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Billy J. Kramer plaide en faveur de Brian Epstein

Dans une interview qu’il a accordé à la presse cette semaine, Billy J. Kramer , leader du groupe Billy J. Kramer & the Dakotas, a demandé aux curateurs du « Rock Hall of Fame » d’introniser dans leur musée dédiée au rock, Brian Epstein, premier manager des Beatles, rappelant l’importance de Brian pour son groupe, mais aussi son rôle clé dans la carrière des Beatles.
Nous vous proposons un flash-back sur la vie de Brian Epstein :

J’ai inventé les Beatles – La Biographie De Brian Epstein

Jeunesse


Brian Epstein est l’aîné d’une famille juive de Liverpool.
Ses parents possèdent une chaîne de magasins d’équipements électriques.
Instable, dépressif, Epstein peine à se trouver
un équilibre. Sa scolarité est marquée par des renvois successifs et
départs volontaires, son intérêt allant uniquement vers les disciplines artistiques.
Il passe son service militaire qu’il quitte prématurément, ayant des
problèmes à s’intégrer en tant que très mauvais militaire. Il retourne
ensuite à Liverpool, déprimé, et reprend son travail au magasin de ses
parents. Passionné de théâtre, il passe avec
succès le concours de la Royal Academic of Dramatic
Art, mais ses inhibitions paralysantes le forcent à abandonner la
scène et à rentrer à Liverpool une
fois encore.

Cette succession d’échecs dans sa vie, d’abord son traumatisme d’avoir
été un bouc émissaire à la
dizaine de collèges différents où il a été inscrit, et ensuite en tant que
militaire, puis enfin son retrait du théâtre le rendent brisé, peu sûr de
lui. Il aime particulièrement la Musique classique il
se rend de temps en temps à des concerts mais n’a jamais songé à devenir
manager. Il a quelques amis à Liverpool mais est envahi d’un Complexe
d’infériorité qu’il a réussi à apprivoiser par ses
aptitudes en théâtre. C’est très certainement cette connaissance de la
scène qui lui permettra de donner les conseils les plus adaptés (et les
plus concluants) dans son futur rôle d’ Impresario.

Il semble aller mieux quand, au début des sixties,
il devient responsable de la section musique d’un magasin de la société
NEMS (North End Music Stores), créée par son père en 1957. Il est ensuite
promu directeur du deuxième établissement de la société, à Whitechapel.
Sa compétence, son enthousiasme et le dynamisme de la scène musicale de
Liverpool (le Mersey Beat) font que le magasin
devient un des plus importants du nord de l’Angleterre.

Rencontre avec les Beatles


C’est un de ses clients, Raymond Jones, qui lui parle le premier des
Beatles. Il commande alors 500 exemplaires de leur disque My
Bonnie
 enregistré en
Allemagne avec Tony Sheridan et
décide d’aller les voir dans le club où ils jouent, le (Cavern Club)
à Liverpool. Nous sommes le 9 novembre 1961. Dans son autobiographie, il
révèle qu’« ils n’étaient pas très bien habillé
s, ni très propres. Ils étaient cependant plus attirants qu’aucun des
autres groupes qui jouaient à ces concerts de midi. »
 Frappé
par leur magnétisme, il se fait conseiller par un ami avocat et les invite
à son bureau le 3 décembre afin de leur proposer de devenir leur manager.
Secret, Brian Epstein n’a jamais révélé les motivations profondes de cet
engagement, peu intéressé qu’il était par la musique et venant d’un milieu
différent des quatre garçons. Il a peut-être reconnu d’instinct leur
potentiel, qu’il soit artistique ou commercial, s’est senti fasciné par
eux. Pour lui-même, il aurait trouvé là l’occasion de séduire et se
valoriser. C’est lui qui convainc Mike Smith, dénicheur de talents de Decca Records,
de venir les écouter. Le 1er janvier 1962, le
groupe est auditionné mais le contrat ne se fait pas, non plus chez Columbia
Records ou EMI. Brian ne se
décourage pas. Il jure de les rendre « plus grands qu’Elvis ».

