À 86 ans, Ringo Starr continue de faire ce qu’il faisait déjà lorsque les Beatles remplissaient les salles du monde entier : monter sur scène, s’installer derrière une batterie et jouer. Derrière cette longévité exceptionnelle, l’ancien Beatle ne revendique pourtant aucun secret spectaculaire, aucune méthode miracle ni quelconque recette de jeunesse éternelle. Sa philosophie tient en quelques mots : régularité, mouvement et discipline.
Dans un entretien accordé à USA Today au printemps 2026 et remis en lumière début septembre par le magazine américain Men’s Health, Ringo Starr a détaillé la routine physique qui lui permet de rester en condition pour les concerts. Une préparation qui, à son âge, peut représenter jusqu’à cinq séances d’entraînement par semaine.
« Il n’y a pas de méthode particulière », résume-t-il. « Personne ne peut le faire à votre place. Il faut sortir du lit et le faire. »
Une formule presque banale dans sa simplicité, mais qui éclaire assez bien la manière dont Ringo semble envisager la vieillesse : non comme une période de retrait, mais comme une continuation de la vie qu’il mène depuis plus de soixante ans.
Sommaire
La salle de sport comme prolongement du métier de batteur
Il serait tentant de considérer cette discipline comme une simple question d’hygiène de vie. Dans le cas de Ringo Starr, elle possède pourtant une dimension beaucoup plus concrète : le musicien continue de tourner régulièrement avec son All Starr Band.
Or jouer de la batterie pendant un concert demeure une activité physique exigeante, quelle que soit la sobriété apparente du jeu de Ringo. Depuis toujours, son style repose moins sur la démonstration technique que sur l’endurance, la précision et cette capacité à installer un rythme sans jamais donner le sentiment de le forcer.
Pour continuer à exercer ce métier à 86 ans, Starr s’entraîne donc plusieurs fois chaque semaine.
« J’ai toujours une coach trois fois par semaine », explique-t-il. Lorsque celle-ci n’est pas présente, il retourne généralement seul à la salle une ou deux fois supplémentaires.
Son programme n’a rien d’exotique. Il cherche essentiellement à faire travailler son système cardiovasculaire, utilise le tapis de course, court un peu et pratique également des exercices avec des poids.
La véritable particularité réside ailleurs : après des années de pratique, l’exercice ne semble plus constituer pour lui un effort exceptionnel.
« Je le fais depuis si longtemps que c’est devenu simplement : “Tiens, je vais aller à la salle.” »
Autrement dit, Ringo Starr ne présente pas son entraînement comme une opération destinée à défier son âge, mais comme une habitude intégrée à son quotidien.
Jusqu’à cinq entraînements par semaine
Avec trois séances encadrées et une ou deux séances supplémentaires effectuées seul, le batteur peut donc s’entraîner quatre à cinq fois par semaine.
À l’époque de l’entretien original de USA Today, publié en avril 2026, Ringo avait encore 85 ans. Il a célébré son 86e anniversaire le 7 juillet suivant. Le propos prend aujourd’hui un relief supplémentaire alors que le musicien s’apprête une nouvelle fois à reprendre la route.
Son site officiel confirme en effet une nouvelle série de concerts américains à partir du 24 septembre 2026. Dix dates sont programmées jusqu’au 7 octobre, avec notamment des passages à Washington, Boston, New York et Albany. Le All Starr Band réunit cette année Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson.
La tournée de printemps avait déjà conduit le groupe sur les routes américaines entre le 28 mai et le 14 juin, avec une dernière date au Greek Theatre de Los Angeles.
Il ne s’agit donc pas seulement pour Ringo de « rester en forme » au sens abstrait du terme : son entraînement accompagne un calendrier professionnel qui reste étonnamment chargé pour un musicien ayant commencé sa carrière avant même l’entrée des Beatles dans les années 1960.
Ringo Starr refuse l’idée de l’immobilité
Cette relation à l’exercice s’inscrit d’ailleurs assez naturellement dans le personnage public que Starr s’est construit depuis plusieurs décennies.
