Yellow-Sub.net · L’art du batteur · Chapitre 2
Les batteries de Ringo Starr : Premier, Ludwig, Hollywood et le matériel des Beatles
Ringo Starr a-t-il utilisé une seule batterie pendant les années Beatles ? L’image populaire d’un kit Oyster Black Pearl derrière une grosse caisse portant le nom du groupe masque une réalité plus riche. Entre Liverpool et le toit d’Apple, le batteur a fait évoluer ses ensembles, leurs dimensions, ses caisses claires et ses accessoires. L’histoire de ce matériel constitue un véritable dossier d’archéologie musicale : elle exige de distinguer l’instrument, la photographie, le son enregistré et la provenance d’un objet aujourd’hui conservé en collection.
Cette étude raconte le passage des batteries Premier aux Ludwig Downbeat, Super Classic et Hollywood, sans répéter le précieux dossier que Yellow-Sub consacre déjà aux logos de grosse caisse. Les informations ont été vérifiées à partir des archives de vente Christie’s, des recherches instrumentales de Gary Astridge et des travaux de spécialistes des sessions des Beatles.
La batterie Premier : avant le mythe Ludwig
Lorsque Richard Starkey rejoint les Beatles en août 1962, il n’a pas encore derrière lui la célèbre batterie américaine au logo du groupe. Il joue sur un ensemble Premier, fabricant britannique dont il utilisait déjà le matériel avec Rory Storm and the Hurricanes. Cette batterie l’a accompagné lors de ses prestations à Hambourg, de ses engagements à Butlin’s et de la période où les Beatles deviennent progressivement des artistes du disque. Les premiers enregistrements de Ringo avec le groupe, dont l’album Please Please Me, précèdent son achat d’une Ludwig.
La confusion naît souvent des photographies : la finition Oyster Black Pearl, devenue presque indissociable du batteur, occupe tellement de place dans la mémoire collective que la Premier a presque disparu de l’histoire populaire. Pourtant, elle permet de saisir ce qu’était Ringo avant que le matériel ne participe à la promotion mondiale du groupe : un musicien déjà expérimenté, doté d’une culture du skiffle, du rock et du rhythm and blues, qui cherche d’abord un instrument fiable pour les scènes et les sessions.
Le destin de la Premier originale est mal connu. Christie’s, dans sa notice historique consacrée à la première Ludwig, indique que l’ancien ensemble fut repris en échange partiel, remis en état puis revendu, sans provenance continue identifiée. Il serait donc imprudent de considérer une Premier d’apparence semblable comme authentiquement utilisée par Ringo sans documents supplémentaires. Dans un inventaire de collection, l’incertitude fait partie de la description.
1963 : Drum City, Ivor Arbiter et la naissance d’une icône
À la fin d’avril 1963, Ringo et Brian Epstein se rendent à Drum City, magasin de percussions situé sur Shaftesbury Avenue à Londres. Les souvenirs de l’achat ne sont pas rigoureusement identiques : Ringo a insisté sur son coup de cœur pour la finition noire nacrée, ainsi que sur son attrait pour les instruments américains, tandis que Gerry Evans, responsable du magasin interrogé par Andy Babiuk, a raconté la recherche initiale d’une batterie noire. Le choix définitif porte sur la Ludwig Oyster Black Pearl Downbeat.
La transaction comporte aussi une dimension promotionnelle. Le commerçant Ivor Arbiter souhaite voir la marque Ludwig sur la grosse caisse, alors que Brian Epstein tient à y faire figurer le nom du groupe. Le désormais célèbre lettrage à « T » descendant est attribué à Arbiter dans les témoignages recueillis au fil des décennies. L’inscription est peinte sur la peau par Eddie Stokes, peintre d’enseignes. L’objet devient ainsi à la fois instrument, signe distinctif de la Beatlemania et support publicitaire d’une entreprise américaine.
Il faut distinguer les fûts et la peau portant le logo : les premiers peuvent continuer à servir pendant qu’une nouvelle peau est commandée, déplacée, repeinte ou conservée ailleurs. Yellow-Sub possède déjà une étude spécifique sur les différentes versions des logos de grosse caisse, que nous ne dupliquerons pas ici. Le présent chapitre s’attache avant tout aux instruments et à leur histoire matérielle.
