Ringo Starr, l’artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture et art numérique

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What’s My Name (2019) : Scott Ritchie, Vartan et les créateurs de la pochette

Une enquête sur les photographies, la direction artistique et la conception graphique de l’album de 2019.

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Le livret de What’s My Name permet de mettre des noms sur une chaîne de création souvent réduite à la seule figure de Ringo Starr. À partir des crédits publiés, cette étude distingue les contributions de Scott Ritchie, Vartan, Meire Murakami, Josh Graham et Suspended in Light.

Pochette de What’s My Name, album de Ringo Starr paru en 2019
What’s My Name (2019), couverture de l’album. Les crédits visuels documentent notamment Scott Ritchie et l’équipe graphique du disque.
Parcourir les dix sections
  1. 25 octobre 2019 : la parution et ses enjeux visuels
  2. Scott Ritchie, l’auteur crédité des photographies
  3. Vartan et Meire Murakami : deux noms à la direction artistique
  4. Josh Graham et Suspended in Light : le design et la mise en page
  5. Le livret du CD comme source primaire
  6. Les différents supports et la question des variantes
  7. Un voisinage pertinent avec Give More Love et Postcards from Paradise
  8. Une iconographie distincte de la promotion des chansons
  9. Ce que les crédits ne permettent pas d’affirmer
  10. Conclusion : une œuvre collective autour de la figure de Ringo

25 octobre 2019 : la parution et ses enjeux visuels

Annoncé officiellement en septembre 2019, What’s My Name paraît le 25 octobre chez UMe. L’album s’inscrit dans la continuité d’une série d’enregistrements que Ringo Starr réalise largement dans son studio Roccabella West. Cette donnée ne doit pas faire oublier l’autre chaîne de production : celle des photographies, de la conception graphique et des documents imprimés accompagnant l’objet commercial. L’étude de la jaquette rend visible un travail souvent effacé par la célébrité du musicien photographié. Elle permet surtout de distinguer trois responsabilités attestées : la photographie, la direction artistique et le graphisme.

Scott Ritchie, l’auteur crédité des photographies

Les crédits reproduits pour le disque attribuent la photographie à Scott Ritchie. Dans une étude d’histoire visuelle, ce renseignement prime sur toute ressemblance supposée avec les portraits réalisés par d’autres photographes de Ringo Starr. Il fournit un point d’ancrage clair pour l’identification de l’image, mais ne permet pas, à lui seul, de dater la prise de vue ni d’établir le lieu d’une éventuelle séance. Ces précisions demanderaient des feuilles de production, des contacts originaux ou une communication explicite du photographe. Citer le crédit ne revient donc pas à reconstituer un reportage complet.

Vartan et Meire Murakami : deux noms à la direction artistique

Le générique du disque mentionne Vartan et Meire Murakami à la direction artistique. Leur contribution relève de la coordination visuelle du projet, un rôle qu’il faut différencier de l’exécution technique de la photographie et de la mise en page. Le fait qu’un nom revienne sur plusieurs albums ne suffit pas à conclure que les mêmes procédés ont été utilisés d’un projet à l’autre. La continuité des collaborations constitue un fait intéressant ; l’identité esthétique, elle, demeure une hypothèse à confronter aux objets imprimés.

Josh Graham et Suspended in Light : le design et la mise en page

La rubrique consacrée au design et au layout identifie Josh Graham et Suspended in Light. Ces attributions enrichissent sensiblement la notice bibliographique de What’s My Name : la direction artistique et la réalisation graphique ne sont plus confondues dans un crédit générique. Pour les archives, l’étape suivante consiste à vérifier comment le nom du chanteur, le titre de l’album et les différentes informations du livret se répartissent entre recto, verso et pages intérieures. Ces observations doivent porter sur un exemplaire identifié, afin de ne pas faire passer les variantes d’un format pour celles d’un autre.

Le livret du CD comme source primaire

Le conditionnement CD comprend un livret illustré. Ce petit imprimé est plus instructif qu’une image carrée isolée sur un service de streaming : il contient les mentions légales, les crédits d’intervenants et éventuellement des choix de mise en page absents de la miniature commerciale. Dans un catalogue raisonné, les dimensions du support, le nombre de volets, les textes et la présence de photographies doivent être relevés à partir de l’objet réel. Une simple notice de vente ne garantit ni l’état de complétude d’un exemplaire ni l’exactitude de toutes ses reproductions.

