Lancien Beatle et leader du groupe Wings donnait le 11 juin 2015 au Stade de France et devant plus de 50 000 spectateurs le second concert français de sa tournée « Out There » au cours duquel il a repris plus de vingt chansons des Beatles. Un véritable moment de communion entre le rocker septuagénaire et un public où se mêlaient tous les âges.
Paul nest pas dupe, le public qui assiste à ses méga concerts vient davantage écouter lancien Beatle que lartiste mûr quil est devenu. Et dès avant la première chanson, il sait que tout est gagné. Quand les premières notes de « Eight days a week » vibrent dans limmense stade de France et dans les 50 000 paires doreilles qui nattendaient que cela, toutes les têtes plus ou moins dégarnies, plus ou moins blanches qui composent une bonne partie de son public bénéficient dune cure de jeunesse de 50 ans Et combien dentre elles y vont de leur petite larme, à un moment ou un autre, au gré des souvenirs de chacun rattachés à « Hey Jude » ou « Let it be » ?
La jeunesse
Mais ce qui étonne avant tout cest la jeunesse. Parmi les quinqua et sexagénaires attendus, de nombreux adolescents, spectateurs dans leur vingtaine ou leur trentaine arborent des tee-shirts des Beatles et paraissent aussi bien maîtriser le répertoire que leurs aînés. Lun deux, 22 ans, va jusquà porter sur lavant-bras un simple tatouage en lettres cursives « Let it be « .
La jeunesse du public étonne mais celle de lartiste lui-même surprend tout autant. A quelques jours de son soixante-treizième anniversaire, Paul McCartney affiche une forme presque incroyable. Lui que lon croyait promis à un âge mûr enveloppé et rondouillard présente une silhouette de trentenaire en pleine forme. Ses traits, eux-mêmes semblent avoir rajeuni. Il chante pendant trois heures sans quon laperçoive même boire une gorgée deau quant à sa voix, surtout, elle na rien perdu de sa puissance de sa musicalité ni de ses nuances.
Fidélité
Très fidèle aux enregistrements originaux, Paul McCartney na apporté que quelques modifications à linterprétation des chansons des Beatles et de son groupe Wings. Cétait sans doute ce que venait chercher le public et ce que lartiste avait envie de lui offrir.
Toujours quatre
Par la magie de la musique et de la seule présence dun unique membre du quatuor, les dates honnies des amoureux des Beatles, le 8 décembre 1980 et le 29 novembre 2001, sont abolies, rayées des calendriers. Pour tous, John Lennon et George Harrison, les deux Beatles disparus, entourent à nouveau Sir Paul, alors que plane parfois sur le concert la présence pleine dhumour du quatrième fab, Ringo Starr, lautre survivant.
Quatre hommages
En trois heures, Paul McCartney a rendu quatre hommages. Le premier à son épouse actuelle, Nancy Shevell, à qui il a dédié « My Valentine « , le deuxième à Linda son épouse disparue en avril 1998 et deux autres à son « pote »(en français dans le texte) John, et à son « frère » (également en français) George. Au premier, son alter ego assassiné, il offre un dialogue imaginaire et post mortem « Here today ». Au second, le quiet beatle, cest au Ukulélé quil offre une reprise de sa chanson « Something ». Personne na été oublié. Personne ? Nombreux ont été les spectateurs à remarquer que le nom de Ringo Starr na jamais été prononcé. Hormis une allusion à travers quelques notes de la célébrissime chanson potache « Yellow submarine », Paul a semblé considérer quil était le seul héritier de laventure Beatles.
Paul tel que lui-même
Le baladin de « Yesterday », le rocker de « Helter Skelter », lélectro performer de « The Fireman « , le compositeur classique du « Liverpool oratorio », le nostalgique auteur de « Chaos and Creation in the Backyard », tous ne font plus quun en celui qui est devenu au fil du temps le super-Beatle, lhéritier dune saga qui naura pas duré une décennie. Quarante-cinq ans après la séparation des Fab Four, leurs chansons auront autant marqué lhistoire de la musique populaire que la vie des millions de terriens quelles auront accompagnée.
Quarante deux chansons
En trois heures de concert, sir Paul McCartney interprète quarante deux chansons de toutes les époques Une de plus quau stade vélodrome, à Marseille, le 5 juin dernier. Sur la Playlist de Macca, des morceaux publiés sous son seul nom, dautres qui datent de lépoque de Wings mais surtout vingt-trois uvres cosignées Lennon-McCartney écrites et composées entre 1962 et 1970. A chacune delles, la foule répond par une acclamation immense, entonnant les paroles dés les premiers accords. Et cest, hélas, la seule nuance (vraiment la seule) à apporter au plaisir quil y a eu à passer ces trois heures hors du temps. Une grande partie de laudience trouve un plaisir physique à chanter, et parfois hurler avec Paul, gâchant un peu le plaisir de ceux qui sont venus davantage pour écouter la musique que pour participer à une grand-messe nostalgique. Mais au moins, elle chante elle ne crie plus comme à lheure de la Beatlemania qui avait contraint les Fab Four à renoncer à monter sur scène.
Après un colossal moment pyrotechnique lors de la chanson « Live and let die » (musique du James Bond du même titre et générique de la défunte émission « Lheure de Vérité » sur Antenne 2), Paul McCartney a refermé les trois heures de magie avec les trois dernières chansons d « Abbey Road » le dernier album enregistré par les Beatles, « Golden Slumbers », « Carry that Weight » et « The End ». Les paroles de cette dernière résumant à la fois la carrière des quatre petits gars de Liverpool et le moment passé au Stade de France « And in the end the love you take is equal to the love you make » (« Et à la fin, lamour que tu prends équivaut à lamour que tu donnes… »).
Source : culturebox













