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« Woman Is the Nigger of the World » est une chanson provocante de John Lennon, sortie en 1972, sur l’album Some Time in New York City. Inspirée par une déclaration de Yoko Ono, cette chanson critique la condition des femmes dans une société patriarcale. En utilisant un terme controversé, « nigger », Lennon cherche à souligner l’oppression vécue par les femmes, en la comparant à celle des Afro-Américains. Le titre a suscité de vives critiques et des réticences des radios, malgré les explications de Lennon sur ses intentions. Bien qu’il ait atteint une faible position dans les charts, il est salué par certains comme un puissant plaidoyer féministe. Cependant, il demeure un sujet de débat, notamment sur l’analogie entre sexisme et racisme.
Composition : Lennon-Ono
Enregistrement : 13 février – 8 mars 1972
Producteurs : John Lennon, Yoko Ono, Phil Spector
Sortie : 15 septembre 1972 (Royaume-Uni), 12 juin 1972 (États-Unis)
Disponible sur :
Some Time In New York City
Live In New York City
John Lennon Anthology
Wonsaponatime
Acoustique
Personnel
John Lennon : chant, guitare
Wayne « Tex » Gabriel : guitare électrique
Adam Ippolito : piano, orgue
Gary Van Scyoc : basse
Stan Bronstein : saxophone
Richard Frank Jr : batterie, percussions
Jim Keltner : batterie
John Lennon et « Woman Is the N****r of the World » : Un Cri de Révolte et de Controverse
Sorti en 1972 sur l’albumSome Time in New York City,Woman Is the N**r of the Worldest l’un des morceaux les plus polémiques de la carrière solo de John Lennon. Inspirée par une phrase de Yoko Ono, cette titre est un plaidoyer féministe audacieux qui a suscité autant d’admiration que de rejet. Entre engagement politique, réflexion sociale et rejet par les radios, retour sur un titre qui continue de faire débat.
L’idée derrièreWoman Is the N**r of the Worldvient d’une déclaration faite par Yoko Ono lors d’une interview pourNovaen 1969. Observant la société patriarcale et misogyne qui l’entoure, elle affirme que les femmes sont les premières victimes de l’oppression, une pensée qui trouve un écho dans la citation du révolutionnaire irlandais James Connolly :« La femme travailleuse est l’esclave de l’esclave. »
John Lennon met du temps à accepter cette idée. Lorsqu’il découvre la phrase imprimée sur la couverture du magazineNova, il réalise son impact et décide de la transformer en titre. Le titre choque immédiatement, notamment à cause de l’utilisation du motn**r, historiquement associé à l’oppression des Afro-Américains. Conscient du risque, Lennon consulte plusieurs militants des droits civiques, dont l’humoriste et activiste Dick Gregory, pour s’assurer que son intention est bien comprise. Malgré ces précautions, la controverse éclate dès la sortie du morceau.
Depuis sa rencontre avec Yoko Ono, John Lennon a progressivement adopté une posture plus engagée sur la question des droits des femmes. De ses premières ballades empreintes de machisme (Run for Your Life,You Can’t Do That) à des titres militants commeWoman Is the N**r of the World, il évolue vers une vision plus égalitaire des rapports hommes-femmes.
Dans une interview donnée en 1971 àRed Mole Magazine, Lennon confie :« La révolution ne peut pas être complète si elle n’inclut pas la libération des femmes. C’est incroyable à quel point nous sommes conditionnés à croire à la supériorité masculine. Yoko a dû m’ouvrir les yeux sur tant d’aspects que je ne percevais pas. »Ce titre est donc autant une dénonciation sociale qu’une prise de conscience personnelle.
Enregistrée entre février et mars 1972 avec le groupe Elephant’s Memory,le titre adopte une instrumentation énergique, proche du rock protestataire. On y retrouve un saxophone percutant de Stan Bronstein, des guitares incisives et un piano rugueux. La production, assurée par Phil Spector, apporte une touche brute et urgente à l’ensemble, accentuant le caractère revendicatif du morceau.
Le morceau est dévoilé au public lors de l’émissionThe Mike Douglas Showen février 1972, où Lennon et Ono coaniment plusieurs épisodes. En mai, le couple interprètele titre sur leDick Cavett Show, mais la chaîne ABC exige que Cavett fasse une déclaration d’excuse avant la diffusion, de peur que l’émission ne soit censurée.
Dès sa sortie en single aux États-Unis en avril 1972,Woman Is the Nr of the Worldrencontre une résistance immédiate. De nombreuses stations de radio refusent de la diffuser, jugeant son titre trop controversé. Malgré les explications de Lennon, qui affirme que le motnrdésigne ici toute personne opprimée, le morceau peine à s’imposer. Il atteint seulement la 57e place duBillboard Hot 100, devenant l’un des singles les moins performants de Lennon aux États-Unis. En Europe, la situation est encore plus compliquée : la sortie du single est tout bonnement annulée au Royaume-Uni.
