Yellow-Sub · Encyclopédie des arts visuels
The Beatles Anthology (1995–1996) : Voormann, Kiefer et l’image de Ringo Starr
Une peinture monumentale, trois couvertures et un portrait de Ringo chargé d’histoire.
De 1995 à 1996, Klaus Voormann et Alfons Kiefer peignent une grande composition photoréaliste destinée aux trois volumes de The Beatles Anthology. Sous la direction éditoriale de Rick Ward et du studio The Team, le triptyque condense l’histoire du groupe et représente le passage de Pete Best à Ringo Starr au moyen d’un motif d’affiche déchirée.
Sommaire de l’étude · dix-huit sections
- Un triptyque pensé avant d’être divisé en trois pochettes
- Neil Aspinall, Apple Corps et une commande à plusieurs échelles
- Rick Ward et le studio The Team : le rôle oublié du design
- Plusieurs artistes sollicités, un projet finalement retenu
- Klaus Voormann : de Revolver à la mémoire complète des Beatles
- Alfons Kiefer : une contribution picturale pleinement identifiable
- Une peinture photoréaliste déguisée en mur d’affiches
- Une œuvre d’environ deux mètres et un travail sous pression
- Ringo derrière Pete Best : une image qui raconte un changement de batteur
- Le Revolver caché et le jeu des signatures personnelles
- Anthology 1, 2 et 3 : une chronologie éditoriale en trois dates
- CD, triple vinyle, cassette et vidéo : les problèmes de cadrage
- La photographie reproduite n’est pas une photographie prise par Ringo
- La photographie de Ringo dans l’Anthology : du témoin à l’icône
- Du livre de 2000 à l’édition augmentée de 2025
- Un lien avec Now and Then : les archives de 1995 reparaissent en 2023
- Le rôle des rééditions pour le chercheur et le collectionneur
- Conclusion : Ringo Starr, une image au cœur d’une histoire collective
Un triptyque pensé avant d’être divisé en trois pochettes
The Beatles Anthology n’est pas seulement la publication successive de trois compilations d’archives sonores ; le projet se présente dès 1995 comme une entreprise de mémoire mobilisant télévision, disques, livres et supports promotionnels. Pour unifier cette multitude d’objets, une grande illustration est conçue comme une œuvre continue destinée à être répartie sur les trois couvertures des volumes. Réunies côte à côte, les images restituent une sorte de palimpseste mural retraçant la carrière du groupe. Cette conception constitue un fait historique déterminant : chaque couverture existe à la fois comme image autonome et comme fragment d’un tout. Son histoire doit donc être distinguée de la chronologie des sessions musicales. Le présent chapitre étudie l’œuvre, ses auteurs, son système de reproduction et la manière dont Ringo Starr est représenté dans ce langage graphique, sans attribuer au batteur la création de l’illustration.
Neil Aspinall, Apple Corps et une commande à plusieurs échelles
La commande est liée à Neil Aspinall et à l’équipe d’Apple Corps, chargée de donner à l’Anthology une identité immédiatement reconnaissable sur des supports très variés. Il ne s’agissait pas de produire une simple jaquette d’album : le même ensemble de signes devait fonctionner sur CD, disque vinyle, cassette, vidéo, livre et matériel publicitaire. Les contraintes de format ne sont pas accessoires. Un visage lisible sur une grande affiche peut disparaître dans le cadrage d’une cassette, tandis qu’un titre placé à un endroit trop excentré risque d’être coupé lorsqu’un tiers seulement de la composition devient couverture. La cohérence de l’œuvre réside dans cette négociation entre l’histoire des Beatles et la géométrie de l’édition. Ringo Starr y est une figure indispensable, mais son image doit cohabiter avec celles de Lennon, McCartney et Harrison sans neutraliser les étapes de transformation du groupe.
