Tomorrow Never Knows : Les Beatles : paroles, traduction, histoire...

Tomorrow Never Knows : The Beatles : paroles, traduction, histoire...

« Tomorrow Never Knows »: Un Chef-d’Œuvre Psychédélique et Expérimental des Beatles

« Tomorrow Never Knows » est une chanson des Beatles écrite principalement par John Lennon, bien que créditée à Lennon-McCartney. Elle figure comme la dernière piste de leur album Revolver, sorti en 1966. « Tomorrow Never Knows » est souvent considérée comme l’une des chansons les plus audacieuses et expérimentales des Beatles, marquée par son approche avant-gardiste, son utilisation intensive des techniques d’enregistrement innovantes, et ses paroles inspirées par le Livre des morts tibétain et les expériences de Lennon avec le LSD. La chanson est un point culminant de l’album Revolver, capturant l’essence de la transition du groupe vers la musique psychédélique.

L’histoire et la genèse de « Tomorrow Never Knows »

« Tomorrow Never Knows » a été écrite par John Lennon en 1966, à un moment où il explorait activement la méditation, les expériences psychédéliques, et la littérature spirituelle. Lennon a été particulièrement influencé par le livre The Psychedelic Experience: A Manual Based on the Tibetan Book of the Dead, écrit par Timothy Leary, Richard Alpert, et Ralph Metzner, qui lui a fourni des instructions sur l’expérience de la mort psychédélique induite par le LSD. Le titre de la chanson, « Tomorrow Never Knows, » a été tiré d’une expression non-sens typique de Ringo Starr, ajoutant une touche d’humour à l’atmosphère mystique de la chanson.

Les paroles de « Tomorrow Never Knows » se concentrent sur le lâcher-prise des attachements matériels et la découverte d’une conscience supérieure, offrant des images d’un voyage intérieur et de la dissolution de l’ego. Des lignes comme « Turn off your mind, relax, and float downstream » capturent l’essence de l’expérience psychédélique et de la quête spirituelle. Contrairement aux chansons d’amour et aux récits plus conventionnels des premiers albums des Beatles, « Tomorrow Never Knows » adopte un ton beaucoup plus expérimental et contemplatif, montrant la volonté du groupe de repousser les frontières de la musique pop et d’explorer de nouvelles dimensions sonores et thématiques.

L’enregistrement et la production

« Tomorrow Never Knows » a été enregistrée par les Beatles lors d’une session unique le 6 avril 1966 aux studios EMI d’Abbey Road à Londres, sous la direction de George Martin. Cet enregistrement est souvent considéré comme l’un des moments les plus innovants de l’histoire du groupe, en grande partie grâce à l’utilisation pionnière des techniques d’enregistrement en studio.

L’une des caractéristiques les plus remarquables de « Tomorrow Never Knows » est son utilisation de boucles de bande (tape loops) et d’effets sonores inversés, créés par Paul McCartney et les autres membres du groupe. Ces boucles de bande ont été utilisées pour produire des sons expérimentaux, tels que des rires inversés, des cris d’oiseaux, et des effets de sitar inversés, qui ajoutent une texture sonore riche et psychédélique à la chanson. Les boucles ont été superposées à la piste principale pour créer une sensation de flux continu et d’immersion totale dans une réalité altérée.

John Lennon prend la voix principale sur « Tomorrow Never Knows, » et sa performance est souvent saluée pour sa puissance et son caractère onirique. Sa voix a été passée à travers un haut-parleur Leslie, normalement utilisé avec les orgues Hammond, pour produire un effet vibrato distinctif qui amplifie la qualité hypnotique de la chanson. Cette technique donne à la voix de Lennon un son éthéré et désincarné, correspondant parfaitement au ton mystique et introspectif de la chanson.

Musicalement, « Tomorrow Never Knows » est construite autour d’un seul accord de do joué sur la guitare et l’orgue, créant une drone continue qui renforce la sensation de méditation et de transe. La basse de Paul McCartney et la batterie de Ringo Starr fournissent un groove hypnotique et répétitif, tandis que George Harrison ajoute des touches de sitar pour compléter l’atmosphère psychédélique.

