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Paul McCartney pressenti pour présenter Oasis au Rock & Roll Hall of Fame : ce que dit vraiment l’information

Une information à considérer avec précaution : Paul McCartney serait préssenti pour présenter Oasis à leur intronisation au Rock’N Roll Hall Of Fame.

La presse britannique rapporte début août 2026 que Paul McCartney serait pressenti pour présenter Oasis lors de la cérémonie d’intronisation du Rock & Roll Hall of Fame, le 14 novembre prochain au Peacock Theater de Los Angeles. L’information circule dans des dizaines de reprises. Elle repose sur une source anonyme et n’a été confirmée ni par le Hall of Fame, ni par l’entourage de McCartney, ni par celui des Gallagher.

Si elle se vérifiait, ce serait l’aboutissement d’une des relations les plus mal comprises du rock britannique : trente ans de malentendus, d’agacements publics et de réconciliations silencieuses entre le Beatle et le groupe que la presse a passé sa vie à comparer aux Beatles — comparaison que McCartney a jugée fatale et que Noel Gallagher a fini par déclarer embarrassante.

Le basculement documenté ne date pas de 2026 mais du 6 septembre 2025, au Rose Bowl de Pasadena, où McCartney a été filmé en train de filmer Noel Gallagher avec son téléphone, avant de résumer sa soirée d’un seul mot en sortant. Le reste de cet article reconstitue ce qui a mené là, et fait le tri entre ce qui est établi et ce qui ne l’est pas.

Sommaire

L’information : ce qui a été publié, et ce que cela vaut

Le point de départ

Début août 2026, le tabloïd britannique The Sun publie un article consacré aux préparatifs d’Oasis pour la cérémonie du Rock & Roll Hall of Fame. Le cœur du papier ne porte pas sur McCartney : il porte sur la volonté affichée de Noel et Liam Gallagher de réunir, à Los Angeles, l’ensemble des musiciens ayant compté dans l’histoire du groupe. Le journal cite nommément Gem Archer, Paul « Bonehead » Arthurs, Andy Bell, Paul « Guigsy » McGuigan, Alan White et le batteur des débuts Tony McCarroll.

C’est en fin d’article, presque en incise, qu’apparaît la phrase qui va faire le tour du monde : Sir Paul McCartney serait pressenti pour présenter Oasis pendant la cérémonie.

À partir de là, la mécanique de reprise s’enclenche. Music-News, AsiaOne, FemaleFirst, un chapelet de stations de rock américaines — WRIF Detroit, WDHA, WRAT — relaient l’information dans les jours qui suivent, en anglais puis dans plusieurs autres langues. La formulation reste remarquablement stable d’une reprise à l’autre, ce qui est le signe classique d’une information à source unique recopiée en chaîne plutôt que recoupée.

Ce qui est établi

Trois choses ne font aucun doute et sont confirmées par des communications officielles.

Oasis est bien intronisé. Le groupe figure dans la classe 2026 du Rock & Roll Hall of Fame, catégorie « Performer », annoncée le lundi 13 avril 2026.

La date et le lieu sont fixés. La cérémonie sera enregistrée le samedi 14 novembre 2026 au Peacock Theater de Los Angeles, pour une diffusion sur ABC et Disney+ en décembre.

McCartney a les qualités requises. Il est lui-même membre du Hall of Fame à double titre — avec les Beatles depuis 1988, en solo depuis 1999 — et il a déjà officié comme présentateur à trois reprises.

Ce qui ne l’est pas

Le reste relève de l’annonce anticipée, et il faut le dire clairement.

Au moment où nous écrivons, mi-août 2026, le Rock & Roll Hall of Fame n’a publié aucune liste de présentateurs pour la cérémonie de novembre. C’est parfaitement normal : l’institution communique traditionnellement ces noms à quelques semaines de l’événement, parfois même en octobre. En 2021, par exemple, l’annonce des présentateurs — dont McCartney pour les Foo Fighters — était tombée le 18 octobre pour une cérémonie du 30.

Ni le porte-parole de McCartney, ni Big Brother Recordings, ni aucun représentant des Gallagher n’a commenté l’information. Le conditionnel employé par les reprises anglophones — reportedly being lined up — n’est donc pas une précaution de style : c’est une description exacte du statut de l’information.

 

Correctif factuel n° 1

Aucune confirmation officielle n’existe à ce jour. L’information provient d’une source anonyme citée par un tabloïd et n’a fait l’objet d’aucune validation par le Rock & Roll Hall of Fame, dont le calendrier de communication ne prévoit de toute façon pas d’annonce de présentateurs avant l’automne. Toute reprise affirmant que « McCartney intronisera Oasis » va au-delà de ce que dit la source.

« Présenter » n’est pas « introniser »

Il y a une seconde imprécision, plus technique, qui se propage dans les traductions françaises.