Rick Ward et le studio The Team : le rôle oublié du design
Le graphiste Richard, dit Rick, Ward travaille au sein de la société londonienne The Team, qui prend en charge l’identité éditoriale de l’Anthology. Les témoignages de Ward montrent que le studio organise la commande, met en compétition plusieurs propositions artistiques et pense très tôt aux contraintes des différents emballages. Le designer n’est pas le peintre des images finales, mais son intervention est essentielle : définition du concept éditorial, supervision de l’ensemble, hiérarchie des éléments et adaptation des motifs aux supports. Un crédit encyclopédique correctement constitué doit donc distinguer l’illustration peinte par Klaus Voormann et Alfons Kiefer de la direction de design assurée par Ward et The Team. Omettre ces derniers reviendrait à présenter une œuvre pensée pour une distribution internationale comme un tableau simplement reproduit sur trois pochettes, en effaçant son dispositif de fabrication.
Plusieurs artistes sollicités, un projet finalement retenu
Dans un entretien rétrospectif, Rick Ward explique avoir approché plusieurs personnalités du graphisme et de l’art britannique, parmi lesquelles David Hockney, Brian Grimwood, Humphrey Ocean, David Oxtoby, Peter Blake et Klaus Voormann. Peter Blake, célèbre pour son rôle dans l’identité visuelle de Sgt. Pepper, ne participe pas à ce concours d’idées. L’équipe retient finalement la proposition de Voormann, artiste lié à l’histoire des Beatles depuis Hambourg et créateur de la pochette de Revolver en 1966. Le témoignage permet de comprendre que ce choix n’était pas une fatalité dictée par l’histoire du groupe : il résultait d’un processus de commande et de sélection. Le contexte commercial de la campagne explique l’importance de réutiliser des images historiques identifiables et susceptibles d’obtenir les validations nécessaires. Une notice sérieuse sépare ce processus éditorial des intentions esthétiques attribuées après coup au seul peintre.
Klaus Voormann : de Revolver à la mémoire complète des Beatles

Voormann occupe une place singulière dans la biographie visuelle des Beatles. Ami de leur période hambourgeoise, il réalise en 1966 la pochette dessinée de Revolver, puis participe à des projets musicaux avec plusieurs anciens membres du groupe, notamment Ringo Starr. Son retour pour l’Anthology crée un effet de continuité : le créateur autrefois associé à une rupture graphique du groupe est chargé d’illustrer l’ensemble de son parcours. Il serait toutefois incorrect de résumer la nouvelle illustration à une reprise du dessin de Revolver. L’ambition du triptyque est différente : faire coexister des photographies, affiches, pochettes et époques distinctes dans une surface apparemment constituée de papiers collés et altérés. Voormann devient ici un organisateur de mémoire visuelle. Cette dimension justifie sa présence dans une encyclopédie consacrée à Ringo au-delà des Beatles, même si l’œuvre est signée par un autre artiste.
Alfons Kiefer : une contribution picturale pleinement identifiable
La réalisation n’est pas celle d’un seul homme. Klaus Voormann déclare explicitement avoir travaillé avec Alfons Kiefer, son collaborateur, pour achever une illustration monumentale dont la production exigeait de nombreuses heures. Les crédits des éditions de l’Anthology confirment la participation de Kiefer à la peinture. Il convient donc de parler d’une création réalisée par Voormann et Kiefer, même lorsque les présentations commerciales abrègent la signature au nom le plus connu. Ce type de collaboration peut facilement disparaître de la mémoire publique lorsqu’un seul auteur reçoit la reconnaissance principale. L’histoire encyclopédique doit au contraire identifier les métiers et les personnes, comme elle le fait pour les photographes, réalisateurs et designers des pochettes solo de Ringo Starr. Un peintre chargé d’exécuter une partie substantielle de l’illustration ne devient pas un simple assistant anonyme par la seule autorité d’un nom célèbre.
Une peinture photoréaliste déguisée en mur d’affiches
L’illustration donne l’impression de regarder une surface recouverte d’affiches et de pochettes successivement collées, déchirées ou recouvertes. Pourtant, Voormann explique que l’effet ne repose pas simplement sur l’assemblage matériel de véritables affiches : la texture des papiers, leur usure et leurs ombres sont largement reconstituées par la peinture photoréaliste. Le processus décrit passe par des photographies de documents, des impressions sur papier fin, des essais de disposition et un travail de reproduction minutieux. La distinction entre peinture et collage réel est fondamentale. Un catalogue ne doit pas affirmer que chaque morceau représenté sur la pochette est un fragment matériel provenant d’une affiche d’époque. L’image imite le langage de l’affiche urbaine, mais le recrée comme peinture. Elle transforme ainsi l’histoire graphique des Beatles en un nouvel objet artistique, dont la matérialité originale diffère de celle des images représentées.
