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Le All-Starr Band de Ringo Starr : l’histoire complète d’un groupe qui dure depuis trente-sept ans — formations, tournées, albums et critique

All-Starr Band de Ringo Starr : formations, tournées et albums

En bref

  • Le All-Starr Band naît en 1989 d’une double impasse : Ringo Starr sort d’une cure de désintoxication, n’a plus de contrat discographique depuis 1983 et n’a jamais mené de tournée sous son nom.
  • Le concept est celui du producteur de tournées David Fishof : entourer Starr de musiciens qui possèdent chacun leurs propres tubes, afin que personne n’ait à porter le spectacle seul.
  • Première date le 23 juillet 1989 au Park Central Amphitheatre de Dallas, avec Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons et Jim Keltner.
  • Depuis, seize à dix-sept éditions selon les décomptes, plus d’un millier de concerts, et une formule restée rigoureusement identique pendant trente-sept ans.
  • Huit albums live et une poignée de vidéos documentent l’aventure, dont le premier disque live officiel de Starr en 1990 et un enregistrement du festival de Montreux de juillet 1992.
  • La formation tourne encore : dates de printemps en mai-juin 2026, puis dix concerts américains du 24 septembre au 7 octobre 2026, dans le sillage de Long Long Road, second album de Starr produit par T Bone Burnett, paru le 24 avril 2026.
  • Neuf correctifs factuels rectifient les erreurs les plus répandues : la numérotation instable des éditions, la date réelle de l’album dit du “troisième All-Starr Band”, et l’idée fausse selon laquelle le premier disque aurait été un succès commercial.

Il faut une certaine audace pour monter un groupe dont le principe avoué est que le chef d’orchestre n’est pas la vedette. C’est pourtant exactement ce que Ringo Starr a fait en 1989, et c’est la raison pour laquelle le All-Starr Band dure depuis trente-sept ans alors que la quasi-totalité des projets comparables — tournées “package”, revues nostalgiques, supergroupes de circonstance — se sont effondrés au bout de deux étés.

Le sujet est piégé, parce qu’il attire deux traitements également paresseux. Le premier consiste à s’attendrir : le gentil Ringo, ses copains, la paix et l’amour, quelle belle histoire. Le second consiste à ricaner : un karaoké de luxe, une machine à cachets, un musée itinérant du rock classique. Les deux lectures sont partiellement vraies et intégralement insuffisantes, parce qu’elles ne regardent pas ce qui s’est réellement passé : un batteur de soixante ans d’expérience a inventé un format économique et scénique que personne n’avait tenté, l’a industrialisé, et l’a fait tenir plus longtemps que la carrière des Beatles multipliée par quatre.

Ce dossier reprend donc l’affaire dans l’ordre : d’où vient l’idée, qui a joué et quand, ce que les disques ont enregistré, ce que la critique en a dit, et ce que cette longévité révèle du personnage.

Genèse : un Beatle sans contrat et un producteur avec une idée (1988-1989)

Le fond du trou

Pour comprendre le All-Starr Band, il faut mesurer l’endroit d’où Ringo Starr est parti. Au milieu des années 1980, sa situation professionnelle est, objectivement, la plus mauvaise des quatre ex-Beatles.

Son dernier album studio, Old Wave, date de 1983 et n’a même pas trouvé de distributeur au Royaume-Uni ni aux États-Unis. Il n’a plus de contrat discographique. Ses classements américains se sont arrêtés au milieu des années 1970, après une séquence — Ringo en 1973, Goodnight Vienna en 1974 — où il avait pourtant été, pendant deux ans, le plus commercialement performant des quatre. Sa notoriété grand public tient alors davantage à sa narration de la série pour enfants Thomas the Tank Engine qu’à sa musique.

Et surtout, il boit. Starr et son épouse Barbara Bach entrent en cure de désintoxication en octobre 1988. C’est le point bas absolu, et c’est aussi le point de bascule : la sobriété lui rend une capacité de travail dont il n’avait plus l’usage depuis une décennie.

Le dernier élément du tableau est le plus étonnant quand on y pense : à quarante-neuf ans, Ringo Starr n’a jamais mené de tournée sous son propre nom. Il a tourné le monde avec les Beatles jusqu’en août 1966, il a participé à des concerts ponctuels — le Concert for Bangladesh en 1971, les séances de sessions pour ses amis — mais il n’a jamais été la tête d’affiche d’une tournée. Il n’a pas non plus de groupe.

David Fishof et la mécanique du “package”

L’idée ne vient pas de lui. Elle vient de David Fishof, producteur de tournées américain qui s’est fait une spécialité d’un format précis : rassembler plusieurs artistes à succès du passé sur une même affiche, de manière à ce que l’addition des notoriétés remplisse des salles qu’aucun d’eux ne remplirait seul. Il a notamment monté la tournée Happy Together, qui réunissait des groupes des années 1960, et une tournée dérivée du film Dirty Dancing.

Fishof raconte l’origine de l’affaire sans détour : “À ce moment-là, il ne faisait absolument rien — Barbara et lui sortaient de cure et cherchaient quelque chose à faire.” La proposition est donc arrivée au moment exact où elle pouvait être acceptée. Six mois plus tôt, Starr n’aurait pas été en état ; six mois plus tard, la fenêtre se serait peut-être refermée.

Le principe : un juke-box à plusieurs têtes

L’intuition de Fishof, appliquée à Starr, produit quelque chose de plus retors qu’une simple tournée collective. Dans un “package” classique, les artistes se succèdent : chacun fait son set, on change le plateau, l’artiste suivant entre. Le All-Starr Band fait l’inverse : tout le monde reste sur scène en permanence et joue pour les autres.

Les conséquences de ce choix sont considérables.

D’abord, cela résout le problème de Ringo Starr. Il ne peut pas tenir deux heures de concert sur son seul répertoire : il possède un nombre limité de chansons que le public connaît vraiment, et sa voix ne supporte pas une soirée entière en première ligne. En répartissant la charge, on obtient un spectacle plein sans jamais l’exposer au-delà de ses moyens.

Ensuite, cela résout le problème des invités. Un guitariste de soixante ans qui a eu deux tubes en 1974 ne remplit plus d’amphithéâtre sous son nom ; adossé à un Beatle, il joue devant des milliers de personnes, tous frais payés, sans porter le risque commercial.

Enfin — et c’est le point que les critiques manquent le plus souvent — cela produit un objet scénique réellement inhabituel : un groupe où chaque membre est alternativement soliste et accompagnateur, et où le chef est le plus souvent assis derrière les fûts, au fond, à accompagner les autres. Starr a formulé la chose d’une phrase qui résume trente-sept ans de carrière : “Je jouerai avec n’importe quel autre musicien toute la nuit, mais je ne peux pas le faire tout seul.”

Correctif factuel n° 1 — Ce n’est pas un supergroupe, et ce n’est pas une idée de Ringo Starr

Deux approximations circulent. La première appelle le All-Starr Band un “supergroupe”, terme qui désigne normalement une formation stable réunissant des musiciens issus de groupes célèbres pour créer une œuvre commune — Cream, Blind Faith, les Traveling Wilburys. Le All-Starr Band ne crée quasiment rien : c’est une formation de tournée à personnel tournant, qui interprète des catalogues préexistants. La seconde attribue le concept à Ringo Starr lui-même. Il est le nom, le patron et le batteur, mais la mécanique du plateau collectif à notoriétés cumulées est celle du producteur David Fishof, qui l’avait déjà éprouvée sur d’autres tournées avant de la lui proposer.