Les différents supports et la question des variantes

La sortie de What’s My Name concerne plusieurs types de commercialisation, notamment les formats physiques et la diffusion numérique. Même si une même composition de couverture est reprise, elle ne remplit pas nécessairement la même fonction sur un vinyle, un CD ou une interface de lecture. Taille, lisibilité, marges et visibilité des crédits changent. Il serait donc préférable, pour documenter des variantes, de confronter les références commerciales précises, les photographies recto-verso et les documents de fabrication. Une modification de bandeau ou de code-barres ne constitue pas automatiquement une nouvelle création artistique.

Un voisinage pertinent avec Give More Love et Postcards from Paradise

Le disque de 2019 vient après Give More Love, paru en 2017, et Postcards from Paradise, publié en 2015. La comparaison de ces trois objets doit conserver une méthode commune : relever les crédits, identifier les supports, distinguer les photographies des opérations de graphisme et documenter ce qui change réellement dans la présentation de l’artiste. Le rapprochement est particulièrement utile pour étudier le rôle récurrent de certains collaborateurs. Il ne doit pas devenir un prétexte à recopier dans trois chapitres les mêmes faits sur les séances musicales.

Une iconographie distincte de la promotion des chansons

Le titre What’s My Name, écrit par Colin Hay, est aussi utilisé pour la communication autour du disque. Cependant, une photographie promotionnelle publiée au moment de la sortie, un visuel de single, une image de presse et la jaquette commerciale ne sont pas nécessairement une seule et même pièce. La constitution d’un fonds d’archives impose de séparer ces documents, de consigner leur légende et de ne pas assimiler automatiquement leurs détenteurs de droits. Ce soin est essentiel lorsqu’un dossier encyclopédique accueille simultanément pochettes et films promotionnels.

Ce que les crédits ne permettent pas d’affirmer

À ce stade, les noms attribués à la photographie, à la direction artistique et au design peuvent être documentés. En revanche, ni le jour de la séance photographique, ni le matériel de prise de vue, ni les consignes formulées par l’artiste au graphiste ne doivent être inventés. Il faut également éviter d’attribuer au seul photographe la mise en scène de tous les éléments typographiques. Une notice rigoureuse sépare les informations explicites, les observations matérielles et les hypothèses. C’est la condition d’une encyclopédie utilisable aussi bien par un lecteur curieux que par un collectionneur spécialisé.

Conclusion : une œuvre collective autour de la figure de Ringo

What’s My Name n’est pas seulement la mise en circulation de nouvelles chansons. C’est également un objet visuel dont les crédits donnent à voir les professionnels de l’ombre : Scott Ritchie pour la photographie, Vartan et Meire Murakami pour la direction artistique, Josh Graham et Suspended in Light pour le design et la mise en page. L’approche documentaire évite de réduire la pochette à une signature célèbre et permet de replacer chaque édition dans une histoire matérielle des représentations de Ringo Starr.

Pour suivre l’évolution de ces collaborations visuelles, voir Rewind Forward (2023) : Scott Ritchie, Vartan et Josh Graham.

La pochette et les photographies de presse : deux chaînes de diffusion

La documentation de What’s My Name doit distinguer les éléments du livret, les images promotionnelles contemporaines de la parution et les reproductions ultérieures diffusées sur les plateformes numériques. Un crédit imprimé sur un disque n’autorise pas à attribuer automatiquement toutes les photographies de sa campagne au même intervenant. La comparaison des supports réclame un inventaire d’exemplaires identifiés, la transcription exacte des mentions de responsabilité et la vérification des changements éventuels de mise en page. Ce traitement permet d’éviter que le catalogue des pochettes et celui des images promotionnelles ne décrivent deux fois le même objet sous des noms différents.

Lire aussi

Pour prolonger cette étude, consulter Give More Love (2017) et son équipe graphique, l’analyse de Postcards from Paradise (2015) et la synthèse sur les pochettes des albums de 1983 à 2026.

