Trente ans après son assassinat, le 8 décembre à New York, le plus célèbre des Beatles n’a jamais été aussi vivant. Alors que sort sur les écrans Nowhere Boy, quatre artistes, de Clint Eastwood à Lou Reed, nous racontent leur John Lennon. Et l’écrivain Tatiana de Rosnay lui rend ici hommage. Et vous, quel souvenir gardez-vous de John Lennon?
« John aurait détesté que l’on se souvienne de lui comme d’un mythe ! lance Yoko Ono. Il s’est battu contre ça toute sa vie. » Yoko Ono parle depuis son appartement new-yorkais du Dakota Building, au pied duquel elle a assisté en direct à l’assassinat de son mari, le 8 décembre 1980.
Ils se souviennent de John Lennon
Trente ans plus tard, l’homme, qui disait ironiquement à propos des Beatles : « Nous sommes plus célèbres que Jésus-Christ », fait l’objet d’un culte sans équivalent (lire ici notre article Cinq façons d’honorer la mémoire de John Lennon). En sa mémoire, Liverpool, sa ville natale et le berceau des Beatles, a érigé une sculpture géante baptisée Paix et harmonie. L’Hôtel britannique de la monnaie a émis 5 000 pièces de 5 livres sterling à son effigie. Dans le déluge d’hommages qui déferle depuis le 9 octobre – le jour de sa naissance – deux oeuvres dévoilent un John Lennon méconnu. Nowhere Boy (lire ici notre critique), film bouleversant de Sam Taylor Wood, raconte les dix-huit premières années de sa vie. On y découvre un ado écorché, abandonné par son père et déchiré entre deux femmes qui vont marquer son existence : sa tante Mimi, avec qui John a vécu depuis l’âge de 5 ans (Kristin Scott Thomas), et Julia, mère fantasque et dépressive (Anne-Marie Duff), dont il n’avait que de vagues souvenirs et qu’il a retrouvée à 15 ans. « Mimi était une femme très stricte et cultivée, qui a initié John à la peinture, raconte la réalisatrice britannique. Julia était un esprit libre, une chanteuse et une musicienne qui aimait les hommes, la danse et le rock’n’roll. C’est elle qui a offert à son fils sa première guitare et lui a appris à jouer. » John a 18 ans quand sa mère meurt, renversée par une voiture. Il ne s’en remettra jamais. Mais la rencontre avec Yoko Ono, des années plus tard, lui permettra de trouver le cocon familial dont il avait rêvé. Dans Lennon, biographie romancée de David Foenkinos (parue chez Plon), on découvre un homme qui, en 1975, âgé de 35 ans, décide d’interrompre sa carrière pour s’occuper de son fils, Sean. Foenkinos dresse un portrait magnifique des cinq dernières années de la vie de son héros.
Pour célébrer le créateur de génie, le dreamer (« rêveur »), tel qu’il se définissait, et le poète à l’humour british, L’Express a demandé à Lou Reed, Clint Eastwood, Sandrine Kiberlain, Paul Smith et Tatiana de Rosnay de raconter leur John Lennon.
Source : Paola Genone













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