1989 : la première édition, celle qui restera la plus prestigieuse

Le personnel

Aucune des éditions ultérieures n’atteindra la densité de la première. Le recrutement de 1989 relève moins du casting commercial que de la constitution d’une équipe de musiciens que Starr connaît, respecte ou admire, et qui se trouvent tous, à des degrés divers, disponibles.

  • Joe Walsh — guitare, piano, chant. Membre des Eagles et de la James Gang, auteur de Rocky Mountain Way et Life’s Been Good. Il deviendra une figure récurrente des premières éditions. Il est aussi, par alliance ultérieure, apparenté à Starr.
  • Nils Lofgren — guitare, accordéon, chant. Guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen, ancien de Grin, collaborateur de Neil Young.
  • Dr. John — piano, chant. Mac Rebennack, patriarche du rhythm and blues de La Nouvelle-Orléans, auteur de Right Place Wrong Time.
  • Billy Preston — claviers, mélodica, chant. Le cinquième Beatle officieux, seul musicien jamais crédité sur la face d’un single des Beatles (Get Back, 1969), auteur de Will It Go Round in Circles et de Nothing from Nothing.
  • Rick Danko — basse, guitare, chant. Bassiste et chanteur de The Band.
  • Levon Helm — batterie, mandoline, harmonica, chant. Batteur-chanteur de The Band, voix de The Weight et de The Night They Drove Old Dixie Down.
  • Clarence Clemons — saxophone, chant. Le Big Man du E Street Band.
  • Jim Keltner — batterie. Le batteur de séance le plus sollicité de la côte Ouest, et l’un des rares hommes à avoir joué sur des disques solos de trois Beatles différents.

Le détail qui saute aux yeux, et qui n’a jamais été reproduit à cette échelle : la formation compte trois batteurs. Starr, Helm et Keltner. Deux d’entre eux sont également des chanteurs de premier plan. C’est une configuration qui n’a de sens que dans ce format précis, où le batteur principal quitte régulièrement son tabouret pour venir chanter au centre du plateau et doit être remplacé sans interruption.

Dallas, 23 juillet 1989

Le premier concert a lieu le dimanche 23 juillet 1989 au Park Central Amphitheatre de Dallas, au Texas. Le programme est fleuve : une trentaine de titres, alternant les chansons de Starr — It Don’t Come Easy, Photograph, No No Song —, les titres des Beatles qu’il chantait (Yellow Submarine, Boys, With a Little Help from My Friends) et le répertoire de chacun des invités.

La tournée nord-américaine compte une trentaine de dates jusqu’en septembre, suivies de sept concerts au Japon en octobre et novembre. Pour un homme qui n’avait jamais dirigé de tournée, c’est un baptême par immersion complète.

Une anecdote de mise en route circule depuis, rapportée par Fishof : inquiet de voir neuf ego cohabiter, il craignait les conflits ; les musiciens, ayant repéré son angoisse, lui ont monté une fausse dispute pour le faire paniquer. La plaisanterie dit l’essentiel — le groupe s’est entendu presque immédiatement, ce qui n’allait pas de soi.

Correctif factuel n° 2 — “Ringo Starr n’avait jamais joué en concert depuis 1966” est faux

La formule traîne dans beaucoup de présentations de la tournée de 1989. Elle confond deux choses. Ce qui est exact : Starr n’avait jamais dirigé de tournée sous son propre nom avant juillet 1989, et il n’avait plus fait de tournée du tout depuis la dernière des Beatles, en août 1966. Ce qui est inexact : prétendre qu’il n’était pas monté sur scène entre-temps. Il avait notamment participé au Concert for Bangladesh organisé par George Harrison au Madison Square Garden le 1er août 1971, ainsi qu’à diverses apparitions ponctuelles. La nouveauté de 1989 n’est pas le fait de jouer en public, c’est le fait de porter une affiche.

La forme du concert, fixée dès la première soirée

Ce qui frappe, en examinant les programmes de 1989 puis ceux de 2026, c’est que l’architecture n’a pratiquement pas bougé en trente-sept ans. Elle se décompose ainsi :

  • Starr ouvre lui-même, debout, micro en main, généralement sur un titre rapide et immédiatement identifiable.
  • Il enchaîne deux ou trois de ses propres chansons, puis présente ses musiciens.
  • Chaque All-Starr prend le devant de la scène pour deux ou trois titres — ses succès, pas ses raretés. Pendant ce temps, Starr retourne s’asseoir à la batterie et accompagne.
  • Starr revient périodiquement, le plus souvent debout, pour ponctuer la soirée de ses propres morceaux.
  • Le concert se clôt sur With a Little Help from My Friends, chanté par tout le monde, suivi d’une reprise collective — le plus souvent Give Peace a Chance.

Le total tourne autour de dix à douze titres pour Starr et de deux à trois titres par invité. Ce dosage est la véritable invention du format : il garantit qu’aucun spectateur ne reste plus de dix minutes sans entendre une chanson qu’il connaît, et il évite que le Beatle soit exposé plus que sa voix ne le supporte.

L’album de 1990 : premier disque live officiel de Ringo Starr

Les concerts des 3 et 4 septembre 1989 au Greek Theatre de Los Angeles sont enregistrés et donnent l’album Ringo Starr and His All-Starr Band, publié le 8 octobre 1990 au Royaume-Uni chez EMI et le 12 octobre 1990 aux États-Unis chez Rykodisc.

Le disque a une valeur documentaire considérable, pour deux raisons. D’abord, c’est le premier album live officiel de toute la carrière de Ringo Starr — ni les Beatles ni ses années solo n’en avaient produit un sous son nom. Ensuite, c’est son premier disque depuis Old Wave en 1983, soit une interruption de sept ans.

Garth Hudson, l’organiste de The Band, et Zak Starkey, le fils de Starr, apparaissent en invités sur les enregistrements. Une édition américaine de luxe ajoutait un CD single de titres complémentaires, dont une version de Rocky Mountain Way de Joe Walsh.

Correctif factuel n° 3 — Le premier album du All-Starr Band n’a pas été un succès

On présente souvent le disque de 1990 comme le disque de la résurrection commerciale de Ringo Starr. Ce n’est pas ce que disent les chiffres : l’album ne s’est classé nulle part et a fini par être retiré du catalogue. La résurrection de Starr a été scénique, pas discographique — il a rempli des salles, pas des bacs. C’est d’ailleurs une constante de toute l’aventure : les albums du All-Starr Band sont des souvenirs de concert destinés au public des concerts, pas des objets de conquête commerciale. Le seul à s’être correctement classé aux États-Unis est Live at the Greek Theatre (2010), et encore, à la trente-cinquième place.

1992 : Montreux, Zak Starkey et le dernier concert de Harry Nilsson

La deuxième édition

Après une interruption de deux ans, Starr remonte une formation en 1992, cette fois pour une tournée qui couvre l’Amérique du Nord et l’Europe de juin à septembre — sa première tournée européenne depuis la séparation des Beatles.

Le personnel change presque entièrement, à deux exceptions près :

  • Joe Walsh et Nils Lofgren — les deux seuls rescapés de 1989.
  • Todd Rundgren — guitare, claviers, batterie, chant. Auteur-producteur touche-à-tout, futur pilier de plusieurs éditions.
  • Dave Edmunds — guitare, chant. Vétéran du rock and roll gallois, de Rockpile.
  • Burton Cummings — claviers, guitare, harmonica, chant. Voix de The Guess Who, donc de American Woman et de These Eyes.
  • Timothy B. Schmit — basse, chant. Bassiste des Eagles et de Poco.
  • Timmy Cappello — saxophone, claviers, percussions.
  • Zak Starkey — batterie.