Le verbe employé par la source anglaise est introduce : présenter, introduire. Dans le vocabulaire du Rock & Roll Hall of Fame, le rôle correspondant s’appelle inductor ou presenter. Il consiste à prononcer un discours d’hommage de cinq à dix minutes, puis à appeler les intronisés sur scène.

Ce n’est pas la même chose qu’introniser. L’intronisation résulte d’un vote : un collège international de plus d’un millier de votants — artistes, historiens, professionnels du secteur — départage les nommés. Le présentateur ne décide de rien ; il incarne. Son choix relève de la mise en scène télévisée, pas de la reconnaissance institutionnelle.

La nuance a son importance pour un lecteur francophone : dire que « McCartney va introniser Oasis » laisse entendre qu’il détiendrait un pouvoir de consécration. Il n’en détient aucun. Le vote a eu lieu, il est clos depuis avril, et McCartney n’y a joué aucun rôle connu.

Correctif factuel n° 1

Aucune confirmation officielle n’existe à ce jour. L’information provient d’une source anonyme citée par un tabloïd et n’a fait l’objet d’aucune validation par le Rock & Roll Hall of Fame, dont le calendrier de communication ne prévoit de toute façon pas d’annonce de présentateurs avant l’automne. Toute reprise affirmant que « McCartney intronisera Oasis » va au-delà de ce que dit la source.

La classe 2026 du Rock & Roll Hall of Fame

Pour situer l’événement, il faut en connaître le contenu, car cette promotion est l’une des plus denses de la décennie — et elle contient, pour un lecteur des Beatles, une surprise que personne n’a relevée.

Le calendrier

Le processus s’est déroulé en trois temps.

Une liste de dix-sept nommés a d’abord été rendue publique : les Black Crowes, Jeff Buckley, Mariah Carey, Phil Collins, Melissa Etheridge, Lauryn Hill, Billy Idol, INXS, Iron Maiden, Joy Division/New Order, New Edition, Oasis, Pink, Sade, Shakira, Luther Vandross et le Wu-Tang Clan. Pour figurer sur ce bulletin, un artiste devait avoir publié son premier single ou son premier album en 2001 au plus tard — la règle des vingt-cinq ans d’ancienneté.

La classe définitive a été dévoilée le lundi 13 avril 2026 au soir, dans un cadre inhabituel : un épisode d’American Idol consacré au Hall of Fame, où Ryan Seacrest et Lionel Richie ont lu les noms à l’antenne.

Enfin, la cérémonie aura lieu le 14 novembre 2026 au Peacock Theater de Los Angeles — deuxième année consécutive dans cette salle. L’institution a précisé qu’elle repartirait à Cleveland en 2027, ville où se trouve le musée.

Les huit interprètes

La catégorie principale réunit cette année huit noms : Phil Collins, Billy Idol, Iron Maiden, Joy Division/New Order, Oasis, Sade, Luther Vandross et le Wu-Tang Clan.

Le lot est cohérent et corrige plusieurs retards de longue date. Joy Division/New Order entre enfin, après des années où l’institution avait préféré d’autres candidatures. Phil Collins rejoint le club restreint des doubles intronisés, lui qui était déjà entré avec Genesis en 2010. Iron Maiden y accède au bout de trois nominations, ce qui n’a pas empêché son manager Rod Smallwood de rappeler poliment que le groupe s’est toujours intéressé davantage à son public qu’aux distinctions professionnelles — formule diplomatique là où son chanteur Bruce Dickinson avait été nettement plus cru en 2018.

Oasis et le Wu-Tang Clan y représentent les années 1990.

Les autres catégories — et un nom qui devrait faire dresser l’oreille

Au-delà des interprètes, le Hall of Fame décerne trois autres distinctions.

Le Musical Influence Award revient à Celia Cruz, Fela Kuti, Queen Latifah, MC Lyte et Gram Parsons. C’est la première fois que l’institution honore dans cette catégorie la pop latine et la pop africaine, ce qui a été largement souligné.

Le Musical Excellence Award distingue l’auteure de la soul de Philadelphie Linda Creed, et trois producteurs : Arif Mardin, Jimmy Miller et Rick Rubin.

Le Ahmet Ertegun Award, réservé aux non-musiciens, va à Ed Sullivan.

Arrêtons-nous une seconde. Le 14 novembre 2026, dans la même salle et au cours de la même soirée, le Rock & Roll Hall of Fame honorera l’animateur qui a présenté les Beatles à soixante-treize millions de téléspectateurs américains le 9 février 1964, et intronisera le groupe qui a passé les années 1990 à être décrit comme leur héritier. Si McCartney est effectivement sur scène ce soir-là, il se trouvera au point de jonction exact de ces deux hommages.

Aucune des reprises anglophones de l’information n’a relevé cette coïncidence. Elle est pourtant, du point de vue d’un lecteur beatlesien, l’élément le plus remarquable du programme.

