34 ans après la séparation des Beatles, Paul McCartney revient sur son parcours et celui des quatre garçons dans le vent dans une biographie dense signée Barry Miles et enfin traduite en français.
Dans le même temps paraît « Un glaçon dans le vent », qui regroupe deux ouvrages de John Lennon introuvables en France depuis de longues années.
La biographie de McCartney
Paul McCartney – Many Years from now: les Beatles, les sixties et moi » (Flammarion, 700 pages, 25,90 euros)
Parue outre-Manche en 1997, cette biographie dans laquelle « Maca » se livre comme rarement, est le fruit de longues heures d’entretiens, 35 sessions au total, réalisées par son vieil ami de 30 ans Barry Miles, entre 1991 et 1996.
Il y revient longuement sur les rapports qu’il entretenait avec son frère ennemi John Lennon.
« John et moi avons sans doute été les deux personnes les plus chanceuses du XXe siècle, parce que nous nous sommes rencontrés. Ce partenariat était incroyable! ».
Concernant la séparation des Beatles, il se souvient: « Je crois que je tombais dans une sorte de dépression nerveuse (…). Vous parlez d’un traumatisme! Non seulement les Beatles n’existaient plus, mais en plus ces trois amis de toujours, les trois meilleurs potes de ma vie, devenaient soudain mes pires ennemis! ».
En dépit des virulentes critiques de Lennon après la séparation, McCartney affirme ne plus éprouver « aucune rancune » contre son ex-alter ego, avec lequel il s’était réconcilié avant sa mort en 1980.
« On a produit une oeuvre que John n’aurait jamais pu, je crois, produire tout seul. Et moi non plus », reconnaît-il, rendant hommage à leur collaboration et à l’entité indépassable qu’ils formaient en terme de composition musicale pop.
Mais McCartney en profite aussi pour tordre le cou à quelques clichés et en particulier à celui qui a toujours voulu voir en lui « le gentil Paul qui fait de jolies mélodies » par opposition à Lennon, considéré comme l’intellectuel curieux et anti-conformiste du tandem.
Ainsi, « Maca » souligne que dans les sixties, c’est lui qui, contrairement aux apparences, était attiré par l’avant-garde artistique et non pas Lennon.
Un ouvrage riche d’enseignements donc, sur un quatuor toujours considéré à ce jour comme le plus grand groupe de pop de tous les temps, et dont l’histoire se confond avec tout un pan du XXe siècle.
L’ouvrage de John Lennon
« Un glaçon dans le vent » de John Lennon (Castor Astral, 19 euros)
John Lennon ne s’est pas contenté d’être un compositeur de génie au sein des Beatles puis en solo. Artiste complet, il rêvait d’être rien moins que le nouveau Lewis Caroll (Alice au pays des merveilles).
Son sens de l’absurde et de la subversion, il les a aussi exprimés dans des écrits et des dessins regroupés dans deux ouvrages introuvables depuis une vingtaine d’années, aujourd’hui édités en un seul.
Son premier livre, « John Lennon: in his own write », paru en 1964, rassemble dessins, contes et saynètes. Le second, « A spaniard in the Works », sorti l’année suivante outre-Manche, n’avait jamais été publié en France.
Savoureux et ludique, Lennon y tord la langue sans complexe avec une gourmandise enfantine.
Ainsi débute « Planche Nette et les sept ou huit petits saints »:
« Il y a longtemps, très longtemps, disons trois cent hi-han si ça vous chante, dans un lointain parc Disniais, au coeur d’une forée profonde, vivaient sept ou huit petits saints – des crétins! – qui s’appelaient Bof, Héhé, Grosse-Gueule, ZZZ, Mouche-toi, Ici-l’Ombre et Crâne-de-Cacahouète. »
Fermez les yeux, écoutez la voix de Lennon et laissez le verbe retomber en enfance…













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