Le fils derrière les fûts

L’arrivée de Zak Starkey mérite qu’on s’y arrête. Le fils aîné de Ringo Starr, né en 1965, est batteur professionnel — il deviendra celui des Who à partir de 1996. Sa présence dans le groupe de son père en 1992, à vingt-six ans, puis de nouveau en 1995, installe une configuration singulière : le fils tient la batterie pendant que le père chante devant, et les deux jouent ensemble quand la chanson le demande.

Ce n’est pas anecdotique dans l’économie du spectacle. Le All-Starr Band a toujours eu besoin d’un second batteur, pour la raison mécanique évoquée plus haut ; ce poste a été tenu successivement par Jim Keltner (1989), Zak Starkey (1992, 1995), Simon Kirke de Free et Bad Company (1997-2000), Sheila E. (années 2000) et, depuis 2008, par Gregg Bissonette, devenu le membre le plus constant de toute l’histoire du groupe après Starr lui-même.

Montreux, 13 juillet 1992

Le concert du 13 juillet 1992 au festival de jazz de Montreux, en Suisse, est enregistré et publié le 14 septembre 1993 chez Rykodisc sous le titre Ringo Starr and His All Starr Band Volume 2: Live from Montreux. Quinze titres, soixante-cinq minutes, mêlant le répertoire Beatles de Starr, ses chansons récentes et les interventions de chaque invité.

La réception est, une fois de plus, partagée : AllMusic et l’Encyclopedia of Popular Music se montrent favorables, quand The Essential Rock Discography lui accorde 5 sur 10 et que le MusicHound se montre franchement dédaigneux. Le disque disparaîtra lui aussi des catalogues à la fin des années 1990.

Harry Nilsson, une dernière fois

La tournée de 1992 accueille plusieurs invités de passage — Stevie Nicks, Bonnie Raitt — mais l’un d’eux donne à cette édition une valeur historique particulière : Harry Nilsson, vieux complice de Starr depuis les années 1970, monte sur scène pour interpréter Without You avec Todd Rundgren. Ce sera sa dernière apparition publique en concert. Nilsson meurt en janvier 1994.

Le All-Starr Band accumulera, au fil des décennies, ce genre de moments : il est devenu, sans l’avoir cherché, un lieu de dernières fois.

1995-2001 : la formule se fixe, les noms tournent

1995 : la troisième édition

La formation de 1995 change de registre. Elle tourne au Japon puis en Amérique du Nord et se compose de :

  • Randy Bachman — guitare, chant (The Guess Who, Bachman-Turner Overdrive).
  • Mark Farner — guitare, chant (Grand Funk Railroad).
  • Felix Cavaliere — orgue, chant (The Rascals).
  • John Entwistle — basse (The Who).
  • Mark Rivera — saxophone et multi-instruments, futur directeur musical de plusieurs éditions.
  • Zak Starkey — batterie.

Le recrutement d’Entwistle est le plus spectaculaire du lot : le bassiste des Who, l’un des trois ou quatre instrumentistes les plus influents de son instrument, accepte un rôle d’accompagnateur sur une tournée de reprises. Le fils de Ringo Starr le remplacera de fait, quelques mois plus tard, dans le groupe même d’Entwistle — Zak Starkey devient batteur des Who en 1996.

Correctif factuel n° 4 — L’album du “troisième All-Starr Band” ne date pas de la tournée qu’on croit

Le disque intitulé Ringo Starr and His Third All-Starr Band-Volume 1 est paru en 1997. Beaucoup de discographies en déduisent qu’il documente la tournée de 1997. C’est faux : il enregistre la troisième édition, celle de 1995 — Bachman, Farner, Cavaliere, Entwistle, Rivera, Zak Starkey. Le décalage de deux ans entre la captation et la publication a produit une confusion durable, entretenue par le fait qu’une quatrième formation, entièrement différente, tournait au moment de la sortie du disque.

1997-1998 : la quatrième édition, la plus britannique

La formation de 1997 est la plus européenne de toute l’histoire du groupe :

  • Peter Frampton — guitare, chant (Humble Pie, Frampton Comes Alive!).
  • Jack Bruce — basse, chant (Cream).
  • Gary Brooker — chant, claviers (Procol Harum, A Whiter Shade of Pale).
  • Simon Kirke — batterie (Free, Bad Company).
  • Mark Rivera — saxophone et multi-instruments.

Cette édition tourne également en 1998 et emmène Starr dans un territoire inédit : selon plusieurs relevés, il devient cette année-là le premier ex-Beatle à se produire en Russie.

Correctif factuel n° 5 — La mention “premier ex-Beatle à jouer en Russie” demande des pincettes

L’affirmation circule dans plusieurs relevés encyclopédiques à propos de la tournée de 1998, et elle est reprise telle quelle par de nombreux articles. Elle est plausible — Paul McCartney n’a donné son concert de la place Rouge qu’en 2003 — mais elle repose sur des sources secondaires qui ne précisent ni la ville ni la date exacte, et le mot “Russie” recouvre des réalités différentes selon qu’on parle de l’URSS d’avant 1991 ou de la Fédération de Russie. À manier comme une indication, pas comme un record homologué.

1999, 2000, 2001 : les recompositions

La cinquième édition (1999) conserve le noyau britannique — Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke — et y ajoute le retour de Todd Rundgren et le saxophoniste Timmy Cappello.

La sixième (2000) associe Jack Bruce et Simon Kirke au retour de Dave Edmunds, à Mark Rivera et à Eric Carmen, l’auteur des Raspberries et de All by Myself.

La septième (2001) opère un virage générationnel net, en allant chercher des succès des années 1970 et 1980 plutôt que des années 1960 :

  • Ian Hunter — guitare, chant (Mott the Hoople, All the Young Dudes).
  • Roger Hodgson — claviers, guitare, chant (Supertramp).
  • Howard Jones — claviers, chant (pop synthétique britannique des années 1980).
  • Greg Lake — basse, guitare acoustique, chant (King Crimson, Emerson, Lake & Palmer).
  • Sheila E. — percussions, batterie, chant (Prince).

L’arrivée de Sheila E. mérite d’être signalée : première femme du groupe, elle est aussi une batteuse de très haut niveau, ce qui règle élégamment la question du second batteur tout en apportant une couleur percussive absente des éditions précédentes. Elle reviendra en 2003 et en 2006.

La tournée de 2001 est enregistrée pour la série radiophonique américaine King Biscuit Flower Hour et publiée en 2002 sous le titre King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band.

2003-2011 : la stabilisation d’une entreprise

2003 : la huitième édition

La formation de 2003 est l’une des plus cohérentes musicalement, parce qu’elle réunit des chanteurs plutôt que des virtuoses :

  • Colin Hay — chant, guitare (Men at Work, Down Under, Who Can It Be Now?). Il deviendra, à partir de 2018, l’un des piliers absolus du groupe.
  • Paul Carrack — claviers, chant (Ace, Squeeze, Mike + The Mechanics, voix de How Long).
  • John Waite — basse, guitare, chant (The Babys, Bad English, Missing You).
  • Sheila E. — percussions, batterie.
  • Mark Rivera — saxophone et multi-instruments.

La tournée donne l’album Tour 2003, publié en 2004 chez CNR Records, ainsi qu’une captation vidéo.

