013, les premières compositions du groupe tomberont en effet dans le domaine public. Elles pourront donc être exploitées par n’importe qui, de n’importe quelle manière -compilation à prix cassés, remixes…. Or les acheteurs préfèreront certainement un remix « officiel » à un vulgaire pillage de l’?uvre des quatre gars de Liverpool.
Des précautions inutiles
Lors des écoutes réservées à la presse, des mesures de sécurité dignes de la réception d’un chef d’Etat étaient destinées aux journalistes avec portillon, scanner, obligation de laisser portables au vestiaire… Objectif : éviter toute divulgation sur Internet avant la sortie officielle, lundi 20 novembre. Pour un résultat on ne peut plus classique désormais : « Love » était disponible illégalement pour qui savait bien chercher dès la semaine dernière….
Source : TF1













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