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« The Luck of the Irish » de John Lennon, extrait de l’album Some Time in New York City (1972), est une chanson engagée sur les souffrances de l’Irlande du Nord, marquée par un mélange de ballade folk et de protest song. Composée avec Yoko Ono, elle dénonce l’impérialisme britannique et les violences en Irlande, tout en idéalifiant une Irlande libre. Enregistrée en 1972 avec le groupe Elephant’s Memory, la chanson a été interprétée en live plusieurs fois avant sa sortie officielle. Bien que critiquée pour sa simplicité, elle demeure un témoignage de l’engagement politique de Lennon. Le morceau, initialement prévu comme single, reste un exemple de son utilisation de la musique pour promouvoir le changement social.
Composition : Lennon-Ono
Enregistrement : 13 février – 8 mars 1972
Producteurs : John Lennon, Yoko Ono, Phil Spector
Sortie : 15 septembre 1972 (Royaume-Uni), 12 juin 1972 (États-Unis)
Disponible sur :
Some Time In New York City
John Lennon Anthology
Acoustique
Personnel
John Lennon : chant, guitare
Adam Ippolito : piano, orgue
Gary Van Scyoc : basse
Stan Bronstein : flûte
Richard Frank Jr : batterie, percussions
Jim Keltner : batterie
The Luck of the Irish : John Lennon, la politique et la musique engagée
John Lennon n’était pas seulement un artiste visionnaire et un membre fondateur des Beatles. Dans les années 1970, il s’est imposé comme une voix politique engagée, prenant position sur de nombreux sujets sociaux et internationaux. « The Luck of the Irish », extrait de l’albumSome Time in New York City(1972), est une illustration poignante de cet engagement, révélant la sympathie de Lennon pour la cause républicaine irlandaise.
D’origine partiellement irlandaise, John Lennon a toujours ressenti une connexion avec l’île émeraude. En 1971, il se rend en Irlande avec Yoko Ono pour un voyage qu’il décrit comme une « seconde lune de miel ». Fasciné par l’histoire du pays et sensibilisé aux tensions politiques, il commence à écrire « The Luck of the Irish » quelques mois après avoir assisté à une manifestation à Londres en août 1971.
Contrairement à « Sunday Bloody Sunday », également présent surSome Time in New York Cityet composé après le massacre de Bloody Sunday du 30 janvier 1972, « The Luck of the Irish » est antérieur à cet événement tragique. Il exprime une solidarité sincère, bien que parfois simpliste, envers les opprimés d’Irlande du Nord.
« The Luck of the Irish » oscille entre une ballade folk et une protest song. Son mélange de douce mélancolie et de paroles incisives en fait une œuvre à part dans le répertoire de Lennon.le titre, interprétée en duo avec Yoko Ono, contraste entre la dénonciation des souffrances du peuple irlandais et des clichés plus légers évoqués par Ono, qui mentionne des shamrocks, des arcs-en-ciel et des leprêchauns.
Lennon adopte un ton virulent contre l’impérialisme britannique et décrit une Irlande divisée et déchirée par la violence. Il y oppose l’idéalisation d’une Irlande libre, imaginaire, où la chance serait enfin du côté de son peuple. Ce contraste entre la réalité politique et une vision poétique illustre l’ambivalence de Lennon entre engagement sincère et approche parfois naive des conflits mondiaux.
Lennon enregistre une première démo de « The Luck of the Irish » le 12 novembre 1971, en même temps qu’ »Attica State ». Cette version devient partie intégrante du filmThe Luck of the Irish, réalisé par John Reilly et financé par Joko Productions. Ce film, rebaptiséThe Irish Tapes, sera distribué en 1975.
La version définitive est enregistrée entre le 13 février et le 8 mars 1972 sous la production de Lennon, Yoko Ono et Phil Spector. Pour l’occasion, Lennon s’entoure des musiciens de Elephant’s Memory, un groupe new-yorkais au son brut et direct. Le line-up comprend Adam Ippolito au piano et à l’orgue, Gary Van Scyoc à la basse, Stan Bronstein à la flûte, Richard Frank Jr. à la batterie et aux percussions, ainsi que Jim Keltner à la batterie.
Avant même sa sortie officielle, « The Luck of the Irish » est jouée plusieurs fois sur scène et à la télévision. Lennon et Ono l’interprètent le 10 décembre 1971 à Ann Arbor, Michigan, lors d’un concert de soutien à John Sinclair, militant emprisonné pour possession de marijuana. Cette version apparaîtra plus tard sur la compilationJohn Lennon Anthologyen 1998 et sur l’albumAcousticen 2004.
