Il y a quelques semaines de cela, nous vous confions dans nos colonnes que le célèbre film d’animations « Yellow Submarine allait faire l’objet d’une publication sous forme de livre pour enfant. C’est désormais chose faite, et c’est ainsi que dès le 16 Août prochain, les petits, comme les grands, pourront se procurer cet ouvrage.
Le livre « Yellow Submarine », traduit de l’anglais en français par Bénédicte Perceval, est une fidèle adaptation du film dessin animé publié en 1968 par la société Apple sous licence de Subafilms, d’après un scénario original de Lee Minoff, Al Broadax, Jack Mendelson, et Erich Segal, et devrait ravir les fans des « Quatre garçons dans le Vent ».
Si vous désirez plus d’informations sur cet ouvrage, édité par « Les Editions du Dragon d’or », cliquez ici.
Il est à noter qu’à l’occasion de la publication de ce livre, le site officiel des Beatles (http://www.thebeatles.com) se mobilise et propose une mise à jour spéciale, dédiée à la fière embarcation jaune. Nous vous proposons ci-dessous quelques images extraites de ce site :
Nous vous invitons à visiter très souvent le site officiel des Beatles, qui devrait évoluer dans les jours et semaines avenirs.
Fort apprécié des fans des Beatles, ce film fut ré-édité en 1999 dans une version remasterisée en VHS et DVD, accompagné d’une bande son elle aussi remasterisée, faisant dès lors oublier que lors de sa publication en salle à la fin des sixties, George, Paul, John et Ringo ne s’investirent que très peu dans ce projet, allant même jusqu’à aller laisser doubler leur voix par d’autres acteurs. Fort heureusement, consultés en 1999, les 3 Beatles survivants semblèrent plus impliqués sur ce projet et répondirent à une petite interview croisée que nous vous livrons ci-après :
Que penser du film aujourd’hui ?
Paul McCartney: Dès le générique, « YeIIow Submarine » fait plutôt vintage, un peu démodé mais très vite, il se met à tenir debout. C’est même étonnement moderne, assez barré. Le film est plutôt intello, pas vraiment destiné aux enfants, même Si, apparemment, beaucoup l’aiment, « Yellow Submarine » est le témoignage d’une époque mais il tient encore la route: quelques-unes des idées développées sont très intelligentes et j’ai ri une fois ou deux, ce qui est plutôt surprenant après tout ce temps. Les couleurs sont pétantes, nettes et très vibrantes…
Ringo Starr: Barré tu dis ? il est vrai que ça l’était à l’époque… quant à savoir Si les couleurs sont plus vives… Je ne me rappelle pas bien le jaune de 1967 comparé à celui de 1999. On dirait seulement du jaune, du bleu et du rouge mais très propres.
George Harrison (plus réfléchi, le quiet one pèse ses mot): Aujourd’hui, il y a tant d’images de synthèse autour de nous qu’on ne s’en aperçoit plus. Mais cette technologie n’est pas aussi bonne que celles employées autrefois. Comme tout le monde reste persuadé que ce qui est nouveau estobligatoirement meilleur, on oublie qu’à son époque, « Yellow Submarine » était vraiment novateur. Il mérite de ressortir. il n’a pas l’air ridicule comparé à tout ce que l’on peut voir à la télévision. Il y a plein de vieux films qui sont mauvais et encore plus de films nouveaux qui le sont également. Disons-le, Hollywood est si nul que n’importe quoi de moyennement décent tient la route à côté.
Les personnages de ‘Yellow Submarine », ont-ils aussi bien vieilli que les originaux?
George Harrison : il ne faut pas oublier que le film s’était fait sans nous. ils ont pris notre musique, nous ont expliqué leur concept et c’est tout Après quoi Heinz Edelmann, un type fantastique, est parti dans son coin créer les personnages puis nous les a montrés. Les voix rendent le film très drôle car bien sûr, ce ne sont pas les nôtres. Lorsque j’apparais dans le film, au sommet de ma montagne avec de la musique indienne, c’est plutôt réussi. C’est comme ça que j’étais et suis encore. Au fond de moi, je suis toujours sur une montagne en Inde…
Paul McCartney: On avait accepté que nos personnages soient doublés et ça a plutôt bien fonctionné même si, depuis, le monde pense que les gens de Liverpool parlent de cette façon cinglée. Quant à mon personnage, il manque sacrément de caractère, me faisant passer pour le type straight du groupe. George est merveilleux sur sa colline et Ringo est bien, comme d’habitude, puisqu’il est drôle. Mais moi, j?apparais comme quelqu’un de suave, sans épices. Je ressemble à un jeune chef d’entreprise qui chante des ballades. Enfin, ce n’est que l’idée que les gens se sont faite mais après, il faut vivre avec.