La première Ludwig Downbeat : 12 mai 1963
Le spécialiste Gary Astridge, qui a travaillé sur les instruments conservés et recueilli des témoignages de Ringo, date la première livraison de la Ludwig du 12 mai 1963. Elle parvient aux studios Alpha de Birmingham, où les Beatles participent à Thank Your Lucky Stars. Cette date, également retenue par Christie’s, est plus précise que la formule souvent rencontrée affirmant simplement que Ringo aurait commencé à jouer Ludwig « vers juin 1963 ».
La configuration de cette Downbeat Oyster Black Pearl est compacte : une grosse caisse de 20 pouces de diamètre et 14 de profondeur, un tom suspendu de 12 sur 8 pouces et un tom basse de 14 sur 14 pouces. S’y ajoute une caisse claire Ludwig Jazz Festival de 14 pouces de diamètre et environ 5,5 pouces de profondeur, choisie à la place de la caisse claire ordinaire de l’ensemble. La profondeur n’est pas un détail insignifiant : la caisse claire est l’un des centres sonores de la batterie et peut être conservée indépendamment des autres éléments.
Astridge a identifié une marque de fabrication datée du 18 avril 1963 à l’intérieur de la caisse claire originale. Les descriptions de la vente Christie’s indiquent que l’instrument vendu au titre de la première batterie Ludwig ne comprenait pas cette caisse claire initiale. C’est pourquoi l’on doit parler des trois fûts vendus plutôt que de supposer que toute la configuration photographiée à l’époque a traversé les décennies sans changement.
Cette première Ludwig accompagne l’essor britannique du groupe : apparitions à la télévision, concerts, passages radiophoniques et séances en studio. Elle est associée notamment à With The Beatles, She Loves You, I Want to Hold Your Hand et Can’t Buy Me Love. Les archives Christie’s situent son utilisation par les Beatles entre le 12 mai 1963 et le 4 février 1964. L’instrument a donc déjà participé à une partie essentielle de la révolution musicale du groupe avant sa première visite américaine.
Il serait néanmoins inexact de traiter l’ensemble comme une machine sonore parfaitement stable. Le réglage des peaux, les sourdines, les baguettes, les cymbales et les choix de prise de son peuvent évoluer sans changement du modèle de base. Une photographie d’un concert ne prouve pas automatiquement la composition exacte du kit lors d’une séance d’enregistrement quelques jours plus tard.
Février 1964 : la deuxième Downbeat et l’Ed Sullivan Show
En février 1964, les Beatles arrivent à New York pour leurs premiers passages majeurs à la télévision américaine. La logistique du voyage impose de disposer de plusieurs instruments. Un second ensemble Ludwig Oyster Black Pearl Downbeat, aux dimensions comparables à celles du modèle londonien, est acquis sur place pour accompagner notamment l’émission The Ed Sullivan Show du 9 février 1964.
Cette distinction est fondamentale. La batterie acquise à Londres en 1963 et celle utilisée pendant le premier séjour américain ne doivent pas être présentées comme un seul et même objet. À cela s’ajoute la circulation indépendante des peaux de grosse caisse ornées du logo des Beatles. Un cliché de répétition, une prestation diffusée et un instrument présenté aujourd’hui en collection peuvent donc correspondre à des combinaisons matérielles différentes.
La caisse claire associée à la deuxième Downbeat a fait l’objet d’une notice propre chez Christie’s : Jazz Festival Oyster Black Pearl de 1964, badge Keystone numéroté et date de fabrication interne du 3 janvier 1964. Ces détails de construction sont bien plus utiles à l’identification qu’une simple ressemblance sur un tirage de presse.
Le 9 février 1964, des millions d’Américains découvrent les Beatles derrière la célèbre inscription sur la grosse caisse. L’effet culturel sur les ventes de batteries est considérable, mais ce phénomène n’autorise pas à attribuer arbitrairement une référence précise à chaque accessoire que l’on voit dans les archives. Notre futur inventaire documentera séparément les instruments, les peaux de grosse caisse et les apparitions à l’écran.
31 mai 1964 : la Super Classic, le kit des grandes tournées
Les Beatles s’apprêtent à jouer dans des salles de taille bien supérieure à celles de leurs premiers concerts. L’équipement doit répondre à cette évolution. Les travaux de Gary Astridge, qui a interrogé des responsables historiques de Ludwig, décrivent la recherche d’une configuration offrant davantage de projection. Ringo adopte la Ludwig Super Classic Oyster Black Pearl, livrée le 31 mai 1964.
