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L’actualité Beatles en 2025

George Harrison et Electronic Sound : son ovni musical oublié

En 1969, George Harrison surprend en sortant Electronic Sound, un album expérimental entièrement basé sur le synthétiseur Moog. Loin des mélodies ciselées des Beatles, il s’agit d’une improvisation brute et chaotique qui déroute le public et reçoit un accueil glacial. Harrison lui-même le considère comme une curiosité sans grande valeur. Pourtant, cet écart vers l’avant-garde témoigne de son insatiable soif d’exploration musicale, influençant légèrement ses œuvres futures, notamment Here Comes the Sun.

En 1969, George Harrison surprend en sortant Electronic Sound, un album expérimental entièrement basé sur le synthétiseur Moog. Loin des mélodies ciselées des Beatles, il s’agit d’une improvisation brute et chaotique qui déroute le public et reçoit un accueil glacial. Harrison lui-même le considère comme une curiosité sans grande valeur. Pourtant, cet écart vers l’avant-garde témoigne de son insatiable soif d’exploration musicale, influençant légèrement ses œuvres futures, notamment Here Comes the Sun.


Lorsque les Beatles se séparent officiellement en 1970, chaque membre du groupe s’engage dans une aventure musicale en solitaire, avec des fortunes diverses. Si Paul McCartney et John Lennon trouvent rapidement leur voix dans des carrières solos prolifiques, George Harrison, lui, semble libéré d’un carcan qui bridait son élan créatif. Loin d’être un simple faire-valoir des duettistes Lennon-McCartney, Harrison avait déjà accumulé une somme impressionnante de compositions inédites, reléguées au second plan durant ses années Beatles. All Things Must Pass, son premier véritable album solo, allait révéler cette richesse au grand jour. Mais avant cela, Harrison s’était livré à une expérience musicale pour le moins déconcertante avec Electronic Sound, un disque qu’il considérait lui-même comme une curiosité sans grande valeur artistique.

Une soif d’exploration musicale

George Harrison n’a jamais caché son intérêt pour les musiques alternatives et les sonorités novatrices. Sa fascination pour la musique indienne l’avait déjà conduit à intégrer le sitar aux compositions des Beatles, notamment avec Norwegian Wood (This Bird Has Flown) et Within You Without You. Mais son désir d’exploration ne s’est pas arrêté là. En découvrant le synthétiseur Moog, Harrison voit dans cet instrument une nouvelle frontière sonore à franchir.

C’est ainsi qu’il se lance dans l’enregistrement de Electronic Sound, un album entièrement conçu autour du Moog, sans structure musicale traditionnelle ni même une intention claire de mélodie. L’expérience est brute, hasardeuse, parfois assourdissante. Electronic Sound ne ressemble à rien de ce que Harrison avait pu produire auparavant, et encore moins à ce qu’il proposera après.

Une production chaotique et un accueil mitigé

Sorti en mai 1969 sur le label Zapple, filiale expérimentale d’Apple Records, l’album comprend seulement deux longues plages sonores : Under the Mersey Wall et No Time or Space. Il ne s’agit pas vraiment de compositions, mais plutôt de manipulations sonores improvisées sur le synthétiseur. Dans un contexte où la musique électronique en est encore à ses balbutiements, Electronic Sound n’est pas un album de pionnier à la manière des expérimentations de Karlheinz Stockhausen ou Pierre Schaeffer. C’est un ovni musical qui déroute et déconcerte.

Dès sa sortie, Electronic Sound reçoit un accueil très froid. Le public des Beatles, habitué à des compositions ciselées et des mélodies inoubliables, ne comprend pas l’intérêt d’un tel projet. Même George Harrison ne se montre pas convaincu par son propre travail. Il déclare plus tard : « Les deux albums qui sont sortis sur Zapple sont de la camelote, même s’ils ont un intérêt pour les collectionneurs. »

Une tentative isolée d’avant-garde

Contrairement à John Lennon, qui plonge dans l’expérimentation sonore avec Yoko Ono sur des albums comme Unfinished Music No.1: Two Virgins et Life with the Lions, George Harrison ne fera pas de Electronic Sound le point de départ d’une carrière d’avant-gardiste. Loin de se lancer dans d’autres explorations synthétiques, il revient à un songwriting plus traditionnel et, surtout, à des sonorités plus accessibles.

Malgré tout, Electronic Sound ne peut être complètement relégué aux oubliettes. Son utilisation du Moog, bien que maladroite, a laissé des traces sur des titres ultérieurs, notamment sur Here Comes the Sun où le synthétiseur joue un rôle subtil mais essentiel dans la texture musicale du morceau. Par ailleurs, cette exploration, aussi bancale soit-elle, témoigne de la curiosité sans bornes de Harrison, qui refusera toujours de se cantonner à un seul registre musical.

L’héritage d’un album marginal

Aujourd’hui, Electronic Sound est perçu comme une curiosité dans la discographie de George Harrison. Il ne s’agit ni d’un chef-d’œuvre incompris ni d’une pièce essentielle de l’histoire de la musique électronique, mais plutôt d’un instant capté, d’une expérience qui, bien que décevante, a contribué à l’évolution musicale de son auteur.

Quelques décennies plus tard, des artistes comme Brian Eno, Aphex Twin ou encore Kraftwerk repousseront les limites de la musique électronique avec une maîtrise et une vision que Electronic Sound était loin d’atteindre. Mais en tant que témoignage d’une époque où tout semblait possible et où les musiciens osaient s’aventurer hors des sentiers battus, l’album de Harrison garde un intérêt historique indéniable.

Ainsi, si George Harrison considérait Electronic Sound comme du « rubbish », il reste un moment fascinant de sa carrière, une tentative imparfaite mais sincère de repousser les limites de son propre art.

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