Ce qui est le plus remarquable avec les Beatles, au-delà de l’impact sismique du groupe lui-même, c’est le succès phénoménal que chacun des Fab Four a continué de rencontrer au cours de sa carrière solo. Cela témoigne de l’énorme influence culturelle que chacun d’entre eux exerçait individuellement. Cela dit, ils ne s’en sortaient pas toujours sans un peu d’aide de leurs amis, pour ainsi dire, avec d’anciens camarades de groupe qui participaient parfois à leurs créations en solo. George Harrison, cependant, était davantage un loup solitaire en la matière – mais cela ne l’a pas empêché de recevoir l’influence d’un ancien compagnon sur une chanson bien précise.
Le premier album solo de Harrison, All Things Must Pass, sorti en 1970, quelques mois seulement après la séparation des Beatles, est un triple album de 106 minutes qui propulsa l’ex-Beatle discret directement au sommet des classements. De nombreux critiques réalisèrent alors toute l’étendue de son talent. Cependant, derrière cette percée majeure se cachait un objectif plus subtil, notamment dans la chanson éponyme, qui lui permit de tirer profit de son œuvre rejetée.
En effet, « All Things Must Pass » avait été écrite par Harrison un an avant sa sortie officielle, lors des sessions d’enregistrement des Beatles pour Get Back en 1969. Mais le groupe avait écarté cette chanson – et Harrison, à juste titre, l’avait gardée pour plus tard. Toutefois, avant cela, une petite touche de génie signée John Lennon vint s’ajouter, avec une idée de paroles qui s’est finalement retrouvée dans la chanson sans être créditée.
Dans le deuxième couplet, Harrison chante : « A sunset doesn’t last all evening / A mind can blow these clouds away » (« Un coucher de soleil ne dure pas toute la soirée / Un esprit peut chasser ces nuages »), une ligne que Lennon avait suggérée pour rendre les paroles plus « psychédéliques ». Et ce fut un pari gagnant, l’image s’accordant parfaitement à l’ambiance transitoire de la chanson.
Ce concept de la transience (le caractère éphémère des choses) était précisément l’orientation que prendrait le reste de la carrière solo de Harrison. Célèbre pour sa fascination pour la culture et la tradition indiennes, une grande partie de son œuvre reflète une vision universelle et introspective de la condition humaine. « All Things Must Pass » fut le catalyseur de ce qu’Harrison décrivit comme un voyage spirituel entre « mystiques et ex-mystiques », donnant naissance à une œuvre musicale empreinte de psychédélisme qui scellerait son héritage sonore.
Que ce soit au sein des Beatles, des Travelling Wilburys ou en solo, George Harrison était sans conteste un esprit libre, doté d’un catalogue musical impressionnant qui continue d’inspirer. Bien qu’il soit souvent cité comme un homme indépendant, il est clair qu’Harrison s’appuyait sur diverses influences pour guider son art – même s’il était parfois trop fier pour l’admettre.
Lennon n’a jamais été crédité pour sa contribution à « All Things Must Pass », mais s’il y a bien une chose que ces rois du psychédélisme partageaient, c’était une télépathie musicale si forte que leurs mots pouvaient passer pour ceux de n’importe lequel d’entre eux.
Cet article répond aux questions suivantes :
- Quel rôle l’album All Things Must Pass a-t-il joué dans la carrière de George Harrison ?
- Pourquoi « All Things Must Pass » n’a-t-elle pas été incluse dans l’album Get Back des Beatles ?
- Comment John Lennon a-t-il influencé les paroles de « All Things Must Pass » ?
- Quels thèmes récurrents caractérisent la carrière solo de George Harrison ?
- Quelle place occupe la culture indienne dans l’œuvre de George Harrison ?













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