Une œuvre d’environ deux mètres et un travail sous pression
Voormann évoque une œuvre de près de deux mètres de dimension, tandis que les récits de production insistent sur la nécessité de respecter des calendriers particulièrement serrés. Le volume 1 devait être prêt pour la campagne de novembre 1995 ; les autres parties de l’image étaient nécessaires aux volumes suivants. Dans son témoignage, Rick Ward décrit la création d’une maquette visuelle globale puis l’achèvement de sections dans des délais successifs. L’échelle du tableau est importante, car elle explique le nombre de détails qui ne deviennent réellement visibles que sur des reproductions suffisamment grandes. Le collectionneur qui compare les albums doit donc regarder aussi les agrandissements, les livrets et les affiches. Les formats courants ne donnent pas tous accès aux mêmes motifs. La peinture est un objet unique de grande taille, tandis que les différentes pochettes en sont des reproductions produites pour plusieurs marchés.
Ringo derrière Pete Best : une image qui raconte un changement de batteur
Le premier volet contient l’un des détails les plus remarquables de la composition. Une représentation du disque non officiel The Savage Young Beatles semble déchirée à l’endroit où apparaît le premier batteur, Pete Best, laissant surgir derrière elle le visage de Ringo Starr. L’image condense en un geste de papier une transformation fondamentale de la formation du groupe, survenue en 1962. Elle ne doit pas être lue comme la reproduction d’un véritable document d’époque dont la photographie aurait été lacérée pour l’occasion : c’est un motif reconstruit dans l’œuvre picturale. Ce procédé fait du visage de Ringo un instrument narratif, non un simple portrait parmi d’autres. L’artiste utilise la logique des couches d’affiches pour matérialiser la succession des membres. La dimension iconographique est d’autant plus intéressante que les premières archives filmées des Beatles montrant Pete Best réapparaîtront en 2023 dans un autre contexte audiovisuel.
Le Revolver caché et le jeu des signatures personnelles
Une autre zone de l’Anthology fait référence au dessin de Revolver, réalisé par Voormann en 1966. L’artiste aime glisser des signes personnels dans son œuvre et avait déjà inséré une petite photographie de lui-même dans la pochette originale. Dans l’illustration de l’Anthology, la reprise du graphisme fournit un jeu entre mémoire du groupe et mémoire de son créateur. Il ne faut pas confondre ces deux versions : le détail de 1995 représente ou réinterprète un élément du passé, il ne transforme pas rétroactivement l’œuvre de 1966. Cette multiplication des niveaux est au cœur du triptyque. Les images sont des citations internes, des signes de reconnaissance et des objets de mémoire. Leur valeur iconographique n’est pas identique à celle d’une photographie de Ringo réalisée au cours d’un concert ni à celle d’une édition originale du disque représenté.
Anthology 1, 2 et 3 : une chronologie éditoriale en trois dates
Le site officiel des Beatles date la parution d’Anthology 1 du 20 novembre 1995, celle d’Anthology 2 du 18 mars 1996 et celle d’Anthology 3 du 28 octobre 1996. Ces trois étapes déterminent la première circulation publique des portions successives du tableau. Elles ne doivent pas être amalgamées en une date unique pour les trois volumes. Le triptyque complet résulte d’un programme éditorial dont la temporalité se déploie sur près d’une année. Chaque partie s’inscrit dans la même identité tout en étant associée à un corpus musical différent. La chronologie de la peinture elle-même, de la maquette et des validations appartient encore à une autre série de dates, partiellement connue par les entretiens des collaborateurs. Cette distinction est indispensable pour identifier précisément un objet de collection, son visuel et la période historique qu’il représente.
