Livre très documenté, Come Together raconte les relations difficiles qu’entretenaient les Fab Four entre eux.
Luttes d’argent, batailles d’ego, brouilles à répétition, réconciliations éphémères
Dans Come Together, Peter Doggett décrit avec une rare méticulosité la complexité et la brutalité des relations entre les Beatles à partir de la fin des années 1960. «La meilleure chose qui me soit arrivée dans ma carrière, ça a été d’intégrer les Beatles, résumait George Harrison. Et, quand j’y repense, la meilleure chose que j’ai faite depuis, c’est de les quitter.»
C’est par l’assassinat de John Lennon que le biographe démarre son passionnant récit. «: il désirait plus que tout au monde regagner l’amour de Lennon, mais il était à présent condamné à rivaliser avec sa mémoire afin d’obtenir une reconnaissance qui aurait dû, à juste titre, lui revenir.» Ce désir est décrypté dans des pages émouvantes où les anecdotes s’enchaînent. «La dernière fois que j’ai demandé à John d’écrire avec moi, en souvenir du bon vieux temps, il m’a dit qu’il était trop riche pour s’en donner la peine», confiait McCartney. Reclus dans sa maison, Lennon s’attaque à lui dans des chansons, comme dans le cruel How Do You Sleep?«Ça suffit, John!», s’indigna même Ringo Starr durant un enregistrement. «Je me souviens que quand il l’écrivait, il était très ironique», soulignait Yoko Ono.
Loin de se livrer à une description habituelle du mythe, Peter Doggett explore finement la psychologie des Fab Four. À leur crépuscule, McCartney cherche à sauver le groupe mais, par son attitude autoritaire, il braque ses amis. «Bon, d’accord, c’est vrai qu’en studio je pouvais être insupportable. Parce que je voulais que ce soit nickel», reconnaîtra-t-il plus tard. Ringo craque. Les échanges sont durs. «Tu ne m’emmerdes pas. Ça fait longtemps que tu ne m’emmerdes plus», lançait Harrison au bassiste. En désespoir de cause, McCartney soumet à Lennon l’idée de relancer la carrière des Beatles dans des petits clubs. «Je pense que tu dérailles», s’entend-il répondre.
Méthodes de caporal
À l’époque, les femmes contribuent à plomber l’ambiance. À propos de Yoko Ono, qui monopolisait la parole pendant les sessions, le fidèle Neil Aspinall indiqua: «Moi, je lui disais juste de la fermer.» Les règlements de comptes se poursuivent. Aveu de Lennon au sujet de la probable dissolution du groupe: «C’est une blessure purulente. George vient juste de prendre conscience de qui il est. De toutes les saloperies qu’on lui a infligées jusqu’ici.» Le guitariste tiendra sa revanche en publiant le magnifique All Things Must Pass. Il retravaillera vite avec Lennon et Ringo, mais se montrera longtemps marqué par les méthodes de caporal de McCartney. Ringo en fera les frais.
Chargé d’apporter à l’auteur de Yesterday une missive sèche de Harrison, le batteur reconnut à peine son camarade: «Il est devenu dingue, il était dingue, c’est ce que j’ai pensé. Il hurlait, me pointait du doigt. Il était hors de ses gonds, il me collait le doigt contre le visage. Il m’a dit de reprendre mon manteau et de partir.» À la même époque, le procès que McCartney intente à ses partenaires ressoude le reste du groupe. «C’est à 90% probable que George, Ringo et moi, on enregistre ensemble à nouveau, mais peut-être pas sous le nom de Beatles», lançait Lennon. Un événement aura provisoirement raison de ce vu pieux, George Harrison révélant à Ringo être amoureux de sa femme
Source : lefigaro













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