On croyait la porte refermée, scellée au fond d’une discographie où l’histoire et la douleur se confondent. Et pourtant, Yoko Ono la rouvre : Season of Glass revient cet été pour son 45e anniversaire, en CD augmenté, en digital, et en vinyle — noir, plus un pressage blanc limité, comme un rappel que certains objets ne se collectionnent pas, ils se portent. Derrière l’annonce, il y a un disque impossible à rendre “nostalgique”. Publié sept mois après l’assassinat de John Lennon devant le Dakota Building, Season of Glass n’embaume rien : il expose. Une voix qui craque, des chansons écrites au ras de la plaie, et une pochette devenue preuve — ces lunettes maculées de sang qui empêchent le regard de fuir. Cette réédition promet remaster et bonus (dont Walking on Thin Ice, enfin disponible en streaming, une démo de I Don’t Know Why et un mix Phil Spector de Dogtown), mais l’essentiel est ailleurs : réécouter, en 2026, ce document intime qui refuse la morale et préfère la vérité brute. Pourquoi l’album le plus “classé” de Yoko reste aussi le plus inconfortable ? Parce qu’il ne raconte pas le deuil : il le met en scène, minute après minute. Suivez-nous dans cette traversée.
Le 8 décembre 1980, le monde perd une icône. Yoko Ono, elle, perd un mari, un partenaire, une voix au réveil. Entre les bougies des fans et la porte du Dakota, il y a ce gouffre que personne ne peut partager : la douleur privée, sans légende. Dans les jours qui suivent, elle refuse le spectacle et réclame dix minutes de silence — un vide où chacun dépose « son » Lennon. Puis elle fait ce que peu auraient osé : transformer l’insoutenable en matière artistique. Season of Glass arrive comme une balafre, avec ces lunettes tachées de sang posées sur une table, et des chansons qui rejouent le drame au lieu de l’embellir : No, No, No, I Don’t Know Why, Nobody Sees Me Like You Do, Little Boy Blue… Au fil des titres, la rage, le traumatisme et la solitude deviennent un langage, un cadre pour ne pas se dissoudre. Et derrière la caricature tenace — la « coupable » rêvée de la séparation des Beatles — se révèle une artiste qui reprend la main sur son récit, habite l’absence au Dakota, protège Sean, et laisse l’héritage respirer plutôt que se figer. Ce texte raconte cet après : quand la planète pleure une légende, et qu’une femme, elle, survit à un avenir volé.
Informations sur la chanson Crédits : Yoko Ono Producteur : Yoko Ono, Phil Spector Musiciens ayant participé à l’enregistrement Yoko Ono : chant, harmonies vocales Hugh McCracken : guitare, jew’s harpe Earl Slick : guitare Anthony Davillo : guitare George Small : clavier Anthony Davillo : clavier Tony Levin : basse John Siegler : batterie […]
Informations sur la chanson Crédits : Rosanne Cash Durée : 3:23 Disques incluant cette chanson Ono Box CD / Angleterre Walking on Thin Ice CD / Angleterre