2006 : la neuvième édition

Deux nouveaux venus vont durer. La formation de 2006 aligne :

  • Billy Squier — guitare, basse, chant (The Stroke, Everybody Wants You).
  • Richard Marx — guitare, claviers, chant (Right Here Waiting).
  • Rod Argent — orgue, claviers, chant (The Zombies, Argent).
  • Hamish Stuart — basse, guitare, chant (Average White Band ; il avait été le bassiste et guitariste de la formation de Paul McCartney entre 1989 et 1993).
  • Edgar Winter — claviers, saxophone, chant (Frankenstein, Free Ride).
  • Sheila E. — percussions.

Hamish Stuart et Edgar Winter deviendront des membres au long cours. Le premier est toujours là en 2026. Le recrutement de Stuart a par ailleurs une saveur particulière pour les amateurs : il avait passé quatre ans à jouer Let It Be et Hey Jude derrière McCartney avant de rejoindre le groupe du batteur des mêmes chansons.

Cette édition donne Ringo Starr & His All Starr Band Live 2006, publié en 2008 chez Koch Records.

2008 : Gregg Bissonette entre en scène

La dixième édition réunit Colin Hay, Billy Squier, Edgar Winter, Hamish Stuart, Gary Wright (l’auteur de Dream Weaver, également claviériste sur All Things Must Pass de George Harrison) et, surtout, Gregg Bissonette à la batterie.

Bissonette est le recrutement le plus structurant depuis 1989. Batteur de session au parcours éclectique — David Lee Roth, Joe Satriani, Maynard Ferguson —, il occupe depuis dix-huit ans le poste de second batteur, ce qui fait de lui, de très loin, le All-Starr le plus durable. Sa fonction est technique autant que musicale : c’est lui qui assure la continuité rythmique chaque fois que Starr quitte son tabouret, et c’est cette fiabilité qui permet au format de tenir.

Les concerts au Greek Theatre de Los Angeles de cette période donneront Live at the Greek Theatre (2010), seul album du groupe correctement classé aux États-Unis — trente-cinquième —, et une vidéo qui atteindra la seizième place des classements de son format.

2010-2011 : la formation des vétérans

Les onzième et douzième éditions partagent le même personnel :

  • Rick Derringer — guitare, chant (Rock and Roll, Hoochie Koo, Hang On Sloopy avec les McCoys).
  • Wally Palmar — guitare, harmonica, chant (The Romantics).
  • Richard Page — basse, chant (Mr. Mister, Broken Wings, Kyrie).
  • Gary Wright — claviers, chant.
  • Edgar Winter — claviers, saxophone.
  • Gregg Bissonette — batterie.

C’est la période où le groupe trouve son équilibre définitif : six musiciens plus Starr, tous polyvalents, capables de couvrir l’ensemble des besoins d’un répertoire allant de 1962 à 1988 sans additionner les instrumentistes.

2012-2026 : le noyau dur et la longue stabilité

Février 2012 : la treizième formation

L’annonce de février 2012 est un tournant. Le groupe présenté à la presse doit tourner du 14 juin au 21 juillet 2012, du casino Fallsview de Niagara Falls jusqu’au Greek Theatre de Los Angeles, soit vingt-quatre dates annoncées au départ. Le personnel :

  • Steve Lukather — guitare, chant (Toto). Nouveau venu.
  • Gregg Rolie — claviers, chant (Santana, puis Journey). Nouveau venu.
  • Todd Rundgren — guitare, chant. Retour.
  • Richard Page — basse, chant.
  • Mark Rivera — saxophone et multi-instruments.
  • Gregg Bissonette — batterie.

Cette formation, avec des ajustements — Warren Ham prend progressivement en charge les vents, saxophone, flûte, harmonica et claviers —, va durer jusqu’en 2017, soit la plus longue période de stabilité de toute l’histoire du groupe. Le 7 juillet 2012, jour de son soixante-douzième anniversaire, Starr joue au Ryman Auditorium de Nashville ; la captation d’une soirée dans cette salle donnera Ringo at the Ryman (2013), dont la vidéo atteindra la quinzième place.

Correctif factuel n° 6 — La numérotation des éditions n’est pas fiable

C’est le piège principal de tout article sur le sujet, et il faut le poser franchement : les sources ne s’accordent pas sur le numéro de chaque formation. Le communiqué officiel de février 2012 annonce le “13e All Starr Band” ; certaines encyclopédies en ligne comptent différemment, en intercalant par exemple une édition supplémentaire en 1990, ou en fusionnant les années 2010 et 2011 en une seule. Les décomptes courants aboutissent selon les cas à seize ou dix-sept éditions à ce jour. La raison en est structurelle : il n’existe pas de règle stable disant si un changement d’un seul musicien, ou une reprise de tournée l’année suivante avec le même personnel, fonde une nouvelle édition. La seule méthode robuste consiste à raisonner en années et en personnels, pas en numéros d’ordre — c’est le parti pris du tableau ci-dessous.

2018-2019 : la recomposition

En 2018, Colin Hay revient après quinze ans d’absence, accompagné de Graham Gouldman, bassiste-chanteur et principal auteur de 10cc, dont le catalogue de compositeur pour d’autres — pour les Yardbirds et les Hollies notamment — remonte directement aux années Beatles. Gregg Rolie, Steve Lukather, Warren Ham et Gregg Bissonette complètent la formation.

En 2019, Hamish Stuart remplace Gouldman à la basse. Les concerts du Greek Theatre de Los Angeles cette année-là seront publiés en 2022 sous le titre Live at the Greek Theatre 2019.

La parenthèse forcée

Les tournées de 2020 et 2021 sont annulées pour cause de pandémie. C’est la plus longue interruption du groupe depuis sa création — plus longue encore que les deux années de silence entre 1989 et 1992. Elle intervient au moment où Starr approche des quatre-vingts ans, ce qui a fait écrire à beaucoup que l’aventure était terminée.

2022-2026 : Buck Johnson et la formation actuelle

Elle ne l’était pas. Le groupe reprend la route en 2022 avec Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Edgar Winter, Warren Ham et Gregg Bissonette. Fin 2024, Buck Johnson — claviériste et choriste, également membre de la formation de scène d’Aerosmith — remplace Edgar Winter.

La formation de 2026 est donc la suivante :

  • Ringo Starr — chant, batterie.
  • Steve Lukather — guitare, chant.
  • Colin Hay — guitare, chant.
  • Hamish Stuart — basse, chant.
  • Warren Ham — saxophone, flûte, harmonica, claviers, chant.
  • Buck Johnson — claviers, chant.
  • Gregg Bissonette — batterie.

Le calendrier 2026 comporte deux séries. Une série de printemps, du 28 mai au 14 juin, entamée au Pechanga Resort Casino de Temecula en Californie et refermée au Greek Theatre de Los Angeles, avec des étapes à San Diego, Prescott, Salt Lake City, Tucson, Lincoln, Paso Robles, Albuquerque, Denver, San Jose et Phoenix. Puis une série d’automne de dix concerts, du 24 septembre au 7 octobre 2026 : State Theater d’Easton, Bethel Woods, PNC Bank Arts Center de Holmdel, The Anthem à Washington, MGM Music Hall at Fenway à Boston, Forest Hills Stadium dans le Queens, Cross Insurance Arena de Portland, Toyota Oakdale Theater de Wallingford, American Music Theatre de Lancaster et Palace Theatre d’Albany.

Le commentaire de Starr à l’annonce du printemps tient en une ligne, et elle est parfaitement dans le personnage : “Je suis heureux de repartir en tournée au printemps. On se voit tous en juin. Peace and love.” Pour l’automne : “J’attends vraiment ces concerts d’automne avec impatience. On se voit en septembre — peace and love, Ringo.”

