C’est toujours un événement, mais cette fois un peu plus que les autres. Auteur d’une carrière solo en dents de scie, Paul McCartney frappe un grand coup avec son nouvel album « Chaos and Creation in the Backyard », unanimement reconnu comme l’un de ses meilleurs depuis la séparation des Beatles, il y a 35 ans.
« J’ai décidé de tout donner et de me lancer un défi en me disant: ‘tu vas faire un bon album »‘, explique-t-il dans un entretien à l’Associated Press.
Résultat: un album plus intimiste, qui tranche radicalement avec les chansons d’amour légères dont il s’était fait le spécialiste. Un disque que tous les critiques attendaient. Le premier de McCartney à compter depuis la séparation des Fab Four, affirme même, un peu sévère, le magazine « Time ».
Témoins de cette palette de sentiments élargie, la tristesse exprimée sur « Too Much Rain », la colère étouffée de « Riding to Vanity Fair », ou la fragilité affichée sur « Jenny Wren ». « Même si je suis quelqu’un d’optimiste, d’enthousiaste, comme tout le monde j’ai des coups de mou dans la vie », se justifie presque Paul McCartney. « On n’y peut rien, c’est la vie qui veut ça ».
« Dans le passé, j’ai peut-être écrit de manière légère, comme dans ‘Maxwell’s Silver Hammer’, j’ai traité de questions existentielles de manière comique, parodique », poursuit-il. « Pour ces nouvelles chansons, j’ai choisi de me pencher sur ces sujets et j’ai décidé que je pouvais écrire dessus. S’ils sont assez importants pour en parler à un psychiatre, on peut en faire des chansons ».
Ce virage s’explique aussi par sa collaboration avec le producteur Nigel Godrich, connu pour ses travaux avec Beck et Radiohead, qui l’a poussé à sortir de son petit confort en le contraignant notamment à enregistrer seul, sans ses nombreux musiciens. Sur « Friends To Go », McCartney joue d’une dizaine d’instruments.
Mais la collaboration a parfois été tumultueuse, notamment sur « Riding to Vanity Fair » que l’ex-Beatle voulait plus lente que Godrich. « Il y a eu une ou deux fois où je me suis dit ‘je pourrais le virer ce mec »‘, résume-t-il.
Si la créativité l’a parfois quelque peu abandonné au cours des dernières années, Sir Paul a retrouvé le goût de l’écriture. « J’ai toujours cet amour profond pour les mélodies, en particulier, et pour l’écriture de chansons », note-t-il. « Ce n’est plus difficile. Bien sûr, ce qui rendait les choses plus faciles à l’époque, c’était d’écrire avec John (Lennon) (…). A chaque fois qu’on s’asseyait tous les deux, il sortait une chanson ». AP
Source : par David Bauder













Des actualités à découvrir
Depuis 1997, Yellow-Sub.net compile sur son site plus de 38 000 dépêches d'actualité. Découvrez nos derniers articles pour tout savoir des Beatles.
« Wild Life » : enquête sur le disque le plus mal aimé de Paul McCartney — et sur la légende des trois jours
Sep
McCartney contre Sutcliffe : enquête sur la bagarre de Hambourg — et sur la mort qu’on lui attribue à tort
Sep
« Something » : l’histoire vraie de la ligne de basse que George Harrison n’a jamais voulue
Sep
« Good Morning Good Morning » : enquête sur la chanson de Sgt. Pepper que John Lennon a lui-même jetée à la poubelle
Sep
« The Back Seat of My Car » : la chanson que les Beatles n’ont pas voulue et qui referme « Ram »
Sep
« No Values » : la chanson que Paul McCartney a rêvée en 1980, mise quatre ans à publier — et le groupe avec Ringo Starr qui n’a jamais existé
Sep
« Getting Better » : la chanson la plus optimiste des Beatles cache l’aveu le plus dur de John Lennon
Sep
« And Your Bird Can Sing » : deux séances, deux guitares et cinq hypothèses — enquête sur le chef-d’œuvre que Lennon détestait
Sep