MAMAN depuis l’an dernier d’un petit garçon prénommé Ayehli, la chanteuse israélienne Noa sort aujourd’hui « Now », un nouvel album plus personnel. Entièrement en anglais, il fait la part belle aux ballades et compte deux reprises, l’une du groupe Alan Parsons Project, l’autre des Beatles. On y découvre en prime, sur le livret, la frimousse de son fils. Pourquoi avoir abandonné l’hébreu au profit de l’anglais ? Noa. Parce que, ayant été élevée à New York, l’anglais est la première langue que j’ai parlée et reste celle avec laquelle je peux vraiment m’exprimer. D’ailleurs, dans mes premiers disques, les chansons en hébreu n’étaient pas de moi, mais étaient adaptées de poèmes. Vous avez enregistré deux reprises, « Eye in the Sky », d’Alan Parsons Project et « We can work it out » des Beatles… La première chanson est très introspective. C’est comme si je me regardais dans un miroir et que j’étais sur la voie d’un nouveau futur. Quant à la chanson des Beatles, qui est mon groupe favori, le message est très clair : « Life is very short » (la vie est très courte). Profitons-en ! Votre maternité va-t-elle vous éloigner de la scène ? C’est un énorme challenge, mais je reste le plus possible avec mon fils. Il était avec moi lorsque j’ai enregistré l’album à Londres, à Amsterdam et en Israël et, l’an dernier, alors qu’il n’avait que trois mois, je l’ai emmené en tournée en Italie et en Espagne. Faire un enfant alors que votre pays est en guerre ne vous a pas effrayée ? Donner la vie est naturel. On est comme des animaux, on se reproduit. On donne à nos enfants un peu de notre âme et on les laisse grandir. C’est le seul moyen de se régénérer. Et puis je n’avais pas envie de me retrouver seule à 60 ans avec un chat ou un chien ! Que pensez-vous de la situation au Proche-Orient ? Il faut clarifier une chose : vivre dans les territoires occupés et à Jérusalem est dangereux. Mais, dans le reste du pays, on continue à vivre comme avant. Et puis, si on regarde bien, le monde entier a des problèmes. Dès qu’on gratte un peu, on découvre le terrorisme en Espagne, Le Pen en France, la corruption en Italie… La terreur est partout. Avez-vous bon espoir ? Il n’y a pas d’autre option et la paix est sur la bonne voie, même si ça paraît un peu « brumeux » pour le moment. Par exemple, certains des plus hauts gradés de l’armée font aujourd’hui partie d’un mouvement pour la paix qui réunit des gens ayant perdu quelqu’un qu’ils aimaient dans la guerre. C’est un mouvement commun où l’on trouve Israéliens et Palestiniens. Je chante très souvent pour eux…
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