L’affaire Guigsy

La classe 2026 a connu son incident, et il concerne précisément Oasis.

Lors de l’annonce du 13 avril, la liste des membres d’Oasis effectivement intronisés omettait Paul « Guigsy » McGuigan, bassiste fondateur du groupe, présent de 1991 à 1999 et donc sur les trois albums qui comptent : Definitely Maybe (1994), (What’s the Story) Morning Glory? (1995) et Be Here Now (1997). Le batteur Alan White manquait également. Tony McCarroll, lui, figurait bien dans l’annonce.

Rolling Stone a relevé l’anomalie dès le lendemain. Le mot-dièse #JusticeForGuigsy a circulé. Et en quarante-huit heures, le Hall of Fame a corrigé sa page : McGuigan et White ont été ajoutés à la liste officielle des intronisés.

L’institution n’a pas expliqué l’origine de l’erreur. Deux hypothèses circulent — une simple étourderie administrative, ou une intervention de l’entourage du groupe — et aucune n’est étayée.

Correctif factuel n° 3

Contrairement à ce qu’on lit parfois, l’omission de Guigsy n’a pas été « maintenue » ni « assumée » par le Hall of Fame : elle a été rectifiée en deux jours, les 14 et 15 avril 2026, et Paul McGuigan comme Alan White figurent aujourd’hui sur la liste officielle des membres intronisés d’Oasis.

Combien de nominations pour Oasis ?

Petit point de vérification qui mérite d’être signalé, car les sources se contredisent.

Plusieurs publications présentent 2026 comme la deuxième nomination d’Oasis, d’autres comme la troisième. La divergence tient à la façon dont on compte : le groupe a figuré sur le bulletin de 2025 et sur celui de 2026, mais une première apparition antérieure est également invoquée par certaines rédactions.

Nous n’avons pas pu trancher à partir des sources publiques disponibles, et nous le signalons plutôt que de choisir arbitrairement. Ce qui est en revanche certain, c’est que Liam Gallagher avait publiquement désavoué l’institution lors de précédentes nominations, sans que cela nuise à la candidature du groupe.

La réaction des Gallagher

Elle a été, disons, fidèle à leur ligne éditoriale. Liam Gallagher a salué la nouvelle sur les réseaux sociaux dans un registre que la presse anglophone a jugé difficilement traduisible, mêlant remerciements et insultes affectueuses. Noel Gallagher, plus mesuré, ne s’est pas exprimé longuement.

Ce contraste de tempéraments est utile à garder en tête pour la suite : il explique en partie pourquoi le Hall of Fame chercherait un présentateur de très haut rang. Une cérémonie où l’on ignore quel Gallagher parlera, et sur quel ton, gagne à être introduite par quelqu’un dont l’autorité ne se discute pas.

Qui, exactement, est intronisé sous le nom d’Oasis

La liste officielle compte huit musiciens, ce qui en fait l’une des intronisations les plus larges de la promotion.

  • Noel Gallagher — guitare, chant, principal auteur-compositeur, 1991-2009.
  • Liam Gallagher — chant, 1991-2009.
  • Paul « Bonehead » Arthurs — guitare rythmique, cofondateur, 1991-1999.
  • Paul « Guigsy » McGuigan — basse, cofondateur, 1991-1999.
  • Tony McCarroll — batterie, 1991-1995.
  • Alan White — batterie, 1995-2004.
  • Gem Archer — guitare, 1999-2009.
  • Andy Bell — basse, 1999-2009.

Le projet rapporté par la presse : tout le monde dans la même pièce

C’est là le vrai sujet de l’article du Sun, et il est plus intéressant que l’incise sur McCartney.

Selon la source citée, Noel et Liam Gallagher souhaitent que la soirée de Los Angeles rassemble l’intégralité de ces musiciens. Le journal donne même leurs âges — Gem Archer 59 ans, Bonehead 60, Andy Bell 56, McGuigan 54, White 53, McCarroll 54 — signe qu’il travaille à partir d’une liste précise plutôt que d’une rumeur vague.

La même source ajoute une réserve que les reprises ont souvent escamotée : voir tous ces musiciens réunis dans une même pièce serait déjà un événement en soi, mais rien n’est arrêté quant à une éventuelle prestation musicale.

Correctif factuel n° 4

Aucun concert d’Oasis n’est confirmé pour la cérémonie du 14 novembre. La source elle-même précise que l’idée d’une prestation reste une espérance et non un engagement. Les titres annonçant « Oasis va jouer au Rock Hall » surinterprètent la citation.

Les deux absents probables

Si l’on regarde froidement, deux noms de la liste sont sérieusement incertains.

