On aime croire que les rencontres entre légendes produisent des miracles. Le 6 juin 1971, au Fillmore East, John Lennon et Yoko Ono grimpent sur scène avec Frank Zappa : une jam électrique, du chaos organisé, et l’impression que tout peut arriver. Sauf que, derrière les guitares et les cris, se cache une question bien moins romantique : qui possède quoi quand l’improvisation est gravée sur vinyle ? Lorsque le thème “King Kong” de Zappa réapparaît rebaptisé “Jamrag” sur Some Time in New York City, la soirée se change en champ de mines. D’un côté, Lennon, ex-Beatle en quête d’air neuf, prêt à faire de la musique un geste immédiat, politique, presque thérapeutique. De l’autre, Zappa, architecte maniaque de son œuvre, pour qui un accord et une mélodie portent toujours une signature — et donc un crédit. Entre eux, Yoko, troisième force qui transforme le concert en performance et brouille encore les frontières. Comment une “simple” jam devient-elle une affaire de paternité, de pouvoir et de récit ? Retour sur une collision où le rock découvre que la liberté n’abolit pas l’auteur, et que la légende, parfois, finit en procès d’intentions.
Même les fans les plus ardents anti-Beatles ne pourraient nier les talents de compositeur de John Lennon. L’une des – sinon la – voix marquante du 20e siècle, les compositions de Lennon allaient de l’optimisme pop des premiers succès des Beatles à l’introspection profonde de sa carrière solo ultérieure. Au fil des années, il a exploré une variété de thèmes et de styles, mais son lyrisme est toujours resté profond et original. Cependant, l’individualité de certaines chansons de Lennon peut sans doute être remise en question.