CD, triple vinyle, cassette et vidéo : les problèmes de cadrage
L’œuvre de Voormann et Kiefer était destinée à être fragmentée et redimensionnée sur des supports dont les proportions ne correspondaient pas. Rick Ward raconte avoir utilisé une grille de vérification afin de s’assurer que le motif fonctionnerait sur les différentes présentations. La cassette impose notamment une surface étroite, alors que la pochette de vinyle offre une zone carrée beaucoup plus large ; les supports vidéo et les affiches appellent d’autres découpes. Le nom du groupe et la place des visages constituaient des impératifs de lisibilité. Ces contraintes expliquent pourquoi la composition doit être envisagée comme un système graphique plutôt que comme trois tableaux indépendants. Une fiche bibliographique exhaustive devrait confronter les exemplaires physiques, photographier leurs tranches et relever les mentions du design : une reproduction isolée de la peinture n’informe pas de toutes les décisions de l’éditeur.
La photographie reproduite n’est pas une photographie prise par Ringo
Le triptyque utilise des portraits, documents de presse, éléments de pochettes et affiches dont les auteurs d’origine peuvent être multiples. Leur présence dans une peinture réalisée par Voormann et Kiefer ne signifie ni que ces derniers aient pris les photographies historiques, ni que Ringo Starr les ait toutes réalisées. L’attribution doit rester à plusieurs niveaux : document photographique original, éventuelle reproduction ou recadrage, reconstitution peinte, direction artistique de l’édition et impression commerciale. Cette hiérarchie constitue un outil essentiel dans une encyclopédie des arts visuels de Ringo. Elle permet de rapprocher l’Anthology de ses livres photographiques sans transformer tout portrait du batteur en autoportrait. L’objet peut évoquer son expérience personnelle tout en relevant de la création d’autrui.
La photographie de Ringo dans l’Anthology : du témoin à l’icône
Ringo apparaît à la fois comme témoin du récit historique, protagoniste des images choisies et membre du groupe dont la mémoire est reconstruite. La présence du motif Pete Best/Ringo dans le premier volet rappelle que l’histoire des Beatles n’est pas un ensemble figé de quatre figures identiques depuis les premiers concerts. D’autres fragments de la peinture mobilisent sa présence au fil du parcours du groupe. Pour les interpréter, il faut cependant éviter de chercher à dater précisément chaque visage à partir du seul traitement peint, qui peut modifier les contrastes, la perspective ou les contours. Les documents originaux doivent être identifiés lorsqu’une légende historique détaillée est envisagée. Le triptyque est d’abord une représentation artistique de la carrière, non un dossier photographique classé chronologiquement pièce par pièce.
Du livre de 2000 à l’édition augmentée de 2025
L’Anthology se poursuit au-delà des trois volumes publiés en 1995 et 1996. Le vaste ouvrage illustré The Beatles Anthology paraît en 2000 et connaît en 2025 une réédition anniversaire dont la présentation officielle annonce plus de 1 300 photographies, lettres et documents. Il s’agit d’une nouvelle étape de circulation d’un patrimoine visuel, différente de l’œuvre peinte pour les trois premiers albums. La communication officielle de 2025 évoque également une collection musicale élargie à quatre volumes et le retour de la série documentaire sous une forme augmentée. Ces évolutions doivent être distinguées de la commande graphique originale : elles peuvent prolonger l’identité historique de l’Anthology sans rendre contemporains de 2025 les travaux de Voormann et Kiefer réalisés pour 1995–1996. Les catalogues d’éditions doivent préciser s’ils décrivent la création d’origine ou une réédition ultérieure.
Un lien avec Now and Then : les archives de 1995 reparaissent en 2023
Les séances filmées de Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr autour des enregistrements de l’Anthology acquièrent une autre importance en 2023. Pour le clip Now and Then, Peter Jackson reçoit plus de quatorze heures de matériel filmé en 1995, dont la conservation et l’identification s’avèrent déterminantes. Les deux créations ont des statuts différents : le triptyque de Voormann constitue une interprétation picturale de l’histoire du groupe ; le film de Jackson réorganise des documents réellement tournés avec les musiciens. Leur rapprochement éclaire pourtant une même question : que fait-on de l’archive des Beatles lorsqu’on la transforme en nouvelle œuvre ? Dans l’un et l’autre cas, Ringo est une figure historique et un participant vivant à la transmission, mais il ne faut pas lui attribuer les tâches du peintre ou du réalisateur. Cette distinction préserve le caractère documentaire de l’ensemble du dossier.