Paul McGuigan a quitté Oasis en août 1999, par fax selon les récits de l’époque. Il s’est ensuite entièrement retiré du milieu musical. Il est aujourd’hui connu pour sa passion du football et a cosigné un livre consacré au footballeur anglais Robin Friday. Rien dans son parcours des vingt-cinq dernières années ne suggère un goût pour les cérémonies télévisées.

Tony McCarroll, écarté du groupe en 1995, a engagé et réglé un contentieux financier avec ses anciens partenaires. Il a depuis publié un livre de souvenirs et donné des entretiens où il revient sans détour sur la manière dont son éviction s’est déroulée. Sa présence supposerait une réconciliation dont rien n’indique publiquement qu’elle ait eu lieu.

Autrement dit : la photographie que décrit The Sun serait, si elle se réalisait, un événement considérable. C’est aussi la raison pour laquelle il faut la traiter comme un souhait rapporté et non comme un programme.

McCartney et Oasis : anatomie d’un malentendu de trente ans

Voici le cœur du sujet, et la partie que les reprises anglophones traitent en deux lignes.

Si l’idée de voir McCartney présenter Oasis frappe autant, c’est qu’elle referme une histoire longue, publique et souvent désagréable. La reconstituer proprement suppose de la prendre dans l’ordre.

1994-1995 : les héritiers désignés

Quand Oasis surgit, la comparaison est immédiate et elle ne vient pas du groupe. Elle vient de la presse britannique, qui cherche depuis vingt ans un successeur aux Beatles et croit enfin l’avoir trouvé : un groupe du nord de l’Angleterre, d’origine ouvrière, mené par deux frères, avec un auteur-compositeur prolifique et un chanteur charismatique et provocateur.

Le groupe alimente volontiers la légende. Les frères Gallagher, qui ont grandi à Burnage, dans le sud de Manchester, ne cachent pas leur double dévotion — les Beatles et les Sex Pistols. Ils se font photographier en T-shirts des Beatles. Noel truffe ses interviews de références aux Fab Four. Le groupe enregistre à Liverpool.

Sur le plan commercial, la comparaison n’est pas absurde. (What’s the Story) Morning Glory? s’écoule à 345 000 exemplaires en une semaine au Royaume-Uni et reste dix semaines consécutives en tête des ventes d’albums.

1996 : la phrase de trop

Puis vient la déclaration qui va empoisonner la relation pendant vingt-cinq ans : Oasis serait plus grand que les Beatles.

Un point de vérification s’impose ici, car les sources divergent sur l’auteur de la phrase. Plusieurs publications l’attribuent à Noel Gallagher, lors d’un entretien à MTV en 1996. D’autres l’attribuent à Liam, dans le même contexte. Noel a en tout cas assumé la paternité de la déclaration en 2015, en expliquant avec un certain fatalisme qu’il était probablement défoncé au moment de la prononcer.

Correctif factuel n° 5

L’attribution de la formule « plus grands que les Beatles » n’est pas unanime : selon les sources, elle revient à Noel ou à Liam Gallagher, dans un entretien MTV de 1996. Noel l’a reconnue comme sienne en 2015. Prudence, donc, avec les articles qui la citent comme un fait établi au mot près.

La phrase est évidemment un décalque de la sortie de John Lennon sur la popularité des Beatles comparée à celle de Jésus, en 1966. C’est même probablement le but recherché. Sauf que Lennon parlait d’un phénomène social observé ; Oasis se compare à ses propres idoles. Le registre n’est pas le même, et l’effet non plus.

La riposte des Beatles

Elle est venue en deux temps et elle a été dure.

George Harrison, interrogé dans le cadre d’un documentaire sur Oasis, juge que la musique manque de profondeur et se montre franchement désobligeant à l’égard de Liam Gallagher. McCartney, dans un entretien à l’Irish Times en 1997, est presque aussi tranchant : il qualifie le groupe de dérivatif, estime qu’il se surestime, et conclut d’une formule qui a beaucoup circulé — ils ne représentent rien pour lui.

Pour un groupe qui se réclamait des Beatles comme d’une religion, la sentence est brutale. Elle vient de l’objet même du culte.

2001 : la mise au point chez Howard Stern

McCartney est revenu sur l’épisode quatre ans plus tard, à la radio américaine, et son explication est plus intéressante que la citation de 1997.

Il raconte qu’on lui posait la question à chaque interview, précisément parce que le groupe sonnait beatlesien, et qu’il a fini par s’en lasser. Sa réponse initiale, dit-il, était bienveillante : de jeunes musiciens, un métier difficile, bonne chance à eux. C’est le retournement du groupe contre les Beatles qui a changé son ton.

Cette version chronologique est corroborée par les archives : les déclarations aimables de McCartney sur Oasis précèdent effectivement ses déclarations cinglantes.

2016 : « le baiser de la mort »

Vingt ans après, McCartney livre à Q Magazine l’analyse la plus fine qu’il ait donnée du sujet, et elle n’est pas hostile.

