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The Rutles : des DVD survoltés !

Les Monty Python, c’est un peu comme les Beatles. Il y a toujours un membre caché. Prenez les films, par exemple. D’ordinaire, on en compte trois : Sacré Graal (qui a eu les honneurs d’un  » director’s cut  » avec 24 secondes supplémentaires !), la Vie de Brian et le Sens de la vie. Mais ce serait oublier ce monument qu’est la Première Folie des Monty Python, qui vient de sortir en DVD. On préférera le titre original, And now for something completely different, référence à cette phrase mythique que prononçait d’ordinaire John Cleese, singeant un présentateur de la BBC dont le bureau aurait atterri en pleine mer ou au milieu des bois y allant d’un flegmatique « sans transition « . Est-ce vraiment un film ? Pas vraiment, plutôt une compilation des meilleurs sketches des Python, leur producteur voulant à l’époque toucher ainsi le public américain. Bon gré mal gré, les six nous ont donc refait le sketch du perroquet mort, le concours de crétins, la chanson du bûcheron aimant à se déguiser en fille, le tout entrecoupé des animations d’un Terry Gilliam survolté, évoquant pêle-mêle des voitures tueuses, un David de Michel-Ange dont la feuille de vigne sera mise à rude épreuve ou un Oncle Sam pour qui l’Amérique est un dentifrice contre la conspiration communiste. Hélas, tout n’y est pas (pourquoi nous avoir privés des moutons volants, du ministère des Démarches à la con et du match de foot de philosophes ?) et la présence du public de la BBC manque parfois. Mais on reverra avec plaisir les forfaits du gang des mamies loubardes dont le cri de guerre est « Faites du thé, pas l’amour « . Qui plus est, un film qui commence par une leçon pour apprendre à ne pas être vu ne peut que valoir le coup d’oil.

Et, en parlant des Beatles, comment ne pas céder à la tentation de revoir le vrai-faux documentaire d’Eric Idle, ami personnel de George Harrison, The Rutles ? Une parodie à peine appuyée des aventures des quatre garçons dans le vent où  » Help  » devient  » Ouch  » (aïe ! en quelque sorte), où les frasques des minots de Liverpool consistent cette fois en l’ingestion massive de thé avec Paul Simon et Mick Jagger pour commenter la carrière d’un groupe dont le cri de guerre était « All you need is cash  » (Tout ce dont on a besoin, c’est de fric !). Autant dire qu’on comprend mieux où Rob Reiner a puisé son inspiration pour l’excellent Spinal Tap.

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