Cette nouvelle version passe à une grosse caisse de 22 pouces de diamètre et 14 de profondeur, un tom suspendu de 13 sur 9 pouces et un tom basse de 16 sur 16 pouces. Les fûts, plus grands, occupent plus d’espace sur scène et répondent différemment à la frappe. Mais la taille n’est pas, à elle seule, synonyme de meilleur son : le bois, les peaux, l’accordage, les micros et l’acoustique jouent eux aussi un rôle majeur.
Selon Astridge, Matchbox, enregistré le 1er juin 1964, est la première chanson des Beatles enregistrée avec cette Super Classic. Elle devient le principal ensemble de Ringo au cours des années suivantes. Elle apparaît sur un grand nombre de photographies, films et émissions, tout en accompagnant des disques qui témoignent de la mutation du groupe, du beat des débuts aux arrangements de plus en plus sophistiqués.
L’équipement présente plusieurs détails qui intéressent les spécialistes : pédale de grosse caisse Speed King, changement du système de fixation du tom au profit d’une attache Rogers Swiv-o-matic, pieds de cymbales adaptés et accessoires parfois déplacés d’un ensemble à l’autre. Ces éléments peuvent aider à dater un cliché, sans constituer isolément une preuve définitive de provenance.
Le second kit Super Classic de 1965
Les recherches recensent également une autre Super Classic Oyster Black Pearl, destinée aux engagements américains de 1965. Les ensembles possèdent des caractéristiques visuelles proches : même finition, dimensions similaires et logo du groupe visible sur la grosse caisse. Voilà une raison supplémentaire de ne jamais écrire « cette photographie montre forcément le kit principal » sans vérifier la date, la tournée et les détails matériels.
À partir de 1964, il faut donc penser le matériel de Ringo non comme un unique objet voyageant partout avec le groupe, mais comme un ensemble d’instruments et de pièces capables de répondre aux exigences d’un agenda international.
Septembre 1968 : Ludwig Hollywood Thermogloss Maple
La dernière grande transformation du matériel de Ringo au sein des Beatles survient en septembre 1968. Selon Gary Astridge, Ringo se rend avec Mal Evans chez Drum City le 10 septembre pour choisir une nouvelle batterie. La Ludwig Hollywood Thermogloss Maple, fabriquée en 1967 et dotée d’une finition bois naturel, lui est livrée le 11 septembre 1968, alors que le groupe travaille à Glass Onion.
Son apparence rompt avec la Oyster Black Pearl : deux toms suspendus, un tom basse, une grosse caisse et une caisse claire forment désormais une configuration à cinq fûts. Les nouveaux toms offrent au batteur d’autres parcours possibles pour les roulements. Mais il ne faut pas en déduire que Ringo change soudainement de conception musicale : la continuité de son phrasé reste perceptible dans les derniers enregistrements des Beatles.
Le spécialiste rapporte une explication particulièrement simple au changement : Ringo souhaitait une batterie différente. Les autres motivations parfois proposées, liées à une esthétique naturelle en vogue à la fin des années 1960, sont des hypothèses qui doivent être présentées comme telles si aucune archive ne les établit.
Les photographies du projet Get Back et du concert sur le toit d’Apple le 30 janvier 1969 rendent cette batterie familière aux amateurs. Pour autant, ces images ne permettent pas à elles seules de trancher quel fût est audible sur chaque prise de Let It Be ou d’Abbey Road. Jerry Hammack a ainsi publié un corrigendum identifiant, avec le concours d’Astridge, une configuration composite pendant les enregistrements de Glass Onion, plutôt qu’un kit commercial utilisé sans modifications.
Ce détail est instructif : une fiche historique sérieuse doit prévoir les changements de configuration en cours de session et distinguer le modèle de base des assemblages provisoires. La forme visible d’une batterie ne raconte jamais à elle seule toute l’histoire du son entendu sur un disque.
La caisse claire : l’instrument dans l’instrument
Les caisses claires méritent une étude spécifique. La Jazz Festival de 1963 occupe une place particulière dans la carrière de Ringo, mais ce nom ne désigne pas toutes les caisses claires utilisées au même moment. La fiche publiée par Christie’s pour la caisse claire du deuxième kit de 1964 comporte ainsi un badge et un marquage de fabrication propres.
Pour comparer deux caisses claires, on doit examiner la coque, les cercles, les tirants, les peaux, le timbre métallique et l’état des pièces. Une batterie peut être restée dans son apparence générale tandis que sa caisse claire a été remplacée. Inversement, la même caisse claire peut avoir servi avec plusieurs ensembles. Tout projet d’inventaire devrait donc consacrer une fiche distincte aux instruments dont la provenance est vérifiable.
