
Danger Mouse était un petit DJ, qui a eu il y a quelques semaines une idée de génie. Comme beaucoup d’autres adeptes du remix, il avait entrepris de travailler sur une version a capella du Black album de Jay-Z, mise à disposition par ce rappeur pour ceux qui aimeraient travailler autour de son disque. Danger Mouse a entrepris de la mélanger à son opposé, soit le mythique White album des Beatles. Il en a tiré un disque de 12 morceaux, qu’il a naturellement baptisé? Grey Album. Il a en fait presser 3.000 exemplaire et a créé une petite page, espérant ainsi se faire connaître.
Le succès avant le cauchemar
Le résultat a dépassé ses espérances. Encensé par quelques critiques, le Grey album fut vite mis en écoute sur Internet, ses mp3 échangés massivement sur peer-to-peer et les 3.000 exemplaires, écoulés en quelques jours, sont déjà des pièces rares.
Pour Danger Mouse, le Grey album était un succès. Mais la major EMI transforma cette aventure en cauchemar. Très vite, sous prétexte que le DJ n’avait pas acquis de droit pour remixer des morceaux des Beatles, elle exigea qu’il retire son disque de la vente.
Le copyright rétrograde ?
La nouvelle fit bondir de nombreux internautes, qui s’empressèrent de rendre le Grey album disponible en mp3 sur leurs sites avant qu’il ne disparaisse des magasins. Mais quelques-uns parmi eux reçurent une lettre exigeant qu’ils retirent à leur tour les fichiers de leur site.
EMI avance qu’il s’agit simplement de faire respecter le copyright et ses droits. Mais pour beaucoup, le cas du Grey Album est symptomatique d’un système qui n’est plus adapté. Pour Nicholas Reville, qui gère le site militant downhillbattle.org, « il n’y avait aucun moyen pour Danger Mouse d’acquérir ces droits », si prohibitifs que même un rappeur à succès ne pourrait les acquérir.
Surtout, affirme-t-il, « rien dans l’album de Danger Mouse ne découragerait le public d’acheter l’album des Beatles, bien au contraire ». Ce cas montre donc, selon lui, que le « Copyright, créé pour permettre « le progrès de la science et des arts » a aujourd’hui un effet contraire ». Les majors rendent hors-la-loi une forme d’art : le sampling », conclut-il.












