La mort du rock ‘n roll a été grandement exagéré à quelques reprises, mais quand c’est le fils de John Lennon qui le dit, peut-être est-il temps de s’inquiéter.
Selon Sean Lennon, il y a désormais peu de place pour l’innovation dans le style de musique développé par son père, a-t-il fait valoir vendredi lors d’une conférence de presse.
« Je veux dire, le rock ‘n roll est déjà pas mal usé », a-t-il déclaré en marge du Festival international de jazz de Montréal.
Selon lui, le principal intérêt du rock ‘n roll se trouve plutôt dans les défis esthétiques de l’écriture que dans le désir de forger de nouveaux sons.
« Je suis seulement motivé par la création de jolies chansons, a-t-il dit. Je n’essaie pas de réinventer l’écriture. »
Le chanteur est actuellement à Montréal dans le cadre du Festival international de jazz, mais aussi pour faire la promotion de son nouvel album, « Friendly Fire » – son premier depuis « Into The Sun », qui remonte à 1998.
Dans une petite chambre d’hôtel dont la vue donnait sur les principales scènes du festival, Sean Lennon répondait aux questions en français et en anglais, commentant divers sujets, comme les techniques parentales de sa mère, les économies capitalistes postmodernes et l’histoire de l’individualité artistique.
Il s’est même excusé pour la tournure cérébrale que prenait la conférence.
« Je suis désolé si ce que je dis est ennuyant », a-t-il dit, avant d’en revenir à l’état actuel de la scène musicale.
« La musique pop et le rock ‘n roll, ce n’est plus tellement une forme d’art vitale de la même façon que ça l’a été dans les années ’60 », a ajouté Sean Lennon.
Le nouvel album de Lennon fils s’intéresse davantage aux conflits intérieurs qu’aux affaires sociales, préférant décrire la tourmente d’une histoire d’amour tragique.
Compte tenu de la nature introspective de l’album, il n’est pas très surprenant de voir que Sean Lennon est plutôt critique de la musique revendicatrice, même si cela pourrait choquer certaines personnes qui chérissent toujours la musique des années 1960.
« Je trouve généralement que l’art politique est prétentieux et stupide, a-t-il dit. Je pense que ça prend quelqu’un de très intelligent pour chanter sur la politique et ne pas être pédant. »
Bob Dylan et son père étaient capables de s’en tirer, admet-il.
Mais aujourd’hui, en cette ère de militantisme hollywoodien, la beauté devrait être la seule préoccupation des artistes.
« Je crois que l’art qui n’a pas de raison d’être, qui est simplement vraiment joli, est quelque chose d’utile. »
Il sera en spectacle à Montréal samedi et à Toronto dimanche.
Source : Presse Canadienne













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