Le dernier album officiel des Beatles ressort dans un « mix 2021 », enrichi de multiples sessions d’enregistrement. A cette belle réédition, s’ajoutent la publication d’un livre de photos inédites et la diffusion très attendue du documentaire en trois épisodes « Get Back » sur Disney +, le 25 novembre.
Même si l’on n’est pas près de cesser de les écouter, c’est bien la fin d’une fabuleuse épopée que marque « Let It Be » , douzième et ultime album des Beatles, sorti il y a un demi-siècle. L’album est consacré aujourd’hui, à travers trois nouvelles sorties. Une sublime réédition en six disques, un livre regorgeant de photos inédites (le premier à avoir reçu l’aval des deux survivants depuis l’énorme « Anthology » sorti en 2000), sans oublier une série documentaire sur Disney + réalisée par Peter Jackson, célèbre entre autres pour « Le Seigneur des anneaux ».
Lorsque les Beatles se réunissent au mois de janvier 1969, à l’initiative de Paul McCartney, c’est pour enregistrer un disque mais surtout préparer leur grand retour à la scène. Des tensions étant apparues lors de l’enregistrement du double blanc l’année précédente, Paul a pensé que remettre le couvert le plus rapidement possible était une façon d’annihiler définitivement les animosités et problèmes d’ego. Les séances prendront place au studio Twickenham, et la présence d’une équipe de cinéma, censée documenter la chose, s’explique par la préparation de ce retour au « live ». Mais l’entreprise tournera au désastre.
John est souvent à l’ouest, George très énervé de n’être pas considéré comme un égal, il ne signe d’ailleurs que deux titres. Paul est autoritaire ; il est dans l’action contrairement à John, bien plus passif. Les sessions tourneront presque à l’impasse, avec plus d’un an d’attente pour écouter le résultat. La sortie officielle de Let It Be, a lieu le 8 mai 1970, huit mois après celle d’ « Abbey Road » enregistré entre-temps. Les Beatles déposeront les armes, mais le plus important reste ces morceaux, dont les immortels « Let It Be » et « Get Back ».
Nombreuses prises
L’album restera la partie immergée de l’iceberg. On parle de plusieurs dizaines d’heures de bandes enregistrées, car les magnétophones n’ont cessé de tourner : ébauches de chansons dont « All Things Must Pass » enregistré peu de temps après par George en solo ou « Gimme Some Truth » conservé par John ; nombreuses recréations; dialogues entre les musiciens ; sans oublier cette reprise du « Wake Up Little Susie » des Everly Brothers. C’est comme si nous étions des petites souris dans le studio, assistant à l’avènement d’une oeuvre historique.
Pour ne prendre que quelques exemples, c’est la dix-neuvième prise de « Get Back » et de « The Long And Winding Road » qui est proposée, la dixième et la vingt-huitième de « Let It Be » – ce qui en dit long sur le travail d’une chanson pour que celle-ci soit parfaite.
Les Beatles se détestaient-ils autant que ça ? Malgré les flottements et frottements, transparaît une grande complicité, dans les échanges captés et parfois les fous rires. Dans un avant-propos, Paul McCartney regrette surtout que les bandes aient été confiées au producteur Phil Spector, et que le film original documentant le concert sur le toit ne reflète pas justement l’extraordinaire amitié qui les liait toujours. Ce qui semble évident à travers ces trois ressorties. Dernière précieuse relecture en date de l’histoire des Beatles.
Source : https://www.lesechos.fr/weekend/spectacles-musique/beatles-story-les-secrets-de-let-it-be-1355127














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