Lorsqu’on l’interroge sur sa forme, il préfère généralement l’humour aux grandes théories sur la longévité. Son conseil aux personnes qui auraient du mal à trouver la motivation pour faire de l’exercice est ainsi parfaitement ringoesque :
« Allez à la salle, dérouillez-vous. Vous pourrez m’accuser : “C’est ce Ringo qui m’a obligé à venir ici.” »
Derrière la plaisanterie apparaît néanmoins une conviction assez nette : rester actif suppose d’abord de continuer à agir. Ringo ne prétend pas avoir découvert une recette inaccessible au commun des mortels. Il insiste au contraire sur quelque chose de presque trivial : personne ne peut faire le travail à votre place.
Cette attitude correspond assez bien à l’image qu’il donne également dans sa carrière musicale récente.
En avril 2026, il publiait Long Long Road, nouvel album réalisé avec T Bone Burnett dans la continuité de leur collaboration sur Look Up. À 85 ans au moment de sa sortie, Starr continuait donc simultanément à enregistrer de nouveaux disques et à préparer ses tournées. Dans un autre entretien publié par l’AARP, il évoquait également cette longue trajectoire sans donner l’impression de considérer son âge comme un point final.
Une longévité qui dépasse largement la nostalgie Beatles
Le cas Ringo Starr est d’autant plus intéressant qu’il ne repose plus seulement depuis longtemps sur la nostalgie des Beatles.
Le All Starr Band existe depuis 1989. Le concept est certes construit autour de son statut d’ancien Beatle, mais il s’est progressivement transformé en institution itinérante : autour de Starr se succèdent des musiciens issus de groupes majeurs du rock et de la pop, chacun interprétant ses propres succès tandis que Ringo reprend naturellement plusieurs chansons associées à sa carrière avec les Beatles et à ses disques solo.
En 2026 encore, il continue donc à accomplir ce qui constitue peut-être la partie la plus physique du métier de musicien : voyager, répéter et donner des concerts de plus d’une heure et demie devant plusieurs milliers de personnes.
Son entraînement permet de comprendre pourquoi la question de la condition physique occupe désormais une place aussi importante dans ses interviews.
À ce niveau, il ne s’agit plus vraiment d’esthétique ou de performance sportive. Il s’agit de conserver suffisamment d’endurance et de mobilité pour continuer à exercer son métier.
Ringo contre Paul : une compétition qui n’en est pas vraiment une
Ringo Starr ne pouvait cependant pas évoquer sa propre longévité sans qu’apparaisse inévitablement le nom de l’autre Beatle encore en activité.
Lors de l’entretien avec USA Today, le journaliste lui fait remarquer que Paul McCartney et lui semblent presque engagés dans une compétition implicite pour savoir lequel restera le plus longtemps sur les routes.
Ringo répond avec son humour habituel :
« Ça peut en avoir l’air, mais c’est moi qui tiendrai le plus longtemps. »
Il serait évidemment excessif d’y voir une véritable rivalité. McCartney comme Starr continuent leur carrière selon des rythmes et des formats très différents. Mais la plaisanterie possède quelque chose d’assez extraordinaire lorsqu’on se souvient que les deux hommes ont commencé à jouer ensemble en août 1962.
Soixante-quatre ans plus tard, tous deux figurent toujours sur les affiches de concerts.
Et Ringo semble bien décidé à ne pas être le premier à ranger ses baguettes.
« Personne ne peut le faire à votre place »
Au fond, la partie la plus intéressante des déclarations de Ringo Starr n’est peut-être pas la fréquence de ses séances d’entraînement.
Elle réside dans leur banalisation.
Il n’évoque ni transformation spectaculaire, ni défi personnel, ni obsession de la performance. La salle de sport semble être devenue pour lui exactement ce que la batterie est depuis son adolescence : une pratique régulière que l’on poursuit parce qu’elle fait partie de la vie.
À 86 ans, Ringo Starr ne cherche donc probablement plus à prouver qu’il peut encore monter sur scène.
Il monte sur scène.
Et pour être capable de continuer à le faire, il applique une règle remarquablement simple : se lever, bouger et recommencer.
La prochaine démonstration aura lieu dès le 24 septembre, lorsque Ringo Starr et son All Starr Band reprendront la route aux États-Unis.