Ces dates accompagnent la sortie de Long Long Road, deuxième album de Starr produit par T Bone Burnett après Look Up, paru le 24 avril 2026 — un disque de country assumé, enregistré par un homme de quatre-vingt-six ans qui n’a pas ralenti son rythme de publication depuis vingt ans.

Tableau récapitulatif des formations

Années Musiciens (hors Ringo Starr) Fait marquant
1989 Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons, Jim Keltner Fondation ; trois batteurs ; premier concert le 23 juillet à Dallas
1992 Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Timmy Cappello, Zak Starkey Première tournée européenne depuis les Beatles ; Montreux ; dernier concert de Harry Nilsson
1995 Randy Bachman, Mark Farner, Felix Cavaliere, John Entwistle, Mark Rivera, Zak Starkey Entwistle des Who à la basse ; album publié seulement en 1997
1997-1998 Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke, Mark Rivera L’édition la plus britannique ; premier ex-Beatle à jouer en Russie
1999 Todd Rundgren, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke, Timmy Cappello Continuité du noyau britannique
2000 Eric Carmen, Dave Edmunds, Jack Bruce, Simon Kirke, Mark Rivera Arrivée d’Eric Carmen
2001 Ian Hunter, Roger Hodgson, Howard Jones, Greg Lake, Sheila E. Virage vers les années 1970-1980 ; première femme du groupe ; album King Biscuit
2003 Colin Hay, Paul Carrack, John Waite, Sheila E., Mark Rivera Édition de chanteurs ; album Tour 2003
2006 Billy Squier, Richard Marx, Rod Argent, Hamish Stuart, Edgar Winter, Sheila E. Arrivée de Hamish Stuart, ancien de la formation de McCartney
2008 Colin Hay, Billy Squier, Edgar Winter, Hamish Stuart, Gary Wright, Gregg Bissonette Arrivée de Gregg Bissonette, toujours en poste dix-huit ans plus tard
2010-2011 Rick Derringer, Wally Palmar, Richard Page, Gary Wright, Edgar Winter, Gregg Bissonette Format à six musiciens, désormais fixe
2012-2017 Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page, Mark Rivera puis Warren Ham, Gregg Bissonette Plus longue période de stabilité ; Ringo at the Ryman
2018-2019 Steve Lukather, Colin Hay, Gregg Rolie, Graham Gouldman (2018) puis Hamish Stuart (2019), Warren Ham, Gregg Bissonette Retour de Colin Hay ; captation du Greek Theatre 2019
2020-2021 Tournées annulées (pandémie)
2022-2023 Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Edgar Winter, Warren Ham, Gregg Bissonette Reprise après la pandémie
2024-2026 Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson, Gregg Bissonette Buck Johnson remplace Edgar Winter ; tournées de printemps et d’automne 2026

La discographie du All-Starr Band

Les albums live

Titre Parution Enregistrement Label / classement
Ringo Starr and His All-Starr Band 8 oct. 1990 (UK) / 12 oct. 1990 (US) Greek Theatre, Los Angeles, 3-4 sept. 1989 EMI / Rykodisc — non classé
Volume 2: Live from Montreux 14 sept. 1993 Montreux Jazz Festival, 13 juil. 1992 Rykodisc — non classé
Ringo Starr and His Third All-Starr Band-Volume 1 1997 Tournée de 1995 Grey Scale — non classé
King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band 2002 Tournée de 2001 King Biscuit — non classé
Tour 2003 2004 Tournée de 2003 CNR Records — non classé
Ringo Starr & His All Starr Band Live 2006 2008 Tournée de 2006 Koch Records — non classé
Live at the Greek Theatre 2010 Greek Theatre, Los Angeles, 2008 UMe — 35e aux États-Unis
Live at the Greek Theatre 2019 2022 Greek Theatre, Los Angeles, 2019 — non classé

S’y ajoutent des compilations, dont un coffret rétrospectif publié en 2001 sous le titre The Anthology… So Far, qui rassemble des enregistrements de plusieurs éditions.

Les vidéos

Le versant vidéo a mieux fonctionné que le versant audio, ce qui est logique : le All-Starr Band est un spectacle avant d’être un disque, et le plaisir de voir Joe Walsh, Todd Rundgren ou Sheila E. se passer le micro ne se transmet qu’à l’image. Les deux meilleurs résultats commerciaux sont Live at the Greek Theatre 2008, seizième de son classement, et Ringo at the Ryman (2013), quinzième.

Une seule chanson originale en trente-sept ans

Le fait le plus révélateur de toute la discographie est une absence. En trente-sept ans d’existence et plus d’un millier de concerts, le All-Starr Band n’a produit qu’une seule composition originale : Island in the Sun, écrite en 2015 collectivement par Starr et les membres de l’édition de l’époque, et publiée sur l’album solo Postcards from Paradise.

Ce n’est pas un oubli, c’est la définition même du projet. Le All-Starr Band n’a jamais eu vocation à créer ; il a vocation à rejouer. C’est ce qui le distingue radicalement d’un supergroupe, et c’est aussi ce qui fournit à ses détracteurs leur argument le plus solide.

Correctif factuel n° 7 — Les albums du All-Starr Band ne sont pas des albums de Ringo Starr

Les catalogues de vente et certains sites francophones intègrent les huit disques live du All-Starr Band à la discographie solo de Ringo Starr, ce qui produit des décomptes fantaisistes du type “Ringo Starr a publié vingt-cinq albums”. Il faut distinguer trois objets : les albums studio solo de Starr, sous son seul nom ; les albums live du All-Starr Band, crédités au groupe ; et les compilations. Par ailleurs, Island in the Sun, seule création du groupe, figure sur un album solo de Starr, Postcards from Paradise (2015), et non sur un disque du All-Starr Band.

Anatomie d’un concert All-Starr

La dramaturgie du plateau

Un concert du All-Starr Band se regarde comme une mécanique, et cette mécanique est plus fine qu’elle n’en a l’air.

Le premier principe est celui de la présence permanente. Personne ne quitte la scène. Quand Colin Hay chante Down Under, Steve Lukather joue la guitare rythmique, Hamish Stuart tient la basse, Ringo Starr est à la batterie. Quand Starr revient devant pour Photograph, Gregg Bissonette prend le relais aux fûts et Warren Ham se déplace vers les vents. Le résultat visuel est celui d’un groupe, pas d’une revue.

Le deuxième principe est celui du tube obligatoire. Chaque All-Starr joue ce que le public connaît de lui, et rien d’autre. Ce n’est pas négociable, et c’est une contrainte redoutable pour des musiciens habitués à défendre leur production récente. Roger Hodgson n’est pas venu chanter ses inédits, il est venu chanter Supertramp. Greg Lake n’a pas joué ses albums solos, il a joué Lucky Man. Le contrat est clair et il est le même pour tout le monde — y compris pour Starr, qui ne défend jamais sur scène plus d’un ou deux titres de son album en cours.

Le troisième principe est celui de la densité de reconnaissance. Le dosage — dix à douze titres pour le patron, deux ou trois par invité — garantit qu’un spectateur ordinaire, qui ne connaît ni les Raspberries ni Mott the Hoople, entend malgré tout une chanson familière toutes les six à huit minutes. C’est une ingénierie de programmation, pas un hasard.

Le problème du batteur qui chante

Il y a une difficulté technique au cœur du projet, et c’est elle qui explique la présence constante d’un second batteur depuis 1989.

