Le 9 novembre 1966, John Lennon rencontre Yoko Ono à Londres. Ils ne passeront leur première nuit ensemble que deux ans plus tard, mais John a déjà changé. Dorénavant, il s’engage bien davantage. Il multiplie les actions symboliques avec Yoko : « bed in » à Amsterdam, renvoi de sa décoration de « member of the british empire », campagne d’affichage, rencontre avec Malcolm X et Mohammed Ali, concert au bénéfice des prisonniers d’Attica, manifestations contre la guerre au Vietnam.
Le président Nixon et ses services de sécurité s’inquiètent. Décidément, cet Anglais qui ne vit aux Etats-Unis qu’avec un visa touristique est encombrant. Si on le coinçait pour le renvoyer en Europe… Le 1 er janvier 1972, le FBI ouvre un dossier John Lennon. Le 8 décembre, le FBI le referme. Ce dossier comprend près de 300 pages. Ses infos sont banales. Nulle part il n’est suggéré que la star ait pu commettre ou planifier quelque chose d’illégal, même pas de l’achat de drogue. C’était pourtant ce que le FBI cherchait d’abord.
Ce dossier a été rendu public par le professeur Jonathan Wiener, qui s’est battu pendant 20 ans pour l’avoir. Il va accéder bientôt à une plus grande audience, puisqu’un documentaire a été tourné à son sujet : The US vs. John Lennon. C’est dirigé par David Leaf et John Scheinfeld, qui faisaient partie de l’équipe qui a tourné Fahrenheit 9/11, de Michaël Moore. Il sortira le 29 septembre aux Etats-Unis. Un peu plus tard chez nous.
L’histoire d’un paradoxe
Ce que le docu raconte, c’est l’histoire d’un paradoxe. Entre la parano des services de sécurité, voulant à tout prix mettre Lennon hors d’état de nuire, et la vacuité du dossier lui-même. Le dossier comprend un message du bureau new-yorkais du FBI suggérant de rappeler à la police de Miami que Lennon devait être arrêté en possession de stupéfiants. Mais le FBI n’a pu qu’écouter des conversations, intercepter des messages, suivre Lennon à ses rencontres et tout noter.
Les paroles d’une chanson interprétée par Lennon lors du concert pour John Sinclair, condamné en 1971 à dix ans de prison pour avoir vendu deux joints de cannabis, par exemple. Paroles qui se retrouvent pourtant au dos de l’album Some time in New York City. Des allées et venues. Des conversations sur le projet de Lennon de participer à une farandole d’artistes… Et un message envoyé par Lennon selon lequel il participerait à la manifestation contre la Convention nationale républicaine de Miami… « sil elle était pacifique ». Lennon était un dangereux agitateur…
www.theusversusjohnlennon.com
Source : JEAN-CLAUDE VANTROYEN












