Fini, le mystère ! Avec la conférence de presse qui levait le voile mercredi, à l?hôtel Le Mirage de Las Vegas, sur les premiers numéros de The Beatles LOVE, les détails de la participation des Beatles à la cinquième production permanente du Cirque du Soleil sur la Strip commencent à filtrer. Une rencontre exceptionnelle… en 10 anecdotes.
1Le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, se rappelle de la réunion de novembre 2000 où il a dû convaincre le comité des Beatles de s?associer au Cirque du Soleil. « C?était à Londres par une journée pluvieuse comme seule Londres les connaît. George (Harrison) m?avait dit qu?il essaierait de mettre notre projet à l?ordre du jour de leur réunion. (…) De mon côté, j?avais déjà rencontré Ringo, qui était positif par rapport au projet. Il me restait à rencontrer Yoko et Paul. George m?avait dit : ?Retourne à l?hôtel et garde ton téléphone ouvert.? Il a finalement appelé. ?On est en avance. Viens-t?en !? George et moi avons raconté ce qu?on mijotait. Ils nous ont demandé de continuer à développer ça. Quand George est mort, je pense que ça a renforcé la conviction de tous qu?il fallait faire le spectacle. Le rêve de George, c?était d?avoir une dernière occasion de travailler créativement avec les Beatles avant que tout le monde soit parti. »
2Guy Laliberté a martelé que LOVE constituait un véritable projet artistique des Beatles. « Paul (McCartney) était ici il y a deux semaines. Nous sommes tous restés en contact au cours des dernières années grâce à des rencontres de groupe, des rencontres individuelles, des appels, de la correspondance par courriels. Ce qu?il faut comprendre, c?est que LOVE est réellement une création des Beatles. C?est leur premier projet artistique depuis la séparation. » Selon le grand chef du Cirque, les deux institutions se rejoignent dans leur volonté « de créer un monde meilleur ».
3Le président et chef des opérations du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, s?étonne encore de la complexité des négociations avec une institution comme les Beatles, à travers leur compagnie, Apple Corps. « C?est l?icône la plus importante du monde de la musique. Pour le comprendre, il aurait fallu que les gens puissent voir la signature de notre entente avec Neil Aspinall (Apple). Dans le contrat principal, il y avait 21 autres contrats. Ça m?a pris une heure et demie pour les signer ! Cette négociation a été un véritable travail de titan. Au lieu d?acheter les droits, comme beaucoup de gens le croient, nous avons créé une coentreprise avec les Beatles. C?est un partenariat 50-50 entre eux et nous. On voulait ainsi donner le ton à notre partenariat. » À quoi Daniel Lamarre attribue-t-il le succès de ces négociations ? « À la patience ! On n?a jamais poussé sur eux. S?il y a une chose à laquelle les gens des Beatles sont allergiques, c?est aux vendeurs. »
4Formé en 1963, Apple Corps représente les intérêts des Beatles sous la supervision de Paul McCartney, Ringo Starr, Yoko Ono et Olivia Harrison. Après le ralentissement de 20 ans qui a suivi la dissolution des Beatles en 1970, la compagnie reprenait ses activités dans les années 90 en mettant de l?avant un nombre important de projets, dont The Beatles Anthology (livre, CD et DVD), destinés à perpétuer l??uvre des Beatles et à en moderniser l?héritage. Au cours des 15 dernières années, plus de 600 millions d?albums des Beatles ont trouvé preneur dans le monde. À elle seule, la compilation 1 a été vendue à plus de 27 millions d?exemplaires.
5Le logo de LOVE, une création conjointe du Cirque du Soleil et de l?agence québécoise Diésel, met d?abord en évidence les Beatles. « Pour nous, explique Daniel Lamarre, c?était important que ce spectacle soit le spectacle des Beatles puisque nous avons déjà beaucoup de spectacles à Vegas. (?) Ce n?est pas un compromis. C?était notre proposition. »
6Atteint du syndrome de l?imposteur, le metteur en scène Dominic Champagne a dû se pincer quelques fois pour voir s?il ne rêvait pas au cours des deux dernières années. C?est bien à lui qu?a été donné le mandat de mettre en images la musique des Beatles dans LOVE. « C?était le spectacle impossible à créer. La réalisation de ce projet a été un long et pénible chemin (a long and winding road). Mais il s?agissait en même temps de tout un privilège ! C?était incroyable pour moi d?être celui qui était assis aux studios d?Abbey Road à rêver à ce qu?on pourrait faire avec ces chansons. Je suis emballé de voir que le spectacle impossible est devenu un rêve possible. Tout cela n?aurait pas été réalisable sans la générosité et l?amitié de Sir George et Giles Martin. »
7Après s?être vu confier la tâche gigantesque de créer la trame sonore de The Beatles LOVE, le duo père-fils George-Giles Martin a voulu tester la latitude qui lui avait été promise en présentant au comité des Beatles une version reggae de Hey Jude ! « Bien sûr, ils ont tout de suite compris que c?était une blague, a indiqué le plus jeune des Martin, mais il était clair, à partir de ce moment, qu?ils nous faisaient confiance. »
8Loin d?être la première création conjointe de Sir George et Giles Martin, LOVE s?ajoute à une liste d?accomplissements conjoints comprenant The Beatles Anthology, The Glory of Gershwin et In My Life (1998), une compilation de pièces des Beatles interprétées par des artistes de renom (Phil Collins, Céline Dion, Bobby McFerrin). Sur le plan personnel, Giles Martin, 37 ans, a collaboré à titre de réalisateur ou de mixeur aux albums d?artistes comme Jeff Beck, Elvis Costello, INXS et Kate Bush.
9Plusieurs fans de la musique des Beatles seront peut-être tristes d?apprendre que la pièce A Hard Day?s Night ne fera pas partie de la sélection musicale de The Beatles LOVE. Par contre, son célèbre accord initial, reconnaissable entre tous, lui, fait partie du mixage final de la trame sonore réalisée par les Martin.
10Pour évoquer la période « givrée » des Beatles, le metteur en scène Dominic Champagne a choisi l?approche en douceur. « Il y a un moment psychédélique dans le spectacle. Évidemment, on ne pouvait dissocier les Beatles de l?expérience de la drogue. En même temps, allait-on faire quelque chose d?aussi simpliste que de fumer un joint sur la scène ? On a choisi d?y aller avec la métaphore des buveurs de thé. On avait pensé offrir de l?acide à tout le monde, mais ç?a été écarté ! On a préféré y aller par évocation. (?) De toute façon, les Beatles eux-mêmes parlaient beaucoup de drogue par allusion dans leurs chansons. »
Source : Kathleen Lavoie / Le Soleil












