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Sean Lennon, le « fils de » s’est fait un prénom

Sean Lennon est un artiste, avant d’être un simple musicien. Passionné de musique, mais aussi de cinéma, le deuxième fils de John Lennon sort cet automne son deuxième album, Friendly Fire. Si sa carrière peut paraître un peu succincte (deux albums en huit ans), Sean Lennon n’est contrairement aux apparences pas un novice de la musique. Dès l’âge de 9 ans, en 1984, Sean interprète sa première chanson sur l’album hommage pour le 50e anniversaire de Yoko Ono, Every Man Has a Woman. En 1991, il joue sur le succès planétaire de Lenny Kravitz, Mama Said et participe en secret à de nombreux autres projets.
Son début de carrière est le reflet de personnalité : un garçon discret, écrasé par un héritage trop lourd à porter pour son âge. Dans les années 90, il partage son temps à jouer dans le groupe de sa mère et à tourner avec Cibo Matto, un groupe underground new-yorkais. Discret, poli, presque fantomatique, Sean Lennon ne semble pas vouloir entâmer une carrière digne de ce nom.
Sean Lennon a grandi
C’est en 1998, à 23 ans, qu’il se lance finalement dans le grand bain, en sortant son premier album solo, « parce que la maison de disques se fichait de qui j’étais », avoue-t-il. Incohérent et inabouti, Into The Sun explore des territoires musicaux variés (bossa nova, pop, rock, jazz) mais reste relativement ignoré du grand public. Il suscite néanmoins une petite polémique puisqu’il sort dans les bacs quelques semaines avant celui de son demi-frère (Photograph Smile), Julian Lennon. On dit les deux frères fâchés, rivaux, mais il n’en est rien. Car Julian a appris à Sean à jouer de la guitare et du piano, l’encourageant à suivre la voie tracée par son illustre père. Deux mères les séparent, mais un père qu’ils ont peu connu les rapprochent.
En 2006, huit ans plus tard, complet légèrement rétro sur les épaules, le « fils de » a grandi et assume désormais son héritage. Sean, 31 ans, travaille d’ailleurs un certain mimétisme physique et vestimentaire avec son père qui n’est sûrement pas le fruit du hasard, symbolisé par des petites lunettes rondes, une barbe fournie et des cheveux longs, indissociables de l’image que l’imaginaire collectif a retenu du chanteur des Beatles. Mais si son univers musical est indéniablement proche de celui de son père, le talent immense qui transpire au travers de ces quelques accords et mélodies n’appartient qu’à lui…
Friendly Fire, dix chansons pour une rupture

Friendly Fire est le document d’une rupture. En dix chansons, Sean Lennon parle de sa séparation douloureuse avec sa petite amie, qui l’a trompée avec son meilleur ami, avant que celui-ci ne décède tragiquement. Si les textes, acerbes, ressemblent à l’univers cynique de son père, les mélodies sont elles plutôt inspirées par la sensibilité et la légèreté de Paul McCartney (Tomorrow, On Again Off Again). Friendly Fire est un disque à la fois doux et dur, parfois hésitant, mais toujours sincère, qui colle à l’image de son auteur, un être qui, malgré son illustre filiation, a su rester humble et discret.
A écouter en priorité : Parachute, On Again Off Again, Tomorrow
Friendly Fire (Capitol Records), 15 euros

Source : TF1

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