La publication et la réception

« Tomorrow Never Knows » a été incluse comme la dernière piste de l’album Revolver, sorti le 5 août 1966 au Royaume-Uni et le 8 août 1966 aux États-Unis. Bien que la chanson n’ait pas été publiée en tant que single, elle est rapidement devenue l’une des chansons les plus emblématiques de l’album et un point de référence majeur pour l’émergence de la musique psychédélique. Revolver a été acclamé par la critique pour son innovation musicale et lyrique, marquant une étape clé dans l’évolution des Beatles vers des compositions plus sophistiquées et expérimentales.

Les critiques de l’époque ont salué « Tomorrow Never Knows » pour son approche audacieuse et son interprétation harmonique riche, reconnaissant la capacité des Beatles à repousser les limites de la musique pop et à explorer des thèmes plus introspectifs et philosophiques. La chanson a été reconnue comme un excellent exemple de l’évolution de Lennon en tant que songwriter, montrant sa capacité à capturer des émotions complexes et nuancées dans un format de chanson pop.

La signification et le style de la chanson

« Tomorrow Never Knows » explore des thèmes de perception altérée, de transcendance spirituelle, et de dissolution de l’ego, exprimant un sentiment de libération et de découverte face aux mystères de l’existence. Les paroles, bien que simples, sont efficaces pour transmettre un sentiment de paix intérieure et d’éveil, capturant l’essence de l’expérience psychédélique et de l’exploration spirituelle. Ce thème est renforcé par la mélodie hypnotique et l’utilisation innovante des boucles de bande et des effets sonores inversés, qui ajoutent une dimension de mystère et de contemplation à l’ensemble.

Musicalement, la chanson est notable pour son utilisation de boucles de bande expérimentales, de drones continus, et de motifs rythmiques répétitifs, créant un son riche et engageant qui est à la fois hypnotique et introspectif. L’influence de la musique psychédélique et des pratiques de méditation est évidente dans la structure harmonique de la chanson, mais Lennon et les autres membres des Beatles y ajoutent leur propre sensibilité britannique, créant un morceau unique qui se démarque dans leur catalogue.

Le passage à la postérité

Aujourd’hui, « Tomorrow Never Knows » est largement reconnue comme l’une des chansons les plus importantes et influentes des Beatles et un chef-d’œuvre de la musique psychédélique. Elle est célébrée pour son arrangement harmonique riche, son ambiance mystique, et son utilisation innovante de boucles de bande et d’effets sonores, qui capturent parfaitement l’esprit des Beatles à une époque de transition vers des thèmes plus adultes et plus nuancés.

La chanson continue d’être revisitée par les fans et les musiciens comme un exemple de l’innovation musicale de John Lennon et de sa capacité à capturer des émotions complexes dans un format pop sophistiqué. Elle est également reconnue pour son rôle dans l’évolution musicale du groupe, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux sons et de nouvelles idées tout en restant fidèles à leur style unique.

En conclusion, « Tomorrow Never Knows » est bien plus qu’une simple chanson pop; elle est une démonstration de la croissance des Beatles en tant qu’artistes, capables de capturer l’esprit de la transcendance spirituelle et de l’exploration intérieure tout en explorant des thèmes plus profonds et plus introspectifs. La chanson reste une pièce importante de leur héritage musical, capable de captiver et d’inspirer des générations d’auditeurs avec son émotion sincère, son style harmonique riche, et sa capacité à capturer l’essence de l’éveil spirituel et de la quête de sens.

Information sur la chanson : 

  • Crédits : Lennon / McCartney
  • Durée : 2:58
  • Producteur : George Martin
  • Ingénieur : Geoff Emerick, Phil McDonald

Les paroles de la chanson

Turn off your mind, relax and float down stream
It is not dying, it is not dying

Lay down all thoughts, surrender to the void
It is shining, it is shining

Yet you may see the meaning of within
It is being, it is being

Love is all and Love Is everyone
It is knowing, it is knowing

And ignorance and hate may mourn the dead
It is believing, it is believing

But listen to the color of your Dreams
It is not leaving, it is not leaving

So play the game « Existence » to The End
Of the beginning, of the beginning
Of the beginning, of the beginning
Of the beginning, of the beginning

Of the beginning

La traduction française de la chanson

Éteins ton esprit, détends-toi et laisse-toi dériver
Ce n’est pas mourir, ce n’est pas mourir

Abandonne toutes tes pensées, rends-toi au vide
Il brille, il brille

Pourtant, tu peux voir le sens de l’intérieur
Il est être, il est être

L’amour est tout et l’amour est tout le monde
Il est connaissance, il est connaissance

