LE BEL AGENCEMENT des chaises installées sur la pelouse du Stade de France n’aura pas duré bien longtemps. Hier soir, à peine Paul McCartney était monté sur scène, la foule – certes clairsemée – s’est immédiatement précipitée aux abords de la scène, histoire de mieux apercevoir une des rares légendes vivantes encore en activité. Soit sir Paul McCartney, 62 ans, auteur et fondateur, avec les Beatles, d’une immense part des musiques populaires d’aujourd’hui.
Fatalement, c’est à la nuit tombée que le Stade s’est enfin vraiment réveillé, presque surpris de ne pas se retrouver plus nombreux dans cette immense enceinte. Auparavant, alors que le concert avait commencé à 21 h 15, McCartney s’était déjà fendu de nombre de ses classiques, en solo ou alors avec son groupe de l’après-Beatles, les Wings : « Jet » en ouverture, « You Won’t See Me », « Maybe I’m Amazed », « The Long and Widing Road », « We Can Work It Out » et une inévitable séquence nostalgie dédiée aux chers disparus avec un « Here Today » dédié à John Lennon, et un « All Things Must Pass » emprunté à feu George Harrison. Et même un clin d’oeil à Ringo Starr, bien vivant, lui, avec quelques notes de « Yellow Submarine ». Tenant, à chaque fois, à présenter ses morceaux dans un français à mourir de rire, grâce à une antisèche posée à ses pieds. Après cette entrée en matière déjà consistante, l’impériale déferlante McCartney s’est répandue. De sa voix étonnament préservée des outrages du temps, il a alors enchaîné le déchirant « For No One », « Michelle » – avec accordéon s’il vous plaît -, « Drive My Car », « Penny Lane », « Get Back », « Back In USSR », « Live and Let Die », « Lady Madonna » ou encore « I Got a Feeling ». Sans compter la litanie « Hey Jude » ou encore « Yesterday » et « Let it Be », point d’orgue d’un étourdissant tourbillon mélodique et sonore datant de quatre décennies, mais dont le monde entier peine encore à se remettre.
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