Une image collective produite autour d’un studio personnel

La publication de What’s My Name, le 25 octobre 2019, correspond à un moment particulier de la carrière de Ringo Starr : le musicien revendique une manière de travailler organisée autour de son studio domestique de Los Angeles, Roccabella West. Cette proximité entre les musiciens ne doit pourtant pas être transposée sans examen au domaine graphique. Le disque est produit par Starr et enregistré et mixé principalement par Bruce Sugar, mais la présentation visuelle du produit imprimé relève de compétences distinctes. Les crédits photographiques mentionnent Scott Ritchie, tandis que Vartan et Meire Murakami interviennent à la direction artistique et que Josh Graham, associé au nom professionnel Suspended in Light, assure le design et la mise en page. Ce partage évite l’une des simplifications fréquentes dans les discographies illustrées : une photographie présente sur la couverture ne suffit pas à attribuer au photographe la conception de la pochette entière. À l’inverse, l’existence d’une direction artistique collective ne retire rien à l’auteur de l’image originale. L’histoire visuelle de l’album doit donc identifier la chaîne de fabrication plutôt que rechercher une signature qui expliquerait tout.

La méthode de Josh Graham : de quelques photographies à une proposition de campagne

Le témoignage professionnel de Josh Graham sur les campagnes de Ringo Starr éclaire le cadre général de ces réalisations. Le designer explique avoir travaillé à plusieurs reprises pour le musicien, à partir d’un petit choix de photographies transmis par son équipe, avec un délai de conception parfois très court. Il indique également que Starr sélectionne habituellement une proposition parmi plusieurs premières idées, avant les déclinaisons graphiques et, le cas échéant, la fabrication de supports promotionnels supplémentaires. Cette description constitue une information précieuse sur une méthode de collaboration ; elle ne permet cependant pas d’affirmer, sans dossier de production propre à What’s My Name, le nombre exact de propositions dessinées en 2019 ni le jour où chacune aurait été approuvée. Le journal de fabrication d’une couverture ne se reconstitue pas en appliquant mécaniquement un témoignage général à un exemplaire particulier. Le chercheur peut en revanche distinguer une photographie source, une composition arrêtée pour le disque et ses adaptations éventuelles à d’autres formats.

Un titre qui devient une formule visuelle

L’expression What’s My Name renvoie à une affirmation d’identité familière aux concerts de Starr ; sa transformation en titre d’album donne aussi aux créateurs graphiques une matière concise, immédiatement lisible sur un emballage ou un écran. L’analyse de la pochette doit examiner la hiérarchie entre portrait, nom de l’artiste et intitulé du disque, plutôt que supposer qu’une répétition typographique constitue en elle-même une œuvre autonome de Ringo. La direction artistique ne consiste pas seulement à choisir une belle image. Elle organise la lecture de cette image sur une surface limitée, prend en compte les contraintes d’un vinyle comme celles d’une miniature numérique et maintient une continuité entre le produit et sa communication. L’album constitue ainsi un cas pour l’histoire des crédits de la fin des années 2010 : la célébrité du modèle ne doit pas masquer le photographe, le responsable de la direction artistique et le designer qui construisent sa représentation publique.

La photographie du livret et l’image d’une vidéo : deux catalogues à séparer

La présence sur l’album de Grow Old With Me, chanson de John Lennon enregistrée avec la participation de Paul McCartney, donne à l’objet de 2019 une dimension mémorielle particulière ; elle n’autorise pas pour autant à traiter chaque visuel promotionnel associé à cette chanson comme une partie matériellement incluse dans tous les pressages. Une discographie raisonnée doit identifier séparément le livret, les faces de la pochette, les portraits utilisés dans la presse et les images de chaque film promotionnel. La première série d’objets appartient à une édition sonore identifiable ; les autres dépendent de commandes et de circuits de diffusion parfois différents. Le plus sûr est de relever, exemplaire en main, l’ordre des pages du livret, les crédits tels qu’imprimés, la nature des photographies et les mentions légales propres au support. Cette description permet de passer d’une lecture générale de la campagne à une véritable fiche de patrimoine graphique, sans inventer de responsabilités ni multiplier les œuvres artificiellement.