Le rôle des rééditions pour le chercheur et le collectionneur
La longue histoire des supports de l’Anthology invite à ne pas considérer une édition tardive comme un simple exemplaire interchangeable de 1995. Les formats, les encarts, la pagination, les matériaux et les reproductions peuvent différer selon les marchés et les années. Pour chacun, une notice rigoureuse devrait enregistrer la référence, le pays, le support, les auteurs explicitement crédités, la partie de la peinture reproduite et le contexte de publication. Les grandes affiches ou les livres présentent la composition selon une échelle différente de celle d’un CD, sans modifier pour autant l’auteur de la peinture originale. Une variante de pressage ne constitue pas nécessairement une nouvelle œuvre. Cette méthode protège l’encyclopédie de la multiplication de pages quasiment identiques et de la confusion entre histoire de l’image et accumulation de numéros de catalogue.
Conclusion : Ringo Starr, une image au cœur d’une histoire collective
Le triptyque de The Beatles Anthology montre comment une représentation de Ringo Starr peut prendre sens grâce à l’interaction de plusieurs métiers. Rick Ward et The Team donnent sa cohérence éditoriale au projet ; Klaus Voormann et Alfons Kiefer peignent une grande composition photoréaliste ; les images anciennes utilisées ou représentées conservent leurs auteurs et leurs dates propres. Le visage de Ringo qui surgit derrière celui de Pete Best devient un raccourci artistique de l’histoire du groupe, mais non un document photographique décrivant directement le changement de batteur. Cette étude se distingue donc des fiches consacrées aux pochettes solo, aux autoportraits et au cinéma. Elle éclaire l’identité graphique d’un programme de mémoire où Ringo se trouve à la fois représenté, interrogé et replacé dans la continuité des Beatles.
Concordance documentaire : trois images, trois opérations différentes
Pour comprendre la survivance visuelle de l’Anthology après les années 1990, il faut distinguer trois opérations : d’abord la création de la peinture monumentale de Klaus Voormann et Alfons Kiefer pour les pochettes des volumes de l’Anthology ; ensuite la sélection de photographies, films et documents d’archives dans les programmes et les publications du projet ; enfin, près de trois décennies plus tard, leur éventuelle mobilisation dans les œuvres audiovisuelles consacrées à Now and Then. Un même visage de Ringo Starr peut circuler entre ces ensembles sans que le crédit du peintre, celui du photographe et celui du monteur deviennent interchangeables. Les dates de production, les techniques et les conditions de diffusion doivent être inscrites séparément dans un catalogue. Ce principe est notamment utile lorsque les illustrations contemporaines réemploient des images anciennes dans un montage nouveau.
Guide de lecture : de la pochette d’Anthology au film de 2023
La fiche sur la pochette de Now and Then s’intéresse à un autre langage plastique, associé à Ed Ruscha et à l’équipe de conception graphique du disque. L’analyse du clip de Peter Jackson porte, elle, sur le montage d’archives et sur la représentation du groupe à plusieurs époques. Ces deux études prolongent celle d’Anthology, mais elles ne doivent pas se confondre avec elle : l’une documente une édition sonore et son habillage, l’autre un objet audiovisuel, tandis que le présent chapitre examine une œuvre collective éditée au milieu des années 1990. Cette organisation évite à la fois la répétition des mêmes informations et l’effacement des responsabilités artistiques.
Pour prolonger l’enquête
Le rôle de Klaus Voormann dans la carrière solo de Ringo est étudié dans la notice de la pochette de Ringo (1973). Les archives filmées des sessions de 1995 ont connu une réutilisation particulièrement importante dans le clip de Now and Then (2023). Pour distinguer les photographies originales et leurs réemplois, consulter aussi Ringo Starr photographe des Beatles.












