La durée de l’enregistrement

Arrêtons nous un instant et récapitulons. En cette fin d’année 66, l’album « Revolver » est plus que jamais en tête de tous les charts de la planète. Cette place consacre une évolution dans leur style à tous les niveaux. Une porte vient de s’entrouvrir, reste néanmoins à déterminer ce qu’il y a derrière… Autre fait marquant, comme nous l’avons indiqué plus tôt, les rapports entre les Beatles et la drogue sont de plus en plus étroits. Nous sommes au début de la période « psyché » et le LSD est omniprésent…. Mais le plus important est que les « gars de la Mersey » se sont enfin débarrassés, à jamais, de leurs obligations scéniques. Pour la première fois depuis maintenant 4 ans, les Beatles vont disposer de temps. D’abord du temps pour quelques vacances (bien méritées après la folle période de la Beatlemania), puis du temps (illimitées grâce à EMI) pour se concentrer sur leur futur 33 T. Toutes les conditions sont désormais réunies pour donner naissance au chef d’œuvre de la pop musique qu’est « Sgt Pepper’s ». Celui-ci va demander 9 mois de gestation, dont 5 mois de studio plein…Sa réalisation coûtera 25 000 £ (un record pour l’époque). En comparaison, le 1er LP des Fab Four avait été enregistré en une seule journée, pour seulement 400 £ …

Vers de nouveaux horizons…

Comme indiqué précédemment, les Beatles s’accordent dans un premier temps quelques semaines de repos, qui vont être tout de même mise à profit. En réalité, c’est à cette période que les Fab Four cessent d’être 4 musiciens habillés et coiffés de la même manière, pour devenir 4 personnalités affirmées, totalement différentes, mais qui restent pourtant en parfaite alchimie. Chaque Beatle va se tourner vers une activité lui tenant à cœur. C’est ainsi que John va en profiter pour tourner dans un film (« How i won the war » de R. Lester). George lui se perfectionne au sitar (avec Ravi Shankar) et effectue un voyage en Inde (les prémices du « White Album », déjà…). De son côté, Ringo passe des vacances tranquilles en famille. Quant à Paul, il déborde de créativité…et en profites même pour composer la bande originale d’un film (« The Family Way ») avec l’aide de George Martin.

…Pour un nouveau type d’album.

Le 24 Novembre 1966, les Beatles se retrouvent frais et dispos aux studios d’Abbey Road pour commencer l’écriture du nouvel album. Les séances commencent sur « Strawberry Fields forever » que John a ramené de son tournage… Jusqu’au milieu de Janvier 1967, l’essentiel du travail se concentre sur cette chanson , ainsi que sur Penny Lane. Ces deux chansons sortiront en single sous la pression d’EMI, puisqu’elles étaient les deux plus avancées. C’est ensuite au tour de « A Day In The Life » et du thème de « Sgt Pepper’s » de voir le jour. Puis c’est au tour de « Good Morning, Good Morning » et « Being for the benefit of Mr Kite ». Chaque chanson étant sans cesse retravaillée. Les Beatles ayant un nombre d’idées impressionnantes et une créativité débordante. Le 29 Mars, le titre officiel de l’album est annoncé. Après cela, tout s’enchaîne très vite. Le 12 Mai, la radio libre « Radio London » est autorisé à diffuser l’intégralité de l’album sur les ondes. Une petite semaine plus tard, une fête est organisé pour la presse, au domicile de Brian Epstein . L’album est officiellement lancé. Le 20 Mai, c’est au tour de la BBC de présenter « Sgt Pepper’s » à ses auditeurs. A l’exception de « A Day In The Life », pour … « encouragement à la consommation de drogues » ! Le 1er Juin 1967, l’album sort enfin en Angleterre (et le 2 aux Etats-Unis). Mais les Beatles eux sont déjà loin de toute cette agitation. La créativité atteint des sommets…tellement de choses à explorer ! après un passage à l’émission « Our World » pour interpréter « All You Need Is Love », les Beatles continuent sur la lancée de « Pepper » pour concevoir la bande son du « Magical Mystery Tour » . Mais ça, c’est une autre histoire…

L’après Revolver

Revolver sort le 5 Août 1966. Tout le monde pouvait se douter qu’une évolution dans le style des Beatles était en marche après « Rubber Soul ». Une évolution, certes. Mais pouvait on Imaginer une telle audace ? En effet, la genèse de « Sgt Pepper’s » commence à se profiler dans « Revolver ». La première chose que l’on remarque est que les chansons se suivent sans interruption. Sans aller jusqu’à dire qu’il s’agit d’un véritable concept comme le sera « Sgt Pepper’s », il apparaît déjà que les albums de rock « classiques » de la fin des années 50 et du début des 60’s sont très loin…ceux où les albums n’étaient qu’une simple suite de chansons sans ordonnancement précis. Il apparaît également que George Harrison prend de plus en plus de place, en signant 3 titres (« Taxman », « Love You To » et « I Want To Tell You »).

Il continue d’ailleurs son apprentissage du sitar dans « Love You To », qui est un peu l’ancêtre de « Whitin you, without you »… Les textes sont aussi beaucoup plus travaillés et variés qu’a l’accoutumé dans un album de pop-rock (si tant est qu’elle existait déjà ?). Là aussi, l’époque où l’on se contentait de parler futilement de filles et de voitures est bel et bien dépassé. On aborde en vrac le FISC (« Taxman ») , la solitude (« Eleanor Rigby »), les bienfaits de l’acide (« Doctor Robert »), ou les difficultés d’un jeune homme a déclarer sa flamme (« I Want To Tell You »)… VERS DE NOUVEAUX HORIZONS… Mais la véritable ébauche d’évolution (ou de révolution ?) de ce disque ce situe, bien sur, sur le plan musical. Il apparaît qu’une nouvelle ère est prête à s’instaurer au milieu des années 60 sous l’impulsion du génie allié de Lennon et McCartney.

« Revolver » est en quelque sorte la première marche qui mènera à l’univers totalement déjanté de « Sgt Pepper’s ». Mais alors, « Revolver » ne serait il pas le véritable album charnière du XXeme siècle, à l’instar de « Sgt Pepper’s » ? Certes, ce dernier est beaucoup plus abouti dans sa conception et sa réalisation, mais « Revolver » est véritablement l’album novateur avant l’heure. Il arrive à garder une certaine fraîcheur dans les chansons tout en annonçant ce qui se fera par la suite : Les différents bruitages incorporés dans « Yellow Submarine », le sitar de « Love You To », une chanson de rock basé sur du classique (« Eleanor Rigby »), les trompettes hurlantes de « Got To Get You Into My Life »…Et surtout, le génialissime « Tommorow never knows » de Lennon, qui annonce au monde entier que l’ère de l’expérimentation vient de s’ouvrir. De part sa position sur « Revolver » (la dernière piste), elle se place comme une parfaite transition entre les deux albums.

Ce n’est déjà plus du « Revolver », mais ce n’est pas encore du « Pepper’s » ! Chose amusante, « Tommorow never knows » est en réalité la première chanson que les Beatles ont mis en boite lors des sessions d’enregistrement de « Revolver »… Mais que dire devant une telle avalanche de créativité ? Un Lennon au sommet de son art qui se lance dans la construction d’une chanson basée sur une seule note. Au programme, doublage ou quadruplage de sa voix, guitare en boucle, puis passé à l’envers, la batterie de Ringo semblant venir de nulle part, et incorporation de son passé à l’envers…bref, un délire totalement Lennonien, et ce n’est pas le dernier !

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