L’attente fut longue, mais elle en a valu la peine. Charmant et rieur, en forme comme en voix, Paul McCartney a été l’hôte d’une soirée peu ordinaire, historique pour ses fans montréalais, avec qui il a fait l’un de ses rares voyages dans le temps, sur cinq décennies, jusqu’à l’époque de la Beatlemania. En cinq mots : A Day In The Life.
Il a peut-être pris quelques rides depuis sa dernière visite au Forum en décembre 1989, mais Paul McCartney n’a de toute évidence rien perdu de sa simplicité, de son côté gamin, de sa classe et de sa gentillesse.
Un sourire radieux au visage, le Beatles de 68 ans s’est montré particulièrement heureux hier soir de retrouver ses fans montréalais après tant d’années, allant jusqu’à faire semblant de se brûler le bout des doigts en voyant la foule «hot».
Le retour de Paul McCartney
«Bonsoir Montréal, bonsoir mes amis», a-t-il crié en français avant d’entamer une première chanson des Beatles, All My Loving.
En pleine forme, de sa voix aussi douce que forte, qui n’a rien perdu de son lustre, McCartney s’est souvent adressé à la foule.
«Ce soir, je vais parler un peu français, mais mon anglais est meilleur», a-t-il blagué. Plus tard, il a raconté une savoureuse anecdote à propos du ministre de la Défense russe qui lui a un jour confié avoir appris l’anglais avec la musique des Beatles.
LA BEATLEMANIA
La liste des chansons qu’il propose diffère peu de villes en villes. Depuis le début de la tournée Up and Coming, le spectacle débute toujours avec Venus and Mars/Rockshow. McCartney apparaît alors avec sa guitare Höfner en bandoulière, au milieu d’un tonnerre de cris et d’applaudissements, vêtu d’une veste de l’époque Beatles mais actualisée, avec son collet rouge relevé (il la troquera plus tard pour une chemise blanche et des bretelles noires).
Des quelque 35 titres qu’il propose, Paul McCartney en puise près du tiers dans le répertoire des Wings (Jet, Band on the Run (qui a réellement allumé la foule pour le reste du specatcle) et Live and Let Die, notamment).
Comme il fallait s’y attendre, ce sont les chansons des Beatles qui ont suscité la plus forte réaction des spectateurs, soudainement plongés dans l’époque de la Beatlemania, au plus fort de la fièvre entre 1963 et 1966 (quelqu’un dans la foule avait d’ailleurs un écriteau : «Paul signe mon bras, j’ai déjà mon rendez-vous chez le tatoueur»).
En tout et pour tout, McCartney a proposé une vingtaine de chansons du Fab Four, dont Blackbird, Eleanor Rigby, Something (qu’il chante en partie avec la foule), Back in USSR, Paperback Writer, A Day in The Life et Let it be (qui avait l’allure d’une messe).
MICHELLE
Mais McCartney avait aussi un cadeau pour les Montréalais : la chanson Michelle, la célèbre ballade des Beatles, popularisée en 1965, qu’il n’a pas jouée une seule fois depuis le début de la tournée.
La soirée a souvent été des plus émouvantes, comme, lorsqu’assis au piano, il a dédié la chanson The Long and Winding Road à Jimi Hendrix, ou lorsqu’il a parlé de sa femme Linda, et de ses amis John et George.
Avec quelques hits de son époque solo, ou avec The Fireman, Macca a emmené la foule (16 993 spectateurs hier soir) dans un beau voyage musical qui s’est étiré sur cinq décennies.
Au premier rappel, Paul McCartney est arrivé sur scène en brandissant un drapeau du Québec, comme sur les Plaines d’Abraham il y a deux ans.
Au second rappel (au bout de trois heures de spectacle), la légende a finalement invité la jeune fille voulant se faire tatouer son nom à venir le rejoindre sur scène. «Est-ce que tes parents sont au courant ?», a-t-il demandé à Jessica – au bord du délire – avant d’inscrire son nom au marqueur sur son avant-bras.
Paul McCartney a terminé le spectacle avec un chandail du Canadien sur les épaules: «Bonsoir Montréal. See you next time !».
Dans un spectacle de Paul McCartney, c’est évidemment la musique qui prend toute la place, mais elle est néanmoins appuyée visuellement par une large scène – l’une des plus grandes à être entrée au Centre Bell – dominée par un ciel de projecteurs, un gigantesque écran en arrière-scène, et deux autres de chaque côté.
La tournée Up and Coming a débuté à Pheonix en Arizona le 28 mars dernier. Très courte, elle ne compte que 25 dates. La tournée se termine d’ailleurs jeudi prochain, au terme de deux spectacles à Pittsburgh.
Source : Dany Bouchard












