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Une décision controversée
Craignant que la Beatlemania n’éveille des passions sexuelles chez la jeunesse israélienne et n’affaiblisse la discipline militaire rigoureuse de l’État, les 13 membres du comité ont voté à l’unanimité pour rejeter la venue des Beatles. Dans la résolution officielle 691, le comité déclarait : « Décidé : ne pas autoriser la demande, de peur que les performances des Beatles n’aient une influence négative sur la jeunesse. »
Le ministre de l’Éducation de l’époque, Hanoch Rinot, est allé encore plus loin en affirmant : « Il n’y a ici aucune expérience musicale ou artistique, mais une démonstration sensuelle qui suscite des sentiments d’agression empreints de stimuli sexuels. »
Un rendez-vous manqué
Selon certaines sources, des négociations avaient pourtant été entamées dès 1962 pour faire venir les Beatles en Israël. Les promoteurs Giora Godik et Yaakov Uri auraient été contactés par la mère de Brian Epstein, le manager des Beatles, proposant une date israélienne lors d’une tournée à venir. Dans l’une des pires décisions commerciales de l’histoire de la musique, Godik a préféré engager Cliff Richard et ses Shadows. Mécontent de son choix et furieux qu’Uri ait obtenu l’exclusivité des Beatles, Godik a ensuite incité le Comité des finances de la Knesset à interdire tout promoteur de faire venir le groupe.
À cette époque, la politique financière israélienne exigeait l’approbation du gouvernement pour toute utilisation significative de devises étrangères. Associée aux doutes sur les capacités financières des promoteurs, cette restriction aurait probablement conduit à l’annulation du concert, même en cas d’autorisation gouvernementale.
Un mea culpa tardif
En 2008, Israël a officiellement présenté ses excuses. L’ambassadeur de l’époque au Royaume-Uni, Ron Prosor, a remis une lettre de contrition à Julia Baird, la demi-sœur de John Lennon. En septembre de la même année, Paul McCartney a joué à Tel Aviv, suivi par Ringo Starr et son All-Starr Band, qui ont donné deux concerts en 2018.
Cependant, avec les controverses croissantes autour des représentations en Israël, notamment après les violences à Gaza, les performances d’artistes majeurs dans le pays pourraient bien devenir une chose du passé. Alon Gan, professeur d’histoire à l’Université de Tel Aviv et collaborateur de Haaretz, a livré une analyse franche de la crainte des autorités israéliennes face à la Beatlemania : « Israël au début des années 60 craignait qu’un mauvais vent venu de l’Ouest n’apporte sexe, alcool et rock’n’roll. »
Cet article répond aux questions suivantes :
- Pourquoi Israël a-t-il interdit les Beatles en 1964 ?
- Quel rôle le Comité interministériel pour l’importation des artistes étrangers a-t-il joué ?
- Quelles étaient les craintes des autorités israéliennes face à la Beatlemania ?
- Comment Israël s’est-il excusé auprès des Beatles en 2008 ?
- Quels artistes des Beatles ont finalement joué en Israël après leur séparation ?
https://www.youtube.com/watch?v=b-VAxGJdJeQ