Cymbales et accessoires : les pièces que les photos révèlent mal
La partie la plus difficile à reconstituer n’est pas toujours celle des fûts : cymbales, charleston, pieds et pédales peuvent être remplacés rapidement. Les recherches d’Astridge signalent, au fil de la carrière des Beatles, plusieurs marques, notamment Ajax, Paiste, Zyn, Super Zyn et Zildjian. Certaines attributions reposent sur des objets conservés, d’autres sur des photographies datées et sur l’observation de gravures ou de profils.
La notice de la première Ludwig publiée par Christie’s énumère plusieurs cymbales vendues avec l’ensemble, dont une Ajax de 20 pouces, une Zildjian A de 18 pouces et des éléments de charleston Zildjian A de 14 pouces. Le catalogue signale pourtant aussi des pièces d’époque ajoutées lors de restaurations. Il est donc impératif de distinguer l’inventaire d’une vente récente de l’inventaire de la scène ou du studio en 1963.
Le charleston joue un rôle central dans la musicalité de Ringo : une ouverture brève, un accent déplacé ou une résonance prolongée peut modifier l’impression de swing et l’entrée d’un break. Mais l’analyse sonore d’un enregistrement ne suffit pas à identifier avec certitude la marque ou le diamètre d’une cymbale. De même, la pédale Speed King, les pieds Ludwig ou Olympic, le tabouret Premier et les fixations Rogers fournissent des indices documentaires sans dispenser de rechercher une provenance continue.
Cette dimension est désormais approfondie dans notre chapitre consacré aux techniques d’enregistrement de la batterie de Ringo Starr chez les Beatles, des premières prises d’EMI aux séances d’Abbey Road.
Le matériel et le son : ce qu’une photographie ne permet pas d’affirmer
On a souvent tendance à attribuer au modèle de batterie le timbre entier d’un enregistrement. En studio, le résultat dépend pourtant d’un système complexe : instrument, peaux, accordage, sourdines, frappe, acoustique du lieu, microphones, bandes magnétiques, compression et mixage. Deux morceaux enregistrés avec les mêmes fûts peuvent posséder des sonorités radicalement différentes. Inversement, une comparaison à l’oreille ne permet pas de certifier que deux chansons ont été enregistrées avec des kits distincts.
Le passage à une Super Classic plus imposante répond à des besoins de scène, mais l’évolution des techniques d’enregistrement chez EMI explique aussi la transformation du « son de batterie » des Beatles. L’aspect hypnotique de Tomorrow Never Knows ou la retenue de Come Together doivent être étudiés en tenant compte des arrangements et de la production. Le chapitre « Technique, groove et musicalité » analyse justement la manière dont Ringo intègre sa frappe au langage des chansons.
La destinée des instruments : les ventes de 2015 et de 2026
La première Ludwig Downbeat a connu une histoire remarquable après les Beatles. En décembre 2015, sa vente par Julien’s Auctions, dans le cadre de la collection de Ringo et Barbara Bach, atteint environ 2,11 millions de dollars. L’acheteur, Jim Irsay, collectionneur et propriétaire des Indianapolis Colts, conserve le kit dans une collection consacrée aux grandes figures de la musique populaire.
Le 12 mars 2026, l’ensemble revient sur le marché lors de la vente de la collection Irsay chez Christie’s et atteint 2 393 000 dollars. Il ne faut pas confondre ce résultat avec celui d’une autre pièce : la peau originale portant le logo des Beatles, utilisée lors de l’Ed Sullivan Show de février 1964, atteint pour sa part 2 881 000 dollars au cours de la même vente.
La notice de Christie’s précise qu’une reproduction du logo, peinte par Russ Lease, figure sur la grosse caisse du kit de 1963, tandis que certains accessoires ont été remplacés par des éléments cohérents avec la période. La caisse claire originale ne faisait pas partie de l’ensemble vendu. Ces précisions ne diminuent pas la valeur historique des fûts ; elles empêchent simplement de présenter comme entièrement intact un instrument restauré et documenté.
Les archives de ventes aux enchères rappellent également que les objets doivent être décrits un par un. Un logo authentifié possède sa propre histoire, indépendante de la grosse caisse qui l’a porté. C’est une distinction essentielle pour les collectionneurs de Beatles, et un modèle de rigueur pour les futures fiches de ce dossier.
Chronologie des principaux ensembles
- 1960–mai 1963 : batterie Premier, des Hurricanes aux premiers enregistrements des Beatles.
