On dit des légendes qu’elles ne meurent jamais. Alors si Steeve McQueen peut faire de la publicité pour une voiture après sa mort, si Elvis arrive à remplir des salles de concerts par la seule présence de son hologramme, il n’y a rien d’étonnant à ce que les Beatles sortent cette semaine un nouvel album.
En 2003 sortait l’album « Let it be naked », une version épurée du disque original, délestée des arrangements parfois sirupeux du producteur Phil Spector. Dans l’album «Love » c’est à la démarche inverse que l’on assiste. Le dernier opus des « quatre garçons dans le vent » est en effet une compilation de 186 chansons compilées et retravaillées par sir Georges Martin, producteur historique du groupe qui a travaillé dès le début avec les Beatles et que l’on considère comme l’inventeur de leur univers musical. Il était surnommé le « cinquième Beatles», avant que la mémoire collective n’en retienne un autre, le footballeur Georges Best, véritable icône en Grande-Bretagne.
La genèse de ce projet remonte en 2003 ; le cirque du soleil monte à Las Vegas un énorme spectacle ayant pour bande-son le répertoire des garçons de Liverpool. On charge donc sir Martin et son fils Giles de s’occuper de l’habillage sonore du spectacle en « réactualisant » le style du groupe. Une remise aux goûts du jour qui, à force de découpages et autres triturations numériques que permettent les technologies actuelles, va aboutir à un album en plus d’un habillage musical de spectacle.
«. Une ligne de basse en plus par ci, l’intégration de cuivres par là. Certains avancent l’expression de « chirurgie sonore » tant les arrangements se veulent élaborés.
Il relèvera de la sensibilité de chacun de déterminer la qualité de cet album et de la nécessité de se le procurer, et ce bien que dans leur succès « All you need is love » (qui reprend l’hymne national français en introduction), ils semblent nous présenter subliminalement son acquisition comme un besoin.
Cependant, et comme toujours dans ce type d’entreprise, les détracteurs sont nombreux. Évoquant que seule la pureté originelle des morceaux a droit de cité. Certains vont même plus loin en rappelant qu’en 2013 les premières oeuvres des Beatles tomberont dans le domaine public et que, ne rapportant plus un sou aux ayants droits, il est temps pour eux de gagner un peu d’argent. Rappelons que Paul McCartney, Ringo Starr et les veuves de John Lennon et Georges Harrison ont donné leur accord à la réalisation de ce disque.
En dehors de toute querelle artistico-commerciale, remixée ou dénudée, la musique des Beatles, qui ont écumé grand nombre de salles européennes, semble partie pour survivre longtemps à toutes les utilisations que l’on pourrait en faire. J.B.
Source : Fenêtre sur l’Europe













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