Ringo Starr est un batteur. Sa légitimité scénique tient à cela. Mais un batteur assis derrière un mur de fûts, au fond du plateau, n’est pas une tête d’affiche : il est invisible, et sa voix, mixée depuis un micro-casque au milieu des cymbales, ne porte pas la soirée. À l’inverse, un Starr uniquement chanteur devant le micro central serait un frontman moyen privé de son principal atout.

La solution retenue est l’alternance permanente, et elle exige un doublon : quelqu’un doit tenir la batterie pendant que Starr est devant, et le passage de l’un à l’autre doit être invisible. D’où la lignée des seconds batteurs — Jim Keltner, Levon Helm, Zak Starkey, Simon Kirke, Sheila E., Gregg Bissonette — et d’où, aussi, les moments où les deux jouent ensemble, qui sont parmi les plus appréciés des spectateurs.

Cette contrainte a une conséquence esthétique intéressante. Elle a forcé Starr, à partir de la cinquantaine, à devenir un véritable homme de scène : gestuelle, adresses au public, rythme de parole. Le batteur taciturne des tournées Beatles, celui qui ne disposait d’aucun retour et calait le tempo sur les mouvements d’épaules de ses camarades, a appris à tenir un amphithéâtre debout et seul devant un micro. C’est un apprentissage entamé à quarante-neuf ans.

Le rituel du 7 juillet

À partir de 2008, Starr institue une tradition qui s’est greffée sur le calendrier des tournées : chaque 7 juillet, jour de son anniversaire, à midi précis, il invite ses auditeurs, où qu’ils soient, à dire ou penser les mots peace and love. L’événement est généralement accroché à une date de tournée du All-Starr Band, ce qui donne au groupe une fonction supplémentaire — celle d’un véhicule pour la ritualisation publique d’un slogan personnel.

On peut trouver cela naïf. On peut aussi remarquer qu’aucune autre vedette de cette envergure n’a réussi à installer, sur près de vingt ans, un rendez-vous annuel mondial reposant uniquement sur une phrase de trois mots.

Réception critique : le procès et la défense

Les trois chefs d’accusation

La critique rock n’a jamais été tendre avec le All-Starr Band, et ses reproches se rangent en trois catégories.

Le reproche de nostalgie industrielle. Le groupe ne joue que du passé, ne crée rien, et exploite un capital affectif accumulé ailleurs. C’est le reproche le plus fréquent et le plus difficile à réfuter, puisque le projet le revendique.

Le reproche du juke-box. Un enchaînement de tubes sans propos, où la cohérence musicale est sacrifiée à la reconnaissance immédiate. Passer de Yellow Submarine à Frankenstein puis à Broken Wings ne produit pas une œuvre, produit une compilation jouée en direct. Les recensions les plus sévères — les guides discographiques anglo-saxons des années 1990 se sont montrés particulièrement méprisants envers les albums live — attaquent sur ce terrain.

Le reproche du prestige emprunté. Formulé rarement à voix haute mais présent en filigrane : un Beatle peut faire tourner n’importe quoi. La qualité n’a pas à être au rendez-vous puisque la présence suffit.

La défense, qui n’est pas mince

Trois arguments tiennent, et méritent d’être posés avec la même netteté.

Le premier est musical. Les musiciens recrutés ne sont pas des figurants. Jack Bruce, John Entwistle, Steve Lukather, Sheila E., Jim Keltner, Nils Lofgren ne sont pas des seconds couteaux nostalgiques : ce sont, chacun dans son domaine, des instrumentistes de tout premier rang. Le niveau d’exécution d’un concert All-Starr est objectivement élevé, et les captations vidéo le montrent mieux que les disques.

Le deuxième est structurel. Le format a réglé un problème réel de l’industrie : que faire d’artistes dont le catalogue est aimé mais dont le nom, seul, ne remplit plus de salle. La réponse du All-Starr Band — mutualiser les notoriétés sur un plateau unique, sous une bannière fédératrice — a été copiée depuis, largement.

Le troisième est celui de la durée. Trente-sept ans, plus d’un millier de concerts, aucune interruption de plus de deux ans sauf pandémie. Une formule qui ne fonctionnerait pas ne tiendrait pas ce rythme. Le public vote, et il vote depuis 1989.

Ce que Starr en dit lui-même

Sa défense, quand on la lui demande, est désarmante de simplicité. Elle tient en une phrase déjà citée : “Je jouerai avec n’importe quel autre musicien toute la nuit, mais je ne peux pas le faire tout seul.” Ce n’est pas une posture modeste, c’est une description exacte de sa carrière entière : Starr est, depuis 1962, un musicien d’accompagnement de génie qui se trouve avoir un nom de vedette.

Sur la longévité du projet, il a une formule qui dit aussi bien l’humour que l’aveu : “Chaque fois que je dis que c’est la dernière tournée pour ces gars-là, j’ajoute une étape.”

Sur les conditions matérielles, il ne se cache pas non plus : “À ce stade, on ne le fait que dans le luxe — avion privé et les meilleurs hôtels.” C’est une phrase que ses détracteurs citeront comme un aveu et que ses défenseurs citeront comme une honnêteté. Elle est surtout la réponse à la question que personne ne pose : pourquoi un homme de quatre-vingt-six ans continue de faire trente concerts par an. Parce que c’est confortable, parce que c’est joyeux, et parce que rester chez soi ne l’est pas.

Correctif factuel n° 8 — La sobriété n’est pas une conséquence du All-Starr Band, c’en est la condition

L’ordre des événements est souvent inversé dans les récits de rédemption : on lit que la tournée aurait sauvé Ringo Starr de l’alcool. C’est le contraire. Starr et Barbara Bach entrent en cure en octobre 1988 ; la proposition de David Fishof intervient après, et David Fishof l’a explicitement située à la sortie de cure. Sans la désintoxication préalable, il n’y aurait pas eu de tournée du tout — un homme dans l’état où était Starr en 1987 n’aurait tenu ni les répétitions ni les trente dates. La chronologie compte, parce qu’elle change complètement le sens de l’histoire.

Le mausolée : ce que trente-sept ans font à un répertoire d’amis

Il y a une dimension du All-Starr Band dont on parle peu et qui devient, avec le temps, la plus émouvante : le groupe est devenu, malgré lui, un registre nécrologique du rock classique.

Presque tous les membres de la première édition sont morts. Rick Danko en 1999, Billy Preston en 2006, Levon Helm en 2012, Clarence Clemons en 2011, Dr. John en 2019. Sur les huit musiciens qui accompagnaient Starr à Dallas le 23 juillet 1989, trois seulement sont encore en vie en 2026 : Joe Walsh, Nils Lofgren et Jim Keltner.

La liste s’allonge édition après édition. John Entwistle meurt en 2002, Jack Bruce en 2014, Greg Lake en 2016, Gary Brooker en 2022, Gary Wright en 2023, Rick Derringer en 2025, à soixante-dix-sept ans. La génération entière recrutée par Starr s’efface, et il reste, lui, à l’affiche.

Musicien Éditions Disparition
Rick Danko 1989 1999
John Entwistle 1995 2002
Billy Preston 1989 2006
Clarence Clemons 1989 2011
Levon Helm 1989 2012
Jack Bruce 1997-2000 2014
Greg Lake 2001 2016
Dr. John 1989 2019
Gary Brooker 1997-1999 2022
Gary Wright 2008-2011 2023
Rick Derringer 2010-2011 2025

Ce tableau explique, mieux qu’un long développement, pourquoi la formation s’est stabilisée après 2010 sur un noyau plus jeune — Lukather, Hay, Stuart, Ham, Bissonette, Johnson. Le vivier de la génération fondatrice s’est épuisé.