- 12 mai 1963 : première Ludwig Oyster Black Pearl Downbeat, avec grosse caisse de 20 pouces.
- Février 1964 : deuxième Ludwig Downbeat, obtenue à New York pour les engagements américains.
- 31 mai 1964 : Ludwig Super Classic, grosse caisse de 22 pouces et toms de 13 et 16 pouces.
- 1965 : seconde Super Classic réservée à des engagements américains.
- 11 septembre 1968 : arrivée de la Ludwig Hollywood Thermogloss Maple, finition bois naturel et deux toms suspendus.
- 2015 et 2026 : ventes successives de la première Ludwig de 1963 ; les accessoires et les peaux historiques restent à distinguer de l’ensemble.
Les périodes d’emploi se chevauchent parfois. Un kit commercial peut être utilisé avec des éléments d’un autre ensemble ; une peau de grosse caisse peut être déplacée ; une caisse claire peut accompagner plusieurs batteries. Cette chronologie offre donc les repères principaux, sans prétendre attribuer définitivement chaque prise de studio à un ensemble complet.
Les lecteurs qui souhaitent comparer les sonorités des instruments à leur rôle musical retrouveront également 25 performances de Ringo Starr analysées chanson par chanson, avec les fiches des Beatles en lien direct.
L’évolution du matériel sur scène, des clubs de Liverpool aux stades américains, est approfondie dans le chapitre « Ringo Starr sur scène », consacré à ses concerts historiques avec les Beatles.
Un chantier d’archéologie musicale à poursuivre
L’histoire des batteries de Ringo est aussi celle des métamorphoses des Beatles. Une Premier de musicien de club devient une Downbeat de vedette montante, puis une Super Classic conçue pour une popularité internationale, avant la Hollywood de la période expérimentale. Derrière chaque transformation se trouvent des impératifs matériels, des choix esthétiques, un langage musical et une documentation à examiner.
Ce chapitre constitue la base d’un futur inventaire précis : une fiche par instrument avec dimensions, date d’acquisition, finitions, accessoires, apparitions datées, provenance et état actuel des connaissances. Les photographies reçues pour le présent dossier sont utilisées comme illustrations ; nous ne leur attribuons pas de lieu ou d’année sans légende documentaire vérifiée. Pour les peaux de grosse caisse et les sept grandes versions du logo, notre étude historique déjà publiée reste le complément indispensable.
L’héritage de Ringo ne repose pas seulement sur la célébrité de ses batteries Ludwig, mais aussi sur les possibilités musicales qu’il en a tirées. Découvrez notre enquête documentée sur l’influence de Ringo Starr auprès de grands batteurs de rock, à partir de leurs propres témoignages.
L’histoire des instruments utilisés sur scène peut être confrontée aux captations disponibles. Retrouvez le guide des onze principales archives audio et vidéo des Beatles en concert, avec leurs dates, versions, limites et sources.
Au-delà des instruments du kit, Ringo a régulièrement utilisé des maracas, des bongos, des claves et différents objets sonores. Les séances et les crédits sont étudiés dans notre chapitre sur les autres percussions de Ringo Starr.
Les ensembles de batterie de Ringo peuvent aussi être comparés aux instruments et approches des batteurs contemporains : Watts, Moon, Baker, Mitchell, Bonham et Blaine.
Sources et vérifications
Les sources suivantes permettent de distinguer les informations confirmées par l’examen des objets de celles reposant sur les souvenirs des musiciens et sur des photographies datées. Les attributions à une prise précise restent révisables si de nouvelles archives apparaissent.
- Christie’s, première Ludwig 1963 et provenance.
- Christie’s, caisse claire du deuxième kit (1964).
- Christie’s, résultats de la collection Jim Irsay (2026).
- Gary Astridge, la Ludwig Downbeat 1963.
- Gary Astridge, la Ludwig Super Classic 1964.
- Gary Astridge, la Ludwig Hollywood Maple.
- Gary Astridge, cymbales de la période Beatles.
- Jerry Hammack, corrigendum technique (volume 4).
- Yellow-Sub.net, « Les logos des batteries de Ringo Starr ».
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- La première Ludwig Downbeat : 12 mai 1963
- Février 1964 : la deuxième Downbeat et l’Ed Sullivan Show
- 31 mai 1964 : la Super Classic, le kit des grandes tournées
- Septembre 1968 : Ludwig Hollywood Thermogloss Maple
- La caisse claire : l’instrument dans l’instrument
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