Ringo Starr : Curieux tout de même qu’à cause des voix, on ait tous l’air d’être sous Valium …
Comment est née la chanson « Yellow Submarine »?
Paul McCartney : J’étais couché, en train de m’endormir. Mon boulot, c’est d’écrire des chansons et c’est un moment idéal pour réfléchir à des thèmes, à des idées… Et je me suis mis à penser que ce serait bien que Ringo chante quelque chose pour les enfants, lui qui justement sait si bien s’y prendre avec eux. J’ai songé à un sous-marin jaune. Le lendemain, j ?ai commencé à écrire et on a fini la chanson ensemble. Ringo la chante très bien. En concert, juste avant le refrain, il crie aux gens: « Où habitons-nous ? » et la foule de répondre: « Dans un sous-marin jaune ». J’adore ça, Ringo demandant: « Où habitons-nous ? »
Ringo Starr : Cette chanson m’a donné un job. Tout le monde peut la chanter. Quand je suis en tournée, je fais aux spectateurs: « En voilà une que vous connaissez tous et si ce n?est pas le cas’ c’est que vous n?êtes pas au bon endroit. » Même les f?tus la fredonnent…
George Harrison : L’année où « Yellow Submarine » est sortie, elle a été votée chanson préférée et chanson la plus détestée en Angleterre. C’est le genre de chanson qui plait aux enfants, à leurs grand-mères et aux gens qui aiment les Beatles. Ceux qui ne les aiment pas la déteste. Mais ils ne se contentent pas de ça, ils la haïssent vraiment, et c?est à ce point.
Que dire en 1999 de l’esprit du film ? Subsiste-t-il un message?
Paul McCartney : « Yellow Submarine » a été réalisé au milieu des années 60, on venait de terminer « Sgt Pepper » et les gens qui ont fait le film ont senti le besoin de se raccrocher à ce qui se passait alors à Londres, une bonne idée finalement. J’estimais pour ma part qu’on pouvait faire un chouette film pour enfants mais eux préféraient coller à l’esprit de l’époque et c’est ce qu’ils l?ont faiL Au niveau des couleurs, des gags et de l’idée générale, le film a vraiment capté l’esprit des années soixante. Cette métaphore, avec les Blue Meanies d’un côté et les gens AIl You Need Is Love de l’autre, est plutôt bonne. Elle fonctionne encore aujourd’hui et fonctionnera sûrement demain… « AIl You Need Is Love » reste le message du film Ça semble un peu simple, voire niais, mais c’est une chanson excellente. John la chante de manière fantastique et elle a affecté énormément de gens. Tout le monde a compris le message sauf ceux qui déclenchent les guerres…
Ringo Starr : Peut-être que le vainqueur de la prochaine sera celui qui serrera l’autre le plus fort dans ses bras.
George Harrison : J’aime beaucoup les Blue Meanies du film, très différents de ceux de la réalité, plutôt sinistres. J’aime surtout ceux qui balancent des pommes car ils ne disent rien. Ils ne font que balancer des pommes sur les gens : c’est une très bonne idée. Plus ils en balancent, mieux c’est.
Paul McCartney : J’adore le chef des Blue Meanies, il a une voix super. En fait j’ai pris l’habitude de l’imiter à la maison. Ce personnage m’a aidé dans bien des situations.
Ringo Starr : N’oublions tout de même pas qu’à chaque fois que les Beatles sont représentés, peu importe ce qui se passe autour d’eux, c’est la musique qui prime.
Les plages instrumentales écrites pour le film par George Martin ont disparu du nouveau songtrack Inutile de dire que le vieil homme s’en indigne, même Si on parle déjà d’un CD uniquement consacré à ses séquences…
Paul McCartney: La première fois que les gens ont acheté l’album « Yellow Submarine », il se peut qu’ils aient été surpris ou déçus que toutes les plages orchestrales soient dessus. Ils avaient pris l’habitude d’acheter nos disques pour nos propres sons. Sans vouloir être injuste avec le travail de George Martin, j’estime que c’est bien que les gens puissent enfin se procurer toutes les chansons contenues dans le film. Les Beatles n’ont jamais roulé le public.
Enfin, il est à noter qu’à l’occasion de la publication de cet ouvrage, des objets dérivés du film « Yellow Submarine » devraient être distribués par Apple.
A suivre….

