Suite à l’audition chez Decca, les responsables lui propos
ent de laisser tomber les Beatles, argumentant que « votre magasin ma
rche bien à Liverpool, vous devriez vous y tenir » mais il res
te persuadé de leur futur succès et reste très investi dans la recherche
de maisons de disques, et est même plus exigeant sur la qualité de la
maison de disques que les Beatles eux-mêmes. John
Lennon propose de tester une maison de disques
s’appelant Embassy, mais Brian Epstein refuse
sèchement en pensant que la qualité n’est pas suffisant
e. Malgré son entourage qui pense que Brian est sur le point de fa
ire un nouvel échec dans sa vie, l’un de ses proches lui disant mê
me « tu vas prendre combien de temps avant d’abandonner cette fois ?
 » il retourne à Londres, seul, une nouvelle fois,
déterminé à réussir.

Sur le plan artistique, Brian Epstein a énormément joué dans l’image du
groupe, en effaçant son aspect sauvage et rebelle, et leur vestes en cuir
les remplaçant par des complets veston, une attitude beaucoup plus gentleman.
Ce changement à certainement contribué à rendre les Beatles accessible à
plus de générations, et également plus l’ouvrir à la gent féminine, donc
diversifier la gamme des auditeurs et des fans. Sur un autre plan, Brian
Epstein avait déjà eu une ambition de devenir styliste,
il avait donc déjà un grand sens de la mode et de l’
élégance, ce qui a sûrement joué dans leur future extrême popularité.

Succès du groupe


En avril 1962, le vent tourne quand un éditeur, Syd Coleman, leur fait
rencontrer George Martin, directeur artistique
(A&R) de Parlophone une
division d’EMI, qui, après une audition le 6 juin 1962, décide de devenir
le producteur des Beatles et de leur faire signer un contrat
d’enregistrement, tout en leur suggérant de remplacer Pete
Best. Brian Epstein se charge lui-même de signifier son renvoi à Best,
le 16 août 1962. Ils reviennent aux studios EMI d’Abbey Road le 4
septembre avec leur nouveau batteur, Ringo Starr.
Le rêve de Brian est exaucé lorsque le premier 45
tours : Love me do / PS I love you est
publié le 5 octobre 1962. Ce renouveau dans la vie de Brian semble
l’épanouir considérablement, mais pour un temps seulement. Car son
instabilité et son caractère dépressif prennent le dessus au rythme de ses
escapades nocturnes assaisonnées de drogues et
excès en tous genres.

En octobre 1964 paraît l’autobiographie d’Epstein, sous le titre A
Cellarful of Noise
, co-écrite avec le journaliste Derek
Taylor, alors son assistant. Dans cette autobiographie, on peut lire
entre les lignes que Brian Epstein est de plus en plus conscient que le
fait qu’il ait droit à 25% des bénéfices des Beatles va le rendre
extrêmement riche, et en même temps, on sent malgré ce succès enorme une
personnalité auto-destructrice, dépendante à de nombreuses drogues, un
complexe par rapport au fait qu’il soit Juif et Gay, se disant victime d’Antisémitisme et
d’Homophobie. En tout cas Brian Epstein est un personnage très
secret, evitant de donner trop d’informations aux interviews, et dans son
autobiographie il parle plus de sa manière de vivre la Beatlemania que
de la manière avec laquelle il l’a créée.

La carrière d’Epstein, bien qu’exemplaire n’est pas exempte d’erreurs.
Néanmoins, elles restent anecdotiques. Ainsi, en juillet 1966, il omet de
répondre à l’invitation de l’épouse du dictateur Philippin, Imelda
Marcos, avant le concert de Manille, le 4
juillet. Les Beatles, devant la TV dans leur chambre d’hôtel,
s’aperçoivent qu’on les attend au palais présidentiel où ils ne se rendent
pas. Epstein tente de s’expliquer à la télévision, mais l’émission est
brouillée. Toute protection policière est retirée aux Beatles lorsqu’ils
repartent, ils parviennent jusqu’à l’aéroport où une foule hostile les
attend, ils sont agressés, risquent un véritable lynchage, puis
réussissent à atteindre leur avion qui va rester bloqué sur le tarmac, le
temps qu’Epstein aille se faire délester de la recette de leur concert
devant plusieurs dizaines de milliers de personnes!

Quelque temps avant sa mort, Brian Epstein commence à transférer les
responsabilités de la direction de NEMS à ses adjoints et amis :
Nat Weiss, son représentant aux États-Unis et Robert
Stigwood. Il tient à ne s’occuper que du groupe, réussissant à
maintenir leur cohésion.

