Après Karl Lagerfeld, c’est Stella McCartney qui collabore avec l’enseigne suédoise H&M et propose le meilleur de sa mode. A vérifier en boutique dès le 10 novembre.
À la façon d’un chanteur, la créatrice britannique Stella McCartney, invitée en guest star chez le géant suédois H&M aux quelque mille cent trente-cinq magasins dans le monde, signe un best-of de son style en 40 modèles. Les fans se préparent déjà à faire le siège des 36 magasins en France où ils seront distribués (liste complète sur www.hm.com). Mais est-ce une coïncidence si la créatrice est anglaise ? Sans doute pas. En effet, son pays est le deuxième plus grand marché de la chaîne suédoise au chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros pour 2004.
L’Allemagne, marché dominant, avait déjà eu droit à son porte-drapeau en la personne de Karl Lagerfeld qui, il y a un an, inaugurait le principe de créateurs invités. Emeutes, frustration, houleuses files d’attente d’aficionados H&M et de «Lagerfeld addicts » avaient défrayé la chronique de ce premier essai réussi. «Nous avons appris de cette expérience qu’il fallait concentrer plus de vêtements dans moins de boutiques», précise Margareta van den Bosch, responsable du design H&M.
Mais pourquoi Stella ? «Parce qu’en interne et auprès de nos consommateurs, c’est un des noms qui est revenu le plus souvent.» Quatre cents enseignes H&M réparties dans 22 pays de la planète accueilleront donc les modèles de la créatrice : «J’ai repris l’imprimé d’animaux féeriques de ma première collection sous mon nom lancée avec le Gucci Group, ainsi que les éléments clés de mon vestiaire quitte à les désassortir, ce que je préfère de toute manière, explique la jeune femme. Je voulais le meilleur de chaque catégorie.» Le trench à la Stella se porte coulissé. Le combi-knickers en soie, fermé au genou d’un noeud. Ses éléments du tailleur masculin prennent l’allure d’une veste prince-de-galles beige à détails de satin ivoire et boutons gainés. Elle traite l’esprit lingerie en boxer-short et camisole en soie lavée rose poudre qui, c’est certain, vont faire un malheur. Un blouson en maille à porter en minirobe affiche 79,90 ?, les pantalons tuyaux de poêle en denim zippés sur la cheville, 59,90 ? et le top en soie 49,90 ?. Deux pièces de résistance, le manteau en laine à revers et poches de satin noir ou la veste en soie rebrodée montent chacun à 149 ?. Bien sûr, le «made in China» écrit en toutes lettres explique ces prix superattractifs, mais on ne va pas bouder notre plaisir.
Maria Carla remplace Kate Moss
Stella reste souriante et ultrapolicée lorsqu’on évoque la campagne publicitaire. Elle se déclare très satisfaite du choix porté sur le mannequin italien Maria Carla pour remplacer son amie Kate Moss révoquée pour les raisons que l’on sait. «Nous n’avons pas eu le temps de rephotographier la campagne d’annonces presse, il s’agira donc de jouer sur le logo, précise Margareta van den Bosch. Maria Carla est l’image de cette collection pour les films publicitaires.»
Avant-goût du succès populaire annoncé, les attachées de presse internationales de la firme suédoise, toutes venues à Londres pour le lancement de la ligne et âgées de 25 à 30 ans environ, ont déjà adopté les modèles McCartney/H&M. En les observant, on constate d’emblée les affinités qui existent entre cette collection temporaire et sa cible. «Les vêtements de Karl étaient peut-être plus formels», reconnaît Margareta van den Bosch. En fait, cette ligne pour H&M pourrait parfaitement correspondre à celle d’une collection Stella McCartney bis. «En effet, concède la créatrice, mais ça n’en est pas une. Je ne sais pas si le Gucci Group est prêt pour une telle démarche.»
Avec un tee-shirt en coton organique à teinture végétale dont 25% de la vente seront reversés à des fondations au profit de la sauvegarde des animaux, la jeune femme reste fidèle à ses principes. Toujours contre l’utilisation du cuir, elle propose ici, sac, ceinture et bracelet en maille de métal.
Décidément, cette saison couronne le talent de McCartney puisque le fruit de sa collaboration avec Adidas est actuellement en vente dans les enseignes de sport (voir ci-dessous). Une bonne façon de compléter sa razzia chez H&M.
Source : Virginie Mouzat. Le Figaro.












