En 2014, lartiste islandais Erró avait créé la surprise en offrant Le Surfeur dargent au Musée dArt contemporain. Yoko Ono a, elle aussi, donné une uvre, plus discrètement, lors de linstallation de la rétrospective qui lui est consacrée.
Vous vous attendiez à ce cadeau ?
Thierry Raspail, directeur du musée. « Cela a été une vraie surprise. Je sais par son entourage que Yoko Ono est quelquun de généreux, mais elle ny avait jamais fait allusion. »
Quest ce qui la motivée, à votre avis ?
« Je pense quelle était contente davoir une exposition en France. Il ny en a pas eu tant que cela, dans un musée dont elle connaît les collections et avec une rétrospective originale : des uvres pas figées que lon peut modifier. Je pense aussi que les événements de Paris lont marquée. »
Quelle est la particularité de Freight train ?
« Il a été inspiré par un fait-divers tragique : la mort en 1987 de plusieurs Mexicains qui essayaient de traverser la frontière des États-Unis dans un train de marchandises. Elle le transforme en symbole, cest un monument, un hommage à ces phénomènes de résistance, de façon positive. Javais attiré son attention sur cette uvre. Souvent, les commissaires dexposition sattachent à montrer les premières uvres, des années 59 à 62. Après la mort de John Lennon, elle a développé des uvres de type social autour des femmes, de la paix, des agressions du monde »
Peut-on évaluer sa cote ?
« Même si elle nest pas dans le top 20, les uvres de Yoko Ono sont rares et chères. Mais quand une uvre rentre dans un musée de France, on ne peut plus la revendre (comme dans les pays anglo saxons). »
Où allez-vous linstaller ?
« Pour linstant, on la laisse en place. Lassociation qui gère la Cité internationale est favorable à la constitution dun jardin de sculptures. Il faut voir comment elle cohabite avec le voisinage (de bureaux) : on a baissé le son et la lumière sarrête à 22 heures. Il y a une réflexion large sur ce secteur : avec la montée en puissance de la Confluence, on a perdu un peu daudience. »
Yoko Ono viendra- t-elle comme annoncé initialement autour de la mi-mai ?
« Je nai aucune information directe. Je sais quelle avait envie de venir. Je me demande si elle est rétablie. » (1)
Mis a part Erro et son geste spectaculaire, quel est le don qui vous a le plus marqué ?
« Dans les années 80, lartiste américain Dan Flavin, un des premiers à travailler autour du néon, qui exposait dans le monde entier, mavait envoyé une lettre pour « coopérer » avec le musée, en raison de son « exceptionnelle exposition et de [ ] sa lumière ». À lépoque, nous étions encore installés dans le palais Saint-Pierre (actuel musée des Beaux-Arts de Lyon). Il avait réalisé deux installations, dont une Sans titre, aux citoyens de Lyon , quil nous a donnée. Je crois que Sylvie Ramond (sa directrice) a lintention de la réinstaller prochainement. »
Source : leprogres