Mort


Le 27 août 1967, soit près de trois mois après
la sortie de l’album Sgt. Pepper’s Lonely
Hearts Club Band
 et alors que le groupe est à
son apogée, Epstein est retrouvé mort dans son lit, alors que les Beatles
sont à Bangor, au Pays de Galles, où ils sont allés à la rencontre du Maharishi
Mahesh Yogi. La mort brutale de leur manager les laisse totalement
désemparés. On découvre rapidement que le décès est dû à une overdose de barbituriques.
Les funérailles de Brian Epstein ont lieu le 30 août à la Greenbank
Synagogue
 de Liverpool. Il est enterré au Long
Jane Jewish cemetery
.

Après sa mort, son frère Clive Epstein reprend la direction de NEMS
Enterprises
 mais il ne peut gérer correctement cette
entreprise pleine de confusion plus de dix-huit mois. Les Beatles
déclarent qu’ils se débrouilleront seuls dorénavant. Le frère cadet
détient néanmoins la quasi-totalité des parts de NEMS, propriétaire à 51%
de Northern Songs, le catalogue de chansons des
Beatles, qui sera vendu en 1969 sans qu’ils ne puissent rien y faire.

La thèse du suicide concernant
sa mort a été évoquée, mais est écarté
e pour différentes raisons, d’abord car il n’avait pas une at
titude particulièrement spéciale les jours précé
dents, et surtout qu’il venait d’assister à l’enterrement de so
n père quelques semaines auparavant. Il essayait alors de trou
ver un appartement pour sa mère qu’il aimait énorméme
nt (l’appelant comme la « plus belle femme du monde »
dans son autobiographie) et n’aurait donc pas osé causer de nouvelles
souffrances à sa mère. Mais cette mort sous overdose prouve que Brian
Epstein noyait ses complexes dans des drogues de tout genres, d’abord l’alcool quand
il est exclu du service militaire, ensuite les amphétamines au
début des Beatles, ensuite le cannabis lors
de la Beatlemania, et le LSD qu’il
prendra en 1967 quelque temps avant sa mort.

Personnalité


Rapports avec John Lennon


L’homosexualité de Brian Epstein, révélée sur
le tard, l’aurait fait tomber éperdument amoureux de John
Lennon, le qualifiant même, en parlant des Beatles du « seul
qui compte ». Epstein souffre de cet amour à sens uni
que. Les vacances qu’il prend avec John en avril 1963 en Espagne alimente
une rumeur de liaison entre eux, mais le chanteur dira avoir toujours
repoussé Epstein : « Elle n’a jamais
été consommée, mais nous eûmes une relation intense et précieuse. »
1 L’anecdote
la plus connue à ce sujet date de l’époque où
Brian, réalisant son autobiographie, à l’aide de son as
sistant Derek Taylor, hésite sur le nom qu’il allait lui donner. I
l a en tête le titre  » A Cellarful Of Noise  » (qui
sera finalement retenu), et en parle aux Beatles. John lui répond du
tac-au-tac « pourquoi pas plutôt « 
A Cellarful Of Boys » ? »

Travail de manager


Les Beatles, aussi talentueux soient-ils, ont toujours reconnu qu’ils
n’auraient certainement pas été ce qu’ils furent sans Epstein. Son décès a
marqué le début du processus de séparation du groupe, même si ce fait n’a
pas été visible immédiatement.
L’influence du manager s’exerça sur deux
plans. De l’intérieur, il modela la vie du groupe tout en les éloignant
des mirages du show business et
en gérant leurs finances. C’est lui qui suggéra aux Beatles leur fameux « ensemble Cardin sans
col » et leurs inévitables bottines durant leurs premiè
res années. Déjà à cette époque, ces mods semblaient
en avance d’une ou deux modes. De l’extérieur, elle fut à l’origine de
l’image fraternelle et drôle des quatre garçons. Il se plaça toujours en
première ligne et contrôla les signatures de contrats avec une grande
clairvoyance. Il mit également toute son énergie dans l’organisation des
concerts, si bien que le dernier de ceux-ci, au Candelstick Park de San
Francisco le 29 août 1966, auquel il n’assista pas, sembla indiquer le
début de son retrait de la scène.
Billy J. Kramer plaide en faveur de Brian Epstein

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