Apple Records tente d’atténuer la polémique en publiant une publicité citant un extrait du discours du député Ron Dellums, affirmant que les femmes sont les opprimées de la société patriarcale. Cependant, Dellums lui-même se désolidarise de cette initiative, dénonçant une récupération de ses propos.
Malgré ses intentions progressistes,le titre reste une œuvre difficile à appréhender. Si elle a été saluée par certaines organisations féministes, comme laNational Organization for Women, qui lui décerne un prix pour son message pro-féministe, elle a aussi été critiquée pour l’analogie jugée maladroite entre sexisme et racisme. Des penseurs comme Ta-Nehisi Coates et Todd Mealy reprochent à Lennon un manque de nuance dans sa compréhension des oppressions raciales.
Lennon, quant à lui, reste fidèle à sa vision jusqu’à la fin de sa vie. En 1980, il défend toujoursle titre, affirmant :« J’étais plus féministe en 1972 que je ne l’ai jamais été. C’est une vérité inconfortable, mais que fallait-il faire ? Trouver une autre métaphore ? »
Aujourd’hui,Woman Is the N**r of the Worldest rarement mise en avant dans les rétrospectives de Lennon. Absente des compilations grand public, elle reste un symbole des années les plus radicales de l’ex-Beatle. Elle a été rééditée dansJohn Lennon AnthologyetWonsaponatime, mais son impact reste limité par la charge émotionnelle et politique de son titre.
Loin d’être une simple provocation, ce morceau témoigne avant tout de l’évolution idéologique de John Lennon, de son engagement pour les droits des femmes et de sa volonté d’utiliser sa musique comme un vecteur de changement. Qu’on l’admire ou qu’on la critique, elle demeure un témoignage puissant d’une époque où l’art et la politique s’entremêlaient sans compromis.
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Woman is the nigger of the world
Yes she is…think about it
Woman is the nigger of the world
Think about it…do something about it
We make her paint her face and dance
If she won’t be a slave, we say that she don’t love us
If she’s real, we say she’s trying to be a man
While putting her down, we pretend that she’s above us
Woman is the nigger of the world…yes she is
If you don’t believe me, take a look at the one you’re with
Woman is the slave of the slaves
Ah, yeah…better scream about it
We make her bear and raise our children
And then we leave her flat for being a fat old mother hen
We tell her home is the only place she should be
Then we complain that she’s too unworldly to be our friend
Woman is the nigger of the world…yes she is
If you don’t believe me, take a look at the one you’re with
Woman is the slave to the slaves
Yeah…alright…hit it!
We insult her every day on TV
And wonder why she has no guts or confidence
When she’s young we kill her will to be free
While telling her not to be so smart we put her down for being so dumb
Woman is the nigger of the world
Yes she is…if you don’t believe me, take a look at the one you’re with
Woman is the slave to the slaves
Yes she is…if you believe me, you better scream about it
We make her paint her face and dance
We make her paint her face and dance
We make her paint her face and dance
We make her paint her face and dance
We make her paint her face and dance
We make her paint her face and dance
La femme est la nègre du monde
Oui, elle l’est… réfléchissez-y
La femme est la nègre du monde
Réfléchissez-y… faites quelque chose
On la fait se maquiller et danser
Si elle refuse d’être esclave, on dit qu’elle ne nous aime pas
Si elle est vraie, on dit qu’elle essaie d’être un homme
Tout en la rabaissant, on fait comme si elle était au-dessus de nous
La femme est la nègre du monde… oui, elle l’est
Si vous ne me croyez pas, regardez celui avec qui vous êtes
La femme est l’esclave des esclaves
Ah, oui… criez-le haut et fort
On la fait porter et élever nos enfants
Et puis on la quitte parce qu’elle est une vieille mère poule
On lui dit que la maison est le seul endroit où elle devrait être
Puis on se plaint qu’elle est trop détachée du monde pour être notre amie
La femme est la nègre du monde… oui, elle l’est
Si vous ne me croyez pas, prenez un Regarde celui avec qui tu es
La femme est l’esclave des esclaves
Ouais… d’accord… vas-y !
On l’insulte tous les jours à la télé
Et on se demande pourquoi elle n’a ni cran ni confiance en elle
Quand elle est jeune, on tue sa volonté de liberté
Tout en lui disant de ne pas être si intelligente, on la rabaisse parce qu’elle est si bête
La femme est la nègre du monde
Oui, elle l’est… si tu ne me crois pas, regarde celui avec qui tu es
La femme est l’esclave des esclaves
Oui, elle l’est… si tu me crois, tu ferais mieux de le crier haut et fort
On la fait se peindre le visage et danser
On la fait se peindre le visage et danser
On la fait se peindre le visage et danser
On la fait se peindre le visage et danser
On la fait se peindre le visage et danser
On la fait se peindre le visage et danser
On la fait se peindre le visage et danser
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