Nous vous livrons ci-dessous la chronique du livre « Les Beatles : enquête sur un mythe (1960-1962) rédigée par Axel Korinth, et publiée dans le magazine allemand « Things », en Décembre 2004.
{ENQUÊTE SUR UN MYTHE est un livre majeur, qui est divisé en cinq chapitres. Le chapitre premier, « Les Beatles et Tony Sheridan (1960-1962) traite de la façon dont les Beatles sont venus à Hambourg, comment ils ont rencontré Tony Sheridan et comment, en fin de compte, se concrétisa le contrat avec Polydor. L?histoire a déja souvent été racontée, mais Eric a un excellent style et insère ? en partie – quelques citations exclusives. Nous regardons ainsi les séances Polydor avec des détails inconnus : Le chanteur allemand Tommy Kent attire l?attention de son producteur Bert Kaempfert sur les musiciens anglais au Top Ten Club. Chaque détail des sessions d?enregistrements est examiné; de l?équipement utilisé (Sheridan et les Beatles avaient donc probablement un appareil d?enregistrement Telefunken Type M5 à la Friedrich-Ebert-Halle), jusqu?à l?histoire des chansons enregistrées. Eric s?exprime aussi à propos de l?enregistrement Sheridan/Beatles de Swanee River qui a été perdu. Nous en apprenons plus sur le 33 tours projeté par Brian Epstein qui aurait dû être produit en mai 62 par Kaempfert, ainsi que sur l?arrangeur de la version de 1962 de Sweet Georgia Brown qui était un certain Monsieur James Paul McCartney.
Le premier chapitre propose de beaux documents, intéressants et nombreux, en provenance des archives Polydor, et des photos en partie inédites jusqu?ici. Ainsi, nous voyons par exemple aux pages 55 et 56 des photos du groupe de Tony Sheridan avec Ringo à la batterie. A la page 41, il y a un cliché qui montre, entre autres, Sheridan et Rory Storm. Le premier chapitre est sans doute l?analyse la plus détaillée, la plus intéressante et la plus exacte des enregistrements Polydor.
Le second chapitre se nomme « Le mystère Raymond Jones ». Eric Krasker décrit comment s?est développé dans le monde entier, le mythe sur le fictif acheteur de disques Raymond Jones (sorti du livre de Brian Epstein A Cellarful Of Noise), et examine ce que des gens comme Bill Harry, Alistair Taylor, Sam Leach ou Spencer Leigh ont dit à ce sujet. Alistair Taylor par exemple se prend lui-même pour Raymond Jones.
Le chapitre 3 est intitulé « Les circonstances et l?origine de la mort de Stuart Sutcliffe ». Tout d?abord nous avons droit à une courte biographie de Sutcliffe, puis nous sommes informés de son activité au sein des Beatles. Le reste du chapitre est quelque chose de difficile à comprendre en raison des nombreux termes médicaux. Eric expose les raisons possibles de la mort (violences, drogues) et mentionne aussi les affirmations à ne pas prendre au sérieux des « Experts-Beatles » comme Albert Goldman et Pauline Sutcliffe (la s?ur de Stu), selon lesquels John Lennon avait [la mort de] Stu sur la conscience.
Le chapitre 4 s?appelle « Pete Best : autopsie d?un renvoi ». Ainsi sont examinées sa popularité, ses aptitudes musicales et les raisons possibles de son renvoi des Beatles. Krasker pose aussi la question pour savoir si Ringo était alors vraiment meilleur batteur que Pete et questionne dans ce but des musiciens comme Tony Sheridan et Chris Curtis, l?ancien batteur des Searchers. Ce chapitre fait également l?objet de méticuleuses recherches et est écrit de manière informative.
Dans le chapitre cinq « Les enregistrements du Star Club (décembre 1962) », sont éclaircies les circonstances dans lesquelles se sont vraiment déroulés les enregistrements, comment ils ont été retravaillés et commercialisés, jusqu?à la procédure judiciaire de 1998 à laquelle George Harrison prit part – le tout de manière très intéressante. Nous apprenons aussi que les enregistrements du Star-Club n?ont pas du tout été effectués le 31 décembre, mais au contraire les 25, 28 et 30 décembre ! C?est à travers la liste de chansons reconstruite (par les experts-Beatles Martha Rednow et Ben Gesh) que les enregistrements du Star-Club ont été chronologiquement remis en ordre. L?ouvrage est bien conçu, avec des des planches en couleur, avec des reproductions de disques, documents et photos. Ainsi, par exemple, une prise différente de la séance photos du premier album de Tony Sheridan My Bonnie (avril 62) sur laquelle on peut voir Stu à côté de Tony.
Pour le moment le livre est seulement en vente en français, mais Eric Krasker m?a fait savoir qu?une publication allemande par Kultur Buch Bremen serait possible s?il trouvait entre 1000 et 1500 acheteurs. Je pense, compte tenu de la qualité et du traitement des informations, que ça devrait être réalisable.
Andrew Croft, l?éditeur de Beatlology projette au demeurant une version anglaise du livre pour le Canada.}