Correctif factuel n° 9 — Le All-Starr Band n’est pas “le groupe de Ringo Starr” au sens habituel

On lit fréquemment que tel musicien est “membre du groupe de Ringo Starr”. La formulation est trompeuse sur le plan contractuel : les All-Starrs sont engagés par tournée, pas de façon permanente, et plusieurs d’entre eux ont mené leurs propres carrières en parallèle sans interruption — Steve Lukather avec Toto, Colin Hay en solo, Gregg Bissonette en séance. La seule continuité réelle est celle du poste de batteur d’appoint, tenu par Gregg Bissonette depuis 2008. Pour tous les autres, l’appartenance est un statut d’année, renouvelable, et personne n’a jamais signé pour la durée.

Ce que le All-Starr Band dit de Ringo Starr

Une carrière construite sur l’accompagnement

La clé du personnage est là, et elle est cohérente sur soixante-quatre ans. Ringo Starr n’a jamais été un auteur prolifique ni un chanteur de premier plan. Il a été, dès 1962, le meilleur accompagnateur possible pour trois auteurs exceptionnels — un batteur dont George Martin disait qu’il n’en faisait jamais trop et jouait toujours la chose juste au bon moment, et que McCartney a décrit comme la colle du groupe. Ce point a été développé ailleurs sur Yellow-Sub, dans l’anatomie d’un batteur qu’on a passé soixante ans à sous-estimer.

Le All-Starr Band est la traduction scénique, à l’échelle d’une carrière solo, de cette même disposition. Là où McCartney a passé cinquante-cinq ans à diriger des groupes qui portent son nom et jouent sa musique, Starr a monté un groupe qui porte son nom et joue la musique des autres. Ce n’est pas une position inférieure, c’est une position différente — et, sur le plan de la longévité scénique, elle s’est révélée remarquablement solide.

Une machine à conjurer la solitude

Il y a une lecture plus intime, que Starr a lui-même ouverte en parlant de ses années d’alcool : “Ça devient vraiment solitaire, vous savez ? C’est juste vraiment froid et solitaire. C’est une maladie misérable.” Un homme qui a traversé cela et qui monte, dès sa sortie de cure, un dispositif dont le principe est de ne jamais être seul sur une scène, ne fait pas seulement un choix commercial.

Le titre qui referme chaque concert depuis 1989 n’a jamais été choisi au hasard. With a Little Help from My Friends a été écrit pour lui en 1967 par Lennon et McCartney, taillé à sa mesure vocale, avec cette question que le public lui pose littéralement au début de la chanson. Trente-sept ans de All-Starr Band sont, à bien y regarder, une réponse développée à cette question.

L’objection qu’il faut poser quand même

Un dossier honnête ne s’arrête pas à l’attendrissement. Deux réserves tiennent.

La première est artistique. Une seule chanson originale en trente-sept ans est un bilan créatif nul pour une formation qui a donné plus d’un millier de concerts. On peut regretter qu’un batteur d’une telle qualité, entouré pendant des décennies de musiciens de ce calibre, n’ait presque jamais utilisé cette configuration pour écrire. Les rencontres qui auraient pu produire quelque chose — Starr et Jack Bruce, Starr et Dr. John, Starr et Levon Helm — n’ont produit que des reprises.

La seconde est économique. Le format a, par construction, un effet de plafonnement sur les carrières des invités : il offre un très bon cachet et une très grande salle en échange de l’engagement de ne jouer que son passé. Pour un artiste encore en activité créatrice, c’est une proposition ambiguë, et plusieurs All-Starrs en sont ressortis davantage identifiés à leurs tubes de jeunesse qu’avant d’y entrer.

Ces deux réserves n’annulent rien. Elles rappellent seulement que le All-Starr Band est une réussite d’un genre précis — celle d’une formule de spectacle vivant, pas celle d’un projet musical.

Chronologie du All-Starr Band

Date Événement
1983 Parution d’Old Wave, dernier album studio de Ringo Starr avant sept ans de silence discographique.
octobre 1988 Ringo Starr et Barbara Bach entrent en cure de désintoxication.
1989 David Fishof propose à Starr le concept du plateau collectif ; constitution de la première formation.
23 juillet 1989 Premier concert, Park Central Amphitheatre, Dallas.
3-4 septembre 1989 Concerts du Greek Theatre de Los Angeles, enregistrés pour le premier album.
octobre-novembre 1989 Sept dates au Japon, après une trentaine en Amérique du Nord.
8 et 12 octobre 1990 Parution de Ringo Starr and His All-Starr Band, premier album live officiel de Starr.
juin-septembre 1992 Deuxième édition ; première tournée européenne de Starr depuis les Beatles.
13 juillet 1992 Concert du Montreux Jazz Festival, enregistré.
1992 Dernière apparition scénique de Harry Nilsson, invité sur Without You avec Todd Rundgren.
14 septembre 1993 Parution de Volume 2: Live from Montreux.
1995 Troisième édition, avec John Entwistle et Zak Starkey.
1996 Zak Starkey devient batteur des Who, le groupe du bassiste qu’il vient d’accompagner chez son père.
1997 Quatrième édition (Frampton, Bruce, Brooker, Kirke, Rivera) ; parution de l’album enregistré en 1995.
1998 Selon plusieurs relevés, Starr devient le premier ex-Beatle à se produire en Russie.
1999-2000 Cinquième et sixième éditions autour de Jack Bruce et Simon Kirke.
2001 Septième édition (Hunter, Hodgson, Jones, Lake, Sheila E.) ; première femme dans le groupe ; coffret The Anthology… So Far.
2002 Parution de l’album King Biscuit Flower Hour ; mort de John Entwistle.
2003 Huitième édition (Hay, Carrack, Waite, Sheila E., Rivera).
2006 Neuvième édition ; arrivée de Hamish Stuart et d’Edgar Winter ; mort de Billy Preston.
2008 Dixième édition ; arrivée de Gregg Bissonette ; premier rendez-vous peace and love du 7 juillet.
2010 Parution de Live at the Greek Theatre, 35e aux États-Unis — meilleur classement du groupe.
février 2012 Annonce de la formation présentée comme la treizième, avec Steve Lukather et Gregg Rolie.
7 juillet 2012 Concert d’anniversaire au Ryman Auditorium de Nashville.
2013 Parution de Ringo at the Ryman ; la vidéo atteint la 15e place.
2015 Island in the Sun, seule composition originale du groupe, paraît sur Postcards from Paradise.
2018 Retour de Colin Hay ; arrivée de Graham Gouldman (10cc).
2019 Hamish Stuart remplace Gouldman ; concerts du Greek Theatre enregistrés.
2020-2021 Tournées annulées pour cause de pandémie.
2022 Reprise des tournées ; parution de Live at the Greek Theatre 2019.
fin 2024 Buck Johnson remplace Edgar Winter aux claviers.
2025 Mort de Rick Derringer, à 77 ans.
24 avril 2026 Parution de Long Long Road, deuxième album de Starr produit par T Bone Burnett.
28 mai – 14 juin 2026 Série de printemps, de Temecula au Greek Theatre de Los Angeles.
24 sept. – 7 oct. 2026 Série d’automne, dix concerts d’Easton à Albany.

Questions fréquentes

Qui a eu l’idée du All-Starr Band ?

Le producteur de tournées américain David Fishof, qui avait déjà éprouvé le principe du plateau à notoriétés cumulées sur d’autres tournées. Il a soumis l’idée à Ringo Starr en 1989, peu après la sortie de cure de ce dernier. Starr en est le nom, le patron et le batteur, mais pas l’inventeur du format.