Et l’ignorance et la haine peuvent pleurer les morts
Il est croyance, il est croyance

Mais écoute la couleur de tes rêves
Il ne s’en va pas, il ne s’en va pas

Alors joue le jeu de « l’Existence » jusqu’à la fin
Du commencement, du commencement
Du commencement, du commencement
Du commencement, du commencement

Du commencement

L’histoire de la chanson

Parce que Tomorrow Never Knows est la dernière sélection de l’album et l’indication la plus évidente de la musique à venir, il pouvait paraître logique de supposer qu’il s’agissait du dernier morceau enregistré pour Revolver ; pourtant, ce fut au contraire le premier ! Les Beatles n’avaient encore jamais rien signé d’aussi étrange et expérimental : John désirait tout simplement donner un aperçu en mots et en musique de son expérience du LSD.

Le texte, adapté et enrichi, a été emprunté au livre de Timothy Leary The Psychedelic Expérience, publié en 1964, lui-même étant une réinterprétation poétique du Livre des morts tibétain. Le livre de Leary avait été envoyé à John par Barry Miles, le responsable d’Indica Books sur Southampton Row. Barry Miles fut l’un des personnages influents de la scène underground londonienne des années soixante, et avait été chargé par les Beatles de leur envoyer régulièrement une sélection de livres, de magazines et de journaux pour qu’ils se tiennent au courant de l’actualité.

Timothy Leary, que l’on surnommait ” le pape du LSD “, avait passé sept mois dans l’Himalaya à étudier le bouddhisme tibétain sous l’enseignement du lama Govinda. The Psychedelic Expérience était le résultat direct de cet apprentissage. ” Je posais des questions au lama Govinda, expliqua Leary, puis je tentais de traduire ses réponses en quelque chose d’utile à mes contemporains. Le Livre des morts est en réalité le livre des mourants, et concerne la mort de l’ego plutôt que celle du corps. Il s’agit d’un classique, c’est la bible du bouddhisme tibétain. Le concept du bouddhisme est le vide et la façon de l’atteindre ; c’est ce que John a saisi dans cette chanson. ”

Le titre de travail de cette chanson était d’ailleurs The Void (Le vide), d’après une citation de Leary, ” Beyond thé restless flowing electricity of life is thé ultimate reality : thé void ” (Derrière le mouvement incessant de l’électricité de la vie se trouve la vérité ultime : le vide). Le titre final est une autre des expressions de Ringo, reprise par John pour que la première impression ne soit pas celle d’un voyage blême dans le néant. La musique s’articule autour de seize bandes en boucle enregistrées par les quatre musiciens, et que l’on fait à volonté apparaître ou disparaître. L’idée fut trouvée par Paul, qui faisait des expériences sur son magnétophone. ” II avait un petit Grundig, explique George Martin, et il s’est aperçu que s’il enlevait la tête d’effacement et qu’il réenregistrait sur la bande en boucle, il pouvait saturer la bande avec un seul bruit. Il le laissait tourner et s’ajouter à lui-même jusqu’à ce que la bande ne puisse plus rien absorber. Il obtint un effet intéressant, alors il nous l’amena et nous la fit écouter. ”

Pour la partie vocale, John voulait chanter comme un chœur de moines tibétains sur le sommet d’une montagne. ” II voulait qu’on entende les mots sans l’entendre lui “, raconte George Martin. L’effet final, qui donne l’impression que John chante depuis le bout d’un long tunnel, a été obtenu en faisant passer le signal de son micro à travers les circuits d’une enceinte Leslie.

Musiciens ayant participé à l’enregistrement

Paul McCartney : basse, mellotron
John Lennon : voix principale, orgue
George Harrison : guitare principale
Ringo Starr : tambourin, batterie
George Martin : piano

L’enregistrement de la chanson

6 Avril 1966 : enregistrement de 3 prises.
7 avril 1966 ; rajout d’overdubs
22 Avril : rajout d’overdubs
Version finale : prise 1 avec overdubs

Les reprises par d’autres artistes  

Phil Manzanera, Phil Collins, Monsoon, Chameleons, Violeta de Outono, Marshmallow , Yukihiro Takahashi, Tater Totz, Mission UK, Jad Fair/Daniel Johnston, Danielle Dax, AWitness, Trouble, Our Lady Peace, Venus, Steve Marcus, Jimi Hendrix, Don Randi

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