Il concède qu’Oasis était un groupe jeune, neuf, avec de bonnes chansons. Il maintient que leur plus grande erreur a été d’annoncer publiquement qu’ils dépasseraient les Beatles. Sa formule — le baiser de la mort — vise moins l’orgueil que la mécanique médiatique : à partir du moment où l’on dit une chose pareille, tout ce qu’on fait ensuite est jugé à l’aune de cette déclaration.

C’est un conseil de professionnel plus qu’une pique. Et l’histoire lui a largement donné raison : trente ans après, la phrase reste attachée à Oasis dans chaque article, y compris celui-ci.

2015 : le conseil paternel et la réplique de Noel

Entre-temps, quelque chose s’était déjà déplacé.

Interrogé en 2015 par des fans japonais sur la brouille des frères Gallagher — Oasis avait implosé à Paris en août 2009 —, McCartney tient un discours d’aîné : il faudrait qu’ils se réconcilient et refassent de la bonne musique, il trouve dommage qu’ils ne jouent plus ensemble parce qu’ils sont bons ensemble, et il les décrit comme des types plutôt bien.

Noel Gallagher a répondu par une pirouette qui mérite de figurer dans toute anthologie du sujet : que McCartney écrive le single de retour d’Oasis, et on en reparlera.

La blague est excellente, mais elle contient un aveu. En 2015, l’idée d’une collaboration avec McCartney n’était plus impensable pour Noel Gallagher. Elle était devenue une plaisanterie affectueuse.

6 septembre 2025, Rose Bowl : le basculement

Et puis il y a eu ce soir-là, qui est à notre sens le vrai pivot de toute l’histoire — bien plus que l’article de tabloïd d’août 2026.

Oasis, reformé pour la tournée Live ’25, joue au Rose Bowl de Pasadena. Dans une loge, des spectateurs repèrent Paul McCartney. Il est debout — le seul de sa section — téléphone levé, en train de filmer Noel Gallagher qui chante « Little by Little », un titre de Heathen Chemistry qui avait atteint la deuxième place des ventes britanniques en 2002.

Plus tard dans la soirée, Liam Gallagher chante « Whatever » et y greffe, comme le groupe le fait régulièrement en concert, quelques vers d’« Octopus’s Garden ». Il chante donc du Ringo Starr devant un Beatle, sans nécessairement le savoir.

En sortant, McCartney est intercepté par un photographe qui lui demande comment c’était. Il fait un geste de la main et lâche un seul mot : Fabulous.

La séquence a été massivement partagée. Le commentaire qui revient — le maître regardant l’élève — est un peu facile, mais il n’est pas faux. Ce qui frappe surtout, c’est la banalité du geste : un homme de quatre-vingt-trois ans qui filme un concert avec son téléphone comme n’importe quel spectateur.

Correctif factuel n° 6

Le réchauffement public entre McCartney et Oasis ne date pas de l’annonce du Hall of Fame. Il est documenté depuis 2015 (conseils de réconciliation), et il est devenu visible le 6 septembre 2025 au Rose Bowl. Présenter l’information d’août 2026 comme « la fin de la brouille » inverse l’ordre des choses : la brouille était déjà terminée.

Ce que tout le monde oublie : le 4 septembre 1995

Reste un épisode que les articles anglophones sur cette affaire ne mentionnent jamais, et qui contredit frontalement l’idée d’une inimitié continue.

Le 4 septembre 1995 — au sommet exact de la période où Oasis et les Beatles étaient censés se détester —, Paul McCartney et Noel Gallagher se sont retrouvés dans le Studio Two d’Abbey Road pour enregistrer ensemble une reprise de « Come Together », sous le nom de circonstance The Smokin’ Mojo Filters, au bénéfice de l’album caritatif HELP de War Child.

Paul Weller complétait le trio, avec Steve Cradock, Steve White et Carleen Anderson. Le single a atteint la dix-neuvième place des ventes britanniques et l’opération a permis de collecter plus d’un million de livres.

Autrement dit : trois mois avant la période où l’on situe généralement le pic de tension, McCartney et Noel Gallagher chantaient ensemble une chanson de John Lennon dans le studio où elle avait été enregistrée. La relation entre les deux hommes n’a jamais été aussi binaire que le récit médiatique le prétend.

Correctif factuel n° 7

L’idée d’une hostilité totale entre McCartney et Oasis dans les années 1990 est fausse. La séance des Smokin’ Mojo Filters du 4 septembre 1995, à Abbey Road, réunissait McCartney et Noel Gallagher sur le même enregistrement. Le conflit portait sur des déclarations publiques, pas sur les personnes.

McCartney présentateur : un rôle qu’il connaît par cœur

Si l’information se confirme, McCartney ne découvrira rien. C’est même l’un des présentateurs les plus expérimentés que le Rock & Roll Hall of Fame puisse solliciter.

