Fini le soufre, vive l’encens : à 46 ans, Madonna a rangé au placard sa panoplie de scandaleuse et c’est en adepte de la Kabbale, courant ésotérique juif, qu’elle fait étape à partir de mercredi à Paris-Bercy pour quatre dates de sa tournée mondiale.
Mercredi, jeudi, samedi et dimanche, le palais omnisports de Paris-Bercy sera plein comme un oeuf : les quatre concerts affichent en effet complet depuis plusieurs mois (des billets sont cependant proposés sur certains sites internet à des prix prohibitifs, à partir de 200 euros).
Fin mars, à leur mise en vente, les 15.000 billets pour la soirée de mercredi avaient trouvé preneur en une demi-heure et deux dates avaient alors été ajoutées à la halte parisienne de la « Madone », qui ne devait initialement s’arrêter en France que pour deux jours.
Un succès déjà vérifié lors des précédents concerts européens de l’Américaine, en août à Manchester, Londres et Dublin.
Car l’événement est de taille : il s’agit en effet de sa première tournée mondiale depuis 2001.
Le « Re-Invention Tour », qui a débuté en mai aux Etats-Unis, porte bien son nom. Oubliée l’époque où Madonna, qui avait fait scandale en 1992 avec son livre « Sex » et son album « Erotica », lançait sa petite culotte dans le public. La chanteuse, qui a récemment adopté « Esther » comme nouveau prénom, est devenue une fervente adepte de la Kabbale, une mode qui fait fureur à Hollywood et à laquelle ont également cédé Barbra Streisand, Britney Spears ou Naomi Campbell.
grande prêtresse de la paix
Du coup, elle s’est muée en grande prêtresse de la paix dans le monde, fustigeant la guerre dans son spectacle à grand renfort d’images, parfois éprouvantes, de soldats américains sur le front et d’enfants blessés. Elle reprend même la chanson « Imagine » de John Lennon devant l’image géante de deux enfants, un Israélien et un Palestinien, marchant côte à côte.
Mais malgré ses nouvelles obsessions mystiques, la « material girl » n’a pas pour autant versé dans l’ascétisme. Son spectacle, qui dure un peu moins de deux heures, est un gros show à l’américaine, avec effets spéciaux, écrans géants, troupe de danseurs et costumes haute couture.
Un show dont ses anciens tubes ne sont pas absents, puisqu’elle reprend notamment « Papa don’t preach », « Material girl » ou « Like a prayer ».
Le virage spirituel de Madonna, dont le dernier disque, « American Life », avait déçu en termes de ventes, a cependant laissé perplexe une partie de la presse américaine. Ainsi, après le lancement de sa tournée en mai, le Los Angeles Times lui avait adressé une supplique vibrante : « Message à Madonna: reviens au sexe. Ou au moins à quelque chose de chair et de sang ».
Après Paris, Madonna achèvera sa tournée par deux dates à Arnhem, aux Pays-Bas, les 8 et 9 septembre, puis deux autres au Portugal, à Lisbonne, les 13 et 14 septembre