La titre est également jouée le 16 décembre 1971 dansThe David Frost Show, puis en janvier 1972 dansThe Mike Douglas Show. On y découvre un Lennon toujours en train de peaufiner ses paroles. Il modifie certains passages, comme « the kids, the church and the IRA » qu’il tient initialement responsables des tensions en Irlande, et remplace le terme « b******s » par « bummers » pour éviter la censure.
L’ultime interprétation live a lieu le 5 février 1972 lors d’une manifestation à New York contre la British Overseas Airways Corporation (BOAC), en réaction au massacre de Bloody Sunday.
Initialement, « The Luck of the Irish » devait sortir en single, couplé à « Attica State », sous la référence Apple 1846 aux États-Unis. Finalement, le projet est abandonné au profit de « Woman Is The N****r of The World », seul single extrait deSome Time in New York City.
L’album reçoit un accueil critique glacial et est l’un des plus mal accueillis de la carrière solo de Lennon. « The Luck of the Irish » n’échappe pas aux critiques. Certains y voient un plaidoyer maladroit et caricatural, notamment à cause des contributions de Yoko Ono qui atténuent la gravité du sujet abordé.
Pourtant, au-delà des débats sur sa pertinence et son exécution,le titre reste un témoignage de l’engagement de Lennon envers les causes sociales et politiques. Son courage à aborder des sujets brûlants dans un langage direct et accessible préfigure ses engagements futurs et renforce son statut d’artiste militant.
« The Luck of the Irish » ne figure pas parmi les morceaux les plus célèbres de John Lennon, mais elle demeure une pièce clé de sa volonté d’utiliser la musique comme un outil de changement. Aujourd’hui encore, elle suscite le débat, entre admiration pour l’engagement de Lennon et critique de son approche parfois simpliste des conflits politiques.
Au-delà de ses défauts, « The Luck of the Irish » reste le reflet d’une époque de lutte et d’espoir, où la musique tentait de jouer un rôle dans la réconciliation et la compréhension entre les peuples.
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If you had the luck of the Irish
Youd be sorry and wish you were dead
You should have The Luck Of The Irish
And youd wish you was English instead !
A thousand years of torture and hunger
Drove the people away from their land
A land full of beauty and wonder
Was raped by the British brigands ! Goddamn ! Goddamn !
If you could keep voices like flowers
Thered be shamrock all over the world
If you could drink Dreams like Irish streams
Then the world would be high as the mountain of morn
In the Pool they told us the story
How the English divided the land
Of the pain, the death and the glory
And the poets of auld Eireland
If we could make Chains with the morning dew
The world would be like Galway Bay
Lets walk over Rainbows like leprechauns
The world would be one big Blarney stone
Why the hell are the English there Anyway ?
As they kill with God on their side
Blame it all on the kids the IRA
As the bastards commit genocide ! Aye ! Aye ! Genocide !
If you had the luck of the Irish
Youd be sorry and wish you was dead
You should have The Luck Of The Irish
And youd wish you was English instead !
Yes youd wish you was English instead
Si tu avais la chance des Irlandais,
Tu regretterais et souhaiterais mourir.
Tu devrais avoir la chance des Irlandais.
Et tu souhaiterais être Anglais à la place !
Mille ans de torture et de faim
Ont chassé les gens de leur terre
Une terre pleine de beauté et de merveilles
A été violée par les brigands britanniques ! Bon sang ! Bon sang !
Si tu pouvais garder les voix comme des fleurs
Il y aurait des trèfles partout dans le monde
Si tu pouvais boire des rêves comme les ruisseaux irlandais
Alors le monde serait haut comme la montagne du matin
Dans la piscine, ils nous ont raconté l’histoire
Comment les Anglais ont divisé le pays
De la douleur, de la mort et de la gloire
Et des poètes de la vieille Irlande
Si nous pouvions faire des chaînes avec la rosée du matin
Le monde serait comme la baie de Galway
Marchons sur les arcs-en-ciel comme des lutins
Le monde ne serait qu’une immense pierre de Blarney
Pourquoi diable les Anglais sont-ils là, de toute façon ? ?
Alors qu’ils tuent avec Dieu à leurs côtés
Tout est imputé aux jeunes de l’IRA
Alors que ces salauds commettent un génocide ! Ouais ! Ouais ! Un génocide !
Si vous aviez la chance des Irlandais
Vous regretteriez et souhaiteriez être mort
Vous devriez avoir la chance des Irlandais
Et vous souhaiteriez être anglais à la place !
Oui, vous souhaiteriez être anglais à la place.
»