1994 : John Lennon

Sa première mission a été la plus lourde. En 1994, Lennon est intronisé à titre solo, quatorze ans après sa mort, et c’est McCartney qui prononce le discours.

Il choisit une forme peu conventionnelle : une lettre ouverte adressée à Lennon, écrite à la première personne, où il déroule leurs souvenirs communs. Le texte est resté l’un des grands moments de l’histoire de la cérémonie, et il a une postérité étrange : McCartney l’a raconté plus tard, c’est Jann Wenner, cofondateur du Hall of Fame, qui lui avait demandé d’assurer cette présentation.

2015 : Ringo Starr

Vingt et un ans plus tard, McCartney a bouclé la boucle en présentant Ringo Starr, dernier des quatre Beatles à entrer au Hall of Fame en son nom propre. La cérémonie, la trentième, se tenait à Cleveland le 18 avril 2015. Starr y était intronisé aux côtés de Green Day, Lou Reed, Bill Withers, Joan Jett, Stevie Ray Vaughan, du Paul Butterfield Blues Band et des « 5 » Royales.

Starr avait résumé l’affaire d’une phrase pragmatique : cela signifiait que les quatre y étaient enfin, alors qu’ils avaient été le plus grand groupe du pays.

2021 : les Foo Fighters

Le troisième cas est le plus proche, sur le plan du protocole, de ce qui se profile pour Oasis.

En 2021, McCartney présente les Foo Fighters à Cleveland. Il connaît Dave Grohl de longue date. Et la soirée ne s’arrête pas au discours : après leur intronisation, le groupe revient sur scène et McCartney les rejoint pour reprendre « Get Back ».

C’est un précédent qui compte. Il montre que lorsque McCartney présente un groupe pour lequel il a de l’affection, l’affaire se termine souvent par un instrument dans les mains.

Les lettres de campagne

Il faut ajouter un rôle moins connu, mais révélateur : McCartney intervient régulièrement auprès du collège de votants pour soutenir des candidatures.

En 2024, il a milité pour l’entrée de Foreigner. La campagne a réussi. Détail savoureux au regard de notre sujet : parmi les autres soutiens publics de cette candidature figurait… Oasis, aux côtés de Peter Frampton et de Cher.

En février 2025, il a récidivé pour Joe Cocker, par une lettre datée du 25 février et adressée aux votants. Il y rappelait que Cocker avait chanté l’une des chansons du groupe — « With a Little Help from My Friends », dans un arrangement produit par Denny Cordell qu’il jugeait très inventif — et estimait que le chanteur, mort en 2014, aurait été heureux de cette reconnaissance même s’il ne l’avait jamais réclamée.

Ces deux interventions dessinent un McCartney qui prend l’institution au sérieux et sait s’en servir. Ce qui rend d’autant plus intéressante son histoire personnelle avec elle.

Ses propres intronisations : deux fois, mal

Car sur ce chapitre, la relation est loin d’être idyllique.

Les Beatles sont intronisés en 1988, dès leur première année d’éligibilité. McCartney n’est pas venu. Il a fait savoir publiquement que des différends commerciaux non résolus avec ses anciens partenaires rendaient sa présence hypocrite. Harrison et Starr étaient là ; Yoko Ono et les fils de Lennon aussi. La chaise vide est restée dans les mémoires.

Sa propre intronisation en solo, ensuite, a été un long contentieux. McCartney a raconté — dans un entretien accordé en 2015 à Joe Hagan, dont la version intégrale n’a été publiée par Vanity Fair qu’en 2026 — que Wenner lui avait promis une entrée en 1995, en contrepartie de sa présentation de Lennon en 1994. La promotion 1995 est sortie sans lui. Il a fallu attendre 1999, et une présentation par Neil Young.

McCartney explique dans le même entretien pourquoi l’affaire l’avait blessé au-delà de l’amour-propre : le retard alimentait selon lui le récit selon lequel Lennon aurait été le vrai créateur des Beatles et les trois autres des exécutants. Sa fille Stella était venue à la cérémonie de 1999 vêtue d’un T-shirt portant un commentaire peu équivoque sur le délai.

Correctif factuel n° 7

L’idée d’une hostilité totale entre McCartney et Oasis dans les années 1990 est fausse. La séance des Smokin’ Mojo Filters du 4 septembre 1995, à Abbey Road, réunissait McCartney et Noel Gallagher sur le même enregistrement. Le conflit portait sur des déclarations publiques, pas sur les personnes.

Ce que cela dit du choix

Un homme qui a boycotté sa propre intronisation, attendu onze ans la seconde et raconté publiquement s’être fait promettre puis oublier — et qui accepterait néanmoins de présenter un groupe des années 1990 en 2026 — cela dessine une relation apaisée avec l’institution, ou du moins un usage assumé de celle-ci.

