Vingt-quatre années auprès de Paul McCartney, c’est près d’un quart de siècle où l’imprévu peut survenir à tout moment. Parlez-en au claviériste Paul «Wix» Wickens, qui a donné vendredi non seulement son plus long concert avec l’ex-Beatles, mais qui s’est retrouvé sur les planches avec trois membres de Nirvana : Dave Grohl, Krist Novoselic et Pat Smear.
«C’était épique, s’enthousiasme Wickens. Beaucoup de guitares et deux bassistes sur scène!»
Rejoint par ses invités à la fin de cette performance à Seattle, McCartney a notamment interprété la pièce qu’il avait enregistrée pour le documentaire Sound City de Dave Grohl, Cut Me Some Slack, en plus de dépoussiérer Long Tall Sally, de Little Richard.
«On n’avait pas répété Long Tall Sally avant le test de son, rigole Wickens. On n’en avait même pas parlé en 24 ans! Je crois que c’était une première. C’était quelque chose que Dave [Grohl] voulait enregistrer quand on a collaboré à son film. C’était la pièce qu’il avait suggérée, mais finalement on a fait un jam qui est devenu notre propre chanson. Paul voulait la jouer pour Dave et c’est donc devenu un événement spécial.»
Au chapitre des concerts généreux, celui qui se fait appeler Wix depuis sa jeunesse se souvient très bien de son passage sur les plaines d’Abraham, en 2008. Selon lui, jamais le groupe de «Macca» n’avait servi un tel marathon musical jusqu’alors, soit 38 chansons. Visiblement, du haut de ses 71 ans, Sir Paul a encore et toujours la forme…
«Je ne sais pas comment il fait. J’espère que j’aurai autant d’énergie à 71 ans pour que je puisse sauter aussi et jouer de la musique pendant trois heures! Il adore faire ça et je crois que ça lui sert de bougie d’allumage. Il va au gym, il fait ce qu’il faut faire, mais c’est un amoureux de la musique et c’est évident que ça l’aide en ce sens. Je dois dire que c’est plutôt incroyable!»
Complice de Linda
Wix s’est joint à l’équipe de McCartney en 1989, lors de l’enregistrement de Flowers in the Dirt. Il croyait simplement monter à bord du navire pour un séjour en studio, mais une tournée d’envergure a suivi et, finalement, il n’est jamais parti. Avec son patron, il est l’autre Britannique du quintette complété par Rusty Anderson (guitare), Abe Laboriel Jr (batterie) et Brian Ray (guitare, basse). S’il apprécie la chimie particulière de la troupe, en forme depuis 12 ans, il a aussi connu l’époque où feue Linda McCartney était à bord.
«Chaque groupe est différent, selon les personnalités qui s’y trouvent. On est maintenant une petite unité à cinq personnes et c’est une dynamique différente de lorsqu’on était six, où Linda était ma compagne d’armes aux claviers. On était devenus proches, Linda et moi, car on devait figurer comment on se séparait le boulot, différentes choses survenaient et donc elle était devenue une bonne amie.»
Wix a participé à nombre de tournées et d’albums. Son favori? Le live Unplugged (The Official Bootleg) (1991), en raison de la fraîcheur de la performance, mixée par Geoff Emerick au moment même où les musiciens s’exécutaient. Wickens a aussi participé au nouvel enregistrement de McCartney, qui pourrait paraître d’ici la fin de l’année. Samedi encore, le plus célèbre des gauchers était en studio, afin de finaliser le projet.
«Il a fait 20 pistes de matériel différent; je ne sais pas ce qu’il va garder. Il travaille toujours sur des idées, il n’arrête jamais, alors je ne sais pas ce que ça va donner. En studio, c’est un peu comme en concert : c’est un concept vaste. Sur certaines pièces, il est à la guitare, sur d’autres au piano, certaines chansons sont rock, d’autres acoustiques. En spectacle, on va de Yesterday à Helter Skelter et c’est la même chose en studio…»
Nouvelles chansons
En attendant d’interpréter les nouvelles chansons sur les planches, Wix Wickens, qui s’intéresse aussi aux oeuvres orchestrales et à la réalisation, prend plaisir à sillonner la planète. Il fait remarquer qu’avec la tournée Out There, on retrouve près d’une dizaine de chansons qui n’avaient jamais été livrées live, dont Lovely Rita, de Sgt. Pepper’s Lonely Heart Club Band. Parfois, pour leur rendre justice, Wickens doit prendre des allures de pieuvre, à la fois occupé par le clavier, les pédales, les boucles sonores, le tambourin et même l’accordéon… Et quant au fait qu’il reste toujours des incontournables dans les spectacles de Paul, ce qui veut dire qu’il a pu jouer certains classiques des centaines de fois, il est loin de s’en plaindre, ayant toujours une pensée particulière pour les fans.
«Pour bien des gens, le spectacle est la sortie pour laquelle ils ont économisé. C’est pourquoi certaines chansons comme Hey Jude ne sont jamais mises de côté : si c’est la fois où vous allez voir Paul McCartney, vous voulez l’entendre. À mes yeux, chaque concert est différent en raison du public. Et pour plusieurs personnes, c’est leur première fois. Je veux donc qu’ils retournent à la maison en se disant que c’est le meilleur show qu’ils ont vu.»
****************
Duo avec Stevie Wonder : pas impossible, mais…
Paul «Wix» Wickens a entendu parler du concert de Stevie Wonder à Québec, le 14 juillet, en particulier de sa sortie contre la loi Stand Your Ground et de l’acquittement de George Zimmerman, qui a assassiné le jeune Noir Trayvon Martin. Bien que Wonder se soit également dit prêt à reprendre Ebony and Ivory avec Sir Paul pour les sinistrés de Lac-Mégantic, il n’est pas au courant qu’une rencontre éventuelle entre les deux hommes soit dans les cartons.
«Ce genre de choses n’arrive que rarement. Pour être honnête, je n’ai rien entendu à propos de cette probabilité.» Néanmoins, le claviériste ne ferme pas entièrement la porte : «Je n’ai pas entendu parler de ça jusqu’à maintenant, mais ça pourrait survenir à la dernière minute. On n’avait pas joué Long Tall Sally avant le test de son vendredi [à Seattle], alors…»
Source : lapresse