Quand et où a eu lieu le premier concert ?

Le 23 juillet 1989, au Park Central Amphitheatre de Dallas, au Texas, avec Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons et Jim Keltner. Une trentaine de dates nord-américaines ont suivi jusqu’en septembre, puis sept concerts au Japon en octobre et novembre.

Combien y a-t-il eu d’éditions ?

La réponse honnête est : cela dépend du décompte. Les sources aboutissent à seize ou dix-sept formations selon qu’elles considèrent ou non qu’une reprise de tournée l’année suivante, avec le même personnel, constitue une nouvelle édition. Le communiqué officiel de février 2012 annonçait le treizième All-Starr Band ; certaines encyclopédies numérotent différemment. Mieux vaut raisonner par années et par personnels.

Combien de musiciens sont passés par le groupe ?

Plusieurs dizaines, avec des retours fréquents. Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Jack Bruce, Simon Kirke, Mark Rivera, Sheila E., Colin Hay, Edgar Winter et Hamish Stuart ont chacun participé à plusieurs éditions. Le record de longévité appartient à Gregg Bissonette, second batteur sans interruption depuis 2008.

Pourquoi y a-t-il toujours deux batteurs ?

Pour une raison mécanique. Ringo Starr quitte régulièrement son tabouret pour chanter au centre du plateau, et quelqu’un doit tenir la batterie pendant ce temps. Le poste a été occupé successivement par Jim Keltner et Levon Helm (1989), Zak Starkey (1992, 1995), Simon Kirke (1997-2000), Sheila E. (années 2000) et Gregg Bissonette (depuis 2008).

Le fils de Ringo Starr a-t-il joué dans le groupe ?

Oui. Zak Starkey, batteur professionnel né en 1965, a tenu la batterie dans les éditions de 1992 et 1995. Il est devenu batteur des Who en 1996, succédant de fait à la section rythmique dont John Entwistle, son partenaire de 1995 chez Ringo Starr, était l’autre moitié.

Combien d’albums le groupe a-t-il publiés ?

Huit albums live, de 1990 à 2022, auxquels s’ajoutent des compilations dont le coffret The Anthology… So Far (2001). Aucun n’a connu de succès commercial notable, à l’exception de Live at the Greek Theatre (2010), trente-cinquième aux États-Unis.

Le groupe a-t-il écrit des chansons ?

Une seule, en trente-sept ans : Island in the Sun, composée collectivement en 2015 par Starr et les membres de l’édition de l’époque. Elle ne figure pas sur un disque du All-Starr Band mais sur l’album solo de Starr Postcards from Paradise.

Le All-Starr Band existe-t-il encore en 2026 ?

Oui, et il tourne activement. La formation actuelle réunit Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson et Gregg Bissonette. Après une série de douze dates au printemps 2026, dix concerts sont programmés du 24 septembre au 7 octobre 2026, d’Easton en Pennsylvanie à Albany dans l’État de New York.

Quel est le rapport avec l’album Long Long Road ?

Long Long Road, paru le 24 avril 2026, est le deuxième album de Ringo Starr produit par T Bone Burnett, dans une veine country assumée, après Look Up. Les tournées de 2026 l’accompagnent, même si le format All-Starr, par construction, ne réserve qu’une place très limitée au répertoire récent du patron.

Quels membres du groupe sont morts ?

Un nombre considérable, ce qui fait du All-Starr Band une sorte de registre de la génération du rock classique : Rick Danko (1999), John Entwistle (2002), Billy Preston (2006), Clarence Clemons (2011), Levon Helm (2012), Jack Bruce (2014), Greg Lake (2016), Dr. John (2019), Gary Brooker (2022), Gary Wright (2023), Rick Derringer (2025). Sur les huit musiciens de la première édition, trois sont encore en vie : Joe Walsh, Nils Lofgren et Jim Keltner.

Le All-Starr Band est-il un supergroupe ?

Non, au sens strict. Un supergroupe est une formation stable réunissant des musiciens connus pour créer une œuvre commune. Le All-Starr Band est une formation de tournée à personnel tournant, qui interprète des catalogues préexistants et n’a produit qu’une seule chanson originale. C’est une différence de nature, pas de degré.

Glossaire

Terme Définition
All-Starr Nom donné à chaque musicien invité d’une édition. L’orthographe avec deux R est un jeu de mots sur le patronyme de scène de Ringo Starr.
Édition Formation d’une année ou d’un cycle de tournée donné. Le décompte officiel varie selon les sources, d’où la prudence nécessaire sur la numérotation.
Package tour Format de tournée réunissant plusieurs artistes sur une même affiche pour additionner leurs publics. Spécialité de David Fishof, dont le All-Starr Band est une variante à plateau unique.
David Fishof Producteur de tournées américain, concepteur du format et instigateur du projet auprès de Ringo Starr en 1989.
Second batteur Poste permanent du groupe, destiné à tenir la batterie lorsque Starr chante devant. Occupé depuis 2008 par Gregg Bissonette.
Greek Theatre Amphithéâtre de Los Angeles, salle fétiche du groupe : trois de ses albums ou vidéos y ont été captés (1989, 2008, 2019), et il y clôt régulièrement ses tournées de printemps.
Peace and love Formule rituelle de Ringo Starr, matérialisée depuis 2008 par un rendez-vous annuel le 7 juillet à midi, souvent accroché à une date de tournée.
Postcards from Paradise Album solo de Ringo Starr (2015) contenant Island in the Sun, unique composition collective du All-Starr Band.
The Anthology… So Far Coffret rétrospectif publié en 2001, rassemblant des enregistrements de plusieurs éditions du groupe.
Zak Starkey Fils aîné de Ringo Starr, né en 1965, batteur des éditions 1992 et 1995, puis batteur des Who à partir de 1996.

Bibliographie et sources

Sources officielles

  • Site officiel de Ringo Starr — annonces de tournées 2023, 2024, 2025 et 2026, page biographique, communiqué de parution de Long Long Road.
  • Communiqué de février 2012 relayé par Modern Drummer et Goldmine annonçant la formation présentée comme la treizième.
  • Universal Music — communiqué d’annonce de Long Long Road, second album produit par T Bone Burnett.

Documentation factuelle

  • The Beatles Bible — fiches de concerts du All-Starr Band, dont la date inaugurale du 23 juillet 1989 à Dallas, avec personnel et programme.
  • Wikipédia (versions anglaises) — Ringo Starr & His All-Starr Band, Ringo Starr and His All-Starr Band (album), Volume 2: Live from Montreux, The Anthology… So Far, Long Long Road.
  • ClassicRockHistory.com — relevé détaillé des personnels par édition.
  • Sites de fans francophones consacrés aux tournées, notamment pour les relevés de programmes et d’invités de 1992.

Presse

  • Ultimate Classic Rock — rétrospective des trente-cinq ans de la première édition et annonces des tournées 2026.
  • Rolling Stone — grand entretien avec Ringo Starr, source des citations sur la solitude, la tournée et le luxe.
  • Variety — recension de concert de la tournée 1992.
  • Rock Cellar Magazine, Consequence, Pollstar — annonces et comptes rendus de tournées récentes.

Ouvrages de référence du dossier Beatles

  • Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle et Tune In — pour le cadre biographique.
  • Peter Doggett, You Never Give Me Your Money — pour l’économie de l’après-Beatles.
  • Geoff Emerick, Here, There and Everywhere — pour le jeu de batterie de Starr en studio.
  • Ringo Starr, Postcards from the Boys — pour le rapport de Starr à ses anciens camarades.

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