Pourquoi ce choix aurait du sens — et pourquoi il est risqué

L’argument narratif

Du point de vue de la production télévisée, le calcul est limpide.

La cérémonie est enregistrée pour une diffusion sur ABC et Disney+. Elle a besoin de séquences fortes, lisibles en trente secondes sur les réseaux sociaux. Un Beatle présentant le groupe britannique le plus ouvertement beatlesien de l’histoire, dans une soirée où l’on honore par ailleurs Ed Sullivan, c’est une séquence que n’importe quel producteur signerait les yeux fermés.

S’y ajoute le contexte de la réunion d’Oasis, qui a dominé l’actualité musicale de 2025. La tournée Live ’25 a écoulé plus de deux millions de billets et a marqué la première apparition commune des frères Gallagher depuis la séparation de 2009.

Le risque : ranimer une comparaison que personne ne veut plus

Mais il y a un revers, et il est réel.

En novembre 2021, à la première britannique de la série documentaire The Beatles: Get Back, Noel Gallagher a été interrogé sur les comparaisons entre les deux groupes. Sa réponse a surpris : il les a qualifiées d’embarrassantes, en expliquant qu’Oasis n’était tout simplement pas aussi bon. Il a ajouté que les Beatles représentaient tout pour lui et que leur influence était absolue.

McCartney assistait à la même projection.

Le problème est donc le suivant : si McCartney monte sur scène à Los Angeles pour présenter Oasis, la première chose que fera la presse mondiale sera de ressortir la comparaison. Celle que McCartney a jugée fatale en 2016 et que Noel Gallagher a désavouée en 2021. Le geste destiné à clore l’affaire risque de la rouvrir pour une semaine.

Ce qu’il pourrait dire

On peut raisonnablement parier que, s’il accepte, McCartney évitera soigneusement le terrain de la filiation.

Ses discours de présentation antérieurs suivent un schéma constant : il parle en musicien, raconte une rencontre concrète, cite une chanson précise, et laisse de côté la question du classement historique. Pour Lennon, il avait choisi l’intimité d’une lettre. Pour Starr, la fraternité. Pour les Foo Fighters, l’admiration technique.

Le matériau ne manque pas : la séance d’Abbey Road de 1995, la soirée du Rose Bowl, la boutade de Noel sur le single de retour. Trois histoires vraies, aucune n’obligeant à répondre à la question de savoir qui est plus grand que qui.

Oasis et les Beatles : l’inventaire réel des dettes

Puisque la comparaison sera de toute façon convoquée, autant l’instruire sérieusement. Elle est à la fois plus littérale et plus limitée qu’on ne le dit.

Ce qui vient réellement des Beatles

Le titre « Wonderwall ». C’est le cas le plus direct, et il est souvent mal raconté. Le mot ne vient pas d’une chanson des Beatles mais de Wonderwall Music, la bande originale composée par George Harrison pour le film de Joe Massot et publiée en 1968 — premier disque solo d’un Beatle. Noel Gallagher a repris le mot pour son sonorité, sans lien thématique avec le film.

Les citations en concert. Oasis a pris l’habitude d’insérer des fragments de chansons des Beatles dans ses propres morceaux sur scène — notamment quelques vers d’« Octopus’s Garden » à la fin de « Whatever », comme au Rose Bowl en septembre 2025. Le procédé est explicite et revendiqué.

Le modèle de carrière. Groupe du nord de l’Angleterre, quatuor devenu institution nationale, auteur-compositeur principal doublé d’un chanteur, ascension fulgurante, rupture fraternelle : la structure narrative est la même. Elle explique une bonne part de la comparaison, indépendamment de la musique.

Ce qui ne vient pas des Beatles

Ici, l’inventaire est plus intéressant, et il est systématiquement escamoté par les articles français.

Les Sex Pistols. Les Gallagher ont toujours cité deux idoles, pas une. Le son de guitare de Definitely Maybe — saturé, épais, empilé — doit infiniment plus au punk de 1977 qu’à Abbey Road. Le premier album d’Oasis est un disque bruyant ; aucun disque des Beatles ne l’est de cette manière.

David Bowie. Noel Gallagher a lui-même reconnu, en 1997, avoir tiré deux chansons — dont « Don’t Look Back in Anger » — de « All the Young Dudes », en s’amusant que Bowie ne lui ait toujours pas fait de procès.

T. Rex, Slade, le glam britannique. Le tempo médium, le refrain à l’unisson, la simplicité harmonique assumée : ce sont les codes du glam de 1972, pas ceux de Revolver.

La scène de Manchester. Les Stone Roses, la Haçienda, l’héritage de Factory Records. Oasis est un groupe de Manchester, pas de Liverpool, et cette distinction a un sens musical autant que géographique.

