Avant de se laisser pousser les cheveux et d’inventer le rock, les Beatles ont tout de même écrit des chansons qui dureront des lustres. Voici 10 des titres les plus sous-estimés de leurs premières années.
L’ascension fulgurante des Beatles vers la gloire populaire, qui s’est traduite par six albums studio et dix singles à succès entre janvier 1963 et décembre 65, a eu tendance à occulter la majesté de leurs chansons les plus méconnues. Il est certain qu’il y en a beaucoup à trouver dans cette période particulière, des ballades déprimantes aux rockers hargneux, en passant par de nombreuses autres. Voici quelques-unes des meilleures d’entre elles…
Sommaire
10. The Night Before (Help !, 1965)
La formidable voix de McCartney est rehaussée par les harmonies Lennon/Harrison et les breaks de guitare solo – de Paul et George – dans différentes octaves. John, quant à lui, s’affaire au piano électrique. The Night Before figure dans l’une des scènes les plus mémorables du film Help !, la performance des Beatles sur la plaine de Salisbury couronnée par l’explosion d’une bombe.
9. There’s A Place (Please Please Me, 1963)
Décrit par Lennon comme une « tentative d’une sorte de Motown, un truc noir », le titre de cette coécriture de McCartney était inspiré d’une ligne de l’air de West Side Story, Somewhere. La nature optimiste de la musique est en contraste direct avec ses paroles introspectives, un exemple précoce des Beatles se retirant dans un royaume intérieur secret où la solitude est un réconfort.
8. Don’t Bother Me (avec les Beatles, 1963)
La première chanson des Beatles a été écrite par Harrison lors d’une saison estivale à Bournemouth en août 1963. Malgré son attitude dédaigneuse – « Au moins, cela m’a montré que tout ce que j’avais à faire était de continuer à écrire, et peut-être qu’un jour j’écrirais quelque chose de bien » – c’est une pépite à double piste avec un texte délicieusement aigre et des percussions étrangement séduisantes, grâce à un tambourin, une calebasse et un bongo arabe.
7. I’m Down (face B de Help !, 1965)
Jumelée à Help ! de Lennon, la demande de secours moins angoissée de McCartney est peut-être son hommage vocal le plus direct à Little Richard. Elle reste l’un des rockers les plus fébriles des Beatles, avec son solo de guitare tremblant et son jappement obligatoire. Il n’est pas surprenant que I’m Down soit rapidement devenu l’un des titres préférés des Beatles sur scène, le groupe en interprétant une version particulièrement frénétique au Shea Stadium en août 1965.
6. She’s A Woman (face B de I Feel Fine, 1964)
McCartney canalise le Little Richard qui est en lui sur ce rock’n’roller guilleret, alimenté de manière experte par les plans insistants de Lennon. « John a fait une très bonne chose », a expliqué McCartney au biographe Barry Miles des années plus tard. « Il ne faisait que poignarder sur les contretemps. Ringo jouait de la caisse claire et John le faisait avec la guitare. » Les paroles, par ailleurs sans intérêt, contiennent sans doute la première référence à la drogue dans une chanson des Beatles : « Turn me on when I get lonely ».
5. I’ll Follow The Sun (Beatles For Sale, 1964)
Cet essai pour Yesterday a en fait été écrit par McCartney, alors adolescent, chez lui à Liverpool en 1959. Bien que trop brève (moins de deux minutes) et laissée de côté parce qu’elle ne convenait pas à l’image R&B des Beatles à leurs débuts, elle est un exemple classique de son don pour une mélodie subtile, une tendre chanson de rupture enveloppée d’une douce mélancolie.
4. Yes It Is (face B de Ticket To Ride, 1965)
De l’avis de Lennon, sa tentative de réécriture de This Boy n’a pas tout à fait fonctionné, mais il se faisait clairement des illusions. Yes It Is est l’une de ses meilleures ballades et témoigne de sa maturité croissante en tant qu’auteur-compositeur, ses paroles nostalgiques étant soutenues par une signature temporelle délicate et des harmonies complexes à trois. Elle se distingue également par l’envoûtante guitare à pédale de Harrison.
3. Things We Said Today (A Hard Day’s Night, 1964)
Écrite par McCartney alors qu’il passait des vacances dans les Caraïbes avec sa petite amie de l’époque, Jane Asher, Ringo Starr et sa future épouse Maureen, la sombre mélancolie de cette chanson anticipe une future nostalgie du moment qu’ils vivent. Des changements de tonalité dramatiques renforcent l’ambiance, tandis que le groupe passe du folk au pop, sous l’impulsion de la guitare rythmique de Lennon et de la double voix de McCartney.
2. I’ve Just Seen A Face (Help !, 1965)
Enregistré le même jour que Yesterday et I’m Down, ce morceau de McCartney utilise un shuffle country rapide pour capturer l’optimisme pressant du premier amour, avec une guitare acoustique comme moteur. « C’était une chose étrange, uptempo », a-t-il déclaré à propos de ce titre, de manière typiquement discrète. « J’en étais assez content. »
1. If I Needed Someone (Rubber Soul, 1965)
Le son du Rickenbacker de George Harrison a eu une énorme influence sur les Byrds, dont le guitariste principal Roger McGuinn l’a adopté en bloc pour leurs premiers enregistrements. Sur ce morceau phare de Rubber Soul, Harrison lui rend la pareille en basant son riff à 12 cordes sur la version des Byrds de The Bells Of Rhymney. Des harmonies incomparables et une superbe ligne de basse de McCartney.













