« That Would Be Something », extrait du premier album solo de Paul McCartney en 1970, incarne l’esprit de simplicité et d’intimité qui caractérise son œuvre post-Beatles. Composé dans sa ferme en Écosse, le morceau repose sur un groove minimaliste et des paroles répétitives qui capturent une émotion brute. Malgré un accueil critique mitigé à sa sortie, cette chanson a gagné en reconnaissance au fil des ans, notamment grâce à sa prestation acoustique en 1991 et sa reprise par The Grateful Dead, illustrant la portée intemporelle de l’art de McCartney.
Le 17 avril 1970, Paul McCartney dévoile son tout premier album solo, sobrement intituléMcCartney. Dans une atmosphère de transition marquée par la dissolution imminente des Beatles, ce disque fait l’effet d’un retour aux sources, McCartney y livrant un projet résolument personnel, épuré et enregistré dans une simplicité quasi artisanale. Parmi les titres marquants de cet album,That Would Be Somethingse distingue par son groove minimaliste et son atmosphère intime, donnant à entendre un Paul McCartney à la fois dépouillé et inspiré.
Sommaire
Une composition née dans la solitude écossaise
À l’époque de la genèse deMcCartney, Paul trouve refuge en Écosse, dans sa ferme de High Park Farm. C’est là qu’il composeThat Would Be Something, un morceau qui, commeThe Lovely Linda, traduit une spontanéité et une légèreté remarquables. Contrairement aux productions léchées des Beatles, cette chanson repose sur une structure rudimentaire, répétitive, où McCartney chante quelques phrases simples sur un rythme lancinant et envoûtant.
Les paroles, réduites à leur plus simple expression, évoquent un désir sincère et une forme de rêverie amoureuse. En quelques lignes répétées avec nonchalance, McCartney réussit à transmettre une émotion brute, caractéristique du style lo-fi qui marque l’ensemble de l’album.
L’enregistrement : une approche artisanale
Loin des fastes des studios d’Abbey Road,That Would Be Somethingest enregistré dans l’intimité du home studio londonien de Paul McCartney entre le 23 et le 30 décembre 1969. À cette époque, il ne dispose que d’un équipement rudimentaire, n’ayant même pas encore reçu la console de mixage et les VU-mètres commandés. Il enregistre alors sa voix, sa guitare électrique, sa basse et quelques percussions (tom-tom et cymbale) avec un seul microphone. Ce procédé confère à la chanson une texture brute et chaleureuse, en rupture totale avec les productions ultra-sophistiquées des Beatles.
Plus tard,That Would Be Somethingest mixé aux studios EMI (devenus les légendaires Abbey Road Studios) le 22 février 1970, aux côtés d’autres morceaux de l’album, notammentValentine Day,Every NightetMaybe I’m Amazed.
Un accueil mitigé mais une reconnaissance notable
Lors de sa sortie, l’albumMcCartneydivise la critique. Certains saluent l’audace de McCartney qui, après avoir régné sur la pop avec les Beatles, opte pour une production lo-fi minimaliste. D’autres, en revanche, jugent l’album trop brouillon et inachevé. George Harrison, pourtant peu enthousiaste quant à l’ensemble du disque, fait exception pour deux titres :
«That Would Be SomethingetMaybe I’m Amazed, je pense qu’ils sont excellents, et tout le reste est correct, mais un peu décevant. Mais peut-être que je ne devrais pas être déçu ; mieux vaut ne rien attendre et tout devient un bonus. »
Ce commentaire de Harrison illustre bien l’impact ambivalent deMcCartney. Si certaines compositions paraissent anecdotiques à l’époque, d’autres, commeThat Would Be Something, traversent le temps et gagnent en reconnaissance au fil des années.
Une résurgence sur scène et une réinterprétation inattendue
Pendant plus de vingt ans après sa sortie,That Would Be Somethingreste un morceau de studio que McCartney ne joue pas en concert. Il faut attendre le 25 janvier 1991 pour qu’il l’interprète enfin en public lors de l’enregistrement deUnplugged (The Official Bootleg). Dans ce contexte acoustique, la chanson retrouve un second souffle, gagnant en intensité et en profondeur.
Fait notable, cette prestation inspire un groupe inattendu : The Grateful Dead. En septembre 1991, le légendaire groupe américain reprendThat Would Be Somethingen concert, intégrant ce titre à leur répertoire live jusqu’en 1995. Cette adoption par l’un des groupes phares de la scène psychédélique américaine témoigne de la portée intemporelle de la chanson et de son groove hypnotique, qui transcende les genres et les générations.
Un morceau emblématique de l’esthétiqueMcCartney
Au fil des décennies,That Would Be Somethings’est imposé comme un témoignage précieux du génie musical de Paul McCartney. Son approche intuitive, son dépouillement sonore et son énergie brute en font un exemple parfait de l’esthétiqueMcCartney, qui privilégie l’émotion à la perfection technique.
Ce titre incarne également la volonté de Paul de se réinventer en dehors des Beatles, en expérimentant une méthode d’enregistrement plus directe et personnelle. Plus qu’un simple morceau d’album,That Would Be Somethingest une porte d’entrée vers l’univers intime et créatif d’un artiste en quête de renouveau à un tournant clé de sa carrière.
Avec le recul, cette chanson est aujourd’hui perçue comme un bijou minimaliste, prouvant que parfois, la simplicité est la clé de la magie musicale.