Correctif factuel n° 9

Réduire Oasis à une imitation des Beatles est une simplification que Noel Gallagher lui-même a contestée. Les dettes revendiquées du groupe incluent les Sex Pistols, David Bowie, T. Rex et la scène de Manchester. Le seul emprunt beatlesien parfaitement documenté et central est le titre « Wonderwall », tiré d’un album solo de George Harrison.

2026 : le classement qui a tout compliqué

Il y a enfin un élément d’actualité récente qui donne à la cérémonie de novembre une saveur particulière.

En juillet 2026, l’Official Charts Company a publié, pour les soixante-dix ans de son classement d’albums, un palmarès des disques ayant accumulé le plus d’unités au Royaume-Uni. (What’s the Story) Morning Glory? y figure en troisième position, devant Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, cinquième.

La lecture qu’en ont faite les tabloïds — Oasis dépasse les Beatles — mérite d’être nuancée, comme nous l’avons détaillé dans un article consacré à ce classement : les « unités » agrègent ventes physiques et streaming, ce dernier n’étant intégré que depuis 2015, et l’écart entre les deux albums est mince.

Reste que la coïncidence est cruelle et savoureuse. Trente ans après la phrase de 1996, un chiffre officiel a donné raison à Oasis sur un critère très partiel — et cinq mois plus tard, un Beatle serait invité à présenter le groupe pour son entrée au panthéon américain.

Ce qu’il faut surveiller d’ici le 14 novembre

Pour un suivi rigoureux du dossier, voici les quatre échéances qui trancheront.

L’annonce officielle des présentateurs. Elle interviendra vraisemblablement en octobre. C’est le seul document qui validera ou invalidera l’information d’août. Tant qu’elle n’est pas publiée, rien n’est acquis.

La liste des artistes présents. Le Hall of Fame communique généralement, à la même période, les noms des musiciens qui joueront pendant la soirée. C’est là que l’on saura si une prestation d’Oasis est prévue.

Les déclarations des Gallagher. Liam Gallagher commente abondamment son actualité sur les réseaux sociaux. Une confirmation ou un démenti de sa part vaudra communiqué.

Le calendrier de McCartney. Le 14 novembre 2026 tombe un samedi. Toute information sur ses engagements à cette date en Amérique du Nord constituera un indice sérieux.

Chronologie

Date Événement
9 février 1964 Les Beatles au Ed Sullivan Show. Sullivan reçoit le Ahmet Ertegun Award en 2026.
1968 George Harrison publie Wonderwall Music, d’où Noel Gallagher tirera un titre.
1988 Intronisation des Beatles. McCartney boycotte la cérémonie.
1991 Formation d’Oasis à Manchester.
1994 McCartney présente l’intronisation solo de John Lennon. Sortie de Definitely Maybe.
Octobre 1995 Sortie de (What’s the Story) Morning Glory? — 345 000 exemplaires la première semaine.
4 septembre 1995 McCartney et Noel Gallagher enregistrent « Come Together » à Abbey Road avec les Smokin’ Mojo Filters, pour l’album HELP de War Child.
1996 La déclaration « plus grands que les Beatles » sur MTV.
1997 McCartney et Harrison critiquent publiquement Oasis.
Août 1999 Départs de Bonehead puis de Guigsy, ce dernier par fax selon les récits d’époque.
1999 Intronisation solo de McCartney, présentée par Neil Young.
2001 McCartney s’explique sur Oasis chez Howard Stern.
Août 2009 Séparation d’Oasis à Paris.
18 avril 2015 McCartney présente l’intronisation de Ringo Starr à Cleveland.
2015 McCartney appelle les Gallagher à se réconcilier ; Noel répond par une boutade sur le single de retour.
2016 McCartney parle du « baiser de la mort » dans Q Magazine.
Novembre 2021 Noel Gallagher juge les comparaisons embarrassantes, à la première de Get Back.
30 octobre 2021 McCartney présente les Foo Fighters et joue « Get Back » avec eux.
2024 McCartney soutient la candidature de Foreigner — Oasis aussi.
25 février 2025 Lettre de McCartney en faveur de Joe Cocker.
Été 2025 Tournée Live ’25 d’Oasis : plus de deux millions de billets.
6 septembre 2025 McCartney assiste au concert d’Oasis au Rose Bowl, filme Noel Gallagher et résume la soirée d’un mot en sortant.
13 avril 2026 Annonce de la classe 2026 pendant un épisode d’American Idol.
14-15 avril 2026 Guigsy et Alan White ajoutés à la liste des intronisés d’Oasis.
Juillet 2026 Classement des 70 ans de l’Official Albums Chart : Morning Glory 3e, Sgt. Pepper 5e.
Août 2026 Publication de l’information selon laquelle McCartney serait pressenti pour présenter Oasis.
14 novembre 2026 Cérémonie d’intronisation, Peacock Theater, Los Angeles.
Décembre 2026 Diffusion sur ABC et Disney+.
2027 Retour de la cérémonie à Cleveland.

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