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Une soirée intime avec Paul McCartney

Paul McCartney, 65 ans, n’était pas nerveux pour ce spectacle «intime» à l’Olympia de Paris. L’ex-Beatle s’est présenté avec ses cinq musiciens, et en avant la musique!
Paul McCartney, 65 ans, n’était pas nerveux pour ce spectacle «intime» à l’Olympia de Paris. L’ex-Beatle s’est présenté avec ses cinq musiciens, et en avant la musique!
Photo AP

Revenu à l’Olympia, où les Beatles avaient joué en 1964, McCartney a enchanté hier le Tout-Paris et 2000 fans en délire. À l’échelle de Sir Paul McCartney, l’Olympia doit avoir à peu près les dimensions d’une boîte à chanson de banlieue pour une vedette moyenne du show-business.
Deux cents journalistes et à peu près autant d’invités triés sur le volet. Pour le reste, 2000 billets pas trop chers (75 $ et 100 $) mis en vente à partir de 11 h, et pour lesquels des fans avaient fait la queue dès 4 h du matin.
À l’arrivée, malgré un bracelet anti-fraude fixé au poignet des acheteurs, un petit marché noir s’était organisé, et un couple prétendait avoir payé ses places 500 euros. À l’orchestre, tous les fauteuils avaient été retirés, ce qui n’était pas désagréable. Au balcon, espace réservé pour les notables. Tranche d’âge aux deux étages: entre 30 et 65 ans.
Pour Paul McCartney, il va sans dire, c’est une fantaisie de s’offrir ainsi l’Olympia. cette salle mythique – à l’échelle de la chanson française -, où «je n’avais pas d’argent pour entrer la première fois que je suis venu à Paris». Et où il devait se produire avec les Beatles en 1964, en compagnie de Trini Lopez et Sylvie Vartan. Avant que la célébrité planétaire ne propulse les quatre garçons dans d’autres couches de la stratosphère.
Aujourd’hui, Paul McCartney a 65 ans, un prodigieux catalogue de ses chansons de la période Beatles et une vingtaine d’albums en solo à son actif. On évalue sa fortune personnelle à 1,4 milliard de dollars US. Et la dernière fois qu’il a donné un spectacle à Paris, c’était au Stade de France devant 80 000 personnes. Dans cet espace à dimension humaine qu’est l’Olympia, c’est un peu comme s’il chantait pour nous dans son salon.
Mais justement, McCartney n’a plus rien à prouver, et peut se permettre cette soirée entre amis. Qui se double, soyons francs, avec une opération promotionnelle de bon sens: ce spectacle unique à Paris sert de caisse de résonance à son dernier album, Memory Almost Full (sorti en juin) et au lancement d’un triple DVD retraçant sa carrière.
Beaucoup de matériel sonore, des interviews et des reportages autour d’une soixantaine de titres interprétés en concert sur toutes les scènes du monde depuis trois décennies. Et, au profit de tous ces fans qui n’avaient pas la chance d’être à l’Olympia hier soir, l’enregistrement du concert qui sera diffusé le 16 novembre sur Canal Plus.
Il semble que ce spectacle fasse partie d’une tournée internationale de promotion qui devrait le mener notamment à Montréal et Toronto, mais à des dates pour l’instant non précisées. Pour McCartney, ce genre de spectacle «intime» n’a pas de quoi le stresser. Il débarque avec ses cinq musiciens (remarquables), fait trois balances de son et en avant la musique!
En conférence de presse, le héros de la journée était décontracté, jeans et chemise à fleurs, aimable mais assez pressé d’en finir. Questions «uniquement artistiques», a précisé un agent, pour éviter les questions sur le fameux divorce en cours avec sa femme. On a appris qu’il s’était senti «renaître» après avoir quitté le major Capitol Records – où «on gère 300 artistes en bâillant» pour l’étiquette Starbucks.
Sur le téléchargement gratuit de la musique sur Internet, il s’est montré fataliste: «Je crois que ça peut servir de publicité pour les albums, et que les gens les achèteront encore. Et en tout cas, c’est bien que cela soit disponible gratuitement pour les jeunes. Cela met les artistes et l’industrie en danger? Je sais, je le regrette, mais qu’est-ce que je peux y faire…»
Plus de 35 ans après la séparation du groupe mythique, bien sûr, on lui reparle des Beatles; «L’ombre des Beatles, dit-il avec simplicité, a cessé de planer au-dessus de moi, je me sens très bien en solo.»
Au cours d’un spectacle enchanteur d’une heure et demie, où il a de nouveau fait la preuve de son immense talent de mélodiste, d’arrangeur, de pianiste, le public acquis à sa cause a écouté les très belles chansons de son dernier album – belles variations sur des thèmes «mcartneyiens» connus. Mais il a, comme on pouvait s’y attendre, explosé au retour des grands morceaux de l’époque: Hey Jude, Let It Be et Lady Madonna qui a conclu le show, salué par une interminable ovation qui a fait trembler le plancher du théâtre.

Source : Louis-Bernard Robitaille

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